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AccueilJurisprudence administrativeN° TA31-2405199

Tribunal Administratif de Toulouse — Décision N° TA31-2405199

jeudi 28 novembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Toulouse
SectionTribunal Administratif de Toulouse
N° DossierTA31-2405199
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation7ème Chambre
Avocat requérantDIALEKTIK AVOCATS AARPI

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 26 août 2024 et des pièces complémentaires enregistrées le 22 octobre 2024, Mme B A, représentée par Me Brel, demande au tribunal :

1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;

2°) à titre principal, d'annuler l'arrêté en date du 19 juillet 2024 par lequel le préfet de l'Aveyron a refusé de l'admettre au séjour, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays de renvoi et l'a interdite de retour sur le territoire français pour une durée d'un an ;

3°) à titre subsidiaire, de suspendre l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français jusqu'à la décision de la Cour nationale du droit d'asile ;

4°) d'enjoindre au préfet de l'Aveyron de lui délivrer le titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " sollicité dans le délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour et, à tout le moins, de procéder au réexamen de sa situation ;

5°) d'enjoindre au préfet de l'Aveyron de procéder à la suppression de son signalement aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen ;

6°) de mettre à la charge de l'Etat le paiement des entiers dépens du procès et le versement d'une somme de 2 000 euros à son conseil, sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridictionnelle et, dans l'hypothèse où elle ne serait pas admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle, le versement de cette même somme sur le seul fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

En ce qui concerne l'ensemble des décisions attaquées :

- elles sont entachées d'un défaut de compétence de leur auteur ;

En ce qui concerne les décisions portant refus d'admission au séjour et obligation de quitter le territoire français :

- elles sont entachées d'un défaut de motivation ;

- elles sont entachées d'un défaut d'examen réel et sérieux de sa situation ;

- elles sont entachées d'incompétence négative, car le préfet s'est estimé en situation de compétence liée par l'avis du collège des médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration ;

En ce qui concerne la décision portant refus d'admission au séjour :

- elle est entachée d'une erreur de droit et d'une erreur manifeste d'appréciation au regard des dispositions de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur sa situation ;

En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :

- elle est privée de base légale ;

En ce qui concerne la décision portant fixation du pays de renvoi :

- elle est privée de base légale ;

- elle est entachée d'un défaut de motivation ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :

- elle est privée de base légale ;

- elle est entachée d'un défaut de motivation ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation et de ses conséquences sur sa situation ;

En ce qui concerne les conclusions à fin de suspension de l'obligation de quitter le territoire français :

- elle présente des éléments sérieux de nature à justifier, au titre de sa demande d'asile, son maintien durant l'examen de son recours devant la Cour nationale du droit d'asile.

Par un mémoire en défense enregistré le 27 septembre 2024 et une pièce enregistrée le 18 octobre 2024, le préfet de l'Aveyron conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.

Par ordonnance du 1er octobre 2024, la clôture d'instruction a été fixée au 22 octobre 2024 à 12h00.

Les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office tiré du non-lieu à statuer sur les conclusions de la requête tendant à la suspension de l'exécution de la décision portant obligation de quitter le territoire français jusqu'à ce que la Cour nationale du droit d'asile ait statué sur la demande d'asile de Mme A, dès lors que la cour a rejeté sa demande par une décision lue en audience publique le 15 octobre 2024.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales,

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile,

- la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique,

- le code de justice administrative.

La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont régulièrement été averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Le Fiblec,

- les observations de Me Bachet, substituant Me Brel, représentant Mme A.

Considérant ce qui suit :

1. Mme A, ressortissante géorgienne, née le 6 mars 1966 à Tbilissi (URSS), déclare être entrée en France le 24 août 2022 et a sollicité son admission au bénéfice de l'asile. Par une décision du 23 décembre 2022, l'Office français de protection des réfugiés et apatrides a rejeté sa demande. Le 8 mars 2023, elle a déposé une demande de titre de séjour en qualité d'étranger malade que la préfecture de l'Aveyron a considéré irrecevable en estimant qu'elle était présentée hors-délai. Par un jugement du 12 janvier 2024, le tribunal administratif de Toulouse a annulé cette décision. Le 25 janvier 2024, elle a de nouveau sollicité son admission au séjour en qualité d'étranger malade. Par un arrêté du 19 juillet 2024, le préfet de l'Aveyron a refusé de lui octroyer le titre de séjour sollicité, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays de renvoi et l'a interdite de retour sur le territoire pour une durée d'un an.

