LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsNos servicesBlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes. C'est gratuit, et vos coordonnées ne sont transmises qu'avec votre accord.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation entre particuliers et avocats. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Nos services
  • Trouver un avocat
  • Calculateurs juridiques
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Nos services
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA31-2404848

Tribunal Administratif de Toulouse — Décision N° TA31-2404848

lundi 30 septembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Toulouse
SectionTribunal Administratif de Toulouse
N° DossierTA31-2404848
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
FormationReconduite à la frontière
Avocat requérantTOMASI

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Toulouse annule un arrêté du préfet de police de Paris du 8 juin 2024 interdisant le retour sur le territoire français d’un ressortissant guinéen pour une durée de trente-six mois. Le juge estime que le préfet a commis une erreur d’appréciation, car l’intéressé justifie d’une présence continue en France depuis 2020, d’une vie commune avec une ressortissante française depuis 2023, et que les faits de violence retenus ne constituent pas une menace pour l’ordre public, l’intéressé s’en étant déclaré victime sans condamnation établie. La décision est fondée sur les articles L. 614-5 et suivants du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile. Le tribunal enjoint au préfet de supprimer le signalement de l’intéressé dans le système d’information Schengen.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une ordonnance du 31 juillet 2024, le président du tribunal administratif de Paris a transmis au tribunal administratif de Toulouse le dossier de la requête de M. B C A, enregistrée le 20 juin 2024.

Par cette requête et un mémoire complémentaire enregistré le 19 septembre 2024,

M. B C A, représenté par Me Samba, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté en date du 8 juin 2024 par lequel le préfet de police de Paris l'a interdit de retour sur le territoire français pour une durée de trente-six mois ;

2°) d'enjoindre au préfet du Val d'Oise de saisir les services ayant procédé au signalement aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen afin de mettre à jour le fichier pour tenir compte de l'annulation prononcée ;

3°) d'enjoindre à l'administration de réexaminer sa situation et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour, sous astreinte de 50 euros par jour de retard à compter de la notification du jugement à intervenir.

Il soutient que :

- l'arrêté portant interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de trente-six mois est privé de base légale dans la mesure où l'obligation de quitter le territoire édictée par le préfet de police de Paris le 4 octobre 2023 à son encontre ne lui a jamais été notifiée ;

- il est entaché d'un défaut de motivation ;

- il est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation.

Par un mémoire en défense, enregistré le 15 août 2024, le préfet de police de Paris conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens soulevés ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

La présidente du tribunal a désigné M. Zabka, conseiller, pour statuer sur les demandes présentées au titre de l'article L. 614-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dans sa version applicable au litige.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Zabka,

- les observations de M. A, qui répond aux questions du magistrat désigné,

- le préfet de police de Paris n'étant ni présent ni représenté.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Trois notes en délibéré, enregistrées les 22, 23 et 26 septembre 2024, produites par M. A n'ont pas été communiquées.

Considérant ce qui suit :

1. M. A, ressortissant guinéen, déclare être entré sur le territoire français le 5 août 2020. Par un arrêté du 4 octobre 2023, notifié le 7 octobre 2023, le préfet de police de Paris l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de renvoi. Par un nouvel arrêté du 8 juin 2024, la même autorité préfectorale l'a interdit de retour sur le territoire français pour une durée de trente-six mois. Par sa présente requête, M. A demande au tribunal d'annuler ce dernier arrêté.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

2. Pour interdire à M. A de retourner sur le territoire français pour une durée de trente-six mois, le préfet de police de Paris a notamment pris en compte la nature et l'ancienneté des liens de l'intéressé avec la France et a considéré que son comportement constituait une menace pour l'ordre public. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier, et notamment de nombreuses attestations d'hébergement et d'abonnement à l'électricité ainsi que des courriers de la caisse d'allocation familiale, que le requérant justifie d'une présence continue sur le territoire français depuis le 5 août 2020. Par ailleurs, M. A fait valoir qu'il est en couple avec une ressortissante française avec laquelle il a conclu un pacte civil de solidarité le 10 janvier 2024 et avec qui il vit depuis février 2023. En outre, s'il ressort des pièces du dossier que M. A a été signalé par les services de police le 8 juin 2024 pour des faits de violence volontaire avec menace d'une arme par un auteur ivre suivie d'incapacité totale de travail n'excédant pas huit jours, cette circonstance ne saurait constituer une menace pour l'ordre public dès lors que l'intéressé indique sans être contredit qu'il n'est pas l'instigateur de cette agression mais la victime. De surcroît, le préfet ne produit en défense aucun élément de nature à démontrer qu'il aurait fait l'objet d'une quelconque condamnation après cette mise en cause. Ainsi, dans les circonstances particulières de l'espèce le préfet de police de Paris a commis une erreur d'appréciation en édictant une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de trente-six mois.

3. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, que M. A est fondé à demander l'annulation de l'arrêté du préfet de police de Paris en date du 8 juin 2024 portant interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de trente-six mois.

Sur les conclusions à fin d'injonction sous astreinte :

4. Le présent jugement, qui prononce l'annulation de la décision portant interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de trente-six mois, implique nécessairement que le préfet supprime le signalement aux fins de non-admission de M. A dans le système d'information Schengen à compter de la notification du présent jugement. Il n'est pas nécessaire d'assortir cette injonction d'astreinte.

D E C I D E :

Article 1er : L'arrêté du préfet de police de Paris du 8 juin 2024 est annulé.

Article 2 : Il est enjoint au préfet de police de Paris de procéder à la suppression du signalement aux fins de non-admission de M. A dans le système d'information Schengen à compter de la notification du présent jugement.

Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. B C A, à Me Samba, Me Tomasi et au préfet de police de Paris.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 30 septembre 2024

Le magistrat désigné,

N. ZABKA Le greffier,

A. ROUZET

La République mande et ordonne au préfet de police de Paris en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme :

La greffière en chef,

N°2404848

Décisions similaires

TA78Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2608798

03/08/2026

TA78Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2606201

03/08/2026

TA78Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2600562

03/08/2026

TA77Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de MELUN — N° TA77-2611484

03/08/2026

← Retour aux décisions