lundi 14 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulouse |
| Section | Tribunal Administratif de Toulouse |
| N° Dossier | TA31-2404540 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Reconduite à la frontière |
| Avocat requérant | MOURA |
Vu les procédures suivantes :
I. - Par une requête enregistrée le 25 juillet 2024, un mémoire complémentaire et des pièces enregistrés les 30 septembre et 1er octobre 2024, sous le n° 2404540, M. F B, représenté par Me Moura, demande au tribunal :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'annuler l'arrêté en date du 23 juillet 2024 par lequel le préfet de l'Aveyron l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de renvoi et l'a interdit de retour sur le territoire français pour une durée de cinq ans ;
3°) d'enjoindre au préfet de l'Aveyron de procéder au réexamen de sa situation dans le délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir en le munissant dans l'attente d'une autorisation provisoire de séjour, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
4°) d'enjoindre au préfet de l'Aveyron de supprimer son signalement aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen ;
5°) de mettre à la charge de l'Etat le paiement des entiers dépens du procès et le versement à son conseil d'une somme de 1 800 euros en application des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et dans l'hypothèse où il ne se serait pas admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale, le versement de cette même somme sur le seul fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
En ce qui concerne l'ensemble des décisions :
- elles sont signées par une autorité incompétente ;
- elles méconnaissent le principe du contradictoire et du droit d'être entendu ;
- elles sont entachées d'un vice de procédure privant le requérant d'une garantie ;
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français ;
- elle est entachée d'un défaut de motivation ;
- elle est entachée d'une erreur de fait ;
- elle est entachée d'une erreur de droit ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de la situation du requérant ainsi que des conséquences qu'elle emporte sur sa situation ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
En ce qui concerne la décision portant refus d'octroi d'un délai de départ volontaire :
- elle est privée de base légale dans la mesure où elle est justifiée par une décision portant obligation de quitter le territoire français elle-même illégale ;
- elle est entachée d'un défaut de motivation ;
- elle est entachée d'une erreur de fait ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de la situation du requérant ;
- elle méconnait l'impératif de proportionnalité ;
En ce qui concerne la décision portant fixation du pays de renvoi :
- elle est privée de base légale dans la mesure où elle est justifiée par les décisions portant obligation de quitter le territoire français et refus d'octroi d'un délai de départ volontaire elles-mêmes illégales ;
- elle est entachée d'un défaut de motivation ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de la situation du requérant ainsi que des conséquences qu'elle emporte sur sa situation ;
En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :
- elle est privée de base légale dans la mesure où elle est justifiée par les décisions portant obligation de quitter le territoire français et refus d'octroi d'un délai de départ volontaire elles-mêmes illégales ;
- elle est entachée d'un défaut de motivation ;
- elle méconnait les dispositions des articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de la situation du requérant.
Par un mémoire en défense enregistré le 11 septembre 2024, le préfet de l'Aveyron conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
II. - Par une requête enregistrée le 16 septembre 2024, et un mémoire complémentaire enregistré le 1er octobre 2024, sous le n° 2405691, M. F B, représenté par Me Mourra, demande au tribunal :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'annuler l'arrêté du 6 août 2024 par lequel le préfet de l'Aveyron l'a assigné à résidence dans la commune de Rodez et les communes avoisinantes pour une durée de quarante-cinq jours, l'a obligé à se présenter deux fois par semaine, tous les mardis et jeudis, sauf les jours fériés, entre 10 et 12 heures, au commissariat de police de Rodez, et l'a obligé à demeurer tous les jours dans les locaux où il est assigné à résidence ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat le paiement des entiers dépens du procès ainsi que le versement de la somme de 1 500 euros à son conseil, sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 sur l'aide juridictionnelle et, dans l'hypothèse où il ne serait pas admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale, le versement de cette même somme au seul visa de l'article L. 761-1.
