mardi 28 mai 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulouse |
| Section | Tribunal Administratif de Toulouse |
| N° Dossier | TA31-2403113 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 27 mai 2024, Mme et M. B C demandent au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :
1°) d'ordonner au maire de la commune de Villaudric de faire évacuer les matériaux déposés sur la voie publique contre leur propriété qui entravent leur liberté d'aller et venir ;
2°) d'ordonner au maire de Villaudric de remettre en état les canalisations et les pieds de talus ;
3°) d'ordonner au maire de Villaudric de procéder au contrôle de la légalité du chantier ;
4°) de mettre à la charge de la commune de Villaudric la somme de 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que l'abstention du maire à agir malgré leurs signalements porte une atteinte grave à la liberté fondamentale d'aller et venir depuis leur propriété vers la voirie communale.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la Constitution ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. A pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 521-2 de ce code : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures ". L'article L. 522-3 du même code dispose : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ". Enfin aux termes du premier alinéa de l'article R. 522-1 de ce code : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit () justifier de l'urgence de l'affaire ".
2. Lorsque la requête est fondée sur la procédure de protection particulière du référé-liberté instituée par l'article L. 521-2 du code de justice administrative, il appartient au requérant de justifier de circonstances caractérisant une situation d'urgence qui implique, sous réserve que les autres conditions posées par cet article soient remplies, qu'une mesure visant à sauvegarder une liberté fondamentale doive être prise dans les quarante-huit heures.
3. Par ailleurs, si le libre accès des riverains à la voie publique constitue un accessoire du droit de propriété, lequel a le caractère d'une liberté fondamentale au sens des dispositions précitées de l'article L. 521-2 précité du code de justice administrative, et si la privation de tout accès à la voie publique est susceptible de constituer une atteinte grave et manifestement illégale à cette liberté, pouvant justifier l'intervention du juge des référés à ce titre, sous réserve qu'une urgence particulière rende nécessaire l'intervention d'une mesure de sauvegarde dans les quarante-huit heures, il ne saurait en aller de même d'une simple gêne dans l'exercice de ce droit d'accès.
4. En premier lieu, Mme et M. C soutiennent que l'entreposage de matériaux de couverture, de charpente et d'isolation sur la voie publique au droit de leur propriété les empêche d'accéder librement à cette voie par le portail piéton spécialement dédié à cet accès. Ils ajoutent que leurs enfants ne peuvent plus accéder librement et en sécurité à la forêt ou au stade par cet accès et que, privés de cette option, ils doivent passer par une route départementale très fréquentée et sans possibilité de marcher sur les bas-côtés, les mettant en réel danger. Toutefois, et d'une part, ils admettent ce faisant qu'ils ne sont pas privés de tout accès à la voie publique. D'autre part, en qualifiant de " chemin communal " la voie au droit de laquelle est implanté leur portail piéton et qui mènerait à la forêt ou au stade, les intéressés n'en établissent pas de manière certaine le caractère de voie publique au sens et pour l'application du principe énoncé au point précédent. Ainsi, le dépôt litigieux n'apparaît pas, en l'état de l'instruction, avoir pour effet de priver les requérants de tout accès à la voie publique et il constitue donc, au mieux, une simple gêne. Enfin, il ne ressort pas des pièces versées dans l'instance une urgence particulière qui rendrait nécessaire l'intervention d'une mesure de sauvegarde dans les quarante-huit heures. Dans ces conditions, le dépôt en cause ne peut être regardé comme portant une atteinte grave et manifestement illégale au droit de propriété des intéressés.
5. En second lieu, si Mme et M. C demandent au juge des référés d'ordonner au maire de Villaudric de remettre en état les canalisations et les pieds de talus au droit de leur propriété et de procéder au contrôle de la légalité du chantier engagé par leur voisine, ces demandes n'apparaissent pas être en lien avec une entrave à la liberté d'aller et venir et ils n'invoquent expressément au soutien de ces demandes aucune atteinte à une autre liberté fondamentale.
6. Il résulte de tout ce qui précède qu'il y a lieu de rejeter la requête selon la procédure prévue à l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de Mme et M. C est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme et M. B C.
Une copie en sera adressée à la commune de Villaudric.
Fait à Toulouse, le 28 mai 2024.
Le juge des référés,
B. A
La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Garonne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme,
la greffière en chef,
ou par délégation, la greffière,
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