mercredi 9 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulouse |
| Section | Tribunal Administratif de Toulouse |
| N° Dossier | TA31-2404992 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Reconduite à la frontière |
| Avocat requérant | DIALEKTIK AVOCATS AARPI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des pièces enregistrées le 14 août 2024 et le 24 septembre 2024, Mme B D, représentée par Me Bachet, doit être regardée comme demandant au tribunal
1°) de l'admettre à l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'annuler l'arrêté en date du 19 juin 2024 par lequel le préfet du Tarn lui a refusé l'octroi d'un titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de
trente jours et a fixé le pays de renvoi ;
3°) d'enjoindre au préfet du Tarn de lui délivrer le titre de séjour sollicité dans le délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ou, à tout le moins, de réexaminer sa demande ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat le paiement des entiers dépens du procès et le versement d'une somme de 2 000 euros à son conseil sur le fondement des dispositions combinées du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridictionnelle et de l'article L. 761-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Elle soutient que :
En ce qui concerne l'ensemble des décisions attaquées :
- elles sont entachées d'un défaut de compétence de leur auteur ;
- elles sont entachées d'un défaut de motivation ;
En ce qui concerne la décision portant refus de séjour :
- elle est entachée d'une erreur de droit et d'une erreur d'appréciation au regard des dispositions de l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation ;
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation sur sa situation personnelle ;
En ce qui concerne la décision fixant le pays de renvoi :
- elle est privée de base légale dans la mesure où elle est fondée sur des décisions portant refus de titre de séjour et obligation de quitter le territoire français elles-mêmes illégales ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et les dispositions de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Par un mémoire en défense, enregistré le 18 septembre 2024, le préfet du Tarn conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales,
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile,
- la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique,
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. Le Fiblec, premier conseiller, pour statuer sur les demandes présentées au titre de l'article L. 614-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Le Fiblec,
- les observations de Me Bachet, représentant Mme D, qui conclut aux mêmes fins par les mêmes moyens. Me Bachet soulève un nouveau moyen à l'encontre de l'ensemble des décisions attaquées tiré de la méconnaissance de l'autorité absolue de la chose jugée en raison de ce que le préfet du Tarn a édicté l'arrêté en litige en méconnaissance d'un jugement du tribunal administratif de Toulouse du 22 décembre 2023 annulant un précédent arrêté édicté le 28 juillet 2023 par le préfet du Tarn en tant qu'il a obligé l'intéressée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et en tant qu'il a fixé le pays de renvoi. Me Bachet soulève également un nouveau moyen à l'encontre de la décision portant refus de séjour tiré de l'erreur de fait déterminante, en raison de ce que le préfet du Tarn n'a pas pris en compte la demande de titre effectivement déposée par Mme D, cette dernière ayant sollicité son admission exceptionnelle au séjour, et n'ayant pas déposé une nouvelle demande de titre de séjour en qualité d'étudiante,
- les observations de Mme D, assistée de Mme A, interprète en wolof, qui répond aux questions du magistrat désigné,
- le préfet du Tarn n'étant ni présent ni représenté.
