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AccueilJurisprudence administrativeN° TA31-2404865

Tribunal Administratif de Toulouse — Décision N° TA31-2404865

lundi 30 septembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Toulouse
SectionTribunal Administratif de Toulouse
N° DossierTA31-2404865
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
FormationReconduite à la frontière
Avocat requérantLESCARRET

Texte intégral

Vu les procédures suivantes :

I. Par une requête enregistrée le 8 août 2024, sous le n° 2404865, et des pièces complémentaires enregistrées les 17 et 20 septembre 2024, M. E I F, représenté par Me Lescarret, demande au tribunal :

1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;

2°) d'annuler l'arrêté du 24 juin 2024 par lequel le préfet du Tarn l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de renvoi ;

3°) d'enjoindre au préfet du Tarn de procéder au réexamen de sa situation dans le délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard, et de lui délivrer dans l'attente une autorisation provisoire de séjour ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat le versement d'une somme de 1 500 euros à son conseil, en application combinée de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 alinéa 2 de la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique et, dans l'hypothèse où il ne serait pas admis à l'aide juridictionnelle provisoire, le versement de cette même somme au seul visa de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

En ce qui concerne l'ensemble des décisions attaquées :

- elles sont entachées d'un défaut de compétence de leur signataire ;

En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :

- elle est entachée d'un défaut de motivation ;

- elle est entachée d'un défaut d'examen réel et sérieux de sa situation personnelle ;

- le préfet s'est estimé à tort en situation de compétence liée ;

- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;

- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation de sa situation et des conséquences qu'elle emporte sur sa situation ;

En ce qui concerne la décision portant fixation du pays de renvoi :

- elle est privée de base légale ;

- elle est entachée d'un défaut de motivation ;

- elle est entachée d'un défaut d'examen réel et sérieux de sa situation ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et les dispositions de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant.

Par un mémoire en défense enregistré le 13 septembre 2024, le préfet du Tarn conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que les moyens de la requête ne sont pas fondés.

II. Par une requête enregistrée le 8 août 2024, sous le n° 2404866, et des pièces complémentaires enregistrées les 17 et 20 septembre 2024 Mme D I F, représentée par Me Lescarret, demande au tribunal :

1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;

2°) d'annuler l'arrêté du 24 juin 2024 par lequel le préfet du Tarn l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de renvoi ;

3°) d'enjoindre au préfet du Tarn de procéder au réexamen de sa situation dans le délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard, et de lui délivrer dans l'attente une autorisation provisoire de séjour ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat le versement d'une somme de 1 500 euros à son conseil, en application combinée de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 alinéa 2 de la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique et, dans l'hypothèse où elle ne serait pas admise à l'aide juridictionnelle provisoire, le versement de cette même somme au seul visa de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

En ce qui concerne l'ensemble des décisions attaquées :

- elles sont entachées d'un défaut de compétence de leur signataire ;

En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :

- elle est entachée d'un défaut de motivation ;

- elle est entachée d'un défaut d'examen réel et sérieux de sa situation personnelle ;

- le préfet s'est estimé à tort en situation de compétence liée ;

- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;

- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation de sa situation et des conséquences qu'elle emporte sur sa situation ;

En ce qui concerne la décision portant fixation du pays de renvoi :

- elle est privée de base légale ;

- elle est entachée d'un défaut de motivation ;

- elle est entachée d'un défaut d'examen réel et sérieux de sa situation ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et les dispositions de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant.

Par un mémoire en défense enregistré le 9 septembre 2024, le préfet du Tarn conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens soulevés ne sont pas fondés.

III. Par une requête enregistrée le 8 août 2024, sous le n° 2404867, et des pièces complémentaires enregistrées les 17 et 20 septembre 2024, Mme A G I F, représentée par Me Lescarret, demande au tribunal :

1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;

2°) d'annuler l'arrêté du 24 juin 2024 par lequel le préfet du Tarn l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de renvoi ;

3°) d'enjoindre au préfet du Tarn de procéder au réexamen de sa situation dans le délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard, et de lui délivrer dans l'attente une autorisation provisoire de séjour ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat le versement d'une somme de 1 500 euros à son conseil, en application combinée de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 alinéa 2 de la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique et, dans l'hypothèse où elle ne serait pas admise à l'aide juridictionnelle provisoire, le versement de cette même somme au seul visa de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

En ce qui concerne l'ensemble des décisions attaquées :

- elles sont entachées d'un défaut de compétence de leur signataire ;

En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :

- elle est entachée d'un défaut de motivation ;

- elle est entachée d'un défaut d'examen réel et sérieux de sa situation personnelle ;

- le préfet s'est estimé à tort en situation de compétence liée ;

- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;

- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation de sa situation et des conséquences qu'elle emporte sur sa situation ;

En ce qui concerne la décision portant fixation du pays de renvoi :

- elle est privée de base légale ;

- elle est entachée d'un défaut de motivation ;

- elle est entachée d'un défaut d'examen réel et sérieux de sa situation ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et les dispositions de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant.

