vendredi 11 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulouse |
| Section | Tribunal Administratif de Toulouse |
| N° Dossier | TA31-2404476 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 7ème Chambre |
| Avocat requérant | PINSON |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 24 juillet 2024, M. A C B, représenté par Me Pinson, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 25 juin 2024 par lequel le préfet de la Haute-Garonne a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français et a fixé le pays de renvoi ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Haute-Garonne de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " Etudiant " ou un titre de séjour pour des considérations exceptionnelles et humanitaires, ou à défaut de réexaminer sa situation, dans un délai de quinze jours sous astreinte de 100 euros par jour de retard à compter de la notification du présent jugement ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 200 euros à verser à Me Pinson au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, à charge pour elle de renoncer au bénéfice de l'aide juridictionnelle en application de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
En ce qui concerne la décision portant refus de séjour :
- elle est entachée d'une erreur de fait ;
- elle est entachée d'une erreur d'appréciation et d'un défaut d'examen sérieux de sa situation ;
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- elle est privée de base légale en raison de l'illégalité de la décision portant refus d'admission au séjour ;
- elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle méconnaît l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
En ce qui concerne la décision fixant le pays de renvoi :
- elle est privée de base légale en raison de l'illégalité de la décision portant refus de séjour.
Par un mémoire en défense enregistré le 28 août 2024, le préfet de la Haute-Garonne conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont régulièrement été averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme Gigault a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. A C B, ressortissant Burundais né le 2 février 2022 à Kinama Bujumbura (Burundi), est entré sur le territoire français le 08 octobre 2020 muni d'un passeport revêtu d'un visa de long séjour portant la mention " Etudiant " valable jusqu'au 30 septembre 2021. Le 1er octobre 2021 il a bénéficié d'une carte de séjour temporaire portant la mention " Etudiant " régulièrement renouvelée jusqu'au 30 novembre 2023. Le 16 novembre 2023, M. B a sollicité le renouvellement de son titre de séjour. Par un arrêté du 25 juin 2024, le préfet de la Haute-Garonne a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de renvoi. M. B demande l'annulation de cet arrêté.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne la décision portant refus d'admission au séjour :
2. En premier lieu, pour refuser de délivrer un titre de séjour au requérant, le préfet de la Haute-Garonne a retenu qu'il n'avait obtenu aucun diplôme et n'avait validé aucune année depuis son arrivée en France puisqu'il avait échoué à l'issue de l'année universitaire 2020/2021 en première année de licence " Mathématiques et Applications ", puis en 2021/2022, en première année de licence " Electronique, Energie électrique, Automatique ", qu'il avait abandonné en 2022/2023 le suivi de sa première année de formation " Programmes Fondamentaux Développeur Informatique " et qu'il s'était réinscrit au titre de l'année universitaire 2023/2024 en première année de licence " Electronique, Energie électrique, Automatique ". S'il ressort du certificat de scolarité de l'année universitaire 2023/2024, que M. B était inscrit en première année de licence " Mathématiques " et non en première année de licence " Electronique, Energie électrique, Automatique ", cette erreur de plume n'est pas de nature à avoir altéré l'appréciation portée par le préfet sur le caractère réel et sérieux des études suivies par le requérant.
3. En second lieu, aux termes de l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui établit qu'il suit un enseignement en France ou qu'il y fait des études et qui justifie disposer de moyens d'existence suffisants se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " étudiant " d'une durée inférieure ou égale à un an () ". L'article L. 433-1 du même code dispose que : " () le renouvellement de la carte de séjour temporaire ou pluriannuelle est subordonné à la preuve par le ressortissant étranger qu'il continue de remplir les conditions requises pour la délivrance de cette carte () ". Il appartient au préfet, lorsqu'il est saisi par un étranger d'une demande de renouvellement d'un titre de séjour délivré sur le fondement des études, de rechercher si l'intéressé peut être raisonnablement regardé comme poursuivant effectivement des études et d'apprécier, sous le contrôle du juge, la réalité et le sérieux des études poursuivies en tenant compte de l'assiduité, de la progression et de la cohérence du cursus suivi.
4. M. B qui se borne à soutenir qu'il n'a pas échoué durant l'année 2020/2021 en première année de licence " Mathématiques et Applications " et que son cursus actuel serait en adéquation avec son projet professionnel, ne produit aucun élément de nature à en justifier. De même, s'il ressort des pièces du dossier que le père du requérant est dans un état de santé préoccupant, aucun élément n'est de nature à établir que ces problèmes de santé seraient à l'origine des absences en cours de M. B et de la faiblesse de ses résultats, lesquelles avaient déjà été observées au cours des années précédant la révélation de la maladie de son père et son départ aux Etats-Unis. Ainsi, le préfet de la Haute-Garonne, qui n'avait pas à mentionner l'ensemble de ces éléments, s'est livré à un examen complet et sérieux de la situation de l'intéressé. Dans ces conditions, les moyens tirés de l'erreur d'appréciation et du défaut d'examen de la situation de l'intéressé doivent être rejetés.
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :
5. En premier lieu, il résulte de ce qui précède que M. B n'est pas fondé à soutenir que l'obligation de quitter le territoire français serait privée de base légale en raison de l'illégalité de la décision portant refus d'admission au séjour. Le moyen doit être écarté.
6. En deuxième lieu, l'intéressé ne justifie d'aucun lien ou attache particulière en France. Il n'est en outre pas établi que son père sera admis au séjour en France, d'autant qu'il ressort des termes de l'attestation de l'établissement de santé dans lequel il se trouve actuellement qu'il n'est pas en état de voyager. Dans ces conditions, le requérant n'est pas fondé à soutenir que la décision d'éloignement méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
7. En troisième et dernier lieu, si M. B invoque la méconnaissance de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales au regard des risques qu'il encourrait en cas de renvoi vers son pays d'origine, sans d'ailleurs en justifier, un tel moyen est inopérant à l'encontre de la décision portant obligation de quitter le territoire français, laquelle ne fixe pas le pays à destination duquel il peut être reconduit d'office.
En ce qui concerne la décision fixant le pays de renvoi :
8. Il résulte de ce qui précède que M. B n'est pas fondé à soutenir que la décision fixant le pays à destination duquel il pourra être reconduit d'office serait privée de base légale en raison de l'illégalité de la décision portant refus d'admission au séjour. Le moyen doit être écarté.
9. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par M. B doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte.
Sur les frais du litige :
10. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que l'État, qui n'a pas la qualité de partie perdante, verse à Me Pinson la somme réclamée en application des dispositions combinées du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A C B, au préfet de la Haute Garonne et à Me Pinson.
Délibéré après l'audience du 25 septembre 2024, où siégeaient :
- Mme Arquié, présidente,
- Mme Gigault, première conseillère,
- M. Zabka, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 11 octobre 2024.
La rapporteure,
S. GIGAULTLa présidente,
C. ARQUIE
Le greffier,
B. ROETS
La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Garonne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme :
La greffière en chef
200
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026