Mme A demande au tribunal d'annuler ces décisions.

Sur l'admission au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire :

2. L'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 dispose que : " Dans les cas d'urgence, sous réserve de l'application des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente () ". Il y a lieu, eu égard à l'urgence qui s'attache à ce qu'il soit statué sur la requête de l'intéressée, de prononcer son admission provisoire à l'aide juridictionnelle.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne l'ensemble des décisions attaquées :

3. Par un arrêté du 18 septembre 2023 publié le même jour au recueil spécial des actes administratifs, le préfet de l'Aveyron a donné délégation de signature à Mme Véronique Ortet, secrétaire générale de la préfecture de l'Aveyron, à l'effet de signer tous actes, arrêtés, décisions, documents, circulaires, rapports, correspondances administratives diverses relevant des attributions de l'Etat dans le département de l'Aveyron, ainsi que toutes requêtes, déférés, mémoires, déclinatoires de compétence auprès des différentes juridictions à l'exception des réquisitions du comptable public et des arrêtés de conflit. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur des décisions attaquées doit être écarté comme manquant en fait.

En ce qui concerne la décision portant refus d'admission au séjour :

4. En premier lieu, l'arrêté litigieux vise les textes dont il est fait application et mentionne les étapes du parcours de Mme A, ainsi que les éléments essentiels de sa situation personnelle et familiale. Il expose les raisons pour lesquelles le préfet a considéré qu'elle ne remplissait pas les conditions pour obtenir le titre de séjour qu'elle sollicitait. La décision portant refus de titre de séjour comporte ainsi l'ensemble des motifs de droit et de fait qui en constituent le fondement. Par suite, le moyen tiré du défaut de motivation ne peut qu'être écarté

5. En deuxième lieu, il ne ressort ni des termes de l'arrêté attaqué, ni des pièces du dossier, que le préfet n'aurait pas procédé à un examen réel et sérieux de la situation de la requérante ou qu'il se serait estimé à tort en situation de compétence liée par l'avis du collège des médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration du le 13 juin 2024 qu'il produit à l'instance. Par suite, ces moyens doivent être écartés.

6. En troisième et dernier lieu, aux termes de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger, résidant habituellement en France, dont l'état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et qui, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an. La condition prévue à l'article L. 412-1 n'est pas opposable () ". Aux termes de l'article L. 425-10 du même code : " Les parents étrangers de l'étranger mineur qui remplit les conditions prévues à l'article L. 425-9, ou l'étranger titulaire d'un jugement lui ayant conféré l'exercice de l'autorité parentale sur ce mineur, se voient délivrer, sous réserve qu'ils justifient résider habituellement en France avec lui et subvenir à son entretien et à son éducation, une autorisation provisoire de séjour d'une durée maximale de six mois. La condition prévue à l'article L. 412-1 n'est pas opposable () ".

7. La partie qui justifie d'un avis du collège de médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration qui lui est favorable doit être regardée comme apportant des éléments de fait susceptibles de faire présumer l'existence ou l'absence d'un état de santé de nature à justifier la délivrance ou le refus d'un titre de séjour. Dans ce cas, il appartient à l'autre partie, dans le respect des règles relatives au secret médical, de produire tous les éléments permettant d'apprécier l'état de santé de l'étranger et, le cas échéant, l'existence ou l'absence d'un traitement approprié dans le pays de renvoi. La conviction du juge, à qui il revient d'apprécier si l'état de santé d'un étranger justifie la délivrance d'un titre de séjour dans les conditions ci-dessus rappelées, se détermine au vu de ces échanges contradictoires.