Par un mémoire en défense enregistré le 9 septembre 2024, le préfet du Tarn conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens soulevés ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention internationale relative aux droits de l'enfant,

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales,

- la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique,

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile,

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné M. Zabka, conseiller, pour statuer sur les demandes présentées au titre de l'article L. 614-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Zabka,

- les observations de Me Lescarret, qui conclut aux mêmes fins par les mêmes moyens,

- les observations de M. E I F, Mme D I F et Mme A G I F, assistés de Mme C, interprète en langue espagnole, qui répondent aux questions du magistrat désigné,

- Le préfet de la Haute-Garonne n'étant ni présent ni représenté.

La clôture d'instruction pour les requêtes susvisées a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. M. E I F, ressortissant colombien est entré en France le 20 juillet 2023. Il a sollicité le bénéfice de l'asile le 30 août 2023. Sa demande a fait l'objet d'une décision de rejet de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides le 21 novembre 2023, confirmée par décision de la Cour nationale du droit d'asile du 21 mai 2024. Mme D I F et Mme A G I F, ressortissantes colombiennes, sont entrées en France le 25 juillet 2023. Elles ont respectivement sollicité le bénéfice de l'asile le

29 août 2023 et le 30 août 2023. Leurs demandes ont fait l'objet de deux décisions de rejet de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides le 9 novembre 2023, confirmées par deux décisions de la Cour nationale du droit d'asile du 21 mai 2024. Par trois arrêtés en date du 24 juin 2024, le préfet du Tarn les a obligés à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de renvoi. Par leurs présentes requêtes, M. E I F, Mme D I F et Mme A G I F demandent au tribunal de prononcer l'annulation de ces arrêtés.

2. Les requêtes susvisées n° 2404865, 2404866 et 2404867 concernent les membres d'une même famille et présentent à juger les mêmes questions. Par suite, il y a lieu de les joindre pour y statuer par un seul jugement.

Sur l'admission au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire :

3. L'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 dispose que : " Dans les cas d'urgence, sous réserve de l'application des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente () ". Il y a lieu, eu égard à l'urgence qui s'attache à ce qu'il soit statué sur les requêtes des intéressés, de prononcer leur admission provisoire à l'aide juridictionnelle.

Sur les conclusions à fins d'annulation :

En ce qui concerne les décisions portant obligation de quitter le territoire français :

4. Il ressort des pièces des dossiers que M. E I F et Mme D I F, tous deux frère et sœur, sont accompagnés de leurs enfants, dont l'un est mineur, et que Mme A G, respectivement la nièce de M. E I F et la fille de Mme D I F est également accompagnée de sa fille mineure. Par ailleurs, il est constant que M. J F H, frère de M. E I F et de Mme D I F, a obtenu le bénéfice de la protection subsidiaire compte tenu des menaces auxquelles il a été exposé dans son pays d'origine par les Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC) du fait de sa proximité avec la police et l'armée dans le cadre de son activité de confection d'uniformes. En outre, comme indiqué à l'audience par le conseil des requérants, compte tenu de l'annulation des décisions fixant le pays de renvoi concernant la mère et la sœur de M. E I F et de Mme D I F, ces dernières ne pouvaient plus être éloignés vers leur pays d'origine à la date des décisions attaquées. Dans ces conditions, alors que le préfet verse au dossier les décisions de rejet rendues par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides, il ne pouvait ignorer les liens familiaux unissant les requérants ainsi que la présence sur le territoire français de leurs enfants mineurs et de la majorité des membres de la famille. Dès lors, le préfet, en estimant que les requérants étaient sans enfants et en n'examinant pas les situations familiales de ces derniers a nécessairement entaché ses décisions d'un défaut d'examen des situations des requérants et les moyens d'erreur de droit soulevés sur ce point doivent être accueillis.

5. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens dirigés contre les décisions portant obligation de quitter le territoire français, que les requérants sont fondés à demander l'annulation des décisions du préfet du Tarn du 24 juin 2024 portant obligation de quitter le territoire français ainsi que, par voie de conséquence, celle des décisions fixant le délai de départ volontaire.

