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AccueilJurisprudence administrativeN° TA31-2403894

Tribunal Administratif de Toulouse — Décision N° TA31-2403894

vendredi 11 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Toulouse
SectionTribunal Administratif de Toulouse
N° DossierTA31-2403894
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation7ème Chambre

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Toulouse a examiné la requête de Mme B, ressortissante dominicaine, contestant un arrêté préfectoral du 21 mai 2024 refusant le renouvellement de son titre de séjour pour raisons de santé, l'obligeant à quitter le territoire et fixant le pays de renvoi. Le tribunal a rejeté comme irrecevables les conclusions contre l'interdiction de retour, cette décision n'ayant pas été prise. Il a ensuite annulé la décision de refus de séjour pour méconnaissance de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, en raison d'un défaut d'examen médical suffisant. Par voie de conséquence, l'obligation de quitter le territoire français et la fixation du pays de renvoi ont également été annulées.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et deux mémoires enregistrés les 28 juin, 16 juillet et 20 septembre 2024, Mme A B, représentée par Me Diakite, demande au tribunal :

1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;

2°) d'annuler l'arrêté du 21 mai 2024 par lequel le préfet de la Haute-Garonne a refusé de l'admettre au séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français, a fixé le pays de renvoi et l'a informée de la possibilité qu'une interdiction de retour sur le territoire français soit prononcée à son encontre en cas de maintien irrégulier sur le territoire français au-delà du délai de départ volontaire ;

3°) d'enjoindre au préfet de la Haute-Garonne de lui délivrer un titre de séjour dans un délai d'un mois sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros à verser à son conseil, sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi de 1991 sur l'aide juridictionnelle, ou, dans l'hypothèse où elle ne serait pas admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle, à lui verser directement sur le seul fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;

Elle soutient que :

En ce qui concerne la décision portant refus d'admission au séjour :

- elle est entachée d'une insuffisance de motivation ;

- elle est entachée d'un défaut d'examen réel et sérieux ;

- elle méconnaît l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle entachée d'une erreur d'appréciation ;

En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :

- elle est entachée d'un défaut de motivation ;

- elle entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;

- elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

En ce qui concerne la décision fixant le pays de renvoi :

- elle est privée de base légale en raison de l'illégalité des décisions portant refus de séjour et obligation de quitter le territoire français ;

En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :

- elle est privée de base légale en raison de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;

- elle est entachée d'un défaut de motivation.

Par un mémoire enregistré le 24 juillet 2024, le préfet de la Haute-Garonne conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens soulevés par la requérante ne sont pas fondés.

Par un courrier du 19 septembre 2024, le tribunal a informé les parties, en application de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement à intervenir était susceptible d'être fondé sur un moyen d'ordre public tiré de l'irrecevabilité des conclusions dirigées contre la décision portant interdiction de retour sur le territoire français, en raison de l'inexistence de cette décision.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et de l'administration ;

- la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;

- le code de justice administrative.

La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont régulièrement été averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Gigault ;

- les observations de Me Diakite, représentant Mme B.

Considérant ce qui suit :

1. Mme A B, ressortissante dominicaine née le 18 décembre 2002 à San Cristobal (République Dominicaine), déclare être entrée en France le 08 novembre 2019. En raison de son état de santé, elle a bénéficié d'une carte de séjour temporaire valable du 04 octobre 2021 au 03 octobre 2022. Le 06 octobre 2022, elle a sollicité le renouvellement de son titre de séjour. Après un avis de l'Office français de l'immigration et de l'intégration du 28 février 2024, le préfet de la Haute-Garonne a, par un arrêté en date du 21 mai 2024, refusé sa demande de renouvellement de titre, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel elle pourra être reconduite d'office. Mme B demande l'annulation de cet arrêté.

Sur les conclusions à fin d'admission à l'aide juridictionnelle provisoire :

2. Aux termes du premier alinéa de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence, () l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente ou son président. ".

3. Eu égard à l'urgence qui s'attache à ce qu'il soit statué sur la requête de l'intéressée, il y a lieu de prononcer, en application des dispositions précitées, son admission au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.

