mardi 22 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulouse |
| Section | Tribunal Administratif de Toulouse |
| N° Dossier | TA31-2402541 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 5ème Chambre |
| Avocat requérant | TERCERO |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 27 avril et 17 septembre 2024, Mme C B, représentée par Me Tercero, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 28 septembre 2023 par lequel le préfet de la Haute-Garonne a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination de la mesure d'éloignement ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Haute-Garonne de lui délivrer un titre de séjour " vie privée et familiale " ou, à tout le moins, de procéder au réexamen de sa situation, dans un délai de deux mois à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard, et de lui remettre, dans l'attente, une autorisation provisoire de séjour, dans le délai de quinze jours suivant la notification du jugement, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros au profit de son conseil en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice et du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Elle soutient, dans le dernier état de ses écritures, que :
- en raison de l'illégalité de l'arrêté de refus de séjour assorti d'une mesure d'éloignement pris à l'encontre de son époux, elle doit être autorisée, au titre de la vie privée et familiale, à rester en France ;
- la décision fixant le pays de renvoi méconnaît l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales dès lors qu'elle souffre d'un diabète de type 2 déséquilibré ayant provoqué des pathologies annexes et que le traitement nécessaire n'est pas accessible en Géorgie.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 12 juillet 2024 et 2 août 2024, le préfet de la Haute-Garonne conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.
Mme B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 20 mars 2024.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme Carotenuto a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B, ressortissante géorgienne née le 28 septembre 1975, déclare être entrée en France, accompagnée de son époux, le 19 septembre 2018. Elle a sollicité son admission au bénéfice de l'asile le 26 septembre 2018. Par une décision du 10 mars 2020, la Cour nationale du droit d'asile a rejeté définitivement sa demande d'asile. L'intéressée, qui n'a pas exécuté les mesures d'éloignement prises à son encontre les 7 juillet 2020 et 13 septembre 2021, a toutefois bénéficié, à compter du 17 janvier 2023 en raison de l'état de santé de son époux, M. B, d'une autorisation provisoire de séjour régulièrement renouvelée jusqu'au 1er juillet 2023. Le 30 mars 2023, Mme B a sollicité le renouvellement de son autorisation provisoire de séjour pour accompagner son époux et le changement de son statut, pour motif familial. Par un arrêté du 28 septembre 2023, dont l'intéressée demande l'annulation, le préfet de la Haute-Garonne a refusé de lui délivrer le titre demandé, l'a obligée à quitter le territoire dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination.
2. En premier lieu, par un jugement n° 2402540 du même jour, le tribunal a rejeté la requête de M. B tendant à l'annulation de l'arrêté du 28 septembre 2023 par lequel le préfet de la Haute-Garonne a refusé de lui délivrer à un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays de destination de la mesure d'éloignement. Il s'ensuit que la requérante n'est pas fondée à se prévaloir de l'illégalité de cet arrêté pour soutenir qu'elle devrait être autorisée à rester en France au titre de la vie privée et familiale.
3. En second lieu, aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants. "
4. Si Mme B fait valoir qu'elle est atteinte d'une polypathologie grave, dont une maculopathie et une rétinopathie diabétique, et produit à l'appui de ses allégations des certificats médicaux, elle ne démontre toutefois pas que son traitement médicamenteux et son suivi médical ne seraient pas disponibles dans son pays d'origine, le certificat médical du 5 décembre 2023 établi par le docteur A étant à cet égard, en tout état de cause, insuffisamment circonstancié et les pièces médicales produites à l'appui de son mémoire enregistré le 17 septembre 2024 étant toutes postérieures à l'arrêté en litige. Au demeurant, si le certificat médical du 9 septembre 2024 expose que Mme B devrait bénéficier de quatre injections mensuelles d'Eylea à l'œil droit, l'œil gauche étant " plutôt stable et ne nécessite pas de nouvelles injections pour le moment " et que selon un certificat médical du 16 septembre 2024 et une attestation de l'Agence nationale de la santé du 21 juin 2024, les injections intravitréennes " Eylea " et " Ozurdex " " ne sont pas financé[e]s par la santé publique " et le produit pharmaceutique " Ozurdex ne fait pas l'objet d'un financement dans le cadre des programmes d'Etat ", la requérante ne démontre pas que les soins disponibles dans son pays d'origine ne seraient pas équivalents à ceux offerts en France. Par suite, le moyen tiré de ce qu'elle serait exposée, en cas de retour dans son pays d'origine à des traitements inhumains et dégradants contraires aux stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.
5. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions de Mme B tendant à l'annulation de l'arrêté du préfet de la Haute-Garonne du 28 septembre 2023 doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions aux fins d'injonction sous astreinte ainsi que celles présentées sur le fondement des dispositions des articles L. 761-1 et du code de justice administrative et 37 alinéa 2 de la loi du 10 juillet 1991.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme C B, à Me Tercero et au préfet de la Haute-Garonne.
Délibéré après l'audience du 7 octobre 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Carotenuto, présidente,
Mme Soddu, première conseillère,
Mme Mérard, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 22 octobre 2024.
La présidente-rapporteure,
S. CAROTENUTO
La première assesseure,
N. SODDULa greffière,
S. BALTIMORE
La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Garonne, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme :
La greffière en chef,
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Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026