Il doit être regardé comme soutenant que :
- la décision d'assignation à résidence a été signée par une autorité incompétente ;
- elle méconnaît le principe du contradictoire et son droit d'être entendu ;
- elle est entachée d'un défaut de motivation ;
- elle est entachée d'un défaut d'examen de sa situation personnelle ;
- elle est privée de base légale en raison de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français du 23 juillet 2024 ;
- elle est entachée d'une erreur de fait ;
- elle est entachée d'une erreur de droit ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation et des conséquences qu'elle emporte sur sa situation ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle méconnaît l'impératif de proportionnalité dès lors qu'elle porte atteinte à sa liberté d'aller et venir ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation en ce qu'elle porte une atteinte disproportionnée à sa liberté individuelle, protégée par l'article 5 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Par un mémoire en défense enregistré le 1er octobre 2024, le préfet de l'Aveyron conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces des dossiers.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales,
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile,
- le code pénal,
- le code de procédure pénale,
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique,
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme Gigault, première conseillère, pour statuer sur les demandes présentées au titre des articles L. 921-1, L. 921-2, L. 921-3, L. 921-4, L. 922-1 et L 922-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Gigault,
- les observations de Me Moura, représentant M. B, qui conclut aux mêmes fins par les mêmes moyens,
- les observations de M. B, qui répond aux questions de la magistrate désignée,
- le préfet de l'Aveyron n'étant ni présent ni représenté.
La clôture d'instruction pour les requêtes susvisées a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, ressortissant malien, né le 7 juillet 2002 à Bamako (Mali), déclare être entré sur le territoire français au cours de l'année 2018. Par un arrêté du 23 juillet 2024, le préfet de l'Aveyron l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de renvoi et l'a interdit de retour sur le territoire français pour une durée de cinq ans. Par un second arrêté du 6 août 2024 édicté par la même autorité, il a été assigné à résidence pour une durée de quarante-cinq jours. Par les présentes requêtes, M. B demande au tribunal d'annuler ces décisions.
2. Il y a lieu de joindre les requêtes n° 2404540 et n° 2405691 qui concernent la situation d'un même requérant et ont fait l'objet d'une instruction commune.
Sur l'admission au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire :
3. L'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 dispose que : " Dans les cas d'urgence, sous réserve de l'application des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente () ". Il y a lieu, eu égard à l'urgence qui s'attache à ce qu'il soit statué sur les requêtes de l'intéressé, de prononcer son admission provisoire à l'aide juridictionnelle.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne l'arrêté portant obligation de quitter le territoire français sans délai, fixation du pays de renvoi et interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de cinq ans :
En ce qui concerne l'ensemble des décisions :
4. En premier lieu, par un arrêté du 24 octobre 2022, publié au recueil des actes administratifs spécial n°12-2022-175 de la préfecture de l'Aveyron, le préfet de ce département a donné délégation à M. D C, directeur de la citoyenneté et de la légalité, à l'effet de signer notamment les décisions d'éloignement du territoire français ainsi que celles qui les assortissent. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de l'acte doit être écarté.
5. En deuxième lieu, d'une part, il résulte de l'ensemble des dispositions du livre VI du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile que le législateur a entendu déterminer l'ensemble des règles de procédure administrative et contentieuse auxquelles sont soumises les décisions par lesquelles l'autorité administrative signifie à l'étranger l'obligation dans laquelle il se trouve de quitter le territoire français, des décisions par lesquelles l'administration octroie ou refuse un délai de départ volontaire, fixe le pays à destination duquel il sera reconduit et lui interdit le retour sur le territoire français. Dès lors, les dispositions de l'article L. 121-1 du code des relations entre le public et l'administration, qui fixent les règles générales de procédure applicables aux décisions devant être motivées en vertu de l'article L. 211-2 du même code et prévoient notamment la mise en œuvre d'une procédure contradictoire préalable à leur édiction, ne peuvent être utilement invoquées par M. B à l'encontre des décisions contestées.