Sur les conclusions à fin d'annulation de la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :

4. Il ressort des termes de l'arrêté attaqué que le préfet de la Haute-Garonne n'a pas pris d'interdiction de retour sur le territoire français à l'encontre de Mme B mais l'a uniquement informée de cette possibilité en cas de maintien irrégulier sur le territoire français au-delà du délai de départ volontaire. La décision portant interdiction de retour sur le territoire français n'existant pas, les conclusions dirigées contre cette décision sont irrecevables et doivent par suite être rejetées.

Sur le surplus des conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne la décision portant refus d'admission au séjour :

5. En premier lieu, la décision portant refus de titre de séjour, qui vise la convention européenne de sauvegarde des droits de l'Homme et des libertés fondamentales, les dispositions utiles du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et notamment son article L. 425-9, mais également les éléments relatifs à son état de santé, les éléments déterminants qui ont conduit le préfet à considérer que son état de santé lui permettait de voyager sans risque vers son pays d'origine où elle pourra bénéficier d'un traitement approprié ainsi que la possibilité de disposer d'un traitement approprié dans son pays d'origine parcours universitaire et le fait qu'elle ne justifie pas d'une vie privée et familiale ancienne, intense et stable sur le territoire national, comporte ainsi l'énoncé des éléments de droit et de fait qui en constituent le fondement et satisfont dès lors aux exigences de motivation résultant des dispositions des articles L. 211-2 et suivants du code des relations entre le public et l'administration. Par suite, le moyen tiré du défaut de motivation doit être écarté.

6. En deuxième lieu, il ne ressort ni des termes de la décision attaquée, ni d'aucune autre pièce du dossier que le préfet de la Haute-Garonne n'aurait pas procédé à un examen réel et sérieux de la situation de la requérante avant de refuser de l'admettre au séjour. L'appréciation différente portée par l'intéressée sur sa situation ne saurait établir le défaut d'examen invoqué alors que la décision attaquée rappelle les éléments déterminants de sa situation. Il s'ensuit que le moyen tiré du défaut d'examen réel et sérieux doit être écarté.

7. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger, résidant habituellement en France, dont l'état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et qui, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an. La condition prévue à l'article L. 412-1 n'est pas opposable. La décision de délivrer cette carte de séjour est prise par l'autorité administrative après avis d'un collège de médecins du service médical de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, dans des conditions définies par décret en Conseil d'Etat. () ". Aux termes de l'article R. 425-11 du même code : " Pour l'application de l'article L. 425-9, le préfet délivre la carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " au vu d'un avis émis par un collège de médecins à compétence nationale de l'Office français de l'immigration et de l'intégration./ L'avis est émis dans les conditions fixées par arrêté du ministre chargé de l'immigration et du ministre chargé de la santé au vu, d'une part, d'un rapport médical établi par un médecin de l'office et, d'autre part, des informations disponibles sur les possibilités de bénéficier effectivement d'un traitement approprié dans le pays d'origine de l'intéressé./ () ".

8. Il ressort des dispositions précitées qu'il appartient à l'autorité administrative, lorsqu'elle envisage de refuser la délivrance ou le renouvellement d'un titre de séjour sur le fondement des dispositions de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, de vérifier, au vu de l'avis émis par le collège de médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, que cette décision ne peut avoir des conséquences d'une exceptionnelle gravité sur l'état de santé de l'intéressé et, en particulier, d'apprécier, sous le contrôle du juge de l'excès de pouvoir, la nature et la gravité des risques qu'entraînerait un défaut de prise en charge médicale dans le pays dont l'étranger est originaire. Lorsque ce défaut de prise en charge risque d'avoir des conséquences d'une exceptionnelle gravité sur la santé de l'intéressé, l'autorité administrative ne peut légalement refuser le titre de séjour sollicité que s'il existe des possibilités de traitement approprié de l'affection en cause dans son pays d'origine. Si de telles possibilités existent mais que l'intéressé fait valoir qu'il ne peut en bénéficier, soit parce qu'elles ne sont pas accessibles à la généralité de la population, eu égard notamment aux coûts du traitement ou en l'absence de modes de prise en charge adaptés, soit parce qu'en dépit de leur accessibilité, des circonstances exceptionnelles tirées des particularités de sa situation personnelle l'empêcheraient d'y accéder effectivement, il appartient à cette même autorité, au vu de l'ensemble des informations dont elle dispose, d'apprécier si l'intéressé peut ou non bénéficier effectivement d'un traitement approprié dans son pays d'origine. Enfin, pour déterminer si un étranger peut bénéficier effectivement dans le pays dont il est originaire d'un traitement médical approprié, au sens de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, il appartient à l'autorité compétente, sous le contrôle du juge de l'excès de pouvoir, de s'assurer, eu égard à la pathologie de l'intéressé, de l'existence d'un traitement approprié et de sa disponibilité dans des conditions permettant d'y avoir accès, et non de rechercher si les soins dans le pays d'origine sont équivalents à ceux offerts en France ou en Europe.

