jeudi 30 janvier 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulouse |
| Section | Tribunal Administratif de Toulouse |
| N° Dossier | TA31-2401194 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 4ème Chambre |
| Avocat requérant | TOUBOUL |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 29 février 2024, M. B A, représenté par Me Touboul, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 12 octobre 2023 par laquelle le préfet de la Haute-Garonne a refusé d'enregistrer sa demande de titre de séjour, ainsi que la décision du 28 décembre 2023 de rejet de son recours gracieux ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Haute-Garonne d'enregistrer sa demande de titre de séjour et de lui délivrer un récépissé pendant l'instruction de son dossier ;
3°) de mettre à la charge de l'État le paiement de la somme de 1 500 euros au titre des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et du 2ème alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.
Il soutient que :
- la décision de refus d'enregistrement de sa demande de titre de séjour a produit des effets en retardant l'instruction de sa demande, de sorte que ses conclusions tendant à l'annulation de cette décision ont conservé leur objet ;
- cette décision a été prise par une autorité incompétente, en ce qu'il n'est pas justifié de l'identité de l'agent du guichet de la préfecture ni d'une délégation à son bénéfice ;
- la communication des motifs de cette décision méconnaît le délai fixé par les dispositions de l'article L. 232-4 du code des relations entre le public et l'administration ;
- les décisions attaquées ne sont pas motivées en droit au regard des articles L. 211-2 et L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration ;
- le préfet a entaché les décisions contestées d'une erreur de fait et d'une erreur de droit au regard de l'article R. 431-12 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, en ce qu'il justifie d'éléments médicaux nouveaux.
Par un mémoire en défense, enregistré le 4 juin 2024, le préfet de la Haute-Garonne conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.
Par un courrier du 30 septembre 2024, enregistré le même jour, le préfet de la Haute-Garonne a informé le tribunal que la demande de titre de séjour présentée par M. A le 2 juillet 2024 a été enregistrée et que sa requête est désormais dépourvu d'objet.
Par courrier du 6 décembre 2024, M. A maintient sa requête.
Par une ordonnance du 10 décembre 2024, la clôture de l'instruction a été fixée au 24 décembre 2024.
Par un courrier du 2 janvier 2025, les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office, tiré de l'irrecevabilité des conclusions à fin d'annulation, au motif que les décisions attaquées ne feraient pas grief, sauf à ce que le requérant justifie du caractère complet du dossier déposé auprès des services préfectoraux.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. Quessette, rapporteur, a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ressortissant algérien, né le 16 janvier 1995, est entré sur le territoire français le 11 août 2016. Du 11 septembre 2018 au 11 octobre 2021, l'intéressé a bénéficié de certificats de résidence algérien régulièrement renouvelés. Le 20 août 2021, il a sollicité le renouvellement de son titre de séjour en raison de son état de santé sur le fondement du 7° de l'article 6 de l'accord franco-algérien. À la suite de l'avis défavorable du collège de médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration du 11 octobre 2021, le préfet de la Haute-Garonne, par un arrêté du 19 novembre 2021, lui a refusé l'admission au séjour et l'a obligé à quitter le territoire dans le délai de trente jours. Le 4 avril 2023, le 30 mai 2023, le 29 août 2023 et le 12 octobre 2023, M. A a sollicité une demande d'admission au séjour en qualité d'étranger malade sur le même fondement de l'accord franco-algérien, qui a fait l'objet d'un refus d'enregistrement en l'absence de circonstances nouvelles. Par courriel du 7 novembre 2023, M. A conteste la décision de refus d'enregistrement du 12 octobre 2023. Par courrier du 28 décembre 2023, le préfet de la Haute-Garonne a communiqué les motifs explicites du refus d'enregistrement. Toutefois, le 2 juillet 2024, la demande de titre de séjour présentée par M. A a été enregistrée. Par courrier du 6 décembre 2024, le requérant maintient ses conclusions aux fins d'annulation des décisions attaquées.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. D'une part, aux termes de l'article R. 431-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui demande la délivrance ou le renouvellement d'un titre de séjour présente à l'appui de sa demande : / 1° Les documents justifiants de son état civil ; / 2° Les documents justifiants de sa nationalité ; / 3° Les documents justifiants de l'état civil et de la nationalité de son conjoint, de ses enfants et de ses parents lorsqu'il sollicite la délivrance ou le renouvellement d'un titre de séjour pour motif familial. / La délivrance du premier récépissé et l'intervention de la décision relative au titre de séjour sollicité sont subordonnées à la production de ces documents. / Lorsque la demande de titre de séjour est introduite en application de l'article L. 431-2, le demandeur peut être autorisé à déposer son dossier sans présentation de ces documents ". Selon l'article R. 431-11 de ce code : " L'étranger qui sollicite la délivrance d'un titre de séjour présente à l'appui de sa demande les pièces justificatives dont la liste est fixée par arrêté annexé au présent code ". Aux termes de l'article R. 431-12 du même code : " L'étranger admis à souscrire une demande de délivrance ou de renouvellement de titre de séjour se voit remettre un récépissé qui autorise sa présence sur le territoire pour la durée qu'il précise. Ce document est revêtu de la signature de l'agent compétent ainsi que du timbre du service chargé, en vertu de l'article R. 431-20, de l'instruction de la demande. () ".
