mardi 29 juillet 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulouse |
| Section | Tribunal Administratif de Toulouse |
| N° Dossier | TA31-2404071 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 5ème Chambre |
| Avocat requérant | FAINE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des pièces complémentaires, enregistrées le 5 juillet 2024 et le 17 septembre 2024, M. A C, représenté par Me Faine, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 12 juin 2024 par lequel le préfet de la Haute-Garonne a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays de destination de cette mesure d'éloignement et lui a opposé une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de deux ans ;
2°) à titre principal, d'enjoindre au préfet de la Haute-Garonne de lui délivrer une carte de séjour temporaire, dans un délai de quinze jours à compter de la date de notification du jugement à intervenir ;
3°) à titre subsidiaire, d'enjoindre au préfet de la Haute-Garonne de réexaminer sa situation dans un délai de quinze jours à compter de la date de notification du jugement à intervenir ; sous astreinte de 100 jours un titre de séjour et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour ;
4°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1 500 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et les entiers dépens.
M. C soutient que :
-la requête est recevable ;
S'agissant de l'arrêté pris sans son ensemble :
- il est entaché d'incompétence ;
- il est insuffisamment motivé, en méconnaissance des articles L.212-2 et L.211-5 du code des relations entre le public et l'administration ;
- il méconnaît l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
S'agissant de la décision de refus de titre de séjour :
- elle méconnaît les stipulations des 5° et 7° de l'article 6 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1988 ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
S'agissant de la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- elle est dépourvue de base légale en raison de l'illégalité de la décision de refus de titre ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
S'agissant de la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 13 septembre 2024 et le 27 septembre 2024, le préfet de la Haute-Garonne conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés par M. C ne sont pas fondés.
L'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) a produit des pièces et un mémoire en observations le 8 octobre 2024 et le 17 octobre 2024.
M. C a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 26 février 2025.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme Mérard a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. C, ressortissant algérien né le 13 janvier 1966, est entré en France selon ses déclarations le 18 janvier 2017 sous couvert d'un passeport revêtu d'un visa de court séjour. M. C, qui s'est maintenu sur le territoire français après l'expiration de son visa, a sollicité le 23 janvier 2018 et le 29 juillet 2022 son admission au séjour en raison de son état de santé, le 15 octobre 2020 et le 15 juillet 2021, son admission exceptionnelle au séjour, qui ont toutes été refusées par le préfet de la Haute-Garonne. L'intéressé a de nouveau déposé le 9 janvier 2024 une demande de certificat de résidence d'une part, pour raisons de santé sur le fondement du 7° de l'article 6 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 et d'autre part, au titre de la vie privée et familiale sur le fondement du 5° de l'article 6 du même accord. À la suite de l'avis rendu par le collège des médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration le 11 mars 2024, le préfet de la Haute-Garonne, par un arrêté du 8 décembre 2022, a refusé de lui délivrer le titre demandé, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays de destination de la mesure d'éloignement et lui a interdit le retour sur le territoire pour une durée de deux ans. Par la présente requête, M. C demande l'annulation de ces décisions.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
En ce qui concerne l'arrêté pris dans son ensemble :
2. En premier lieu, par un arrêté du 11 avril 2024, régulièrement publié le même jour au recueil spécial des actes administratifs de la préfecture n°31-2024-143, le préfet de la Haute-Garonne a donné délégation de signature à Mme B D, en sa qualité de directrice des migrations et de l'intégration, en matière de police des étrangers, et notamment en ce qui concerne les mesures de refus de titre de séjour, d'éloignement et les décisions les assortissant. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de la signataire de la décision attaquée doit être écarté.
3. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. / A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : / 1° Restreignent l'exercice des libertés publiques ou, de manière générale, constituent une mesure de police () ". Aux termes de l'article L. 211-5 du même code : " La motivation exigée par le présent chapitre doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision ".
4. Il ressort des termes de l'arrêté en litige qu'il comporte, de façon suffisamment circonstanciée, l'indication des motifs de droit et de fait qui en constituent le fondement. Il vise notamment les 5° et 7° de l'article 6 de l'accord franco-algérien susvisé, fait état de la demande de certificat de résidence présenté par M. C sur ces deux fondements et expose les motifs pour lesquels il n'y est pas fait droit. L'arrêté vise aussi le 3° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ainsi que les articles 3 et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et retrace les principaux éléments relatifs à sa situation personnelle et familiale. Enfin, l'arrêté vise l'article L. 612-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et précise que l'intéressé qui a fait l'objet de trois mesures d'éloignement non exécutées se voit opposer une interdiction de retour sur le territoire français. Par suite, le moyen tiré du défaut de motivation ne peut qu'être écarté.
5. En dernier lieu, la situation des ressortissants algériens est entièrement régie par les stipulations de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 modifié. Par suite, les dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, relatives aux conditions de délivrance d'une carte de séjour temporaire mention " vie privée et familiale ", ne peuvent être utilement invoquées par l'appelant à l'appui de ses conclusions dirigées contre l'arrêté en litige. Par suite, le moyen tiré de la violation de ces dispositions ne peut qu'être écarté comme inopérant.