9. Sous réserve des cas où la loi attribue la charge de la preuve à l'une des parties, il appartient au juge administratif, au vu des pièces du dossier, d'apprécier si l'état de santé d'un étranger nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait entraîner pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité, sous réserve de l'absence d'un traitement approprié dans le pays de renvoi. La partie qui justifie d'un avis du collège de médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration qui lui est favorable doit être regardée comme apportant des éléments de fait susceptibles de faire présumer l'existence ou l'absence d'un état de santé de nature à justifier la délivrance ou le refus de titre de séjour. Dans ce cas, il appartient à l'autre partie, dans le respect des règles relatives au secret médical, de produire tous éléments permettant d'apprécier l'état de santé de l'étranger et, le cas échéant, l'existence ou l'absence d'un traitement approprié dans le pays de renvoi. La conviction du juge, à qui il revient d'apprécier si l'état de santé d'un étranger justifie la délivrance d'un titre de séjour dans les conditions ci-dessus rappelées, se détermine au vu de ces échanges contradictoires. En cas de doute, il lui appartient de compléter ces échanges en donnant toute mesure d'instruction utile.

10. L'avis du collège des médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration du 28 février 2024, sur lequel s'est fondé le préfet de la Haute-Garonne pour refuser la demande de titre de Mme B, révèle que l'état de santé de cette dernière nécessite une prise en charge médicale dont le défaut ne devrait pas entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité et qu'elle peut voyager sans risque vers son pays d'origine. Mme B indique qu'elle bénéficie d'un suivi conséquent et régulier depuis quelques années avec des médecins français, caractérisé par des épisodes d'hospitalisation et d'interventions chirurgicales. Elle produit pour en justifier un certificat médical de son médecin traitant daté du 20 novembre 2020 qui fait état de ce qu'elle souffre d'une cardiopathie hypertensive atypique et rebelle aux traitements nécessitant un suivi médical spécialisé et régulier, ainsi que des courriers de son cardiologue datés du 24 avril 2021 et du 11 mai 2021 qui font état des éléments médicaux en lien avec sa cardiopathie hypokinétique dilatée et de la nécessité d'une prise en charge au centre de référence de l'hypertension artérielle à Paris. Elle fournit également des comptes-rendus de ses hospitalisations du 20 au 22 septembre 2021 et du 05 octobre 2021 à l'hôpital européen Georges Pompidou à Paris selon lesquels elle a été efficacement traitée par dilatation et pose de stent, elle a eu une optimisation de son traitement et ferait l'objet d'un suivi à un mois par le biais d'une téléconsultation. Elle verse en outre des certificats médicaux de son cardiologue et de son médecin traitant à Toulouse, datés du 29 juin 2024 et du 17 janvier 2024, qui confirment l'existence d'un suivi cardiologique. Son médecin traitant précise qu'" aujourd'hui sous traitement, son état de santé semble stabilisé " et qu'" elle reste toutefois dépendante d'un traitement et d'une surveillance médicale spécialisée permanente ". Mme B produit par ailleurs une attestation d'un cardiologue dominicain indiquant qu'elle ne pourra pas suivre le traitement médicamenteux dont elle bénéficie en raison de son coût élevé. Toutefois, il ne ressort pas de ces pièces médicales que l'absence de traitement pourrait entraîner pour Mme B des conséquences d'une exceptionnelle gravité. Par suite, en refusant de lui délivrer le titre de séjour sollicité, le préfet de la Haute-Garonne n'a pas méconnu les dispositions de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Il n'a pas non plus, pour les mêmes motifs, entaché sa décision d'une erreur d'appréciation. Ces moyens doivent donc être écartés.