8. Pour rejeter la demande d'admission au séjour sollicitée par Mme A au regard de son état de santé, le préfet de l'Aveyron s'est notamment fondé sur l'avis rendu par le collège des médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) en date du

13 juin 2024. Dans cet avis, le collège a considéré que son état de santé nécessitait une prise en charge médicale dont le défaut peut entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité mais qu'eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé en Géorgie, elle peut y bénéficier effectivement d'un traitement approprié. En l'espèce, il ressort des différents documents médicaux versés aux débats, et notamment du certificat médical confidentiel destiné au médecin de l'OFII établi le 7 février 2024, que Mme A souffre d'un diabète de type 2 insulinodépendant, d'un syndrome d'apnée du sommeil et de lithiases urinaires compliquées de pyélonéphrite et qu'elle bénéficie d'un suivi médical et d'un traitement médicamenteux pour ses différentes pathologies. Toutefois, si la requérante soutient qu'elle ne pourrait bénéficier d'un traitement adapté en Géorgie en faisant valoir que le système de soins géorgien manque d'équipements et de médicaments et que son accès est profondément inégalitaire, elle n 'apporte aucun élément à l'appui de ses allégations. Dans ces conditions, le préfet de l'Aveyron, en refusant de délivrer à l'intéressée un titre de séjour sur le fondement des dispositions de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, n'a pas fait une inexacte application des dispositions précitées. Par suite, les moyens tirés de ce que la décision en litige serait entachée d'une erreur de droit et d'une erreur manifeste d'appréciation au regard de ces dispositions et de ce qu'elle serait entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur la situation de l'intéressée ne peuvent qu'être écartés.

En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :

9. En premier lieu, il résulte de tout ce qui précède que la décision portant refus de séjour n'est pas illégale. Par voie de conséquence, la requérante n'est pas fondée à soutenir que l'obligation de quitter le territoire français serait privée de base légale.

10. En deuxième lieu, la décision portant obligation de quitter le territoire français comporte l'énoncé des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement.

Par suite, le moyen tiré du défaut de motivation doit être écarté.

11. En troisième et dernier lieu, il ne ressort ni des termes de l'arrêté attaqué, ni des pièces du dossier, que le préfet n'aurait pas procédé à un examen réel et sérieux de la situation de la requérante ou qu'il se serait estimé à tort en situation de compétence liée par l'avis du collège des médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration du le 13 juin 2024 qu'il produit à l'instance. Par suite, ces moyens doivent être écartés.

En ce qui concerne la décision portant fixation du pays de renvoi :

12. En premier lieu, il résulte de tout ce qui précède que la décision portant obligation de quitter le territoire français n'est pas illégale. Par voie de conséquence, la requérante n'est pas fondée à soutenir que la décision portant fixation du pays de renvoi serait privée de base légale.

13. En deuxième lieu, la décision portant fixation du pays de renvoi comporte l'énoncé des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. Par suite, le moyen tiré du défaut de motivation doit être écarté.

14. En troisième et dernier lieu, aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants. ".

15. Mme A soutient encourir des risques en cas de retour en Géorgie. Elle indique à cet égard avoir subi, le 25 janvier 2022, de graves sévices de la part d'un chauffeur de taxi qui l'a par la suite menacée et harcelée par téléphone, avant de lui faire subir de nouvelles violences après s'être rendu chez elle au mois de février 2022. Elle précise n'avoir reçu aucun soutien de la part de sa famille et ne pouvoir se prévaloir de la protection des autorités géorgiennes et que, craignant pour sa sécurité, elle a quitté la Géorgie le 20 août 2022. Toutefois, si elle produit à l'appui de ses allégations une attestation du 25 mars 2023 établie par une de ses amies qui confirme ses déclarations et dont il apparaît qu'elle a été signée par cette dernière et par deux autres personnes et qu'elle est accompagnée d'une copie de leur document d'identité géorgien, cette seule pièce, qui ne semble pas avoir été traduite et qui est écrite dans un français approximatif, ne saurait suffire à établir le caractère réel, actuel et certain des risques invoqués en cas de retour dans son pays d'origine, alors qu'au demeurant la demande d'asile de l'intéressée a été rejetée tant par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides le 23 décembre 2022 que par la Cour nationale du droit d'asile le 15 octobre 2024. Dans ces conditions, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.

En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :

16. En premier lieu, il résulte de ce qui a été développé précédemment que la décision portant obligation de quitter le territoire français n'est pas illégale. Par suite, le moyen tiré du défaut de base légale de la décision portant interdiction de retour sur le territoire français doit être écarté.