3. D'autre part, aux termes des stipulations de l'article 6 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 : " Les dispositions du présent article ainsi que celles des deux articles suivants, fixent les conditions de délivrance et de renouvellement du certificat de résidence aux ressortissants algériens établis en France ainsi qu'à ceux qui s'y établissent, sous réserve que leur situation matrimoniale soit conforme à la législation française. Le certificat de résidence d'un an portant la mention " vie privée et familiale " est délivré de plein droit : () 7) au ressortissant algérien, résidant habituellement en France, dont l'état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait entraîner pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité, sous réserve qu'il ne puisse pas effectivement bénéficier d'un traitement approprié dans son pays. () ".
4. Il résulte de ces dispositions qu'en dehors du cas d'une demande à caractère abusif ou dilatoire, l'autorité administrative chargée d'instruire une demande de titre de séjour ne peut refuser de l'enregistrer, et de délivrer le récépissé y afférent, que si le dossier présenté à l'appui de cette demande est incomplet. Le caractère abusif ou dilatoire de la demande doit s'apprécier compte tenu d'éléments circonstanciés. En outre, le refus d'enregistrer une demande tendant à l'octroi d'un titre de séjour, à l'appui de laquelle est présenté un dossier incomplet, ne constitue pas une décision faisant grief susceptible d'être déférée au juge de l'excès de pouvoir, sauf à ce que le requérant justifie du caractère complet du dossier déposé auprès des services préfectoraux.
5. En l'espèce, la demande de titre de séjour de M. A a fait l'objet de décisions de refus d'enregistrement les 4 avril, 30 mai, 29 août et 12 octobre 2023 en raison de son caractère incomplet. Un formulaire de demande de titre de séjour a été remis au requérant le 12 octobre 2023 sur lequel est notamment mentionné dans la rubrique observations " un certificat médical justifiant des éléments nouveaux et/ou aggravation ". Un courrier du préfet du 28 décembre 2023, en réponse au recours gracieux présenté le 7 novembre 2023, indique que l'intéressé n'a présenté aucun élément de nature à établir qu'une circonstance nouvelle serait intervenue postérieurement à l'arrêté du 19 novembre 2021 portant refus d'admission au séjour et obligation de quitter le territoire français. Dès lors, compte tenu du caractère incomplet du dossier de demande de titre de séjour de M. A, qui ne démontre pas avoir déposé de nouveaux éléments médicaux postérieurs aux décisions attaquées, ces décisions ne constituent pas des décisions faisant grief susceptibles de faire l'objet d'un recours. Par suite, les conclusions d'annulation dirigées contre les décisions attaquées, qui sont irrecevables, doivent être rejetées.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
6. Le présent jugement n'implique aucune mesure d'exécution. Les conclusions à fin d'injonction présentées par M. A doivent, par suite, être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
7. Aux termes des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Les parties peuvent produire les justificatifs des sommes qu'elles demandent et le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation ".
8. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'État, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que Me Touboul demande au titre des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A, au préfet de la Haute-Garonne et à Me Touboul.
Délibéré après l'audience du 16 janvier 2025, à laquelle siégeaient :
M. Clen, président,
M. Quessette, premier conseiller,
Mme Lejeune, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 30 janvier 2025.
Le rapporteur,
L. QUESSETTE
Le président,
H. CLEN La greffière,
F. LE GUIELLAN
La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Garonne, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme :
La greffière en chef,
No 2401194
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026