En ce qui concerne le refus de certificat de résidence :
6. En premier lieu, aux termes de l'article 6 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 : " Les dispositions du présent article () fixent les conditions de délivrance et de renouvellement du certificat de résidence aux ressortissants algériens établis en France ainsi qu'à ceux qui s'y établissent () Le certificat de résidence d'un an portant la mention " vie privée et familiale " est délivré de plein droit : () / 7) au ressortissant algérien, résidant habituellement en France, dont l'état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait entraîner pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité, sous réserve qu'il ne puisse pas effectivement bénéficier d'un traitement approprié dans son pays ". Aux termes de l'article R. 425-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile applicable pour la mise en œuvre des stipulations du 7) de l'article 6 de l'accord franco-algérien : " Pour l'application de l'article L. 425-9, le préfet délivre la carte de séjour temporaire portant la mention "vie privée et familiale" au vu d'un avis émis par un collège de médecins à compétence nationale de l'Office français de l'immigration et de l'intégration. L'avis est émis dans les conditions fixées par arrêté du ministre chargé de l'immigration et du ministre chargé de la santé au vu, d'une part, d'un rapport médical établi par un médecin de l'office et, d'autre part, des informations disponibles sur les possibilités de bénéficier effectivement d'un traitement approprié dans le pays d'origine de l'intéressé. () ".
7. Il appartient à l'autorité administrative, lorsqu'elle envisage de refuser la délivrance d'un titre de séjour à un ressortissant algérien qui en fait la demande sur le fondement des stipulations du 7) de l'article 6 de l'accord franco-algérien, de vérifier, au vu de l'avis émis par le collège de médecins mentionné à l'article R. 425-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, que cette décision ne peut avoir de conséquences d'une exceptionnelle gravité sur l'état de santé de l'intéressé et, en particulier, d'apprécier, sous le contrôle du juge de l'excès de pouvoir, la nature et la gravité des risques qu'entraînerait un défaut de prise en charge médicale en Algérie. Lorsque le défaut de prise en charge risque d'avoir des conséquences d'une exceptionnelle gravité sur la santé de l'intéressé, l'autorité administrative ne peut légalement refuser le titre de séjour sollicité que s'il existe des possibilités de traitement approprié de l'affection en cause en Algérie. Si de telles possibilités existent mais que l'étranger fait valoir qu'il ne peut pas en bénéficier, soit parce qu'elles ne sont pas accessibles à la généralité de la population, eu égard notamment au coût du traitement ou à l'absence de mode de prise en charge adapté, soit parce qu'en dépit de leur accessibilité, des circonstances exceptionnelles tirées des particularités de sa situation personnelle l'empêcheraient d'y accéder effectivement, il appartient à cette même autorité, au vu de l'ensemble des informations dont elle dispose, d'apprécier si l'intéressé peut ou non bénéficier effectivement d'un traitement approprié en Algérie.
8. Pour refuser de délivrer un certificat de résidence à M. C en raison de son état de santé, le préfet de la Haute-Garonne s'est notamment fondé sur l'avis émis le 11 mars 2024 par le collège de médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, dont il ressort que, si l'état de santé du requérant nécessite une prise en charge médicale, le défaut ne devrait pas entraîner de conséquences d'une exceptionnelle gravité et il peut, eu égard à l'offre de soins du système de santé de son pays d'origine, y bénéficier d'un traitement approprié et peut également voyager sans risque vers ce pays.
9. Il ressort des pièces du dossier que M. C souffre d'une part, de troubles anxiodépressifs pour lesquels il bénéficie de plusieurs psychotropes (Venlafaxine, Olanzapine, Alprazolam, Cyamémazine et Zoplicone). Il ressort que le requérant bénéficie conjointement du traitement médicamenteux et d'un suivi psychiatrique auprès d'un médecin libéral. D'autre part, M. C souffre de diabète sans complication et équilibré par un traitement médicamenteux et de dorso-lombalgies dans un contexte d'obésité, calmée par des antalgiques de classe 1. Pour remettre en cause l'avis du collège de médecins de l'OFII, M. C se borne à produire deux certificats médicaux d'un psychiatre attestant que son état de santé nécessite la poursuite du suivi médical et l'accompagnement psychologique actuellement en place à Toulouse et que le Tercian (Cyamémazine), le Zopiclone et l'Alprazolam ainsi que leurs génériques ne sont pas disponibles en Algérie. Toutefois, ces certificats médicaux demeurent insuffisamment circonstanciés et ne permettent pas de contredire l'avis du collège des médecins de l'OFII estimant que l'état de santé du requérant nécessite une prise en charge médicale dont le défaut ne devrait pas entrainer des conséquences d'une exceptionnelle gravité. Au surplus, l'OFII a transmis des fiches MedCOI (medical coutry of origin information) de l'agence pour l'asile de l'Union européenne dont il ressort qu'un suivi en hospitalisation ou ambulatoire par un psychiatre et un psychologue est disponible en Algérie, ainsi que de nombreux psychotropes. L'OFII indique que s'il est constant que le Cyamémazine, le Zoplicone et l'Alprazolam ne sont pas disponibles en Algérie, ils sont facilement substituables par des produits plus récents et équivalents dans les mêmes classes pharmacologiques, ce qu'au demeurant ne conteste pas M. C. Enfin, si ce dernier bénéficie de l'allocation adulte handicapé, cet état de fait ne permet pas de remettre en cause l'appréciation portée par le préfet sur sa situation. Par suite, M. C n'est pas fondé à soutenir que le préfet de la Haute-Garonne a méconnu les stipulations du 7) de l'article 6 de l'accord franco-algérien.
