vendredi 12 avril 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulouse |
| Section | Tribunal Administratif de Toulouse |
| N° Dossier | TA31-2402151 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Reconduite à la frontière |
| Avocat requérant | JOUBIN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés les 10 et 11 avril 2024, M. E A, représenté par Me Joubin, demande au tribunal :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire ;
2°) d'annuler l'arrêté en date du 5 avril 2024 par lequel le préfet de la Gironde l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de renvoi et l'a interdit de retour sur le territoire français pour une durée de quatre ans.
3°) de mettre à la charge de l'Etat le versement d'une somme de 1 200 euros à son conseil, en application combinée des dispositions de l'article 37 alinéa 2 de la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridictionnelle et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et dans l'hypothèse où il ne serait pas admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle, le versement de cette même somme sur le seul fondement de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
En ce qui concerne l'ensemble des décisions attaquées :
- elles sont entachées d'un défaut de compétence de leur signataire ;
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- elle est entachée d'un défaut de motivation ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation et d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation ;
- elle viole les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
En ce qui concerne la décision portant refus de délai de départ volontaire :
- elle est privée de base légale ;
- elle est entachée d'un défaut de motivation en fait ;
- le préfet s'est estimé à tort en situation de compétence liée ;
- la décision contestée est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation dans l'application des dispositions de l'article L. 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ainsi que d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation ;
En ce qui concerne la décision portant fixation du pays de renvoi :
- elle est privée de base légale ;
- elle est entachée d'un défaut de motivation ;
- elle viole les stipulations des articles 2, 3, 4 et 5 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de quatre ans :
- elle est privée de base légale ;
- elle est entachée d'un défaut de motivation en fait ;
- elle est entachée d'une erreur d'appréciation dans l'application des dispositions des articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ainsi que d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 11 avril 2024, le préfet de la Gironde conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales,
- la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique,
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile,
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme Douteaud, première conseillère, pour statuer sur les demandes présentées au titre de l'article L. 614-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Douteaud,
- les observations de Me Joubin, représentant M. A, qui conclut aux mêmes fins et par les mêmes moyens,
- les observations de M. A, assisté de Mme D, interprète en langue russe, qui répond aux questions de la magistrate désignée,
- le préfet de la Gironde n'étant ni présent ni représenté.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ressortissant russe, est entré irrégulièrement sur le territoire français, pour la dernière fois, le 30 mars 2018. Le 6 avril 2018, il a déposé une demande de réexamen de sa situation au titre de l'asile, après deux précédentes demandes d'admission, formées respectivement les 2 novembre 2011 et 14 mars 2016, rejetée, pour la première d'entre elles, par une décision de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides du 7 décembre 2011, et classée sans suite pour la seconde. La demande de réexamen présentée par l'intéressé a été rejetée par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides le 20 mai 2019, décision confirmée par une décision de la cour nationale du droit d'asile du 20 octobre 2020. Par un arrêté du 5 avril 2024, le préfet de la Gironde l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de renvoi et l'a interdit de retour sur le territoire français pour une durée de quatre ans. Par sa requête, M. A demande au tribunal d'annuler ces décisions.
Sur l'admission au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire :
2. L'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 dispose que : " Dans les cas d'urgence, sous réserve de l'application des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente () ". Il y a lieu, eu égard à l'urgence qui s'attache à ce qu'il soit statué sur la requête de l'intéressé, de prononcer son admission provisoire à l'aide juridictionnelle.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne l'ensemble des décisions attaquées :
3. Par un arrêté du 29 mars 2024 publié le même jour au recueil spécial des actes administratifs, le préfet de la Gironde a donné délégation de signature à Mme B F, cheffe du bureau de l'éloignement et de l'ordre public, à l'effet de signer notamment les mesures d'éloignement assorties ou non d'une interdiction de retour sur le territoire français et les décisions fixant le pays de renvoi. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de la signataire de l'arrêté attaqué doit être écarté.
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :
4. En premier lieu, l'arrêté en litige comporte l'énoncé de l'ensemble des considérations de droit et de fait qui fondent la décision portant obligation de quitter le territoire français. Par suite, cette décision est suffisamment motivée.