6. D'autre part, il résulte de la jurisprudence de la Cour de justice que le droit d'être entendu fait partie intégrante du respect des droits de la défense, principe général du droit de l'Union. Il appartient donc aux Etats membres, dans le cadre de leur autonomie procédurale, de déterminer les conditions dans lesquelles le respect de ce droit est assuré. Ce droit se définit comme celui de toute personne de faire connaître, de manière utile et effective, son point de vue au cours d'une procédure administrative avant l'adoption de toute décision susceptible d'affecter de manière défavorable ses intérêts. Il ne saurait cependant être interprété en ce sens que l'autorité nationale compétente est tenue, dans tous les cas, d'entendre l'intéressé lorsque celui-ci a déjà eu la possibilité de présenter, de manière utile et effective, son point de vue sur la décision en cause. En outre, une atteinte au droit d'être entendu n'est susceptible d'affecter la régularité de la procédure à l'issue de laquelle une décision faisant grief est prise que si la personne concernée a été privée de la possibilité de présenter des éléments pertinents qui auraient pu influer sur le contenu de la décision.
7. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier, et notamment du procès-verbal d'audition en retenue, que M. B a été entendu par les services de gendarmerie le 23 juillet 2024 et qu'il a été mis à même de présenter, à cette occasion, de manière utile et effective, ses observations sur les conditions de son séjour, sur sa situation personnelle et familiale, sur sa situation administrative, sur ses moyens de subsistance, sur la perspective d'un éloignement éventuel. Le moyen soulevé à cet égard doit donc être écarté.
8. En troisième et dernier lieu, aux termes de l'article R. 40-29 du code de procédure pénale : " I. - Dans le cadre des enquêtes prévues () aux articles L. 114-1, L. 114-2, L. 211-11-1, L. 234-1 et L. 234-2 () du code de la sécurité intérieure (), les données à caractère personnel figurant dans le traitement qui se rapportent à des procédures judiciaires en cours ou closes, à l'exception des cas où sont intervenues des mesures ou décisions de classement sans suite, de non-lieu, de relaxe ou d'acquittement devenues définitives, ainsi que des données relatives aux victimes, peuvent être consultées, sans autorisation du ministère public, par : () 5° Les personnels investis de missions de police administrative individuellement désignés et spécialement habilités par le représentant de l'Etat. L'habilitation précise limitativement les motifs qui peuvent justifier pour chaque personne les consultations autorisées. () ". Aux termes de l'article 706-53-7 du code de procédure pénale : " Les informations contenues dans le fichier sont directement accessibles, par l'intermédiaire d'un système de télécommunication sécurisé : () / 3° Aux préfets et aux administrations de l'Etat dont la liste est fixée par le décret prévu à l'article 706-53-12, pour les procédures de recrutement, d'affectation, d'autorisation, d'agrément ou d'habilitation ou pour le contrôle de l'exercice : / a) Des activités ou des professions impliquant un contact avec des mineurs ; / b) Des activités ou des professions, dont la liste est établie par décret en Conseil d'Etat, impliquant un contact avec des majeurs en situation de vulnérabilité du fait de leur âge ou de leur handicap, au sens de l'article L. 114 du code de l'action sociale et des familles ". Et aux termes de l'article 226-21 du code pénal : " Le fait, par toute personne détentrice de données à caractère personnel à l'occasion de leur enregistrement, de leur classement, de leur transmission ou de toute autre forme de traitement, de détourner ces informations de leur finalité telle que définie par la disposition législative, l'acte réglementaire ou la décision de la Commission nationale de l'informatique et des libertés autorisant le traitement automatisé, ou par les déclarations préalables à la mise en œuvre de ce traitement, est puni de cinq ans d'emprisonnement et de 300 000 euros d'amende ".
9. Si M. B soutient que le préfet de l'Aveyron a entaché son arrêté d'un vice de procédure en ce qu'il ne pouvait pas consulter et produire à l'instance le fichier des auteurs d'infractions sexuelles ou violentes sans méconnaitre les dispositions des articles précitées, il ressort des pièces du dossier que pour fonder son arrêté l'autorité préfectorale a consulté et produit à l'instance un extrait du fichier de " traitement des antécédents judiciaires ". En outre, le requérant ne peut utilement invoquer à l'encontre des décisions contestées le vice de procédure tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article R. 40-29 du code de procédure pénale visant les enquêtes prévues à l'article 17-1 de la loi du 21 janvier 1995 d'orientation et de programmation relative à la sécurité, qui concerne l'instruction des demandes de délivrance et de renouvellement des titres relatifs à l'entrée et au séjour des étrangers. Par suite, le moyen tiré de ce que l'arrêté serait entaché d'un vice de procédure doit être écarté.