En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :

11. Aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui. ".

12. Si le préfet de la Haute-Garonne fait valoir que l'intéressée n'établit entretenir aucun lien stable, intense et ancien en France, Mme B soutient pour sa part qu'elle vit sur le territoire français avec sa mère et son frère mineur, tous deux en situation régulière. Pour en justifier, elle produit une copie de la carte de séjour temporaire dont dispose sa mère qui est valide jusqu'au 19 juin 2025, ainsi qu'un certificat du 1er juin 2024 attestant de la participation de son frère à un programme d'échange avec un établissement scolaire au Portugal mentionnant que ce dernier est scolarisé au collège Stendhal de Toulouse. Elle fournit également une attestation de la Mission Locale de Toulouse qui confirme qu'elle bénéficie d'un contrat d'engagement jeune depuis le 9 janvier 2024. Enfin, Mme B indique, sans être contredite, que son père est décédé et qu'elle n'entretient aucun lien avec ses demi-frères plus âgés qui résident encore en République Dominicaine. La mesure d'éloignement ne permet pas à la requérante, jeune majeure dont il est établi qu'elle est présente sur le territoire français depuis le 14 avril 2021, de maintenir des liens avec les membres de sa famille en situation régulière sur le territoire et avec lesquels elle réside. Par suite, l'intéressée est fondée à soutenir que la décision portant obligation de quitter le territoire est contraire aux stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et à en demander, pour ce motif, l'annulation.

13. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens, que Mme B est fondée à demander l'annulation de cette décision, et par voie de conséquence, de celle fixant le pays de renvoi.

Sur les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte :

14. L'exécution du présent jugement, qui annule les décisions portant obligation de quitter le territoire français et fixant le pays de renvoi, implique uniquement que le préfet de la Haute-Garonne réexamine la situation de la requérante dans un délai de deux mois suivant la notification du présent jugement, sans qu'il y ait lieu, en l'espèce, de prononcer une astreinte.

Sur les frais liés au litige :

15. Sous réserve de l'admission définitive de Mme B à l'aide juridictionnelle et de la renonciation de Me Diakite à percevoir la part contributive de l'Etat, ce dernier versera à Me Diakite une somme de 1 250 euros au titre des dispositions combinées du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : Mme B est admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.

Article 2 : L'arrêté du 21 mai 2024 du préfet de la Haute-Garonne est annulé en tant qu'il porte obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et qu'il fixe le pays à destination duquel Mme B pourra être reconduite d'office.

Article 3 : Il est enjoint au préfet de la Haute-Garonne de procéder au réexamen de la situation de Mme B dans un délai de deux mois suivant la notification du présent jugement.

Article 4 : Sous réserve de l'admission définitive de Mme B à l'aide juridictionnelle et sous réserve que Me Diakite renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat, ce dernier versera à Me Diakite une somme de 1 250 euros en application des dispositions du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Dans le cas où l'aide juridictionnelle ne serait pas accordée à la requérante, la somme de 1 250 euros sera directement versée à Mme B.

Article 5 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 6 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B, à Me Diakite et au préfet de la Haute-Garonne.

Délibéré après l'audience du 25 septembre 2024, à laquelle siégeaient :

Mme Arquié, présidente,

Mme Gigault, première conseillère,

M. Zabka, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe, le 11 octobre 2024.

La rapporteure,

S. GIGAULT

La présidente,

C. ARQUIE

Le greffier,

B. ROETS

La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Garonne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.

Pour expédition conforme :

La greffière en chef,

N°24038940

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