lundi 2 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulouse |
| Section | Tribunal Administratif de Toulouse |
| N° Dossier | TA31-2402673 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Avocat requérant | ELIGE BORDEAUX |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 3 mai 2024, la SAS Aqua Vita, représentée par Me Fourlin, demande au juge des référés :
1°) de condamner, sur le fondement de l'article R. 541-1 du code de justice administrative, la commune de Bagnères-de-Luchon à lui payer une indemnité provisionnelle de 6 492,27 euros, outre les intérêts capitalisés, contractuels et moratoires ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Bagnères-de-Luchon une somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- le 11 mai 2021, la commune de Bagnères-de-Luchon lui a confié une mission d'assistance technique dans le cadre de l'exécution d'un programme de travaux de mises aux normes et sécurité du bâtiment des Thermes de Luchon, préalable à la reprise en délégation de service public ;
- la convention prévoyait une rémunération journalière forfaitaire de 265 euros HT, soit 318 euros TTC, payable mensuellement au vu d'un état récapitulatif, outre le remboursement de frais de déplacement pour un coût forfaitaire de 75 euros HT ;
- la mission a été exécutée durant la saison 2021 à 2022 ;
- elle a constaté que deux factures n'ont pas été payées, l'une n° 3680, correspondant à la prestation d'assistance technique générale, émise le 7 mars 2022, pour un montant de 3 542,30 euros TTC, soit 2 951,92 euros HT et l'autre à la facture n° 3690, correspondant à la fourniture d'accessoires, émise le 31 mars 2022, pour un montant de 372 euros TTC, soit 310 euros HT ;
- malgré des mises en demeure des 23 juin et 10 juillet 2023, les sommes ne sont toujours pas payées ;
- elle a adressé une réclamation préalable à la commune le 10 février 2024, demandant outre les sommes dues, le paiement de l'indemnité forfaitaire de recouvrement et l'indemnisation de son préjudice ;
- l'absence de paiement de ces factures par la commune de Bagnères-de-Luchon a en effet impacté sa trésorerie ;
- sa créance est non sérieusement contestable.
La commune de Bagnères-de-Luchon à laquelle la requête a été communiquée, n'a pas produit d'observations.
Vu les autres pièces du dossier.
Par ordonnance en date du 8 octobre 2024, la clôture de l'instruction a été fixée au
4 novembre 2024.
La présidente du tribunal a désigné Mme Wolf, présidente honoraire, pour statuer sur les demandes de référé.
Vu :
- le code de la commande publique ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Le 11 mai 2021, dans le cadre d'un programme de travaux nécessaires à la mise aux normes et à la sécurité du bâtiment des Thermes, préalablement à la reprise de l'activité par un délégataire, le maire de Bagnères-de-Luchon a commandé à la SAS Aqua Vita une mission d'assistance technique consistant au suivi de travaux, à la participation à des réunions de chantiers, auprès des bureaux d'études et des entreprises.
2. Selon le devis accepté par le maire, la prestation d'Aqua Vita serait rémunérée selon un forfait journalier de 318 euros TTC, frais de déplacement en sus, pour un coût forfaitaire de 75 euros par déplacement.
3. La SAS Aqua Vita, n'étant pas payée de deux factures, l'une n° 3680, émise le 7 mars 2022, pour un montant TTC de 3 542,30 euros et l'autre n° 3690, émise le 31 mars 2022, pour un montant de 372 euros TTC, demande au juge des référés de condamner la commune à lui payer une somme provisionnelle correspondant au total de ces factures, du forfait de recouvrement et d'une indemnité de 2 000 euros pour son préjudice de trésorerie.
4. Aux termes de l'article R. 541-1 du code justice administrative : " Le juge des référés peut, même en l'absence d'une demande au fond, accorder une provision au créancier qui l'a saisi lorsque l'existence de l'obligation n'est pas sérieusement contestable. Il peut, même d'office, subordonner le versement de la provision à la constitution d'une garantie ". Il résulte de ces dispositions que, pour regarder une obligation comme non sérieusement contestable, il appartient au juge des référés de s'assurer que les éléments qui lui sont soumis par les parties sont de nature à en établir l'existence avec un degré suffisant de certitude.