La clôture d'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Mme D, ressortissante sénégalaise née le 21 juillet 2000 à Mboss (Sénégal) déclare être entrée sur le territoire français le 16 février 2022 et a sollicité son admission au bénéfice de l'asile. Par une décision du 14 septembre 2022, l'Office français de protection des réfugiés et apatrides a rejeté sa demande. Par une décision du 24 mars 2023, la Cour nationale du droit d'asile a confirmé ce rejet. Le 22 mai 2023, Mme D a déposé une demande de titre de séjour en qualité d'étudiante. Par un arrêté du 28 juillet 2023, le préfet du Tarn a refusé de lui octroyer le titre de séjour sollicité, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de renvoi. Par un jugement du tribunal administratif de Toulouse du 22 décembre 2023, le magistrat désigné par la présidente du tribunal a annulé cet arrêté en tant qu'il a obligé l'intéressée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et en tant qu'il a fixé le pays de renvoi. Par un arrêté du 19 juin 2023, le préfet du Tarn doit être regardé comme ayant implicitement refusé d'octroyer un titre de séjour à Mme D, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de renvoi. Par sa présente requête, Mme D demande au tribunal d'annuler les décisions contenues dans ce dernier arrêté.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Il résulte de l'arrêté en litige que le préfet du Tarn a examiné la possibilité d'octroyer un titre de séjour à Mme D en qualité d'étudiante alors qu'il ressort des pièces du dossier qu'elle a déposé une demande d'admission exceptionnelle au séjour au titre de la vie privée et familiale et au titre de l'insertion professionnelle, et non une demande de titre de séjour en qualité d'étudiante, le 14 juin 2024, préalablement à l'édiction de cet arrêté. En outre, il ressort des pièces du dossier que Mme D a été inscrite en licence électronique, énergie électrique, automatique (EEA) entre 2022 et 2024, qu'elle a validé sa première et sa deuxième année de licence et qu'elle est désormais inscrite en licence professionnelle " Métiers de l'électricité et de l'énergie " pour l'année universitaire 2024-2025 à l'Institut national universitaire Champollion. Enfin, Mme D verse à l'instance des attestations de soutien de deux membres de l'association StudHelp établies le 27 novembre 2023 et le 3 juin 2024, qui attestent de son sérieux dans son parcours universitaire et qui disent la suivre et la soutenir depuis le mois d'octobre 2023, un contrat de travail étudiant à durée déterminée en tant qu'agent contractuel au restaurant universitaire du Crous d'Albi établi le 5 mars 2024, deux fiches de paie pour les mois d'avril et de mai 2024 et des attestations de soutien de membres du personnel du Crous d'Albi établies les 6 et 7 juin 2024. Enfin, la requérante s'est prévalue à l'audience, en des termes particulièrement convaincants, de son attachement à poursuivre ses études et de son intégration en France. Dès lors, le préfet du Tarn, en indiquant dans l'arrêté en litige que Mme D n'a pas déposé de nouvelle demande de titre de séjour et qu'aucun élément nouveau n'a été présenté par l'intéressée depuis le jugement du tribunal administratif de Toulouse du 22 décembre 2023 cité au point 1 du présent jugement, et qui n'a pas tenu compte des éléments relatifs à l'insertion personnelle et professionnelle de l'intéressée, a entaché sa décision d'une erreur de fait déterminante. Par suite, le moyen soulevé à cet égard doit être accueilli.
3. Il résulte de ce qui précède que, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, Mme D est fondée à demander l'annulation de la décision du préfet du Tarn en date du 19 juin 2024 portant refus de délivrance d'un titre de séjour. Par voie de conséquence, les décisions portant obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et fixation du pays de renvoi doivent être également annulées.
Sur les conclusions à fin d'injonction et d'astreinte :
4. L'annulation prononcée par le présent jugement implique seulement que le préfet du Tarn réexamine la situation de Mme C dans le délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, d'assortir cette injonction d'une astreinte.
Sur les frais liés au litige :
5. Sous réserve de l'admission définitive de la requérante à l'aide juridictionnelle et de la renonciation de Me Bachet à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat, il y a lieu de mettre à la charge de l'Etat le versement de la somme de 1 250 euros à
Me Bachet au titre de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
6. La présente instance n'ayant donné lieu à aucun dépens, les conclusions présentées par Mme D sur le fondement des dispositions de l'article R. 761-1 du code de justice administrative doivent être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : Mme D est admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
Article 2 : L'arrêt du préfet du Tarn du 19 juin 2024 est annulé.
Article 3 : Il est enjoint au préfet du Tarn de procéder au réexamen de la situation administrative de Mme D dans le délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 4 : Sous réserve que Me Bachet renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat et sous réserve de l'admission définitive de sa cliente à l'aide juridictionnelle, il y a lieu de de mettre à la charge de l'Etat le versement à Me Bachet de la somme de 1 250 euros en application des dispositions du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 5 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 6 : Le présent jugement sera notifié à Mme B D, au préfet du Tarn et à
Me Bachet.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 9 octobre 2024.
Le magistrat désigné,
B. LE FIBLEC La greffière,
V.BRIDET
La République mande et ordonne au préfet du Tarn, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme :
La greffière en chef,
N°240499
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026