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AccueilJurisprudence administrativeN° TA31-2400819

Tribunal Administratif de Toulouse — Décision N° TA31-2400819

mardi 15 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Toulouse
SectionTribunal Administratif de Toulouse
N° DossierTA31-2400819
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation1ère Chambre
Avocat requérantKOSSEVA-VENZAL

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire enregistrés les 12 février et 22 mai 2024, Mme D A, représentée par Me Kosseva-Venzal, demande au tribunal :

1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;

2°) d'annuler l'arrêté du 22 janvier 2024 par lequel le préfet de l'Ariège a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de renvoi ;

3°) d'enjoindre au préfet de l'Ariège de lui délivrer le titre de séjour sollicité avec droit au travail ou à tout le moins de réexaminer sa situation en lui délivrant, dans l'attente, une autorisation provisoire de séjour avec droit au travail, dans un délai de quinze jours suivant la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros à verser à son conseil en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, ou, dans l'hypothèse où l'aide juridictionnelle ne lui serait pas octroyée, sur le seul fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

En ce qui concerne la décision portant refus de titre de séjour :

- la décision attaquée n'est pas motivée ;

- elle est entachée d'un défaut d'examen réel et sérieux de sa situation particulière ;

- elle méconnaît les dispositions des articles L. 425-6 et suivants du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ainsi que celles de l'instruction NOR INTA2137559 du 23 décembre 2021 ;

- le préfet de l'Ariège a méconnu l'étendue de sa compétence ;

- la décision attaquée est entachée d'une erreur de fait ;

- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation ;

- elle viole les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et méconnaît les dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle viole les stipulations de l'article 3§1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;

En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :

- la décision attaquée n'est pas motivée ;

- elle est dépourvue de base légale en raison de l'illégalité de la décision portant refus de titre de séjour ;

- elle viole les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle viole les stipulations de l'article 3§1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;

En ce qui concerne la décision fixant le pays de renvoi :

- la décision attaquée n'est pas motivée ;

- elle est dépourvue de base légale en raison de l'illégalité de la décision portant refus de titre de séjour ;

- elle viole les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle viole les stipulations de l'article 3§1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant.

Par un mémoire en défense enregistré le 29 mars 2024, le préfet de l'Ariège conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens soulevés par Mme A ne sont pas fondés.

Mme A a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 14 mai 2024.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- l'accord franco-marocain du 9 octobre 1987 ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- la loi n° 91-947 du 10 juillet 1991 ;

- l'instruction NOR INTA2137559 du 23 décembre 2021 relative à la délivrance des titres pour les victimes de violences conjugales et familiales ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Sarraute,

- et les observations de Me Kosseva-Venzal, représentant Mme A.

Considérant ce qui suit :

1. Mme A, ressortissante marocaine née le 17 décembre 1995, déclare être entrée en France le 23 mai 2021 sous couvert d'un passeport en cours de validité, après être entrée en Espagne le 19 mars 2021 sous couvert d'un visa " travailleur temporaire " d'une durée de quatre mois. Le 27 mars 2023, elle a sollicité son admission exceptionnelle au séjour au titre de la vie privée et familiale sur le fondement de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par la présente requête, elle demande l'annulation de l'arrêté du 22 janvier 2024 par lequel le préfet de l'Ariège a rejeté sa demande.

Sur les conclusions tendant à l'admission à l'aide juridictionnelle provisoire :

2. Par une décision du 14 mai 2024, Mme A a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale. Ainsi, ses conclusions tendant à ce que soit prononcée son admission provisoire à l'aide juridictionnelle sont devenues sans objet. Par suite, il n'y a pas lieu d'y statuer.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne la décision portant refus de titre de séjour :

3. En premier lieu, la décision attaquée mentionne les dispositions légales dont elle fait application, notamment les articles L. 423-23 et L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Elle fait également état des éléments de fait sur lesquels elle se fonde. Dans ces conditions, elle mentionne de manière suffisamment précise afin de mettre en mesure Mme A de les contester utilement les circonstances de droit et de fait sur lesquels elle se fonde. Par suite, le préfet n'étant pas tenu de faire état de tous les éléments de la situation personnelle de la requérante, le moyen tiré du défaut de motivation doit être écarté.

