mardi 26 novembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulouse |
| Section | Tribunal Administratif de Toulouse |
| N° Dossier | TA31-2403754 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 5ème Chambre |
| Avocat requérant | TERCERO |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 21 juin 2024, Mme A B, représentée par Me Tercero, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 22 décembre 2023 par lequel le préfet de la Haute-Garonne a refusé de lui renouveler son titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire dans un délai de trente jours et a fixé le pays de renvoi ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Haute-Garonne, à titre principal, de lui délivrer un titre de séjour en qualité d'étudiant, dans un délai d'un mois, à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de cent euros par jour retard, à titre subsidiaire, de lui délivrer un récépissé de renouvellement de son titre de séjour dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de cent euros par jour retard et de procéder au réexamen de sa demande dans un délai de deux mois à compter de la notification du jugement à intervenir ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros hors taxes sur le fondement des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 alinéa 2 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.
Elle soutient que :
- l'arrêté attaqué est entaché d'incompétence ;
- la décision portant refus de titre de séjour est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation sur le caractère sérieux des études poursuivies ;
- les décisions portant obligation de quitter le territoire français et fixant le pays de renvoi sont entachées de défaut de base légale.
Par un mémoire en défense, enregistré le 5 août 2024, le préfet de la Haute-Garonne conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par Mme B ne sont pas fondés.
Mme B a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 14 mai 2024.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 relatif à la circulation, à l'emploi et au séjour en France des ressortissants algériens et de leurs familles, modifié ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 modifiée ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Le rapport de Mme Soddu, a été entendu au cours de l'audience publique.
Une note en délibéré présentée par Me Tercero pour Mme B a été enregistrée le 13 novembre 2024.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A B, ressortissante algérienne née le 11 septembre 1998 à Bilda (Algérie), est entrée en France le 3 septembre 2019 sous couvert d'un passeport revêtu d'un visa de long séjour avec la mention " étudiant ", valable du 27 août au 25 novembre 2019. Elle a bénéficié de certificats de résidence algériens d'un an en qualité d'étudiante, du 6 novembre 2019 au 5 novembre 2023, régulièrement renouvelés. Elle a sollicité, le 9 octobre 2023, le renouvellement de son titre de séjour. Par sa requête, Mme B demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 22 décembre 2023 par lequel le préfet de la Haute-Garonne a refusé de lui renouveler son titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de renvoi.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne l'arrêté pris dans son ensemble :
2. L'arrêté attaqué a été signé par Mme D C, directrice des migrations et de l'intégration, qui disposait, aux termes de l'arrêté du 13 mars 2023 n° 31-2023-03-13-0006 publié au recueil des actes administratifs spécial du n° 31-2022-099 de la préfecture de la Haute-Garonne du 15 mars 2023, et consultable sur le site internet de la préfecture, d'une délégation à l'effet de signer, notamment tous actes ou arrêtés relevant des attributions de sa direction en ce qui concerne les matières relevant du ministère de l'intérieur. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de l'arrêté attaqué doit être écarté.
En ce qui concerne la décision portant refus de titre de séjour :
3. Aux termes du titre III du protocole annexé à l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 : " Les ressortissants algériens qui suivent un enseignement, un stage ou font des études en France et justifient de moyens d'existence suffisants (bourse ou autres ressources) reçoivent, sur présentation, soit d'une attestation de préinscription ou d'inscription dans un établissement d'enseignement français, soit d'une attestation de stage, un certificat de résidence valable un an, renouvelable et portant la mention "étudiant" ou "stagiaire". "
4. Pour l'application de ces dispositions, il appartient à l'administration saisie d'une demande de renouvellement d'une carte de séjour temporaire portant la mention " étudiant ", d'apprécier, sous le contrôle du juge, la réalité et le sérieux des études poursuivies, et, en cas de changement d'orientation, d'apprécier la cohérence de ce changement.