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :
10. En premier lieu, l'arrêté attaqué vise les dispositions des 1° et 5° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ainsi que les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Il indique les conditions d'entrée et de séjour du requérant et mentionne les principaux éléments de sa situation personnelle et familiale. Par conséquent, l'arrêté comporte les circonstances de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision d'éloignement en litige. Par suite, le moyen tiré du défaut de motivation de la décision doit être écarté.
11. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : / 1° L'étranger, ne pouvant justifier être entré régulièrement sur le territoire français, s'y est maintenu sans être titulaire d'un titre de séjour en cours de validité ; () / 5° Le comportement de l'étranger qui ne réside pas régulièrement en France depuis plus de trois mois constitue une menace pour l'ordre public ".
12. En l'espèce, d'une part, un étranger mineur entré irrégulièrement en France doit, pour se conformer à l'obligation de possession d'un titre de séjour qui pèse sur lui à compter du jour où il devient majeur, solliciter un tel titre dans les deux mois qui suivent son dix-huitième anniversaire conformément aux dispositions de l'article R. 431-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Il peut dès lors faire l'objet d'une obligation de quitter le territoire français sur le fondement du 1° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile s'il s'est abstenu de solliciter un titre pendant cette période. Il ressort des pièces du dossier que M. B, entré en France selon ses déclarations courant 2018 sans être muni d'un visa, et qui a été pris en charge par les services de l'aide sociale à l'enfance, est devenu majeur le 7 juillet 2020 et a sollicité un titre de séjour auprès de la préfecture de la Lozère le 22 janvier 2021. Dès lors, le préfet de l'Aveyron a pu, sans entacher sa décision d'une erreur de fait, ni d'une erreur de droit et d'une erreur manifeste d'appréciation, prendre à l'encontre de M. B une obligation de quitter le territoire français.
13. D'autre part, il est constant que l'intéressé réside irrégulièrement sur le territoire français depuis plus de trois mois à la date de la décision attaquée et entrait donc dans le champ d'application des dispositions du 5° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, lesquelles s'appliquent aux étrangers en situation régulière depuis moins de trois mois comme, contrairement à ce que soutient M. B, à ceux en situation irrégulière. A cet égard, il ressort des pièces du dossier et notamment du ficher de " traitement des antécédents judiciaires " que M. B a fait l'objet d'une mention pour des faits de viol le 16 juillet 2019, et qu'il a reconnu lors de son audition par les services de gendarmerie le 23 juillet 2024 avoir fait l'objet d'une " affaire judiciaire " pour ces faits. En outre, il ressort des termes de l'arrêté attaqué, non contesté par le requérant, que M. B est inscrit au fichier des auteurs d'infractions sexuelles ou violentes. Dans ces circonstances, le préfet de l'Aveyron a pu sans entacher sa décision d'une erreur de fait, ni d'une erreur de droit ou d'une erreur manifeste d'appréciation considérer que le comportement du requérant constitue une menace réelle et actuelle pour l'ordre public. Par suite, les moyens soulevés à cet égard doivent être écartés.
14. En troisième et dernier lieu, aux termes des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui. ".
15. En l'espèce, si M. B soutient être atteint de drépanocytose et suivre un traitement auprès du centre hospitalier universitaire de Montpellier, il a fait l'objet d'un refus d'admission au séjour en qualité d'étranger malade, confirmé par un jugement du Tribunal administratif de Nîmes, en date du 12 juillet 2022, et ne produit aucun élément de nature à démontrer l'évolution de sa pathologie. En outre, s'il se prévaut également d'une entrée sur le territoire français au cours de l'année 2018, d'une prise en charge par les services de l'aide sociale à l'enfance durant sa minorité, de l'obtention de diplômes, notamment un certificat d'aptitude professionnelle dans la commercialisation et services en hôtellerie, et d'une promesse d'embauche au sein de l'enseigne Burger King, en date du 20 août 2024, le requérant ne démontre, ni avoir fixé le centre de ses intérêts privés en France, ni bénéficier d'une intégration sociale ou professionnelle particulière sur le territoire national. Par ailleurs, il résulte de ce qui a été dit au point 12 du présent jugement que le comportement de M. B doit être regardé comme constituant une menace pour l'ordre public. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté. Pour les mêmes motifs, le requérant n'est pas fondé à soutenir que la décision attaquée serait entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
En ce qui concerne la décision portant refus d'octroi d'un délai de départ volontaire :
16. En premier lieu, il résulte de ce qui précède que l'intéressé n'est pas fondé à soutenir que la décision portant refus de délai de départ serait privée de base légale par voie de conséquence de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français.
