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AccueilJurisprudence administrativeN° TA31-2401125

Tribunal Administratif de Toulouse — Décision N° TA31-2401125

mardi 29 juillet 2025

JuridictionTribunal Administratif de Toulouse
SectionTribunal Administratif de Toulouse
N° DossierTA31-2401125
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation5ème Chambre
Avocat requérantCAMBON

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Toulouse a été saisi par la commune de Toulouse d’une demande d’expulsion d’occupants sans titre d’un immeuble communal situé 36 rue Sainte-Lucie, partiellement mis à disposition de la protection judiciaire de la jeunesse (PJJ) pour une mission de service public. Les défendeurs contestaient la compétence de la juridiction administrative, arguant de l’absence d’affectation du bien au domaine public. Le tribunal a reconnu sa compétence, considérant que l’immeuble, affecté au service public de la justice et ayant fait l’objet d’aménagements indispensables, relevait du domaine public communal. Il a ordonné l’expulsion sans délai des occupants sans titre, sous astreinte de 200 euros par jour de retard, en application des articles L. 2122-1 et suivants du code général de la propriété des personnes publiques, et a autorisé la commune à procéder à l’enlèvement des biens mobiliers. Les conclusions des défendeurs visant à obtenir un relogement ont été rejetées comme irrecevables.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés les 27 février et 16 décembre 2024, la commune de Toulouse, représentée par Me Banel, demande au tribunal :

1°) d'ordonner à tous occupants sans titre, et notamment à Mme H, Mme G A, M. I A, M. B A, M. D A et M. E C de libérer l'immeuble situé 36 rue Sainte-Lucie, à Toulouse, sans délai à compter de la notification de la décision à intervenir, ou à défaut de son affichage sur les lieux, sous astreinte de 200 euros par jour de retard ;

2°) de l'autoriser, une fois l'expulsion ordonnée et exécutoire, à entrer dans les lieux, au besoin avec l'assistance d'un serrurier et le concours de la force publique, et à procéder au transport et à la séquestration des effets personnels (meubles et objets) des occupants sans titre s'ils sont laissés sur place par les intéressés, en tout lieu, y compris dans un garde-meuble, aux frais, risques et péril des intéressés ;

3°) de mettre à la charge des occupants la somme de 2 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la juridiction administrative est compétente dès lors que l'immeuble en cause, qui appartient au domaine public communal, est mis pour partie à ce jour à la disposition de la direction départementale de la protection judiciaire de la jeunesse (PJJ) de la Haute-Garonne pour accueillir une classe relais visant à remobiliser, réinsérer, former et accompagner les mineurs sous-main de justice, l'appartement concerné par cette mise à disposition ayant fait l'objet d'un aménagement indispensable à l'exécution des missions de ce service public ;

- aucun des occupants actuels ne dispose d'un titre l'autorisant à demeurer dans les lieux ;

- l'expulsion, sans délai, du bien s'impose dès lors que le maintien irrégulier des occupants nuit gravement au fonctionnement du service public de la justice ;

- l'occupation illicite du bien communal constitue un risque pour la sécurité et la salubrité du personnel et des jeunes occupants de l'école publique Molière ;

- seul l'Etat est compétent pour connaître des demandes de logement ou de relogement des occupants.

Par trois mémoires en défense distincts, enregistrés le 16 juillet 2024, et un mémoire en réplique, enregistré le 18 décembre 2024, Mme G F épouse A, M. I A, M. B A, M. D A et Mme H épouse A, représentés par Me Cambon, concluent, à titre principal, au rejet de la requête et à ce que Mme G F épouse A, M. D A et Mme H épouse A soient mis hors de cause, à titre subsidiaire, d'enjoindre à la commune de Toulouse de leur proposer des solutions d'hébergement pérenne ou de relogement dans le délai d'un mois à compter de la décision à intervenir et d'ordonner leur expulsion sous cette condition et dans un délai de trois mois à compter de la proposition effective de ces solutions et, à titre infiniment subsidiaire, d'ordonner leur expulsion et de leur accorder un délai de neuf mois pour quitter les lieux à compter de la date de notification de la décision à intervenir et à ce que soient mise à la charge de la commune de Toulouse la somme de 2 000 euros à verser à leur conseil en application des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 alinéa 2 de la loi du 10 juillet 1991.

Ils font valoir que :

- la juridiction administrative est incompétente pour connaître du présent litige en l'absence de preuve de la propriété et du classement des lieux dans le domaine public ; les lieux ne sont pas affectés à un service public, n'ont pas fait l'objet d'un aménagement indispensable à l'exécution d'une mission de service et ne sont pas affectés à un usage direct du public ;

- Mme H épouse A, son époux M. D A et leurs 5 enfants mineurs ont quitté les lieux depuis avril 2024 ; Mme G F épouse A a également quitté les lieux depuis février 2024 ;

- pour le surplus, les moyens de la requête ne sont pas fondés.