5. En deuxième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui. ".
6. M. A est entré en France pour la dernière fois le 30 mars 2018. Sa demande de réexamen au titre de l'asile a été rejetée en dernier lieu par la Cour nationale du droit d'asile le
20 octobre 2020. S'il se prévaut de son mariage avec une ressortissante mongole résidant sur le territoire national, il ne l'établit pas par les pièces qu'il produit, à savoir des quittances de loyer au seul nom de Mme G alors, d'ailleurs, que cette dernière a indiqué être célibataire sur la fiche de situation déposée auprès des services de la préfecture de l'Orne, le
17 mai 2023. M. A soutient également avoir une fille sans toutefois justifier ni du lien de filiation l'unissant à l'enfant ni de l'intensité des liens noués entre eux. En outre, le requérant ne justifie d'aucune intégration sociale ou professionnelle particulière sur le territoire national. Enfin, s'il allègue être dépourvu d'attaches personnelles en Russie, il y a vécu la majeure partie de sa vie. Dans ces conditions, en obligeant M. A à quitter le territoire français, le préfet de la Gironde n'a entaché sa décision ni d'une erreur manifeste d'appréciation ni d'une erreur manifeste d'appréciation dans l'appréciation de sa situation de sa situation. Le moyen ainsi invoqué doit être écarté. Pour les mêmes motifs, le moyen tiré de ce que la décision attaquée porterait une atteinte disproportionnée au droit au respect de sa vie privée et familiale, garanti par l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, doit être écarté.
En ce qui concerne la décision portant refus d'octroi d'un délai de départ volontaire :
7. En premier lieu, il résulte de ce qui précède que l'intéressé n'est pas fondé à soutenir que la décision portant refus de départ volontaire serait illégale en conséquence de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français.
8. En deuxième lieu, l'arrêté litigieux comporte les considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision portant refus de délai de départ volontaire. En conséquence, le moyen tiré du défaut de motivation doit être écarté.
9. En troisième lieu, il ne ressort ni de la motivation de l'arrêté contesté ni des autres pièces du dossier que le préfet de la Gironde se serait considéré à tort en situation de compétence liée. Le moyen soulevé à cet égard doit être écarté.
10. En quatrième et dernier lieu, selon l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : / () / 3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet. ". Et selon son article L. 612-3 : " Le risque mentionné au 3° de l'article L. 612-2 peut être regardé comme établi, sauf circonstance particulière, dans les cas suivants : / () / 4° L'étranger a explicitement déclaré son intention de ne pas se conformer à son obligation de quitter le territoire français ; ()/5° L'étranger s'est soustrait à l'exécution d'une précédente mesure d'éloignement ;()/8° L'étranger ne présente pas de garanties de représentation suffisantes, notamment parce qu'il ne peut présenter des documents d'identité ou de voyage en cours de validité, qu'il a refusé de communiquer les renseignements permettant d'établir son identité ou sa situation au regard du droit de circulation et de séjour ou a communiqué des renseignements inexacts, qu'il a refusé de se soumettre aux opérations de relevé d'empreintes digitales ou de prise de photographie prévues au 3° de l'article L. 142-1, qu'il ne justifie pas d'une résidence effective et permanente dans un local affecté à son habitation principale ou qu'il s'est précédemment soustrait aux obligations prévues aux articles L. 721-6 à L. 721-8, L. 731-1, L. 731-3, L. 733-1 à L. 733-4, L. 733-6, L. 743-13 à L. 743-15 et L. 751-5.".
11. Il résulte des termes de l'arrêté attaqué que, pour refuser l'octroi d'un délai de départ volontaire à M. A, le préfet de la Gironde s'est fondé sur les dispositions précitées des 4°, 5° et 8° de l'article L. 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. En l'espèce, il est constant que le requérant a fait l'objet d'une précédente obligation de quitter le territoire français, prise par le préfet de la Sarthe le 24 novembre 2020, notifiée le 12 décembre 2020, et qu'il s'est toutefois maintenu sur le territoire. De plus, il est constant qu'à l'occasion de son audition, le requérant a explicitement déclaré qu'il ne souhaitait pas exécuter une éventuelle mesure d'éloignement si celle-ci impliquait de retourner dans son pays d'origine. Enfin, il ressort des termes du procès-verbal d'audition du 2 avril 2024 que M. A s'est trouvé dans l'impossibilité de présenter un passeport ou une carte d'identité russe. Dans ces conditions, et en l'absence de circonstance particulière, le préfet, qui n'a pas commis d'erreur d'appréciation de la situation du requérant et n'a pas méconnu les dispositions précitées, a pu refuser d'accorder à
M. A un délai de départ volontaire.
En ce qui concerne la décision fixant le pays de renvoi :
12. En premier lieu, il résulte de ce qui précède que l'intéressé n'est pas fondé à soutenir que la décision portant fixation du pays de renvoi serait illégale en conséquence de l'illégalité de décision portant obligation de quitter le territoire français.
13. En deuxième lieu, la décision attaquée vise les textes dont elle fait application, notamment l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Elle précise que l'intéressé n'allègue pas être exposé à des traitements contraires à la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales en cas de retour dans son pays d'origine. Dès lors, la décision attaquée est suffisamment motivée.
14. En troisième et dernier lieu, aux termes de l'article 2 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Le droit de toute personne à la vie est protégé par la loi. () ". Aux termes de l'article 3 de la même convention : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines et traitements inhumains et dégradants ". Son article 4 quant à lui stipule : " 1. Nul ne peut être tenu en esclavage ni en servitude. / 2. Nul ne peut être astreint à accomplir un travail forcé ou obligatoire. (). ". Enfin, aux termes de son article 5 : " Toute personne a droit à la liberté et à la sûreté. Nul ne peut être privé de sa liberté () ".
