mardi 11 février 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulouse |
| Section | Tribunal Administratif de Toulouse |
| N° Dossier | TA31-2401730 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Reconduite à la frontière |
| Avocat requérant | DIALEKTIK AVOCATS AARPI |
Vu la procédure suivante :
I. Par une ordonnance n° 2401575 du 21 mars 2024, la magistrate désignée du tribunal administratif de Montpellier a, sur le fondement des articles R. 351-3 et R. 312-8 du code de justice administratif, transmis au tribunal administratif de Toulouse la requête de M. E tendant à l'annulation de l'arrêté du 16 mars 2024 du préfet du Tarn, enregistrée au greffe du tribunal administratif de Montpellier le 18 mars 2024.
Par une requête et un mémoire complémentaire, enregistré le 21 mars 2024 sous le
n° 2401730 au greffe du tribunal administratif de Toulouse, M. B E, représenté par Me Soulas :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'annuler l'arrêté du 16 mars 2024 par lequel le préfet du Tarn l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de renvoi et l'a interdit de retour sur le territoire français pour une durée de deux ans ;
3°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1 000 euros à verser à son conseil par l'application combinée des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du
10 juillet 1991.
Il soutient que :
Sur l'arrêté pris dans son ensemble :
- il a été pris par une autorité incompétente ;
- il est entaché d'une insuffisance de motivation ;
Sur la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle porte une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale tel que protégé par l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle est entachée d'erreurs manifeste d'appréciation ;
Sur la décision portant refus de délai de départ volontaire :
- elle méconnaît les dispositions des articles L. 612-2 et L. 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
Sur la décision fixant le pays de renvoi :
- elle porte une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale tel que protégé par l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
Sur la décision portant interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de deux ans :
- elle est entachée d'erreurs d'appréciation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 26 juillet 2024, le préfet du Tarn conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
II. Par une requête et des pièces complémentaires, enregistrées les 14 et 23 janvier 2025 sous le n° 2500261, M. B E, représenté par Me Soulas, demande au tribunal :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'annuler l'arrêté du 7 janvier 2025 par lequel le préfet du Tarn l'a assigné à résidence pour une durée de quarante-cinq jours ;
3°) d'enjoindre au préfet du Tarn de procéder au réexamen de sa situation ;
4°) de mettre à la charge de l'État les entiers dépens ainsi qu'une somme de 2 000 euros à verser à son conseil par l'application combinée des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 et, dans l'hypothèse où il ne serait pas admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale, de mettre à la charge de l'Etat cette même somme par la seule application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- l'arrêté attaqué a été pris par une autorité incompétente ;
- il est entaché d'un défaut de motivation ;
- il est dépourvu de base légale en raison de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français sur laquelle il se fonde
- il méconnaît les dispositions de l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
Par un mémoire en défense, enregistré le 21 janvier 2025, le préfet du Tarn conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal par intérim a désigné Mme Cuny, conseillère, pour statuer sur les demandes présentées au titre des articles L. 921-1, L. 921-2, L. 921-3, L. 921-4, L. 922-1 et
L. 922-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Cuny,
- les observations de Me Bachet, substituant Me Soulas, représentant M. E, qui conclut aux mêmes fins par les mêmes moyens,
- les observations de M. E, assisté de M. A C, interprète en langue ourdou, qui répond aux questions de la magistrate désignée,
- le préfet du Tarn n'étant ni présent ni représenté,
La clôture d'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. E, ressortissant pakistanais né le 11 décembre 2005 à Shahidalwali (Pakistan), déclare être entré en France le 27 juillet 2021. Par un arrêté du 16 mars 2024, le
préfet du Tarn l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de renvoi et
l'a interdit de retour sur le territoire français pour une durée de deux ans. Le 10 septembre 2024, il a déposé une demande d'admission exceptionnelle au séjour en qualité d'étranger confié au service de l'aide sociale à l'enfance (ASE). Par un arrêté du 7 janvier 2025, le préfet du Tarn
l'a assigné à résidence pour une durée de quarante-cinq jours. M. E demande l'annulation des arrêtés des 16 mars 2024 et 7 janvier 2025.
Sur la jonction :
2. Les requêtes nos 2401730 et 2500261 présentées pour M. E concernent la situation d'une même personne. Il y a eu lieu de les joindre pour statuer par un seul jugement.