17. En deuxième lieu, la décision en litige vise les textes dont elle fait application, notamment l'article L. 612-2 et le 5° de l'article L. 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Elle mentionne avec une précision suffisante les considérations de fait sur lesquelles elle repose. Dès lors la décision contestée est suffisamment motivée.
18. En troisième et dernier lieu, aux termes de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : () / 3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet. ". Aux termes de l'article L. 612-3 du même code : " Le risque mentionné au 3° de l'article L. 612-2 peut être regardé comme établi, sauf circonstance particulière, dans les cas suivants : () / 5° L'étranger s'est soustrait à l'exécution d'une précédente mesure d'éloignement ".
19. Il résulte de l'arrêté attaqué que, pour refuser l'octroi d'un délai de départ volontaire à M. B, le préfet de l'Aveyron s'est fondé sur les dispositions précitées du 5° de l'article L. 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. En l'espèce, l'intéressé a fait l'objet de trois précédentes mesures d'éloignement, non exécutées, confirmées respectivement par des décisions du Tribunal administratif de Nîmes les 20 juillet 2021, 12 avril 2022 et 7 avril 2023. Dans ces conditions, et en l'absence de circonstance particulière, le préfet n'a pas fait une inexacte application des dispositions citées au point précédent. Les moyens tirés de ce que la décision serait entachée d'une erreur de fait, d'une erreur manifeste d'appréciation et méconnaîtrait l'impératif de proportionnalité doivent être écartés.
En ce qui concerne la décision portant fixation du pays de renvoi :
20. En premier lieu, il résulte de ce qui précède que l'intéressé n'est pas fondé à soutenir que la décision fixant le pays de renvoi serait privée de base légale par voie de conséquence de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français.
21. En deuxième lieu, l'arrêté contesté vise l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et indique que l'intéressé n'allègue pas être exposé à des traitements contraires à ces stipulations en cas de retour dans son pays d'origine. Dans ces conditions, la décision attaquée comporte l'ensemble des considérations de droit et de fait sur lesquelles elle se fonde. Par suite, elle est suffisamment motivée.
22. En troisième et dernier lieu, pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 14 du présent jugement, le moyen tiré de ce que la décision attaquée serait entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de la situation du requérant ainsi que des conséquences qu'elle emporte sur sa situation doit être écarté.
En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :
23. En premier lieu, il résulte de ce qui précède que l'intéressé n'est pas fondé à soutenir que la décision portant interdiction de retour sur le territoire français serait privée de base légale par voie de conséquence de l'illégalité des décisions portant obligation de quitter le territoire français et refus d'octroi d'un délai de départ volontaire.
24. En deuxième lieu, l'arrêté vise les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et précise les éléments de fait retenus par le préfet pour édicter à l'encontre de M. B une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de cinq ans. Par suite le requérant n'est pas fondé à soutenir que la décision attaquée serait insuffisamment motivée.
25. En troisième et dernier lieu, aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour ". Aux termes de l'article L. 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. Il en est de même pour l'édiction et la durée de l'interdiction de retour mentionnée à l'article L. 612-8 ainsi que pour la prolongation de l'interdiction prévue à l'article L. 612-11 ".
26. Il résulte de ce qui a été dit aux points précédents du présent jugement que, si M. B soutient être présent sur le territoire français depuis 2018, il ne justifie pas de liens d'une particulière intensité sur le territoire national, il a fait l'objet de trois précédentes mesures d'éloignement et son comportement représente une menace pour l'ordre public. Dès lors, en l'absence de circonstances humanitaires au sens des dispositions précitées de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, le préfet de l'Aveyron n'a pas fait une inexacte application des dispositions citées au point précédent en prononçant à l'encontre de M. B une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de cinq ans. Pour les mêmes motifs, le requérant n'est pas fondé à soutenir que la décision attaquée serait entachée d'une erreur manifeste d'appréciation. Par suite, les moyens invoqués à cet égard doivent être écartés.