Sur la provision :
En ce qui concerne le principal :
5. Il résulte de l'instruction que, même si la commune n'a pas présenté d'observations en défense, la facture n° 3680 comporte des lignes de facturation ne correspondant pas au devis accepté par le maire le 11 mai 2021, produit par la SAS Aqua Vita à l'appui de sa requête. Ainsi, en l'absence de clause de révision de prix, les forfaits journaliers et kilométriques de 273 euros et 85,00 euros HT facturés les 5 et 18 janvier, 2 et 9 février et 2 et 3 mars 2022, doivent être réduits à 265 euros et 75 euros HT, limites non sérieusement contestables. Le 1/2 forfait de déplacement d'un montant de 42,50 euros du 9 février venant en plus du forfait entier du même jour n'est assorti d'aucune justification. De même, le devis accepté par la commune ne prévoyait pas la facturation d'heures de travail de bureau. Les sommes de 83 euros HT, 41,50 euros HT, 124,50 euros, 166 euros et 65,25 euros HT, facturées au titre de prestations du 3, 19, 26, 27 et 28 janvier, puis des 28 février et 5, 6 et 7 mars 2022 ne sont pas non sérieusement contestables. La créance de la SAS Aqua Vita se monte, ainsi, à 2 409,17 euros HT, soit 2 891 euros TTC.
6. La facture n° 3690 porte sur la livraison le 8 mars 2022 de " tube silicone 6 X 9 ", sans que le bon de commande soit joint à la facture, alors que la fourniture de marchandises n'avait pas été prévue dans la commande passée par la commune le 11 mai 2021. Il s'ensuit que la créance de la SAS Aqua Vita correspondant à la somme de 372 euros TTC n'est pas non sérieusement contestable.
7. Enfin, il résulte de la pièce 4 " historique facturation " que la commune a payé deux fois la facture n° 3632, d'un montant de 226 euros HT, soit 271,20 euros TTC, somme qui doit être retranchée de la créance de la SAS Aqua Viva.
8. La créance non sérieusement contestable de la SAS Aqua Vita doit être réduite à la somme de 2 183,17 euros HT, soit 2 619,04 euros TTC.
En ce qui concerne les dommages et intérêts :
9. La SAS Aqua Vita soutient que l'absence de paiement de ses factures lui a occasionné un préjudice de trésorerie. Toutefois elle ne prouve pas un préjudice distinct de celui qu'a vocation à réparer le paiement d'intérêts légaux.
En ce qui concerne les accessoires de la créance :
10. En l'absence de mention dans la commande publique, la SAS Aqua Vita a indiqué dans ses factures que " en cas de retard de paiement une pénalité égale à trois fois le taux de l'intérêt légal sera exigible ". Il y a donc lieu de majorer la créance de la SAS Aqua Vita d'un intérêt correspondant à 3 fois le taux de l'intérêt légal prévu pour les créances autres que celles des personnes physiques n'agissant pas pour des besoins professionnels, qui était de 0,76% au 1er semestre 2022, 0,77% au 2ème semestre 2022, 2,06% au 1er semestre 2023, 4,22% au second semestre 2023, 5,07% au 1er semestre 2024, et 4,92% au second semestre 2024. A défaut de stipulation particulière du marché, l'intérêt légal court à compter du lendemain de l'expiration d'un délai de trente jours suivant la réception de la facture et jusqu'à son paiement.
11. Une année d'intérêts n'ayant pas couru depuis la demande de capitalisation présentée pour la première fois dans la requête susvisée, il n'y a pas lieu à faire droit à la demande de capitalisation.
12. En revanche la SAS Aqua Vita détient une créance non sérieusement contestable de 40 euros, au titre de l'indemnité forfaitaire de recouvrement à raison de la facture n° 3680.
Sur les frais du litige :
13. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de la commune de Bagnères-de-Luchon une somme de 1 400 euros à verser à la SAS Aqua Vita sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La commune de Bagnères-de-Luchon est condamnée à payer la somme de 2 619,04 euros à la SAS Aqua Vita, majorée de l'intérêt au taux légal dans les conditions précisées au point 10 de la présente ordonnance outre l'indemnité forfaitaire pour frais de recouvrement d'un montant de 40 euros.
Article 2 : La commune de Bagnères-de-Luchon versera à la SAS Aqua Vita une somme de 1 400 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête de la SAS Aqua Vita est rejeté.
Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à la SAS Aqua Vita et à la commune de Bagnères-de-Luchon.
Fait à Toulouse, le 2 décembre 2024.
La juge des référés,
A. Wolf
La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Garonne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme,
la greffière en chef,
ou par délégation la greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026