Sur les conclusions au titre de l'aide juridictionnelle provisoire :
3. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique :
" Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente ou son président ". Il y a lieu, eu égard à l'urgence qui s'attache à ce qu'il soit statué sur la requête de l'intéressé, de prononcer son admission provisoire à l'aide juridictionnelle.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne l'arrêté du 16 mars 2024 portant obligation de quitter le territoire français sans délai, fixant le pays de renvoi et interdiction de retour pour une durée de deux ans :
S'agissant de l'arrêté pris dans son ensemble :
4. En premier lieu, par un arrêté du 10 octobre 2023, régulièrement publié au
recueil des actes administratifs de la préfecture le même jour, le préfet du Tarn a donné à
M. F G, sous-préfet de Castres, délégation à l'effet de signer, en cas d'absence ou d'empêchement de M. Sébastien Simoes, secrétaire général de la préfecture du Tarn, tous les arrêtés et documents administratifs ainsi que toutes les décisions, mesures et correspondances courantes établies en application du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Il ne ressort pas des pièces du dossier que M. D n'aurait pas été absent ou empêché le
16 mars 2024. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de la décision attaquée doit être écarté.
5. En second lieu, l'arrêté attaqué comporte l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement des décisions portant obligation de quitter le territoire français, refus de délai de départ volontaire, fixation du pays de renvoi et interdiction de retour sur le territoire français. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation doit être écarté.
S'agissant de la décision portant obligation de quitter le territoire français :
6. En premier lieu, aux termes de l'article L. 613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " La décision portant obligation de quitter le territoire français est () édictée après vérification du droit au séjour, en tenant notamment compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France et des considérations humanitaires pouvant justifier un tel droit. ".
7. Il ressort des pièces du dossier que M. E, entré mineur sur le territoire français au cours de l'année 2021, a été placé auprès des services de l'aide sociale à l'enfance jusqu'à sa majorité par un jugement rendu par le tribunal pour enfant du 22 mars 2022 et a signé un contrat jeune majeur le 11 décembre 2023. Toutefois, il ressort également des pièces du dossier qu'il s'est inscrit en première de certificat d'aptitude professionnelle " restauration " et a conclu un contrat d'apprentissage avec la SAS Délices d'Albi que le 11 décembre 2023, soit depuis seulement quatre mois à la date de la décision attaquée. En outre, le livret des compétences du 2ème semestre de l'année 2023-2024 relève " de nombreuses absences et un manque d'implication et de travail personnel ", " des difficultés et un manque d'implication ". De plus, en dépit de l'obtention d'un diplôme d'étude de la langue française obtenu le 16 octobre 2023, le même livret des compétences fait état des difficultés de M. E à maitriser la langue française. Par suite, nonobstant la circonstance qu'il ait postérieurement à la décision attaquée déposé une demande d'admission au séjour, les moyens tirés de l'erreur de droit et de l'erreur manifeste d'appréciation doivent être écartés.
8. En second lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1° Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance ; 2° Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale ou à la protection des droits et libertés d'autrui. ".
9. Il résulte de ce qui a dit ci-dessus que M. E, pris en charge en tant que mineur puis majeur par les services de l'aide sociale à l'enfance du département du Tarn, est entré récemment sur le territoire et n'a entamé, à la date de la décision attaquée, aucune démarche en vue de régulariser son droit au séjour. En outre, il n'établit pas s'être investi avec sérieux dans la scolarité qu'il a débutée en décembre 2023. Enfin, il ressort des pièces du dossier qu'il est dépourvu d'attaches familiales sur le territoire français et que l'ensemble des membres de sa famille réside dans son pays d'origine, où il a vécu jusqu'à l'âge de seize ans. Par suite, les moyens tirés de la méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l'erreur manifeste d'appréciation commise par le préfet du Tarn doivent être écartés.
S'agissant de la décision portant refus de délai de départ volontaire :
10. En unique lieu, aux termes de l'article L. 612-2 du même code : " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : 1° Le comportement de l'étranger constitue une menace pour l'ordre public ; () 3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet. ". Aux termes de l'article L. 612-3 du même code :
" Le risque mentionné au 3o de l'article L. 612-2 peut être regardé comme établi, sauf circonstance particulière, dans les cas suivants : 1o L'étranger, qui ne peut justifier être entré régulièrement sur le territoire français, n'a pas sollicité la délivrance d'un titre de séjour ; / 3o L'étranger s'est maintenu sur le territoire français plus d'un mois après l'expiration de son titre de séjour, du document provisoire délivré à l'occasion d'une demande de titre de séjour ou de son autorisation provisoire de séjour, sans en avoir demandé le renouvellement ; / 4o L'étranger a explicitement déclaré son intention de ne pas se conformer à son obligation de quitter le territoire français. ".
11. Il ressort des pièces du dossier, et notamment des termes de la décision litigieuse, que M. E a été interpellé et placé en garde-à-vue le 16 mars 2024 pour des faits de recel de vol. Toutefois, il ressort du rapport éducatif du 2 septembre 2024 qu'il a été mis hors de cause pour ces faits. En outre, le préfet du Tarn ne produit aucun élément sur les suites pénales données à cette interpellation. Dès lors, le motif tiré de ce que le comportement de M. E constitue une menace à l'ordre public est entaché d'erreur de droit. Mais, pour refuser d'accorder un délai de départ volontaire au requérant, le préfet du Tarn s'est également fondé sur le risque qu'il se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire dès lors qu'il s'est maintenu en situation irrégulière sur le territoire français et n'a pas entrepris de démarche afin de régulariser sa situation. Si M. E soutient que ce risque n'est pas établi, il ne produit aucun élément au soutien de son allégation. Par ailleurs, il résulte de l'instruction que le préfet du Tarn aurait pris la même décision s'il s'était fondé seulement sur ce motif. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions précitées doit être écarté.