27. Il résulte de tout ce qui précède que M. B n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté du préfet de l'Aveyron du 23 juillet 2024.
En ce qui concerne l'arrêté portant assignation à résidence :
28. En premier lieu, il résulte de ce qui précède que l'intéressé n'est pas fondé à soutenir que la décision portant assignation à résidence serait privée de base légale par voie de conséquence de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français.
29. En deuxième lieu, l'arrêté attaqué a été signé par Mme A E, cheffe du bureau de l'immigration et de la nationalité de la préfecture de l'Aveyron, qui a reçu, par un arrêté du préfet de l'Aveyron du 24 octobre 2022, régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la préfecture du lendemain, délégation à l'effet de signer les décisions attaquées en cas d'absence ou d'empêchement de M. D C, directeur de la citoyenneté et de la légalité. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de la signataire de l'arrêté en litige doit être écarté.
30. En troisième lieu, d'une part, il ressort de l'ensemble des dispositions des livres VI et VII du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile que le législateur a entendu déterminer l'ensemble des règles de procédure administrative et contentieuse auxquelles sont soumises les décisions par lesquelles l'autorité administrative assigne à résidence un ressortissant étranger. Dès lors, les articles L. 121-1 et L. 122-1 du code des relations entre le public et l'administration, qui fixent les règles générales de procédure applicables aux décisions devant être motivées en vertu de l'article L. 211-2 du même code, ne peuvent être utilement invoqués par M. B.
31. Il résulte de la jurisprudence de la Cour de justice que le droit d'être entendu fait partie intégrante du respect des droits de la défense, principe général du droit de l'Union. Il appartient donc aux Etats membres, dans le cadre de leur autonomie procédurale, de déterminer les conditions dans lesquelles le respect de ce droit est assuré. Ce droit se définit comme celui de toute personne de faire connaître, de manière utile et effective, son point de vue au cours d'une procédure administrative avant l'adoption de toute décision susceptible d'affecter de manière défavorable ses intérêts. Il ne saurait toutefois être interprété en ce sens que l'autorité nationale compétente serait tenue, dans tous les cas, d'entendre l'intéressé lorsque celui-ci a déjà eu la possibilité de présenter, de manière utile et effective, son point de vue sur la décision en cause.
32. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier que M. B a été entendu par les services de gendarmerie le 23 juillet 2024, préalablement à l'édiction de la décision contestée et a été informé de ce qu'il était susceptible d'être éloigné du territoire. Il a également été interrogé sur sa situation personnelle où il a indiqué être célibataire et sans enfant. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance du principe du contradictoire et du droit d'être entendu doit être écarté.
33. En quatrième lieu, il ressort des termes de l'arrêté attaqué que celui-ci vise les textes dont il fait application, notamment les dispositions du 1° de l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et précise que M. B a fait l'objet d'un arrêté du préfet de l'Aveyron en date du 23 juillet 2024 portant obligation de quitter le territoire français sans délai, fixation du pays de renvoi et interdiction de retour sur le territoire français. Par suite, l'arrêté attaqué contient l'ensemble des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement, le moyen tiré du défaut de motivation doit être écarté.
34. En cinquième lieu, il ne ressort ni de la motivation de la décision attaquée, ni d'aucune pièce du dossier, que l'autorité préfectorale n'aurait pas procédé à un examen complet de la situation du requérant. Par suite, le moyen tiré du défaut d'examen approfondi doit être écarté.
35. En sixième lieu, les moyens tirés de l'erreur de fait et de l'erreur de droit ne sont assortis d'aucune précision permettant au tribunal d'en apprécier le bien-fondé, et doivent, par suite, être écartés.
36. En septième lieu, le moyen tiré de ce que la décision d'assignation à résidence porterait une atteinte disproportionnée aux stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, n'est pas assorti des précisions suffisantes pour en apprécier le bien-fondé, et doit par suite, être écarté.