4. En deuxième lieu, il ne ressort ni des termes de la décision attaquée ni des autres pièces du dossier que le préfet de l'Ariège ne se serait pas livré un examen sérieux de la situation de Mme A. Par suite, le moyen tiré du défaut d'examen réel et sérieux de la situation particulière de la requérante doit être écarté.

5. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 425-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui bénéficie d'une ordonnance de protection en vertu de l'article 515-9 du code civil, en raison des violences exercées au sein du couple ou par un ancien conjoint, un ancien partenaire lié par un pacte civil de solidarité ou un ancien concubin se voit délivrer, dans les plus brefs délais, une carte de séjour temporaire mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an. La condition prévue à l'article L. 412-1 n'est pas opposable. / Une fois arrivée à expiration elle est renouvelée de plein droit à l'étranger qui continue à bénéficier d'une telle ordonnance de protection. / Lorsque l'étranger a porté plainte contre l'auteur des faits elle est renouvelée de plein droit pendant la durée de la procédure pénale afférente, y compris après l'expiration de l'ordonnance de protection ". Aux termes de l'article L. 425-8 du même code : " En cas de condamnation définitive de la personne mise en cause, l'étranger détenteur de la carte de séjour prévue aux articles L. 425-6 et L. 425-7 ayant déposé plainte pour des faits de violences commis à son encontre par son conjoint, son concubin ou le partenaire auquel il est lié par un pacte civil de solidarité, ou pour des faits de violences commis à son encontre en raison de son refus de contracter un mariage ou de conclure une union ou afin de le contraindre à contracter un mariage ou à conclure une union, se voit délivrer une carte de résident d'une durée de dix ans. / Le refus de délivrer la carte de résident prévue au premier alinéa ne peut être motivé par la rupture de la vie commune avec l'auteur des faits ".

6. Il résulte de l'instruction que la décision attaquée n'a pas été prise sur le fondement des dispositions précitées des articles L. 425-6 et L. 425-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Au demeurant, si l'ex-compagnon de la requérante, ressortissant marocain titulaire d'une carte de résident valable du 8 janvier 2019 au 7 janvier 2029, a été définitivement condamné par le tribunal correctionnel de Foix le 21 avril 2022 à la peine de 500 euros d'amende avec sursis pour des faits de violences ayant entraîné un incapacité de totale de travail n'excédant pas huit jours, commis le 10 novembre 2021 sur la personne de Mme A, il ne résulte pas de l'instruction que cette dernière a fait l'objet, à un quelconque moment, d'une ordonnance de protection, acte judiciaire indispensable pour la mise en œuvre de ces dispositions, nonobstant la circonstance que par ailleurs, Mme A a été reconnue victime de telles violences. Par suite, Mme A ne peut utilement se prévaloir de la méconnaissance de ces dispositions.

7. En quatrième lieu, Mme A ne peut utilement se prévaloir des orientations de l'instruction adressée aux préfets le 23 décembre 2021 relative à la délivrance des titres pour les victimes de violences conjugales et familiales, cette instruction étant dépourvue de caractère réglementaire et se bornant à fixer des orientations générales.

8. En cinquième lieu, il ne ressort ni des termes de la décision attaquée, ni des autres pièces du dossier que le préfet de l'Ariège se serait estimé lié par le fait que Mme A n'a pas fait l'objet d'une ordonnance de protection. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance par le préfet de l'étendue de sa compétence doit être écarté.

9. En sixième lieu, si Mme A soutient que le préfet de l'Ariège a commis une erreur de fait en indiquant que le père de sa fille dont elle a accouché le 20 avril 2022 réside en France en situation irrégulière alors que celui-ci est de nationalité française et qu'elle se prévaut à ce titre du jugement rendu par le tribunal correctionnel de Foix le 21 avril 2022 à l'encontre de ce dernier qui mentionne qu'il est de nationalité française, il ressort des pièces du dossier que celui-ci est de nationalité marocaine, titulaire d'une carte de résident valable du 8 janvier 2019 au 7 janvier 2029. Au demeurant, la nationalité et la situation administrative de l'ex-compagnon de Mme A ne fondent nullement la décision attaquée. Par suite, le moyen tiré de l'erreur de fait doit être écarté.