S'agissant de la décision fixant le pays de renvoi :
12. Il résulte de ce qui a été dit ci-dessus, et notamment des considérations de faits mentionnées aux points 7 et 9, que M. E n'est pas fondé à soutenir que la décision fixant le pays de renvoi porte une atteinte disproportionnée à son droit à sa vie privée et familiale.
S'agissant de la décision portant interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de deux ans :
13. Aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. / Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder cinq ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français, et dix ans en cas de menace grave pour l'ordre public. ". L'article L. 612-10 du même code énonce
: " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. ".
14. Il résulte de ce qui a été dit ci-dessus, et notamment des considérations de faits mentionnées aux points 7 et 9, que M. E ne justifie ni de perspectives d'insertion professionnelle, ni de liens d'une intensité particulière sur le territoire français. Dans ces conditions, nonobstant l'absence de menace pour l'ordre public et de précédente mesure d'éloignement, le préfet du Tarn a pu, sans commettre d'erreurs d'appréciation, prononcer à l'encontre du requérant une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de deux ans.
15. Il résulte de tout ce qui précède que M. E n'est pas fondé à demander l'arrêté du 16 mars 2024 par lequel le préfet du Tarn l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de renvoi et l'a interdit de retour sur le territoire français pour une durée de deux ans.
En ce qui concerne l'arrêté en date du 7 janvier 2025 portant assignation à résidence :
16. En premier lieu, il résulte de ce qui a été dit, et notamment des points 7 et 9, que la décision portant obligation de quitter le territoire prise par le préfet du Tarn ne méconnaît ni les dispositions de l'article L. 435-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ni les stipulations de l'article 8 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et n'est pas entachée d'une erreur manifeste d'appréciation. Par suite, M. E n'est pas fondé à soutenir que l'arrêté contesté devrait être annulé par voie de conséquence de l'annulation de la décision portant obligation de quitter le territoire français.
17. En deuxième lieu, par un arrêté du 21 octobre 2024, régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la préfecture le même jour, le préfet du Tarn a donné à
Mme Anabelle Ravni, secrétaire générale adjointe de la préfecture du Tarn, délégation à l'effet de signer les mesures d'assignation à résidence. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de la décision attaquée doit être écarté.
18. En troisième lieu, l'arrêté contesté vise les dispositions et stipulation dont il fait application, et notamment les articles L. 731-1 et L. 732-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Il précise que M. E a fait l'objet le 16 mars 2024 d'un arrêté obligation de quitter le territoire français sans délai et que son éloignement demeure une perspective raisonnable. Par suite, il est suffisamment motivé.
19. En quatrième et dernier lieu, aux termes de l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut assigner à résidence l'étranger qui ne peut quitter immédiatement le territoire français mais dont l'éloignement demeure une perspective raisonnable, dans les cas suivants : / 1° L'étranger fait l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français, prise moins de trois ans auparavant, pour laquelle le délai de départ volontaire est expiré ou n'a pas été accordé ; () ".
20. Il est constant que M. E a fait l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français sans délai le 16 mars 2024. Il ressort des pièces du dossier que le requérant n'a pas exécuté spontanément l'obligation qui lui est faite de quitter le territoire français. S'il soutient qu'il n'est pas démontré que l'exécution de la mesure d'éloignement prise à son encontre resterait une perspective raisonnable, il ne fait état d'aucune circonstance pouvant faire obstacle à l'exécution de cette décision d'éloignement, y compris de son propre chef, et n'apporte ainsi aucun élément permettant d'établir que cette mesure ne pourrait pas être exécutée dans un délai raisonnable. Par suite, le moyen tiré de l'erreur de droit doit être écarté.
21. Il résulte de ce qui précède que M. E n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 7 janvier 2025 par lequel le préfet du Tarn l'a assigné à résidence pour une durée de quarante-cinq jours.
22. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de M. E doivent être rejetées. Il y a lieu de rejeter, par voie de conséquence, les conclusions à fin d'injonction et tendant à l'application des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique et à la mise à la charge de l'Etat les entiers dépens.
D E C I D E :
Article 1er : M. E est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
Article 2 : Le surplus des conclusions des requêtes est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B E, à Me Soulas et au préfet du Tarn.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 11 février 2025.
La magistrate désignée,
L. CUNY
Le greffier,
B. ROETS
La République mande et ordonne au préfet du Tarn en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme :
La greffière en cheffe
N°2401730, 2500261
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026