Par décisions du 18 septembre 2024, M. I A, M. B A, M. D A, Mme H et Mme G A ont été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale.

En application de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, par une lettre du 2 juillet 2025, les parties ont été informées que le jugement est susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office tiré de l'irrecevabilité des conclusions présentées par les défendeurs tendant à ce qu'il soit enjoint à la commune de Toulouse de leur proposer des solutions d'hébergement pérenne ou de relogement qui constituent des conclusions à fin d'injonction présentées à titre principal.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code général de la propriété des personnes publiques ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné Mme Douteaud, première conseillère, pour exercer les fonctions de rapporteure publique sur le fondement des dispositions de l'article R. 222-24 du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Carotenuto,

- les conclusions de Mme Douteaud, rapporteure publique,

- et les observations de Me Arnal substituant Me Banel représentant la commune de Toulouse et de Me Cambon représentant Mme H épouse A, Mme G A, M. I A, M. B A, M. D A.

Considérant ce qui suit :

1. La commune de Toulouse est propriétaire d'un immeuble en R+2 à usage d'habitation situé 36 rue Sainte-Lucie à Toulouse jouxtant le groupe scolaire Molière dont il est séparé par une grille, les appartements le composant ayant anciennement été occupés par des enseignants bénéficiaires de logements de fonction. Par procès-verbaux de commissaires de justice des 18 octobre 2022 et 23 août 2023, la commune de Toulouse a fait constater l'occupation illicite de l'immeuble. Par la présente requête, elle demande au tribunal d'ordonner l'expulsion de tous les occupants sans titre de ces lieux, dont Mme H épouse A, Mme G A, M. I A, M. B A, M. D A et M. E C, sans délai et sous astreinte.

Sur l'exception d'incompétence de la juridiction administrative :

2. Aux termes de l'article L. 2111-1 du code général de la propriété des personnes publiques : " Sous réserve de dispositions législatives spéciales, le domaine public d'une personne publique mentionnée à l'article L. 1 est constitué des biens lui appartenant qui sont soit affectés à l'usage direct du public, soit affectés à un service public pourvu qu'en ce cas ils fassent l'objet d'un aménagement indispensable à l'exécution des missions de ce service public ". Aux termes de l'article L. 2111-2 du même code : " Font également partie du domaine public les biens des personnes publiques mentionnées à l'article L .1 qui, concourant à l'utilisation d'un bien appartenant au domaine public, en constituent un accessoire indissociable ". Aux termes de l'article L. 2141-1 de ce code : " Un bien d'une personne publique mentionnée à l'article L. 1, qui n'est plus affecté à un service public ou à l'usage direct du public, ne fait plus partie du domaine public à compter de l'intervention de l'acte administratif à compter de l'acte administratif constatant son déclassement ". Les personnes publiques mentionnées à l'article L. 1 de ce code sont l'Etat, les collectivités territoriales et leurs groupements, ainsi que les établissements publics.

3. Lorsque le juge administratif est saisi d'une demande d'expulsion d'un occupant d'une dépendance appartenant à une personne publique, il lui incombe, pour déterminer si la juridiction administrative est compétente pour se prononcer sur ces conclusions, de vérifier que cette dépendance relève du domaine public à la date à laquelle il statue. Il lui appartient de rechercher si cette dépendance a été incorporée au domaine public, en vertu des règles applicables à la date de l'incorporation, et, si tel est le cas, de vérifier en outre qu'à la date à laquelle il se prononce, aucune disposition législative ou, au vu des éléments qui lui sont soumis, aucune décision prise par l'autorité compétente n'a procédé à son déclassement.

4. Avant l'entrée en vigueur, le 1er juillet 2006, du code général de la propriété des personnes publiques, l'appartenance d'un bien au domaine public était, sauf si ce bien était directement affecté à l'usage du public, subordonnée à la double condition que le bien ait été affecté au service public et spécialement aménagé en vue du service public auquel il était destiné. Le fait de prévoir de façon certaine un tel aménagement du bien concerné impliquait que celui-ci était soumis, dès ce moment, aux principes de la domanialité publique. En l'absence de toute disposition en ce sens, l'entrée en vigueur de ce code n'a pu, par elle-même, avoir pour effet d'entraîner le déclassement de dépendances qui, n'ayant encore fait l'objet d'aucun aménagement, appartenaient antérieurement au domaine public en application de la règle énoncée ci-dessus, alors même qu'en l'absence de réalisation de l'aménagement prévu, elles ne rempliraient pas l'une des conditions fixées depuis le 1er juillet 2006 par l'article L. 2111-1 du code général de la propriété des personnes publiques qui exige, pour qu'un bien affecté au service public constitue une dépendance du domaine public, que ce bien fasse déjà l'objet d'un aménagement indispensable à l'exécution des missions de ce service public.