10. En second lieu, aux termes de l'article 6 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 : " () / Le certificat de résidence d'un an portant la mention " vie privée et familiale " est délivrée de plein droit : / () 5° au ressortissant algérien, qui n'entre pas dans les catégories précédentes ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, dont les liens personnels et familiaux en France sont tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus () ". Par ailleurs, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".
11. Il ressort des pièces du dossier que si M. C fait état de sa présence en France depuis plus de sept ans, il est célibataire et sans charge de famille et s'est maintenu sur le territoire français en toute illégalité sans exécuter trois précédentes mesures d'éloignement en date des 5 mars 2019, 16 avril 2021 et 8 décembre 2022. En outre, et alors même que deux de ses sœurs de nationalité française résident en France dont, au demeurant, il n'établit pas la réalité et l'intensité de ses liens avec elles, il ne démontre pas que le centre de ses intérêts personnels et familiaux se situerait en France. Dans ces conditions, compte tenu de ses conditions d'entrée et de séjour en France, la décision attaquée n'a pas porté au droit de l'intéressé au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels elle a été prise et n'a ainsi pas méconnu les stipulations précitées.
En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français :
12. En premier lieu, il résulte de ce qui a été dit précédemment que M. C n'est pas fondée à exciper de l'illégalité du refus de délivrance d'un titre de séjour à l'encontre de la décision portant obligation de quitter le territoire français.
13. En second lieu, en vertu des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, il appartient à l'autorité administrative qui envisage de procéder à l'éloignement d'un ressortissant étranger en situation irrégulière d'apprécier si, eu égard notamment à la durée et aux conditions de son séjour en France, ainsi qu'à la nature et à l'ancienneté de ses liens familiaux sur le territoire français, l'atteinte que cette mesure porterait à sa vie familiale serait disproportionnée au regard des buts en vue desquels cette décision serait prise.
14. Il ressort des pièces du dossier que M. C, célibataire et sans charge de famille, est entré en France à l'âge de 51 ans après avoir vécu l'essentiel de sa vie en Algérie. Par ailleurs, s'il se prévaut de la présence en France de ses sœurs, ses liens personnels en France ne sont pas anciens, intenses et stables et il n'est pas dépourvu d'attaches en Algérie où résident trois autres de ses sœurs. Dans ces conditions, le requérant n'est pas fondé à soutenir que l'obligation de quitter le territoire français en litige porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels elle a été prise. Elle n'a donc pas méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
15. Pour les mêmes motifs que ceux mentionnés au point 15, la décision portant obligation de quitter le territoire français n'est pas entachée d'erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur la situation du requérant.
En ce qui concerne la décision prononçant une interdiction de retour sur le territoire français :
16. Aux termes de l'article L. 612-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsque l'étranger n'est pas dans une situation mentionnée aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative peut assortir la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. / Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder cinq ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français. ". Et aux termes de l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. / Il en est de même pour l'édiction et la durée de l'interdiction de retour mentionnée à l'article L. 612-8 ainsi que pour la prolongation de l'interdiction de retour prévue à l'article L. 612-11. ".
17. Pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 15 et alors qu'il n'a pas exécuté trois précédentes mesures d'éloignement, le requérant n'est pas fondé à soutenir que la décision en litige méconnaîtrait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
18. Le présent jugement, lequel rejette les conclusions à fin d'annulation, n'implique aucune mesure d'exécution. Par suite, les conclusions aux fins d'injonction, sous astreinte, présentées par M. C doivent être rejetées.
Sur les frais de l'instance :
19. En vertu des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, le tribunal ne peut pas faire bénéficier la partie perdante du paiement par l'autre partie des frais qu'elle a exposés à l'occasion du litige soumis au juge. Dès lors, les conclusions présentées à ce titre par M. C doivent être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A C et au préfet de la Haute-Garonne.
Copie en sera adressée à l'Office français de l'immigration et de l'intégration.
Délibéré après l'audience du 8 juillet 2025, à laquelle siégeaient :
Mme Carotenuto, présidente,
Mme Soddu, première conseillère,
Mme Mérard, première conseillère,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 29 juillet 2025.
La rapporteure,
B. MÉRARD
La présidente,
S. CAROTENUTOLa greffière,
S. BALTIMORE
La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Garonne en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme :
La greffière en chef
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026