lundi 30 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulouse |
| Section | Tribunal Administratif de Toulouse |
| N° Dossier | TA31-2404848 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Reconduite à la frontière |
| Avocat requérant | TOMASI |
Vu la procédure suivante :
Par une ordonnance du 31 juillet 2024, le président du tribunal administratif de Paris a transmis au tribunal administratif de Toulouse le dossier de la requête de M. B C A, enregistrée le 20 juin 2024.
Par cette requête et un mémoire complémentaire enregistré le 19 septembre 2024,
M. B C A, représenté par Me Samba, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté en date du 8 juin 2024 par lequel le préfet de police de Paris l'a interdit de retour sur le territoire français pour une durée de trente-six mois ;
2°) d'enjoindre au préfet du Val d'Oise de saisir les services ayant procédé au signalement aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen afin de mettre à jour le fichier pour tenir compte de l'annulation prononcée ;
3°) d'enjoindre à l'administration de réexaminer sa situation et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour, sous astreinte de 50 euros par jour de retard à compter de la notification du jugement à intervenir.
Il soutient que :
- l'arrêté portant interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de trente-six mois est privé de base légale dans la mesure où l'obligation de quitter le territoire édictée par le préfet de police de Paris le 4 octobre 2023 à son encontre ne lui a jamais été notifiée ;
- il est entaché d'un défaut de motivation ;
- il est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 15 août 2024, le préfet de police de Paris conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
La présidente du tribunal a désigné M. Zabka, conseiller, pour statuer sur les demandes présentées au titre de l'article L. 614-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dans sa version applicable au litige.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Zabka,
- les observations de M. A, qui répond aux questions du magistrat désigné,
- le préfet de police de Paris n'étant ni présent ni représenté.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Trois notes en délibéré, enregistrées les 22, 23 et 26 septembre 2024, produites par M. A n'ont pas été communiquées.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ressortissant guinéen, déclare être entré sur le territoire français le 5 août 2020. Par un arrêté du 4 octobre 2023, notifié le 7 octobre 2023, le préfet de police de Paris l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de renvoi. Par un nouvel arrêté du 8 juin 2024, la même autorité préfectorale l'a interdit de retour sur le territoire français pour une durée de trente-six mois. Par sa présente requête, M. A demande au tribunal d'annuler ce dernier arrêté.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Pour interdire à M. A de retourner sur le territoire français pour une durée de trente-six mois, le préfet de police de Paris a notamment pris en compte la nature et l'ancienneté des liens de l'intéressé avec la France et a considéré que son comportement constituait une menace pour l'ordre public. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier, et notamment de nombreuses attestations d'hébergement et d'abonnement à l'électricité ainsi que des courriers de la caisse d'allocation familiale, que le requérant justifie d'une présence continue sur le territoire français depuis le 5 août 2020. Par ailleurs, M. A fait valoir qu'il est en couple avec une ressortissante française avec laquelle il a conclu un pacte civil de solidarité le 10 janvier 2024 et avec qui il vit depuis février 2023. En outre, s'il ressort des pièces du dossier que M. A a été signalé par les services de police le 8 juin 2024 pour des faits de violence volontaire avec menace d'une arme par un auteur ivre suivie d'incapacité totale de travail n'excédant pas huit jours, cette circonstance ne saurait constituer une menace pour l'ordre public dès lors que l'intéressé indique sans être contredit qu'il n'est pas l'instigateur de cette agression mais la victime. De surcroît, le préfet ne produit en défense aucun élément de nature à démontrer qu'il aurait fait l'objet d'une quelconque condamnation après cette mise en cause. Ainsi, dans les circonstances particulières de l'espèce le préfet de police de Paris a commis une erreur d'appréciation en édictant une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de trente-six mois.
3. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, que M. A est fondé à demander l'annulation de l'arrêté du préfet de police de Paris en date du 8 juin 2024 portant interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de trente-six mois.
Sur les conclusions à fin d'injonction sous astreinte :
4. Le présent jugement, qui prononce l'annulation de la décision portant interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de trente-six mois, implique nécessairement que le préfet supprime le signalement aux fins de non-admission de M. A dans le système d'information Schengen à compter de la notification du présent jugement. Il n'est pas nécessaire d'assortir cette injonction d'astreinte.
D E C I D E :
Article 1er : L'arrêté du préfet de police de Paris du 8 juin 2024 est annulé.
Article 2 : Il est enjoint au préfet de police de Paris de procéder à la suppression du signalement aux fins de non-admission de M. A dans le système d'information Schengen à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. B C A, à Me Samba, Me Tomasi et au préfet de police de Paris.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 30 septembre 2024
Le magistrat désigné,
N. ZABKA Le greffier,
A. ROUZET
La République mande et ordonne au préfet de police de Paris en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme :
La greffière en chef,
N°2404848
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026