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AccueilJurisprudence administrativeN° TA31-2401952

Tribunal Administratif de Toulouse — Décision N° TA31-2401952

lundi 3 juin 2024

JuridictionTribunal Administratif de Toulouse
SectionTribunal Administratif de Toulouse
N° DossierTA31-2401952
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Avocat requérantSELARL GRIMALDI-MOLINA ET ASSOCIES

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 2 avril 2024, Mme A B, représentée par Me Grimaldi, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 30 janvier 2024 par laquelle le recteur de l'académie de Toulouse a rejeté sa demande de paiement rétroactif de la prime dite " REP " (réseau d'éducation prioritaire) pour les années 2019 à 2022 ;

2°) d'enjoindre au recteur de l'académie de Toulouse de lui verser cette prime ;

3°) de condamner l'Etat à lui allouer une indemnité de 3 020 euros, assortie des intérêts au taux légal et de leur capitalisation, au titre des préjudices qu'elle estime avoir subis, sous astreinte de 200 euros par jour de retard à compter de l'expiration d'un délai de 10 jours suivant la notification du jugement à intervenir

4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code général de la fonction publique ;

- la loi n° 2021-1729 du 22 décembre 2021 ;

- le décret n° 2022-433 du 25 mars 2022 ;

- l'arrêté du 1er août 2022 modifiant l'arrêté du 30 mars 2022 relatif à la mise en œuvre d'une procédure de médiation préalable obligatoire applicable à certains litiges de la fonction publique au ministère de l'éducation nationale, de la jeunesse et des sports ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 213-11 du code de justice administrative : " Les recours formés contre les décisions individuelles qui concernent la situation de personnes physiques et dont la liste est déterminée par décret en Conseil d'Etat sont, à peine d'irrecevabilité, précédés d'une tentative de médiation. Ce décret en Conseil d'Etat précise en outre le médiateur relevant de l'administration chargé d'assurer la médiation. ". Aux termes de l'article R. 213-12 du même code : " Lorsqu'un tribunal administratif est saisi dans le délai de recours contentieux d'une requête n'ayant pas été précédée d'une médiation qui était obligatoire, son président ou le magistrat qu'il délègue rejette cette requête par ordonnance et transmet le dossier au médiateur compétent. / Le médiateur est supposé avoir été saisi à la date d'enregistrement de la requête. ".

2. Aux termes de l'article 2 du décret du 25 mars 2022 relatif à la procédure de médiation préalable obligatoire applicable à certains litiges de la fonction publique et à certains litiges sociaux : " La procédure de médiation préalable obligatoire prévue par l'article L. 213-11 du code de justice administrative est applicable aux recours formés par les agents publics à l'encontre des décisions administratives suivantes : / 1° Décisions administratives individuelles défavorables relatives à l'un des éléments de rémunération mentionnés à l'article L. 712-1 du code général de la fonction publique ; / () " Aux termes de l'article 3 du même décret : " Les agents publics concernés par la procédure de médiation préalable obligatoire sont : / 1° Les agents de la fonction publique de l'Etat affectés dans les services académiques et départementaux, les écoles maternelles et élémentaires et les établissements publics locaux d'enseignement du ressort de celles des académies qui figurent sur une liste arrêtée par le garde des sceaux, ministre de la justice et le ministre chargé de l'éducation nationale ; / () ". Aux termes de l'article 1er de l'arrêté du 1er août 2022 modifiant l'arrêté du 30 mars 2022 relatif à la mise en œuvre d'une procédure de médiation préalable obligatoire applicable à certains litiges de la fonction publique au ministère de l'éducation nationale, de la jeunesse et des sports, l'académie de Toulouse est mentionnée dans la liste des académies pour lesquelles la procédure de médiation préalable obligatoire entre en vigueur à partir du 1er décembre 2022.

3. Mme A B, recrutée par contrats à compter du 1er septembre 2019 en qualité d'accompagnante d'élèves en situation d'handicap (AESH) dans des établissements scolaires situés dans le ressort de l'académie de Toulouse, a saisi le recteur de cette académie d'une demande de versement de l'indemnité dite " REP " au titre des années 2019 à 2022, qui a été rejetée par décision du 30 janvier 2024. Il résulte de la combinaison des dispositions précitées que la demande en annulation présentée par Mme B contre cette décision, qui doit être regardée comme dirigée contre une décision administrative individuelle défavorable, née postérieurement au 1er décembre 2022, relative à l'un des éléments de rémunération mentionnés à l'article L. 712-1 du code général de la fonction publique dont l'intéressée s'estime privée, devait être précédée d'une médiation préalable obligatoire. Les conclusions en injonction et indemnitaires dont sont assorties les conclusions à fin d'annulation ne sont pas détachables entre elles. Or, la procédure de médiation préalable obligatoire devant le médiateur de l'académie de Toulouse n'a pas été engagée. Par suite, la requête est irrecevable. Il y a lieu, par application des dispositions précitées de l'article R. 213-12 du code de justice administrative, de la rejeter et de transmettre le dossier de Mme B au médiateur de l'académie de Toulouse, sans préjudice pour l'intéressée de saisir à nouveau le tribunal une fois la médiation terminée dans l'hypothèse où celle-ci ne lui donnerait pas entière satisfaction.

ORDONNE :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : Le dossier de la requête de Mme B est transmis au médiateur de l'académie de Toulouse.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A B et au médiateur de l'académie de Toulouse.

Fait à Toulouse, le 3 juin 2024.

La présidente de la 5ème chambre,

B. MOLINA-ANDRÉO

La République mande et ordonne à la ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse en ce qui la concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme :

La greffière en chef,

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