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AccueilJurisprudence administrativeN° TA31-2402153

Tribunal Administratif de Toulouse — Décision N° TA31-2402153

mercredi 10 avril 2024

JuridictionTribunal Administratif de Toulouse
SectionTribunal Administratif de Toulouse
N° DossierTA31-2402153
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Avocat requérantLASPALLES

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 10 avril 2024, Mme E A, représentée par Me Laspalles, demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :

1°) d'enjoindre au recteur de l'académie de Toulouse d'affecter ses deux fils D et C A dans un établissement scolaire adapté à leur âge et à leur niveau scolaire, ce dans le délai de 24 heures suivant la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 200 euros par jour de retard ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat, au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, la somme de 2 000 euros à verser à son conseil en application de l'article 37 alinéa 2 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridictionnelle, sous réserve que son conseil renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'État et, dans l'hypothèse où elle ne serait pas admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle, de mettre à la charge de l'Etat cette même somme sur le seul fondement de l'article L. 761-1.

Elle soutient que :

s'agissant de la condition tenant à l'urgence :

-D et C sont sortis du système scolaire depuis plus de deux ans et l'entrave que la carence de l'Etat porte à leur droit à la scolarisation et à l'importance capitale que revêt, dans leurs cas, l'accès à l'instruction et à la scolarisation caractérise une situation d'urgence ;

s'agissant de la condition tenant à l'existence d'une atteinte grave et manifestement illégale à une liberté fondamentale :

-le refus du recteur d'accueillir D et C dans un établissement scolaire les privent de toute possibilité de bénéficier d'une scolarisation normale et ce refus porte une atteinte grave et manifestement illégale à la liberté fondamentale que constitue le principe d'égal accès à l'instruction.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné M. B pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures ". L'article L. 522-3 du même code dispose : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ". Enfin aux termes du premier alinéa de l'article R. 522-1 de ce code : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit () justifier de l'urgence de l'affaire ".

2. L'usage par le juge des référés des pouvoirs qu'il tient des dispositions de l'article L. 521-2 précité est subordonné à la condition qu'une urgence particulière rende nécessaire l'intervention dans les quarante-huit heures d'une mesure de sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle il est porté atteinte. La seule circonstance qu'une atteinte à une liberté fondamentale serait avérée n'est pas de nature à caractériser l'existence d'une situation d'urgence particulière justifiant l'intervention du juge des référés dans le très bref délai prévu par les dispositions de l'article L. 521-2. Il appartient ainsi au requérant de justifier dans tous les cas de l'urgence, laquelle ne saurait être regardée comme remplie en l'absence d'éléments concrets, propres à chaque espèce, de nature à établir l'urgence des mesures sollicitées dans le cadre de cette procédure particulière de référé qui implique l'intervention du juge dans les plus brefs délais.

3. Mme A, ressortissante afghane, est entrée sur le territoire français en décembre 2022 accompagnée de ses huit enfants mineurs et a obtenu le bénéfice de l'asile. Deux de ses enfants, C et D nés le 19 février 2007, n'ont à ce jour et en dépit des relances qu'elle a faite auprès du recteur de l'académie de Toulouse pas reçu d'affectation dans un établissement scolaire à la rentrée de septembre 2023 alors qu'ils souhaitent pouvoir aller au collège. Si Mme A soutient que ce refus de scolarisation porte une atteinte grave et manifestement illégale à la liberté fondamentale que constitue le principe d'égal accès à l'instruction, la condition d'urgence particulière justifiant que le juge des référés se prononce dans un délai de 48 heures pour faire cesser une atteinte grave et manifestement illégale à une liberté fondamentale n'apparaît cependant pas remplie en l'espèce. Par suite, il y a lieu de rejeter la requête de l'intéressée selon la procédure prévue à l'article L. 522-3 précité du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme E A et à Me Laspalles.

Une copie en sera adressée au recteur de l'académie de Toulouse.

Fait à Toulouse, le 10 avril 2024.

Le juge des référés,

B. B

La République mande et ordonne à la ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.

Pour expédition conforme,

la greffière en chef,

ou par délégation, la greffière,

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