15. M. A soutient que la décision fixant la Russie comme pays de renvoi porterait atteinte à son droit de ne pas être soumis à des traitements inhumains et dégradants dès lors qu'il pourrait être mobilisé par l'armée afin de combattre les troupes ukrainiennes. Il se prévaut en particulier d'une décision de la cour nationale du droit d'asile du 20 juillet 2023 ainsi que des termes du communiqué de presse l'accompagnant et dont il ressort qu'un ressortissant russe peut obtenir le statut de réfugié lorsqu'il peut être tenu pour établi qu'appelé dans le cadre de la mobilisation partielle du décret du 21 septembre 2022 ou d'un recrutement forcé, il est hautement probable qu'il soit amené à participer, directement ou indirectement, à la commission de crimes de guerre dans le cadre de son service. Cependant, M. A n'apporte aucun élément au soutien de l'allégation suivant laquelle il encourt un tel risque de mobilisation ou de recrutement forcé. Par suite, le préfet n'a pas méconnu les stipulations précitées et les moyens soulevés à cet égard doivent être écartés.
En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :
16. En premier lieu, la décision portant obligation de quitter le territoire n'étant pas entachée d'illégalité, la décision portant interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de quatre ans ne se trouve aucunement privée de base légale.
17. En deuxième lieu, la décision d'interdiction de retour doit comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement, de sorte que son destinataire puisse à sa seule lecture en connaître les motifs. Si cette motivation doit attester de la prise en compte par l'autorité compétente, au vu de la situation de l'intéressé, de l'ensemble des critères prévus par la loi, aucune règle n'impose que le principe et la durée de l'interdiction de retour fassent l'objet de motivations distinctes, ni que soit indiquée l'importance accordée à chaque critère.
18. En l'espèce, l'arrêté attaqué vise les articles L. 612-6 à L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et précise que depuis qu'il a fait l'objet d'une obligation de quitter le territoire français le 24 novembre 2020, à laquelle il s'est soustrait,
M. A se maintient irrégulièrement sur le territoire national, qu'il s'oppose à tout retour dans son pays d'origine et ne justifie ni d'un domicile fixe ni de ressources légales, qu'égard à la nature et l'ancienneté de ses liens en France ainsi qu'à son placement en détention à la Maison d'Arrêt de Lyon Corbas le8 octobre 2021, suivi d'une condamnation à 4 ans d'emprisonnement prononcée à son encontre par le tribunal correctionnel de Mont-de-Marsan, le 16 janvier 2024, pour violence volontaire aggravée de trois circonstances suivie d'une incapacité supérieure à huit jours, une interdiction de retour de quatre ans ne porte pas une atteinte disproportionnée au droit de M. A au respect de sa vie privée et familiale. Par suite, le requérant n'est pas fondé à soutenir que la décision attaquée est insuffisamment motivée.
19. En troisième et dernier lieu, aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. /Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder cinq ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français, et dix ans en cas de menace grave pour l'ordre public. ". L'article L. 612-10 du même code énonce : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. ".
20. Il résulte de ce qui a été dit aux points précédents que M. A, qui ne justifie ni d'une durée de présence sur le territoire national significative, ni de la nature et de l'ancienneté des liens qu'il y aurait noués, a fait l'objet d'une précédente mesure d'éloignement. En outre, le préfet de la Gironde a pu considérer que sa présence sur le sol national constitue une menace pour l'ordre public, compte tenu de sa récente condamnation pour des faits de violence volontaire aggravée de trois circonstances suivie d'une incapacité supérieure à huit jours. Enfin, ainsi
M. A ne démontre l'existence d'aucune circonstance humanitaire faisant obstacle à l'édiction d'une interdiction de retour sur le territoire français. Dans ces conditions, le préfet de la Gironde a pu, sans entacher sa décision d'une erreur d'appréciation ni commettre d'erreur manifeste d'appréciation dans la situation du requérant, prendre à l'encontre de M. A une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de quatre ans.
21. Il résulte de tout ce qui précède que M. A n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté du préfet de la Gironde du 5 avril 2024 portant obligation de quitter le territoire français sans délai, fixation du pays de renvoi, assorti d'une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de quatre ans.
Sur les conclusions relatives aux frais d'instance :
22. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'a pas la qualité de partie perdante, la somme réclamée par l'intéressé au profit de son conseil en application de ces dispositions.
D E C I D E :
Article 1er : M. A est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. E A, à Me Joubin et au préfet de la Gironde.
Lu en audience publique le 12 avril 2024.
La magistrate désignée,
S. DOUTEAUD Le greffier,
M. C
La République mande et ordonne au préfet de la Gironde en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme :
La greffière en chef,
N°2402151
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026