17. En deuxième lieu, la décision attaquée vise les articles L. 612-8 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Elle mentionne avec une précision suffisante les considérations de fait sur lesquelles elle repose. La décision est donc suffisamment motivée et le moyen invoqué sur ce point doit être écarté.

18. En troisième et dernier lieu, aux termes des dispositions de l'article L. 612-8 du code précité : " Lorsque l'étranger n'est pas dans une situation mentionnée aux articles L. 612-6 et

L. 612-7, l'autorité administrative peut assortir la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. / Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder cinq ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français. ". Aux termes de l'article L. 612-10 de ce même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. / Il en est de même pour l'édiction et la durée de l'interdiction de retour mentionnée à l'article L. 612-8 ainsi que pour la prolongation de l'interdiction de retour prévue à l'article L. 612-11. ".

19. En l'espèce, Mme A ne justifie ni d'une présence ancienne et continue, ni de liens d'une particulière intensité sur le territoire français. Dans ces conditions, nonobstant l'absence de menace pour l'ordre public que représenterait sa présence en France et l'absence de précédente mesure d'éloignement, le préfet de l'Aveyron n'a pas fait une inexacte application des dispositions citées au point précédente en prononçant à l'encontre de l'intéressée une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée d'un an. Par suite, le moyen invoqué à cet égard doit être écarté.

Sur les conclusions subsidiaires tendant à la suspension de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français :

20. Aux termes de l'article L. 752-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Le président du tribunal administratif ou le magistrat désigné, saisi en application des articles L. 752-6 ou L. 752-7, fait droit à la demande de l'étranger lorsque celui-ci présente des éléments sérieux de nature à justifier, au titre de sa demande d'asile, son maintien sur le territoire durant l'examen de son recours par la Cour nationale du droit d'asile ". Aux termes de l'article L. 752-5 du même code : " L'étranger dont le droit au maintien sur le territoire a pris fin en application des b ou d du 1° de l'article L. 542-2 et qui fait l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français peut, dans les conditions prévues à la présente section, demander au tribunal administratif la suspension de l'exécution de cette décision jusqu'à l'expiration du délai de recours devant la Cour nationale du droit d'asile ou, si celle-ci est saisie, soit jusqu'à la date de la lecture en audience publique de la décision de la cour, soit, s'il est statué par ordonnance, jusqu'à la date de la notification de celle-ci ".

21. Si la requérante fait valoir qu'elle présente des éléments sérieux justifiant qu'elle puisse se maintenir sur le territoire français jusqu'à ce que la Cour nationale du droit d'asile statue sur son recours, il est constant que son recours devant la Cour nationale du droit d'asile a été définitivement rejeté par une décision du 15 octobre 2024, postérieurement à l'arrêté en litige. Il n'y a donc plus lieu de statuer sur ces conclusions.

Sur les conclusions à fin d'injonction sous astreinte :

22. Le présent jugement, qui rejette les conclusions à fin d'annulation, n'implique aucune mesure d'exécution. Par suite, les conclusions à fin d'injonction sous astreinte doivent être rejetées.

Sur les frais liés au litige :

23. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que l'Etat, qui n'a pas la qualité de partie perdante, verse à Me Brel la somme réclamée en application des dispositions combinées de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article

L. 761-1 du code de justice administrative.

24. La présente instance n'ayant donné lieu à aucun dépens, les conclusions présentées par Mme A sur le fondement des dispositions de l'article R. 761-1 du code de justice administrative doivent être rejetées.

D E C I D E :

Article 1er : Mme A est admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.

Article 2 : Il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions de la requête à fin de suspension de l'exécution de la décision du préfet de l'Aveyron du 19 juillet 2024 portant obligation de quitter le territoire français.

Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 4 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A, à Me Brel et au préfet de l'Aveyron.

Délibéré après l'audience du 13 novembre 2024, où siégeaient :

Mme Arquié, présidente,

M. Le Fiblec, premier conseiller,

M. Zabka, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 novembre 2024.

Le rapporteur,

B. LE FIBLEC

La présidente,

C. ARQUIE

Le greffier,

B. ROETS

La République mande et ordonne au préfet de l'Aveyron, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme :

La greffière en chef,

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