10. En septième lieu, aux termes de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié ", " travailleur temporaire " ou " vie privée et familiale ", sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. / Lorsqu'elle envisage de refuser la demande d'admission exceptionnelle au séjour formée par un étranger qui justifie par tout moyen résider habituellement en France depuis plus de dix ans, l'autorité administrative est tenue de soumettre cette demande pour avis à la commission du titre de séjour prévue à l'article L. 432-14. () ".

11. Il ressort des pièces du dossier que Mme A est entrée en France, selon ses déclarations, en mai 2021, de manière irrégulière. Si elle justifie avoir été victime de violences conjugales le 10 novembre 2021, être mère d'un enfant né sur le territoire français le 20 avril 2022, être hébergée dans un centre d'hébergement accueillant des mères en difficulté accompagnées de leurs enfants, suivre des cours de français depuis 2022 et être bénévole au sein d'Emmaüs Pamiers depuis novembre 2023, ces éléments ne constituent pas des motifs exceptionnels ou des considérations humanitaires justifiant que lui soit délivrée une carte de séjour temporaire mention " vie privée et familiale " au titre de l'admission exceptionnelle au séjour, sur le fondement des dispositions précitées de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de ces dispositions doit être écarté.

12. En huitième lieu, pour les motifs qui viennent d'être énoncés, le préfet de l'Ariège n'a pas commis d'erreur manifeste dans l'appréciation de la situation personnelle de Mme A.

13. En neuvième lieu, aux termes de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui n'entre pas dans les catégories prévues aux articles L. 423-1, L. 423-7, L. 423-14, L. 423-15, L. 423-21 et L. 423-22 ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, et qui dispose de liens personnels et familiaux en France tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. / Les liens mentionnés au premier alinéa sont appréciés notamment au regard de leur intensité, de leur ancienneté et de leur stabilité, des conditions d'existence de l'étranger, de son insertion dans la société française ainsi que de la nature de ses liens avec sa famille restée dans son pays d'origine. / L'insertion de l'étranger dans la société française est évaluée en tenant compte notamment de sa connaissance des valeurs de la République ".

14. Il ressort des pièces du dossier que Mme A, qui était âgée de vingt-huit ans à la date de la décision attaquée, a vécu vingt-six ans au B, pays dans lequel résident toujours ses parents, ses quatre frères et sa sœur, ainsi que ses deux premiers enfants nés en 2014 et 2018. Par les documents qu'elle produit, elle ne justifie d'aucune insertion particulière dans la société française ni n'établit avoir fixé le centre de ses intérêts en France. Ainsi, eu égard à l'ensemble de ces éléments et au caractère récent de sa vie en France à la date de la décision attaquée, le préfet de l'Ariège n'a pas méconnu les dispositions précitées de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

15. En dixième lieu, pour les mêmes motifs que ceux énoncés précédemment, le préfet de l'Ariège n'a pas commis d'erreur manifeste dans l'appréciation des conséquences de sa décision sur la situation personnelle et familiale de Mme A.

16. En onzième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ". Pour l'application de ces stipulations, l'étranger qui invoque la protection due à son droit au respect de sa vie privée et familiale en France doit apporter toute justification permettant d'apprécier la réalité et la stabilité de ses liens personnels et familiaux effectifs en France au regard de ceux qu'il a conservés dans son pays d'origine.

17. Ainsi qu'il a été dit précédemment, il ressort des pièces du dossier que Mme A, qui n'est présente sur le territoire français que depuis deux ans et demi à la date de la décision attaquée, possède toute sa famille, dont deux enfants mineurs, au B où elle a vécu vingt-six années avant de venir en Espagne puis en France, où elle ne possède aucune attache familiale et ne justifie d'aucune insertion particulière. Dans ces conditions, en prenant la décision attaquée, le préfet de l'Ariège n'a pas porté une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale. Par suite, le moyen tiré de la violation des stipulations précitées de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.

18. En douzième et dernier lieu, aux termes de l'article 3§1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfants : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait des institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale ". Il résulte de ces stipulations, qui peuvent être utilement invoquées à l'appui d'un recours pour excès de pouvoir, que, dans l'exercice de son pouvoir d'appréciation, l'autorité administrative doit accorder une attention primordiale à l'intérêt supérieur des enfants dans toutes les décisions les concernant.