5. Pour refuser de renouveler le titre de séjour de Mme B, le préfet de la Haute-Garonne s'est fondé sur l'absence de caractère réel et sérieux des études poursuivies par la requérante. Il ressort des pièces du dossier que, au titre de l'année universitaire 2019-2020, Mme B était inscrite en troisième année de licence de biochimie, biologie moléculaire et microbiologie au sein de l'université Toulouse III - Paul Sabatier, et a été ajournée. Au titre des années universitaire 2020-2021, 2021-2022, 2022-2023 et 2023-2024, elle était inscrite en première année de licence informatique au sein de cette même université, et a été, défaillante au titre des années universitaires 2020-2021 et 2021-2022, ajournée au titre de l'année 2022-2023 et les résultats du premier trimestre de l'année universitaire 2023-2024 n'ont pas été communiqués. Mme B soutient que les troubles anxiodépressifs dont elle souffre l'ont empêchée de suivre ses enseignements et de présenter ses examens, et produit à ce titre un certain nombre de documents médicaux. En effet, il ressort des pièces du dossier que la requérante souffre d'une symptomatologie anxio-dépressive ancienne, que le certificat du centre hospitalier Gérard Marchant daté du 15 mars 2023, qui est postérieur à la date de la décision attaquée, établit qu'elle a bénéficié de trois consultations psychiatriques entre le 30 septembre et le 12 octobre 2021, et qu'elle bénéficie d'un suivi psychiatrique régulier depuis le 2 août 2022. Il ressort également des pièces du dossier qu'elle a été hospitalisée, du 18 septembre au 22 décembre 2021, puis à cinq reprises entre le 23 juillet et le 30 août 2022, soit durant les congés universitaires estivaux, puis à cinq reprises entre le 4 septembre 2022 et le 3 novembre 2022, et enfin à trois reprises entre le 10 mars et le 10 avril 2023, et que son médecin généraliste, par un certificat médical du 21 novembre 2023, a établi que son état de santé nécessitait du repos et une absence du 1er novembre au 31 décembre 2023. Toutefois, malgré les certificats médicaux rédigés en termes très généraux par le médecin généraliste de la requérante, notamment celui du 26 septembre 2023 attestant que son état de santé a fortement entravé les études de la requérante sur les années universitaires 2020-2021, 2021-2022 et 2022-2023, et si effectivement l'état de santé de Mme B ne lui a pas permis de poursuivre ses enseignements de façon assidue durant l'année universitaire 2022-2023, ces seuls éléments ne permettent pas de justifier que sa pathologie justifierait, à elle seule, ses échecs répétés sur une période de quatre années, aucun élément n'étant au demeurant transmis sur le premier trimestre de l'année 2023-2024. Par suite, Mme B n'est pas fondée à soutenir qu'en refusant de lui délivrer un titre de séjour, le préfet de la Haute-Garonne aurait commis une erreur d'appréciation.
En ce qui concerne les décisions portant obligation de quitter le territoire français et fixant le pays de renvoi :
6. Il résulte de ce qui précède que Mme B n'est pas fondée à exciper de l'illégalité de la décision portant refus de titre de séjour à l'appui de ses conclusions tendant à l'annulation de la décision portant obligation de quitter le territoire français. Mme B, qui n'a pas établi l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français qui lui a été opposée, n'est pas fondée à l'invoquer, par voie d'exception, à l'appui de ses conclusions dirigées contre la décision fixant le délai de départ volontaire.
7. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions présentées par Mme B tendant à l'annulation de l'arrêté préfectoral du 22 décembre 2023 doivent être rejetées.
Sur les conclusions aux fins d'injonction sous astreinte :
8. Les conclusions à fin d'annulation de Mme B étant rejetées, ses conclusions susvisées aux fins d'injonction sous astreinte doivent l'être également, dès lors que le présent jugement ne nécessite aucune mesure d'exécution au regard des dispositions des articles L. 911-1 et suivants du code de justice administrative.
Sur les frais liés au litige :
9. Les conclusions de Mme B présentées sur fondement des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 alinéa 2 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique, doivent être rejetées, l'Etat n'étant pas la partie perdante dans la présente instance.
D E C I D E:
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B, à Me Tercero et au préfet de la Haute-Garonne.
Délibéré après l'audience du 12 novembre 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Carotenuto, présidente,
Mme Soddu, première conseillère,
Mme Mérard, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 26 novembre 2024.
La rapporteure,
N. SODDU
La présidente,
S. CAROTENUTO La greffière,
S. BALTIMORE
La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Garonne en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme :
La greffière en chef,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026