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AccueilJurisprudence administrativeN° TA31-2405060

Tribunal Administratif de Toulouse — Décision N° TA31-2405060

lundi 30 septembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Toulouse
SectionTribunal Administratif de Toulouse
N° DossierTA31-2405060
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Toulouse a rejeté comme manifestement irrecevable la requête de M. A, qui contestait le montant de l'indemnité de 9 000 euros allouée par la commission nationale indépendante de reconnaissance et de réparation des préjudices subis par les Harkis. Le requérant demandait en réalité une réévaluation de sa situation par un recours gracieux, ce qui relève de la compétence de l'administration et non du juge administratif. La requête ne contenait pas de conclusions tendant à l'annulation d'une décision ou à une condamnation indemnitaire, et le juge ne peut se substituer à l'administration. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement des articles R. 222-1, R. 411-1 et R. 421-1 du code de justice administrative.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 19 août 2024, M. B A conteste la décision du 27 juin 2024 par laquelle la commission nationale indépendante de reconnaissance et de réparation des préjudices subis par les Harkis et les autres personnes rapatriées d'Algérie lui a alloué la somme de 9 000 euros en raison de sa présence dans des camps de transit et d'hébergement et dans des hameaux forestiers ou autres structures spécifiques.

M. A produit un document relatif à un recours gracieux afin d'obtenir la régularisation de sa situation et fait valoir que les périodes retenues pour fonder la réparation de son préjudice sont inexactes.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la loi n° 2022-229 du 23 février 2022 ;

- le décret n° 2022-394 du 18 mars 2022.

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les présidents de formation de jugement des tribunaux () peuvent, par ordonnance : () / 4° Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser ou qu'elles n'ont pas été régularisées à l'expiration du délai imparti par une demande en ce sens ; () ".

2. Aux termes de l'article R. 411-1 du même code : " La juridiction est saisie par requête. () Elle contient l'exposé des faits et moyens, ainsi que l'énoncé des conclusions soumises au juge () ". Aux termes de l'article R. 421-1 de ce code : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée. / Lorsque la requête tend au paiement d'une somme d'argent, elle n'est recevable qu'après l'intervention de la décision prise par l'administration sur une demande préalablement formée devant elle () ".

3. Il résulte des dispositions citées au point précédent que le juge administratif ne peut être saisi que de requêtes à fin d'annulation d'une décision administrative ou à fin de condamnation de l'administration au paiement d'une indemnité. Par ailleurs, en dehors des hypothèses prévues par les articles L. 911-1 à L. 911-4 du code de justice administrative dont ne relève pas la présente requête, il n'appartient au juge administratif ni d'adresser des injonctions à l'administration ni de faire lui-même œuvre d'administrateur en se substituant à celle-ci.

4. Il ressort des termes mêmes de sa requête que M. A a entendu former un recours gracieux à l'encontre de la décision précitée du 27 juin 2024 de la commission nationale indépendante de reconnaissance et de réparation des préjudices subis par les harkis et les autres personnes rapatriées et tendant à obtenir une réévaluation de sa situation. Le requérant conteste la durée retenue de sa présence dans le camp de Bias (47). Toutefois, il se borne à produire un certificat administratif, antérieur à cette décision et n'attestant que d'une présence globale de 1991 jours pour l'ensemble des camps et structures recensées. Au demeurant, et en tout état de cause, il n'appartient pas au juge administratif de connaître de telles conclusions qui constituent des conclusions tendant à ce qu'il fasse œuvre d'administrateur, le recours gracieux du requérant devant être adressé au seul auteur de la décision contestée. Dès lors, la requête présentée par M. A est entachée d'une irrecevabilité manifeste et doit, par suite, être rejetée comme telle, en application des dispositions du 4° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.

ORDONNE :

Article 1 : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A.

Fait à Toulouse, le 30 septembre 2024.

Le président de la 4ème chambre,

H. CLEN

La République mande et ordonne au ministre des armées en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière en chef,

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