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AccueilJurisprudence administrativeN° TA31-2404957

Tribunal Administratif de Toulouse — Décision N° TA31-2404957

mercredi 14 août 2024

JuridictionTribunal Administratif de Toulouse
SectionTribunal Administratif de Toulouse
N° DossierTA31-2404957
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC

Résumé IA

Cette ordonnance du Tribunal Administratif de Toulouse, rendue en référé sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, rejette la requête de M. B. Ce dernier demandait à être pris en charge dans le cadre de l'hébergement d'urgence, invoquant une atteinte grave et manifestement illégale à son droit garanti par l'article L. 345-2-2 du code de l'action sociale et des familles. Le juge a estimé que la condition d'urgence n'était pas remplie, relevant que M. B, âgé de 40 ans et sans charge de famille, ne se trouvait pas dans une situation de précarité et de vulnérabilité telle qu'elle justifierait une intervention dans un délai de quarante-huit heures.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 12 août 2024, M. A B, représenté par Me Benhamida, demande au juge des référés, sur le fondement de l'article

L. 521-2 du code de justice administrative :

1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire ;

2°) d'enjoindre au préfet de la Haute-Garonne de le prendre en charge dans le cadre du dispositif d'hébergement d'urgence, sous astreinte de 100 euros par jour de retard à compter de l'expiration d'un délai de 24 heures suivant la notification de l'ordonnance à intervenir ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat le versement à son conseil d'une somme de 2 000 euros au titre des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 alinéa 2 de la loi du 10 juillet 1991, ou s'il n'était pas admis à l'aide juridictionnelle, sur le seul fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la condition d'urgence est satisfaite, dès lors que compte tenu de la fin de sa prise en charge dans un hébergement urgence, il se retrouve, malgré ses appels répétés aux services du 115, sans solution d'hébergement depuis le 13 juillet 2024 et ce alors que son état de santé est incompatible avec une vie dans la rue ;

- il est porté une atteinte grave et manifestement illégale au droit à l'hébergement d'urgence garanti par l'article L. 345-2-2 du code de l'action sociale et des familles.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'action sociale et des familles ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991, modifiée ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné Mme Molina-Andréo, vice-présidente, pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

1. M. B, ressortissant algérien né le 8 juin 1984, demande au juge des référés, statuant sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, d'enjoindre au préfet de la Haute-Garonne de le prendre en charge dans le cadre du dispositif d'hébergement d'urgence dans un délai de 24 heures.

Sur les conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :

2. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures ". Aux termes de l'article L. 522-1 de ce code : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. / Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique () ". Enfin, aux termes de l'article L. 522-3 du même code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ".

3. Lorsqu'un requérant fonde son action sur la procédure de protection particulière instituée par l'article L. 521-2 précité du code de justice administrative, il lui appartient de justifier de circonstances caractérisant une situation d'urgence qui implique, sous réserve que les autres conditions posées par l'article L. 521-2 soient remplies, qu'une mesure visant à sauvegarder une liberté fondamentale doive être prise dans les quarante-huit heures. La condition d'urgence posée par l'article L. 521-2 du code de justice administrative s'apprécie objectivement et compte tenu de l'ensemble des circonstances de chaque espèce.

4. Pour justifier de l'urgence, M. B soutient qu'il est contraint de vivre dans la rue depuis le 13 juillet 2024 alors que son état de santé est incompatible avec une telle situation. S'il justifie avoir sollicité en vain les services du 115 à plusieurs reprises afin de se voir proposer un hébergement d'urgence, il résulte de l'instruction, alors qu'il a déjà été pris en charge dans le cadre de l'hébergement d'urgence du 11 janvier au 10 février 2024, du 27 mars au 2 mai 2024 et du 13 juin au 13 juillet 2024, qu'il ne bénéficie plus d'une prise en charge depuis seulement un mois. Or, le requérant, âgé de 40 ans, est célibataire et sans charge de famille. Il ne résulte pas de l'instruction et en particulier des deux certificats médicaux produits, dont il ressort uniquement que le requérant présente, au niveau du membre inférieur gauche, une inégalité de longueur de 1,3 cm, qu'il serait, à la date de la présente ordonnance, dans une situation de précarité et de vulnérabilité telle qu'il y aurait urgence à ordonner, dans un délai de quarante-huit heures, une mesure visant à sauvegarder une liberté fondamentale. Par suite, la condition d'urgence prévue par l'article L. 521-2 du code de justice administrative ne peut être regardée comme remplie.

5. Il résulte de ce qui précède qu'il y a lieu, par application des dispositions précitées de l'article L. 522-3 du code de justice administrative, de rejeter l'intégralité de la requête de

M. B, sans qu'il y ait lieu de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.

O R D O N N E :

Article 1er : M. B n'est pas admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de M. B est rejeté.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B et à Me Benhamida.

Une copie en sera adressée, pour information, au préfet de la Haute-Garonne.

Fait à Toulouse, le 14 août 2024.

La juge des référés,

B. MOLINA-ANDRÉO

La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Garonne en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.

Pour expédition conforme,

la greffière en chef,

ou par délégation, la greffière,

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