En ce qui concerne les décisions portant fixation du pays de renvoi :

6. Aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines et traitements inhumains et dégradants " et aux termes de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Un étranger ne peut être éloigné à destination d'un pays s'il établit que sa vie ou sa liberté y sont menacées ou qu'il y est exposé à des traitements contraires aux stipulations de l'article 3 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales du 4 novembre 1950. ". Il appartient à l'étranger qui conteste son éloignement de démontrer qu'il y a des raisons sérieuses de penser que, si la mesure incriminée était mise à exécution, il serait exposé à un risque réel de se voir infliger des traitements contraires à l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

7. Les requérants soutiennent être exposés, en cas de retour dans leur pays d'origine, à des menaces de la part des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC) en raison notamment de l'engagement dans l'armée de M. E I F, respectivement le frère de Mme D I F et l'oncle de Mme A G I F et des activités professionnelles et politiques de leur sœur et tante, Mme B K I F. Mme A G I F soutient également être exposée à des risques en raison de son orientation sexuelle. Les requérants indiquent que l'un des frères de M. E I F et de Mme D I F, militaire, a disparu au mois de mai 1993, enlevé par la guérilla en raison de son engagement militaire et qu'ils n'ont depuis aucune nouvelle de lui. Ils indiquent également que Mme B K I F a été séquestrée par des membres de la guérilla pendant plusieurs jours en 1997, alors qu'elle était conseillère municipale à San Vicente del Caguan, et produisent à cet égard sa plainte déposée le 5 août 2003 auprès du procureur général de la nation en Colombie. Par ailleurs, Mme D I F soutient que son conjoint a été assassiné en 2002 par des membres de la guérilla des FARC et produit à cet égard son certificat de décès en date du 2 octobre 2023 mentionnant qu'il est décédé dans des circonstances violentes. De surcroît, il ressort des entretiens OFPRA des intéressées, qu'ils déclarent avoir été contraintes de déménager à Neiva, en 2001, en raison des menaces dont ils faisaient l'objet. Ils indiquent avoir, depuis, changé régulièrement de domicile. En outre, il est constant que M. J F H, frère de M. E I F et de Mme D I F, a obtenu le bénéfice de la protection subsidiaire compte tenu des menaces auxquelles il a été exposé dans son pays d'origine par les FARC du fait de sa proximité avec la police et l'armée dans le cadre de son activité de confection d'uniformes. Dès lors, dans les circonstances particulières de l'espèce et au regard des explications précises et circonstanciées des requérants tant devant l'Office français de protection des réfugiés et apatrides qu'à l'audience, dans le cadre de la présente instance, ceux-ci doivent être regardés comme apportant, dans le cadre de la présente instance, des éléments qui établissent qu'ils seraient personnellement et actuellement exposés à des risques de traitements inhumains ou dégradants en cas de retour en Colombie. Par suite, et sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens soulevés à leur encontre, les décisions fixant le pays de renvoi doivent être annulées dans cette mesure.

8. Il résulte de tout ce qui précède que les requérants sont fondés à demander l'annulation des arrêtés du préfet de la Haute-Garonne en date du 24 juin 2024 en tant qu'ils fixent la Colombie comme pays à destination duquel ils pourront être reconduits.

Sur les conclusions à fin d'injonctions sous astreinte :

9. Les annulations prononcées par le présent jugement impliquent seulement que le préfet du Tarn réexamine les situations des requérants dans le délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, d'assortir cette injonction d'une astreinte.

Sur les frais liés aux litiges :

10. Sous réserve de l'admission définitive des requérantes à l'aide juridictionnelle et de la renonciation de leur avocate à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat, il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat le versement d'une somme de 1 800 euros à Me Lescarret. Dans le cas où l'aide juridictionnelle ne serait pas accordée aux intéressées par le bureau d'aide juridictionnelle, la somme de 1 800 euros leur sera versée directement.

D E C I D E :

Article 1er : M. E I F, Mme D I F et Mme A G I F sont admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.

Article 2 : Les arrêtés du préfet du Tarn en date du 24 juin 2024 sont annulés.

Article 3 : Le surplus des conclusions des requêtes est rejeté.

Article 4 : Sous réserve de l'admission définitive de M. E I F, Mme D I F et Mme A G I F à l'aide juridictionnelle et sous réserve que Me Lescarret renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat, ce dernier versera à Me Lescarret la somme globale de 1 800 euros en application des dispositions du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991. Dans le cas où l'aide juridictionnelle ne serait pas accordée aux requérants par le bureau d'aide juridictionnelle, la somme globale de 1 800 euros sera versée à M. E I F, Mme D I F et Mme A G I F.

Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. E I F, Mme D I F, Mme A G I F, à Me Lescarret et au préfet du Tarn.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 30 septembre 2024

Le magistrat désigné,

N. ZABKA Le greffier,

A. ROUZET

La République mande et ordonne au préfet du Tarn, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme :

La greffière en chef,

Nos 2404865, 2404866, 2404867

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