mardi 26 novembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulouse |
| Section | Tribunal Administratif de Toulouse |
| N° Dossier | TA31-2403030 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 5ème Chambre |
| Avocat requérant | BREAN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 22 mai 2024, M. D A, représenté par Me Brean, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 21 décembre 2023 par lequel le préfet de la Haute-Garonne a rejeté sa demande de titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays de destination ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Haute-Garonne de lui délivrer un titre de séjour, sous astreinte de 500 euros par jour de retard à compter de la notification du jugement à intervenir ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 800 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 alinéa 2 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- l'arrêté est signé par une autorité incompétente ;
- il est insuffisamment motivé ;
- le préfet a entaché son arrêté d'erreurs de fait ;
- il a commis une erreur " manifeste " d'appréciation dans l'application des dispositions de l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 12 juin et 11 septembre 2024, ce dernier mémoire ayant été communiqué avec une invitation à se désister, le préfet de la Haute-Garonne conclut, dans le dernier état de ses écritures, au non-lieu à statuer sur les conclusions tendant à l'annulation de l'arrêté du 21 décembre 2023 en tant qu'il porte obligation de quitter le territoire français et fixant le pays de destination et au rejet de la requête pour le surplus.
Il fait valoir que :
- M. A a quitté volontairement la France le 9 août 2024 en direction du Canada ;
- pour le surplus, aucun des moyens de la requête n'est fondé.
Par un mémoire, enregistré le 13 septembre 2024, M. A a déclaré maintenir ses conclusions tendant à l'annulation de la décision de refus de titre de séjour.
M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 24 avril 2024.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme Carotenuto a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ressortissant haïtien né le 25 février 1990, est entré en France le 13 septembre 2020, muni d'un passeport revêtu d'un visa de long séjour " étudiant " valant titre de séjour valable du 27 août 2020 au 27 août 2021. Il a ensuite bénéficié, à compter du 17 décembre 2021, d'une carte de séjour pluriannuelle valable du 28 août 2021 jusqu'au 27 novembre 2022, puis d'une carte de séjour temporaire valable jusqu'au 27 novembre 2023. Il a sollicité, le 22 novembre 2023, le renouvellement de son titre de séjour en qualité d'étudiant. Par l'arrêté du 21 décembre 2023, dont M. A sollicite l'annulation, le préfet de la Haute-Garonne a refusé de lui délivrer un titre de séjour et l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours en fixant le pays de destination.
Sur le non-lieu à statuer :
2. Il est constant que M. A a quitté le territoire français le 9 août 2024 pour se rendre au Canada. Il a ainsi exécuté l'obligation de quitter le territoire français. Par suite, il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions tendant à l'annulation de la décision portant obligation de quitter le territoire français ainsi que, par voie de conséquence, fixant le pays de destination.
Sur le surplus des conclusions à fin d'annulation :
3. En premier lieu, par un arrêté du 13 mars 2023, publié le 15 mars suivant au recueil des actes administratifs spécial n° 31-2023-099 de la préfecture de la Haute-Garonne, le préfet de ce département a donné délégation à Mme C B, directrice des migrations et de l'intégration, à l'effet de signer notamment les décisions défavorables au séjour, les décisions d'éloignement du territoire français, ainsi que celles qui les assortissent. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de l'acte doit être écarté.
4. En deuxième lieu, la décision attaquée comporte les considérations de droit et de fait sur lesquelles elle se fonde. Elle mentionne notamment les dispositions pertinentes du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, fait état du parcours universitaire du requérant ainsi que de sa situation familiale. Par suite, la décision est suffisamment motivée et le moyen doit être écarté.
5. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui établit qu'il suit un enseignement en France ou qu'il y fait des études et qui justifie disposer de moyens d'existence suffisants se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " étudiant " d'une durée inférieure ou égale à un an. / () ". Il appartient au préfet, saisi d'une demande de renouvellement d'un titre de séjour délivré sur le fondement de ces dispositions d'apprécier, sous le contrôle du juge, le caractère réel et sérieux des études poursuivies en France.
6. Il ressort des pièces du dossier que M. A s'est inscrit, pour l'année universitaire 2020-2021, en première année de licence 1 d'Administration Economique et Sociale à l'Université Toulouse Capitole et a été ajourné avec une moyenne de 0,091/20, ne s'étant présenté qu'à une seule matière pour laquelle il a obtenu une note de 2/20. Pour l'année universitaire 2021-2022, il s'est inscrit en licence 1 de Droit à l'Université Toulouse Capitole et a été ajourné avec une moyenne de 3,743/20 et ne s'était présenté qu'à certaines matières. Lors de sa seconde tentative, durant l'année universitaire 2022-2023, le requérant a, à nouveau, été ajourné avec une moyenne finale de 8,101/20 et n'a acquis que cinq matières sur les dix-huit unités d'enseignement de ce cursus. Enfin, pour l'année universitaire 2023/2024, il s'est inscrit en licence 1 Economie et Sociologie. Le requérant, qui se prévaut de la pandémie de Covid, de l'état de santé de son père ainsi que du sien, n'apporte toutefois aucun élément de nature à justifier ses échecs consécutifs, ses absences aux cours et aux examens ainsi que sa réorientation. La circonstance qu'il aurait étudié en Haïti et aurait travaillé à la Chancellerie en 2016 et 2027 est sans incidence sur la légalité de la décision contestée. Par suite, c'est sans commettre d'erreur d'appréciation que le préfet de la Haute-Garonne a refusé de renouveler à M. A le titre de séjour " étudiant " au motif qu'il ne justifiait pas de la réalité et du caractère sérieux des études poursuivies.
7. En dernier lieu, si le préfet a mentionné par erreur que le requérant s'était inscrit en Licence 1 de Droit au titre de l'année universitaire 2020/2021 au lieu de Licence 1 d'Administration Economique et Sociale, cette erreur purement matérielle est sans incidence sur la légalité de la décision en litige.
8. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de la décision de refus de séjour présentées par M. A doivent être rejetées. Par voie de conséquence, ses conclusions aux fins d'injonction sous astreinte ainsi que celles présentées sur le fondement des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 alinéa 2 de la loi du 10 juillet 1991 doivent être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions à fin d'annulation des décisions portant obligation de quitter le territoire français et fixant le pays de destination.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de M. A est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. D A, à Me Brean et au préfet de la Haute-Garonne.
Délibéré après l'audience du 12 novembre 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Carotenuto, présidente,
Mme Soddu, première conseillère,
Mme Mérard, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 26 novembre 2024.
La présidente-rapporteure,
S. CAROTENUTO
La première assesseure,
N. SODDULa greffière,
S. BALTIMORE
La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Garonne en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme :
La greffière en chef,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026