37. En huitième lieu, si une mesure d'assignation à résidence apporte des restrictions à l'exercice de certaines libertés, plus particulièrement la liberté d'aller et venir, elle ne présente pas, compte tenu de sa durée et de ses modalités d'exécution, le caractère d'une mesure privative de liberté au sens de l'article 5 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. M. B ne peut donc utilement se prévaloir de cet article pour contester la mesure d'assignation à résidence prise à son encontre. Ainsi, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation, au motif de la méconnaissance de l'article 5 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, ne peut qu'être écarté.
38. En neuvième et dernier lieu, selon l'article L. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger assigné à résidence en application du présent titre se présente périodiquement aux services de police ou aux unités de gendarmerie. () ". Aux termes de l'article R. 733-1 de ce même code : " L'autorité administrative qui a ordonné l'assignation à résidence de l'étranger en application des articles L. 731-1, L. 731-3, L. 731-4 ou L. 731-5 définit les modalités d'application de la mesure : / 1° Elle détermine le périmètre dans lequel il est autorisé à circuler muni des documents justifiant de son identité et de sa situation administrative et au sein duquel est fixée sa résidence ; / 2° Elle lui désigne le service auquel il doit se présenter, selon une fréquence qu'elle fixe dans la limite d'une présentation par jour, en précisant si l'obligation de présentation s'applique les dimanches et les jours fériés ou chômés () ".
39. Si une décision d'assignation à résidence doit comporter les modalités de contrôle permettant de s'assurer du respect de cette obligation et notamment préciser le service auquel l'étranger doit se présenter et la fréquence de ces présentations, ces modalités de contrôle sont divisibles de la mesure d'assignation à résidence elle-même. Il en résulte qu'une illégalité entachant les seules modalités de contrôle de la mesure n'est pas de nature à justifier l'annulation de la décision d'assignation à résidence dans sa totalité.
40. En l'espèce, en assignant M. B à résidence sur la commune de Rodez et lui imposant de se rendre deux fois par semaine (les mardis et jeudis) entre 10 et 12 heures au commissariat de police de Rodez alors que l'intéressé justifie, par les pièces qu'il produit, résider sur la commune de Toulouse, le préfet de l'Aveyron a entaché sa décision d'une erreur d'appréciation dans la fixation des modalités de présentation de l'intéressé au regard des dispositions de l'article R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et porté une atteinte excessive à sa liberté d'aller et venir.
41. Il résulte de ce qui précède que M. B est seulement fondé à demander l'annulation de l'arrêté portant assignation à résidence en date du 6 août 2024 en tant seulement qu'il fixe les modalités de présentation de l'intéressé.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
42. Le présent jugement, qui annule partiellement l'arrêté portant assignation à résidence en tant qu'il fixe les modalités de présentation de M. B, n'implique aucune mesure d'exécution.
Sur les frais liés au litige :
43. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, sous réserve de l'admission définitive de M. B à l'aide juridictionnelle et sous réserve que Me Moura renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat, ce dernier versera à Me Moura une somme de 1 000 euros en application des dispositions du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991. Dans le cas où l'aide juridictionnelle ne serait pas accordée au requérant par le bureau d'aide juridictionnelle, la somme de 1 000 euros sera versée à M. B.
44. La présente instance n'ayant donné lieu à aucun dépens, les conclusions présentées par M. B sur le fondement des dispositions de l'article R. 761-1 du code de justice administrative doivent être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : M. B est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
Article 2 : L'arrêté du 6 août 2024 du préfet de l'Aveyron portant assignation à résidence est annulé en tant qu'il fixe les modalités de présentation de l'intéressé.
Article 3 : Sous réserve de l'admission définitive de M. B à l'aide juridictionnelle et sous réserve que Me Moura renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat, ce dernier versera à Me Moura une somme de 1 000 euros en application des dispositions du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. F B, à Me Moura et au préfet de l'Aveyron.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 14 octobre 2024.
La magistrate désignée,
S. GIGAULT Le greffier,
B. ROETS
La République mande et ordonne au préfet de l'Aveyron, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme :
La greffière en chef,
Nos 2404540, 2405691
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026