5. Il résulte de l'instruction que l'immeuble en cause, dont il est constant qu'il était utilisé avant 2011 pour le logement des instituteurs affectés au sein du groupe scolaire Molière, qui est un établissement public local d'enseignement, jouxte les installations scolaires et peut être regardé comme se situant dans l'enceinte de cet ensemble scolaire, ce alors même qu'il en est actuellement séparé par une grille. Il résulte de l'attestation produite, établie le 3 novembre 2022, que la commune de Toulouse est, depuis 1955, propriétaire de l'assiette du terrain sur lequel est implanté le logement en litige et il ne résulte pas de l'instruction que la construction aurait été édifiée postérieurement au 1er juillet 2006, date d'entrée en vigueur du code général de la propriété des personnes publiques. Ainsi, et en l'absence de tout acte prononçant son déclassement, le bâtiment en litige présente les caractéristiques d'une dépendance du domaine public, étant sans incidence la circonstance que cet immeuble ne serait aujourd'hui plus affecté à un service public ou à l'exécution d'une mission de service public ou encore qu'il ne serait pas affecté à l'usage direct du public, et en particulier que ledit immeuble ne serait plus affecté à la protection judiciaire de la jeunesse depuis au moins l'été 2022. Eu égard à ce qui a été dit au point 3, les défendeurs ne peuvent davantage utilement invoquer le fait que cet immeuble ne satisferait pas au critère de l'aménagement indispensable. Par suite, l'exception d'incompétence de la juridiction administrative soulevée en défense doit être écartée.

Sur les conclusions des défendeurs tendant à être " mis hors de cause " :

6. Mme H épouse A, M. D A et leurs 5 enfants mineurs et Mme G F épouse A font valoir qu'ils n'occupent plus les lieux depuis avril et février 2024 et produisent, à ce titre, des attestations mentionnant qu'ils sont hébergés depuis ces dates. Ainsi, dès lors qu'ils établissent avoir quitté les lieux et qu'aucune pièce postérieure n'établit le contraire, il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions de la commune de Toulouse en ce qui concerne Mme H épouse A, M. D A et leurs 5 enfants mineurs et lesdites conclusions sont irrecevables en ce qui concerne Mme G F épouse A.

Sur la demande d'expulsion :

7. Aux termes de l'article L. 2122-1 du code général de la propriété des personnes publiques : " Nul ne peut, sans disposer d'un titre l'y habilitant, occuper une dépendance du domaine public d'une personne publique mentionnée à l'article L. 1 ou l'utiliser dans des limites dépassant le droit d'usage qui appartient à tous ".

8. Lorsqu'il est saisi d'une demande d'expulsion d'occupants sans droit ni titre d'une dépendance du domaine public, il appartient au juge administratif, lorsque l'exécution de cette demande est susceptible de concerner des enfants, de prendre en compte l'intérêt supérieur de ceux-ci pour déterminer, au vu des circonstances de l'espèce, le délai qu'il impartit aux occupants afin de quitter les lieux. Ce délai doit ainsi être fixé en fonction, notamment, d'une part, des diligences mises en œuvre par les services de l'Etat aux fins de procurer aux personnes concernées, après leur expulsion, un hébergement d'urgence relevant des dispositions de l'article L. 345-2-2 du code de l'action sociale et des familles ou, si les intéressés remplissent les conditions requises, un hébergement ou logement de la nature de ceux qui sont visés à l'article L. 441-2-3 du code de la construction et de l'habitation et, d'autre part, de l'existence éventuelle d'un danger grave et imminent pour les occupants de l'immeuble du fait de leur maintien dans les lieux, de l'existence d'un projet d'affectation de l'immeuble à une activité d'intérêt général, dont l'occupation a pour effet de retarder la réalisation, et de la possibilité qui a été donnée à l'autorité administrative de procéder au recensement et à la définition des besoins des personnes concernées.

9. En premier lieu, il est constant que les occupants de l'immeuble en cause ne peuvent se prévaloir d'aucun droit ni titre les autorisant à s'y maintenir. Par suite, il y a lieu de faire droit à la demande d'expulsion présentée par la commune de Toulouse.

