LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsNos servicesBlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes. C'est gratuit, et vos coordonnées ne sont transmises qu'avec votre accord.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation entre particuliers et avocats. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Nos services
  • Trouver un avocat
  • Calculateurs juridiques
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Nos services
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA31-2405259

Tribunal Administratif de Toulouse — Décision N° TA31-2405259

jeudi 29 août 2024

JuridictionTribunal Administratif de Toulouse
SectionTribunal Administratif de Toulouse
N° DossierTA31-2405259
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Toulouse, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a été saisi par Mme B pour suspendre la décision du conseil départemental de la Haute-Garonne du 19 août 2024 mettant fin à la prise en charge financière de son hébergement hôtelier. La requérante, mère isolée de deux jeunes enfants sans domicile ni revenus, invoquait l'urgence et un doute sérieux sur la légalité de la décision, notamment une méconnaissance de la procédure contradictoire et une erreur manifeste d'appréciation au regard des articles L. 221-1 et L. 222-5 du code de l'action sociale et des familles. Le juge des référés a prononcé l'admission provisoire de Mme B à l'aide juridictionnelle. Cependant, il a rejeté la demande de suspension comme manifestement mal fondée, sans qu'il soit besoin d'appliquer la procédure contradictoire, au motif que l'objet de la demande avait disparu avant même l'introduction de la requête.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 28 août 2024, Mme A B, représentée par Me Touboul, demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;

2°) de suspendre l'exécution de la décision du 19 août 2024 du conseil départemental mettant fin à la prise en charge financière de son hébergement hôtelier à compter du 20 août 2024 ;

3°) d'enjoindre au conseil départemental de la Haute-Garonne de la reprendre en charge avec ses enfants, sans délai et sous astreinte de 250 euros par jour de retard au-delà de 24 heures à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat le versement à son avocat d'une somme de 2 000 euros au titre des article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative ou, si sa demande d'aide juridictionnelle devait être rejetée, de lui verser cette somme sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- il y a urgence à suspendre l'exécution de la décision attaquée dès lors que cette décision a pour effet de la priver, ainsi que ses deux enfants, d'hébergement ;

- la décision est entachée d'un vice de procédure dès lors qu'elle a été édictée en méconnaissance de la procédure contradictoire préalable prévue par l'article L. 121-1 du code des relations entre le public et l'administration ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard des dispositions combinées de l'article L. 221-1 et du 4° de l'article L. 222-5 du code de l'action sociale et des familles dès lors qu'elle est mère isolée de deux enfants âgés respectivement de 3 et 5 mois, sans domicile ni revenus et qu'ainsi, la précarité et la vulnérabilité de sa situation justifient le maintien de la prise en charge de leur hébergement.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

- la requête n° 2405142 enregistrée le 22 août 2024, par laquelle Mme B demande l'annulation de la décision attaquée.

Vu le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné M. Luc, premier conseiller, pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

1. Mme B, ressortissante marocaine, résidant régulièrement en France selon ses déclarations, est mère de deux enfants âgés respectivement de trois et cinq mois. Ils bénéficient depuis le mois de juillet 2024 du financement par le conseil départemental de la Haute-Garonne d'une prise en charge hôtelière en application des dispositions du 4°) de l'article L. 222-5 du code de l'action sociale et des familles. Elle a été informée le 19 août 2024 de ce qu'il était mis fin au financement de sa prise en charge hôtelière à compter du 20 août 2024 et qu'ainsi, elle devait quitter son hébergement à cette même date. Mme B demande au juge des référés de suspendre, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, l'exécution de cette décision.

Sur la demande d'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :

2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique, " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente ou son président () ". Aux termes de l'article 61 du décret du 28 décembre 2020 portant application de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique, " L'admission provisoire peut être accordée dans une situation d'urgence, notamment lorsque la procédure met en péril les conditions essentielles de vie de l'intéressé (). L'admission provisoire est accordée par () le président de la juridiction saisie, soit sur une demande présentée sans forme par l'intéressé, soit d'office si celui-ci a présenté une demande d'aide juridictionnelle () sur laquelle il n'a pas encore été statué ".

3. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de prononcer, en application de ces dispositions, l'admission provisoire de Mme B au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Sur les conclusions à fin de suspension présentées en application de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

4. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision ". Aux termes de l'article L. 522-1 du même code, " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. / (). " Aux termes de l'article L. 522-3 du même code, " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1. " Enfin aux termes du premier alinéa de l'article R. 522-1 de ce code : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit () justifier de l'urgence de l'affaire. "

5. D'une part, un requérant n'est recevable à demander au juge des référés d'ordonner, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution d'une décision à l'encontre de laquelle il a formé par ailleurs un recours en annulation que pour autant que la mesure dont il sollicite le prononcé a un objet. Si cet objet n'existe pas ou plus avant même l'introduction de sa requête, celle-ci est irrecevable.

6. Les dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative ne permettent au justiciable de demander la suspension d'une décision administrative qu'à la condition qu'une telle décision soit encore susceptible d'exécution. Dès lors, une demande tendant à la suspension d'une décision entièrement exécutée avant la saisine du juge, est sans objet et, par suite, irrecevable. Il en va ainsi si et dans la mesure où la décision dont la suspension est réclamée a produit l'intégralité de ses effets.

7. D'autre part, l'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi de conclusions tendant à la suspension d'un acte administratif, d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de l'acte litigieux sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue. L'urgence doit être appréciée objectivement compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'affaire.

8. Il ressort des termes du courriel du 19 août 2024 adressé par le SIAO et Veille sociale de la Haute-Garonne à l'établissement hôtelier assurant son hébergement avec ses deux enfants et de ses écritures, que Mme B a été informée le 19 août 2024 de ce qu'il était mis fin au financement de sa prise en charge hôtelière à compter du 20 août 2024 et qu'ainsi, elle devait quitter son hébergement à cette même date. Le bon de commande modifié du 19 août 2024 transmis à cet établissement par ce même courriel mentionne que l'hébergement de la requérante et de ses enfants prend fin le 20 août 2024 et n'est pas renouvelé. Dans ces conditions, la décision litigieuse doit être regardée comme ayant produit à cette même date l'intégralité de ses effets et ainsi comme étant entièrement exécutée antérieurement à l'introduction le 28 août 2024 de la présente requête. Dès lors, la demande de la requérante tendant à la suspension de la décision litigieuse est sans objet et, par suite, irrecevable. En outre, Mme B ne peut se prévaloir, pour le même motif et au surplus en l'absence de toute indication sur ses conditions de vie et d'hébergement actuelles, d'aucune situation d'urgence de nature à en justifier la suspension, de sorte que la condition d'urgence prévue par l'article L. 521-1 du code de justice administrative ne peut être regardée comme remplie.

9. Il résulte de ce qui précède qu'il y a lieu de faire application des dispositions précitées de l'article L. 522-3 du code de justice administrative et de rejeter, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur l'existence d'un doute sérieux quant à la légalité de la décision litigieuse, les conclusions de la requête de Mme B à fin de suspension de l'exécution de la décision du 19 août 2024 du conseil départemental mettant fin à la prise en charge de son hébergement hôtelier à compter du 20 août 2024, de même, par voie de conséquence, que ses conclusions à fin d'injonction et celles tendant à l'application des dispositions des article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : Mme B est admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de Mme B est rejeté.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A B et à Me Touboul.

Une copie en sera adressée au président du conseil départemental de la Haute-Garonne.

Fait à Toulouse, le 29 août 2024.

Le juge des référés,

C. LUC

La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Garonne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.

Pour expédition conforme,

la greffière en chef,

ou par délégation, la greffière,

Décisions similaires

TA78Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2608798

03/08/2026

TA78Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2606201

03/08/2026

TA78Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2600562

03/08/2026

TA77Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de MELUN — N° TA77-2611484

03/08/2026

← Retour aux décisions