19. La décision attaquée n'a ni pour objet ni pour effet de séparer Mme A de sa fille née sur le territoire français le 20 avril 2022. Par ailleurs, à supposer qu'elle soit scolarisée en France, ce dont elle ne justifie pas, Mme A n'établit pas que sa fille ne pourrait pas être scolarisée au B. Par suite, le moyen tiré de la violation de stipulations précitées de l'article 3§1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant doit être écarté.

20. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de la décision portant refus de titre de séjour doivent être rejetées.

En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :

21. Aux termes de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : / () / 3° L'étranger s'est vu refuser la délivrance d'un titre de séjour, le renouvellement du titre de séjour, du document provisoire délivré à l'occasion d'une demande de titre de séjour ou de l'autorisation provisoire de séjour qui lui avait été délivré ou s'est vu retirer un de ces documents ; () ".

22. En premier lieu, lorsqu'une obligation de quitter le territoire français assortit un refus de séjour, la motivation de cette mesure se confond avec celle du refus de titre de séjour dont elle découle nécessairement et n'implique pas, par conséquent, dès lors que ce refus est lui-même motivé, de mention spécifique pour respecter les exigences des articles L. 211-2 et L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration.

23. Ainsi qu'il a été dit précédemment, la décision portant refus de titre de séjour prise à l'encontre de la requérante est suffisamment motivée. Par suite, le moyen tiré du défaut de motivation de la décision attaquée doit être écarté.

24. En deuxième lieu, la décision portant refus de titre de séjour n'étant pas illégale, le moyen tiré de l'illégalité de la décision attaquée en raison de l'illégalité de la décision portant refus de titre de séjour doit être écarté.

25. En troisième lieu, pour les mêmes motifs que ceux énoncés au point 17 du présent jugement, en prenant la décision attaquée, le préfet de l'Ariège n'a pas porté une atteinte disproportionnée au droit de Mme A au respect de sa vie privée et familiale. Par suite, le moyen tiré de la violation des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.

26. En quatrième et dernier lieu, pour les mêmes motifs que ceux précédemment énoncés dans le cadre de la décision portant refus de séjour, la décision attaquée n'a ni pour objet ni pour effet de séparer Mme A de sa fille née en France le 20 avril 2022. Par ailleurs, Mme A ne justifie pas que sa fille ne pourrait pas être solarisée au B. Enfin, si elle soutient qu'elle ne pourra pas mener une vie normale au B, sa fille ne connaissant pas ce pays, elle n'assortit ses allégations d'aucune précision permettant au tribunal d'en apprécier le bien-fondé. Par suite, le moyen tiré de la violation des stipulations de l'article 3§1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant.

27. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de la décision portant obligation de quitter le territoire français doivent être rejetées.

En ce qui concerne la décision fixant le pays de renvoi :

28. En premier lieu, la décision attaquée comporte les énonciations de droit et de fait qui en constituent le fondement de manière suffisamment précise pour permettre à Mme A de pouvoir utilement la contester. Par suite, le moyen tiré du défaut de motivation doit être écarté.

29. En deuxième lieu, la décision portant refus de titre de séjour n'étant pas illégale, le moyen tiré de l'illégalité de la décision attaquée en raison de l'illégalité de la décision portant refus de titre de séjour doit être écarté.

30. En troisième et dernier lieu, pour les mêmes motifs que ceux énoncés précédemment, les moyens tirés de la violation des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l'article 3§1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant doivent être écartés.

31. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de la décision fixant le pays de renvoi doivent être rejetées.

Sur les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte :

32. Les conclusions à fin d'annulation de Mme A étant rejetées, ses conclusions susvisées aux fins d'injonction et d'astreinte doivent l'être également.

Sur les frais liés au litige :

33. Les conclusions de Mme A tendant à l'application de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative doivent être rejetées, l'Etat n'étant pas la partie perdante dans la présente instance.

D E C I D E :

Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions de Mme A tendant à son admission à l'aide juridictionnelle provisoire.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme D A, à Me Kosseva-Venzal et au préfet de l'Ariège.

Délibéré après l'audience du 1er octobre 2024, à laquelle siégeaient :

Mme Cherrier, présidente,

Mme Sarraute, première conseillère,

Mme Douteaud, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe, le 15 octobre 2024.

La rapporteure,

N. SARRAUTELa présidente,

S. CHERRIER

La greffière,

M. C

La République mande et ordonne au préfet de l'Ariège en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme :

La greffière en chef,

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