mercredi 15 janvier 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulouse |
| Section | Tribunal Administratif de Toulouse |
| N° Dossier | TA31-2401962 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | TERCERO |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 3 avril 2024, Mme B A, représentée par Me Tercero, avocate, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 28 septembre 2023 par lequel le préfet de l'Aveyron a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays de destination de la mesure d'éloignement ;
2°) d'enjoindre au préfet de l'Aveyron de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " salarié " sur le fondement de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et, dans l'attente et dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir, lui enjoindre de lui remettre un récépissé de titre de séjour l'autorisant à travailler sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) à titre subsidiaire d'enjoindre au préfet de l'Aveyron de lui remettre, dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir, une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
4°) de mettre à la charge de l'État la somme de 2 000 euros hors taxes en application des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 à verser à son conseil sous réserve que ce dernier renonce à la part contributive de l'Etat.
Elle soutient que :
- l'arrêté attaqué est insuffisamment motivé ;
- l'arrêté est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation dans l'application de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile s'agissant des motifs exceptionnels d'admission au séjour.
Par un mémoire en défense, enregistré le 25 avril 2024 le préfet de l'Aveyron conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.
Par une ordonnance du 11 avril 2024, la clôture de l'instruction a été fixée au 11 juillet 2024 à 12h00.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique sur sa proposition de prononcer des conclusions lors de l'audience.
Le rapport de Mme Viseur-Ferré a été entendu au cours de l'audience publique, les parties n'étant ni présentes, ni représentées.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A, ressortissante sénégalaise née en 1991, est entrée en France en août 2016 munie d'un visa étudiant. En juillet 2023 elle a sollicité la délivrance d'un titre de séjour sur le fondement des dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par l'arrêté attaqué du 28 septembre 2023, le préfet de l'Aveyron a refusé à Mme A la délivrance du titre de séjour sollicité, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination de la mesure d'éloignement.
2. En premier lieu, l'arrêté attaqué vise les textes applicables, rappelle les conditions d'entrée et de séjour en France de Mme A, fait état du contrat de travail produit à l'appui de sa demande et des éléments de sa situation personnelle et familiale. L'arrêté comporte ainsi les éléments de fait et de droit qui fondent la décision contestée et met Mme A en mesure d'en comprendre le sens et la portée et d'en contester utilement les motifs, le moyen tiré de l'insuffisante motivation de cette décision doit dès lors être rejeté.
3. En second lieu, il ressort des pièces du dossier que Mme A est entrée en France en août 2016 pour y suivre une formation en première année de master mention Droit des affaires à l'université de Strasbourg. En mars 2021 elle a débuté une formation en deuxième année de master mention Management des ressources humaines au sein d'un établissement privé, dont elle a financé les frais d'inscription par un emploi de gestionnaire du personnel au sein de la mairie de Nanterre. Toutefois à l'expiration de son titre de séjour " étudiant ", la préfecture du Val d'Oise a refusé le renouvellement de ce titre et lui a fait obligation de quitter le territoire français. Cette décision, qui n'a pas fait l'objet d'un recours, a entraîné la fin de son activité salariée et elle a dû cesser ses études en raison de son incapacité à en assurer le financement. En septembre 2022 elle a repris des études en 3ème année de licence Droit et gestion de l'université de Rodez. Jusqu'à la fin de l'année 2023 elle a été autorisée à séjourner en France à titre exceptionnel afin de terminer ses études. A l'issue du stage obligatoire effectué dans ce cadre, la société maître de stage l'a embauchée en contrat à durée déterminée en juin 2023 puis en contrat à durée indéterminée à compter de septembre 2023, pour lequel elle a bénéficié d'une autorisation de travail. Depuis octobre 2023 Mme A est également inscrite en alternance en mastère mention Ingénierie patrimoniale. Toutefois, malgré la durée de son séjour en France, en particulier la durée de son activité et le contrat de travail dont elle fait état, ces éléments ne sauraient s'analyser, contrairement à ce qu'elle soutient, comme des motifs exceptionnels. Dès lors c'est à tort qu'elle soutient que le préfet de l'Aveyron aurait commis une erreur manifeste d'appréciation dans l'application des dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
4. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de la décision du 28 septembre 2023 du préfet de l'Aveyron portant refus de délivrance d'un titre de séjour à Mme A, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination de la mesure d'éloignement doivent être rejetées, ainsi que, par voie de conséquence, les conclusions à fin d'injonction et les conclusions relatives au frais non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A et au préfet de l'Aveyron.
Délibéré après l'audience du 18 décembre 2024 à laquelle siégeaient :
Mme Viseur-Ferré, présidente,
Mme Péan, conseillère,
Mme Préaud, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 15 janvier 2025
La plus ancienne assesseure,
C. PÉAN
La présidente-rapporteure,
C. VISEUR-FERRÉ La greffière,
F. DEGLOS
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière en chef :
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2608798
03/08/2026
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2606201
03/08/2026
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2600562
03/08/2026
Tribunal Administratif de MELUN — N° TA77-2611484
03/08/2026