10. En deuxième lieu, M. I A et M. B A font valoir que la mesure d'expulsion demandée à leur encontre porterait une atteinte disproportionnée au droit au respect de leur vie privée et familiale garanti par les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et à leur dignité. Toutefois, en l'absence de toutes justifications de l'impossibilité de trouver un logement et de circonstances particulières tenant à leur situation personnelle, et notamment de justification de leur vulnérabilité, ils ne sont pas fondés à se prévaloir de ces stipulations et du droit au logement pour opposer à la commune de Toulouse un droit à occuper illégalement le domaine public.

11. En troisième lieu, si les occupants sollicitent un délai de neuf mois pour quitter les lieux, ils se bornent à faire valoir qu'ils n'ont pas de solution de relogement et ne justifient pas avoir saisi les services compétents de demandes de logement. Par ailleurs, la commune de Toulouse, qui avait mis à la disposition de la direction départementale de la protection judiciaire de la jeunesse de la Haute-Garonne les locaux en litige suivant une convention en date du 28 novembre 2011, fait valoir que l'occupation irrégulière de l'immeuble porte atteinte au bon fonctionnement et à la continuité même du service assuré par la protection judiciaire de la jeunesse. Il ne résulte cependant pas de l'instruction, alors que le service de la protection judiciaire de la jeunesse n'occupe plus les lieux depuis l'été 2022, que la commune soit engagée dans un projet précis avec un calendrier déterminé que l'occupation aurait pour effet de retarder. Il ne résulte pas davantage de l'instruction que l'occupation litigieuse constitue un risque important pour la tranquillité, pour la sécurité et la salubrité des jeunes usagers des écoles maternelle et primaire situées dans le même ensemble immobilier ni que soit établie l'existence d'un danger grave et imminent pour les occupants de l'immeuble du fait de leur maintien dans les lieux. Dans ces circonstances, compte tenu de la durée d'occupation irrégulière et du temps qui leur a déjà été laissé afin de leur permettre d'organiser leur départ, il y a lieu seulement d'accorder aux occupants sans titre un délai de départ volontaire d'un mois à compter de la notification du présent jugement.

12. Il résulte de tout ce qui précède qu'il y a lieu d'ordonner l'expulsion de l'ensemble des occupants sans droit ni titre de l'immeuble situé 36 rue Sainte-Lucie, à Toulouse, ainsi que l'évacuation de leurs effets personnels et mobiliers, dans un délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement, faute de quoi, la commune de Toulouse pourra faire procéder à l'enlèvement des biens laissés sur place par les intéressés à leurs frais, risques et périls et en recourant, si nécessaire, au concours de la force publique. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, d'assortir cette injonction d'une astreinte.

Sur les conclusions à fin d'injonction présentées en défense :

13. Les conclusions présentées, à titre subsidiaire, par les défendeurs tendant à ce qu'il soit enjoint à la commune de Toulouse de leur proposer des solutions d'hébergement pérenne ou de relogement constituent des conclusions à fin d'injonction présentées à titre principal et sont, par suite, irrecevables.

Sur les frais liés au litige :

14. Les dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 font obstacle à ce qu'une somme quelconque soit mise à la charge de la commune de Toulouse qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante. Compte tenu de la situation économique des parties perdantes, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions de la commune de Toulouse présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions de la requête en tant qu'elles concernent MmeHa épouse A, M. D A et leurs 5 enfants mineurs.

Article 2 : Il est enjoint à M. I A, à M. B A et à M. E C et à tout autre occupant sans droit ni titre de l'immeuble situé 36 rue Sainte-Lucie, à Toulouse, de quitter les lieux et d'évacuer leurs effets personnels dans un délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement. A défaut d'exécution volontaire par les intéressés, la commune de Toulouse pourra procéder à l'enlèvement d'office de leurs effets, à leurs frais, risques et périls, et si nécessaire avec le concours de la force publique.

Article 3 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.

Article 4 : Le présent jugement sera notifié à la commune de Toulouse, aux occupants sans droit ni titre de l'immeuble situé 36 rue Sainte-Lucie, à Toulouse et à Me Cambon.

Copie en sera adressée au préfet de la Haute-Garonne.

Délibéré après l'audience du 8 juillet 2025, à laquelle siégeaient :

Mme Carotenuto, présidente,

Mme Soddu, première conseillère,

Mme Mérard, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 29 juillet 2025.

La présidente-rapporteure,

S. CAROTENUTO

La première assesseure,

N. SODDU

La greffière,

S. BALTIMORE

La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Garonne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme :

La greffière en chef,

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