lundi 23 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulouse |
| Section | Tribunal Administratif de Toulouse |
| N° Dossier | TA31-2405330 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Reconduite à la frontière |
| Avocat requérant | GONTIER |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 30 août 2024, M. A B, représenté par Me Gontier, demande au tribunal :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire ;
2°) d'annuler l'arrêté du 28 août 2024 par lequel le préfet de l'Ariège l'a assigné à résidence pour une durée de quarante-cinq jours ;
3°) d'enjoindre au préfet de l'Ariège de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour dans l'attente d'une perspective raisonnable d'éloignement, dans un délai de soixante-douze heures à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat le versement d'une somme de 1 500 euros à son conseil au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridictionnelle.
Il soutient que :
- la décision attaquée est entachée d'un défaut de motivation ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation, dès lors qu'il n'existe aucune perspective raisonnable d'éloignement et qu'il ne réside pas dans le département de l'Ariège ;
- elle porte une atteinte excessive et injustifiée à sa liberté d'aller et venir.
Par un mémoire en défense enregistré le 10 septembre 2024, le préfet de l'Ariège conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. Le Fiblec, premier conseiller, pour statuer sur les demandes présentées au titre des articles L. 921-1, L. 921-2, L. 921-3, L. 921-4, L. 922-1 et
L 922-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Le Fiblec,
- les observations de Me Gontier, représentant M. B, qui conclut aux mêmes fins par les mêmes moyens,
-les observations de M. B, qui répond aux questions du magistrat désigné,
- le préfet de l'Ariège n'étant ni présent, ni représenté,
La clôture d'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. B est né le 19 mars 1968 à Kumane (Serbie). Par un arrêté du 10 juillet 2024, devenu définitif, le préfet de la Haute-Garonne l'a obligé à quitter le territoire sans délai, a fixé le pays de renvoi et l'a interdit de retour sur le territoire français pour une durée de trois ans. Par un arrêté du 28 août 2024, le préfet de l'Ariège l'a assigné à résidence dans le département de l'Ariège pour une durée de quarante-cinq jours. Par sa présente requête, M. B demande au tribunal d'annuler ce dernier arrêté.
Sur l'admission au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire :
2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence, sous réserve de l'application des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente () ". Il y a lieu, eu égard à l'urgence qui s'attache à ce qu'il soit statué sur la requête de l'intéressé, de prononcer son admission provisoire à l'aide juridictionnelle.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
3. En premier lieu, la décision attaquée vise les dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et mentionne notamment que M. B a fait l'objet le
10 juillet 2024 d'une obligation de quitter le territoire français sans délai de départ volontaire devenue définitive et que, s'il ne peut quitter immédiatement le territoire français, son éloignement demeure une perspective raisonnable. Dès lors qu'elle comporte les considérations de droit et de fait sur lesquelles elle se fonde, la décision attaquée doit être regardée comme suffisamment motivée.
4. En deuxième lieu, aux termes l'article L. 731-1 du code : " L'autorité administrative peut assigner à résidence l'étranger qui ne peut quitter immédiatement le territoire français mais dont l'éloignement demeure une perspective raisonnable, dans les cas suivants : / 1° L'étranger fait l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français, prise moins de trois ans auparavant, pour laquelle le délai de départ volontaire est expiré ou n'a pas été accordé ; () ". Aux termes de l'article L. 732-3 du même code " L'assignation à résidence prévue à l'article
L. 731-1 ne peut excéder une durée de quarante-cinq jours. / Elle est renouvelable deux fois dans la même limite de durée. "
5. En l'espèce, M. B soutient que son éloignement ne demeure pas une perspective raisonnable en produisant à l'instance l'ordonnance du juge des libertés et de la détention du tribunal judiciaire de Toulouse, en date du 29 août 2024, prononçant la mainlevée de la mesure de rétention prise à son encontre en raison de perspectives raisonnables d'éloignement inexistantes après avoir constaté que les autorités consulaires serbes, saisies le 15 juillet 2024 d'une demande d'identification, n'ont pas, le 18 juillet 2024, reconnu l'intéressé comme étant l'un de leurs ressortissants. Toutefois, alors qu'il ressort des pièces du dossier que M. B, qui est en possession d'un acte de naissance serbe, a fait l'objet d'une décision de rejet de sa demande de reconnaissance du statut d'apatride par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides le 25 juillet 2018 et que l'arrêté du 10 juillet 2024, cité au point 1 du présent jugement, contient une décision fixant le pays de renvoi précisant que l'intéressé pourra être reconduit dans tout pays dans lequel il est légalement admissible, l'absence de détermination de la nationalité du requérant à la date de la décision en litige ne fait pas, par elle-même, obstacle à l'exécution de la mesure d'éloignement. En outre, il n'est pas établi que l'autorité préfectorale ne pourrait pas procéder à l'exécution de cette mesure dans le délai de quarante-cinq jours renouvelable, alors qu'au demeurant, il s'agit de la première assignation à résidence prise à l'égard de l'intéressé et que cette mesure peut être renouvelée deux fois. Par ailleurs, si M. B fait valoir qu'il ne réside pas dans le département de l'Ariège, mais dans celui de la Haute-Garonne, en se prévalant de l'état de santé de son épouse qui résiderait avec lui, il est constant qu'il a fait l'objet d'une interdiction judiciaire de séjour dans le département de la Haute-Garonne prononcé le 14 décembre 2022 pour une durée de trois ans. Il résulte de l'ensemble de ces éléments que, bien qu'il ne ressorte pas des pièces du dossier que l'intéressé justifierait d'une résidence effective dans le département de l'Ariège, le préfet de ce département n'a pas entaché sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation en prononçant une assignation à résidence à son encontre dans le département de l'Ariège. Dans ces conditions, le moyen tiré de ce que le préfet de l'Ariège aurait entaché, sur ces points, sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation, doit être écarté.
6. En troisième et dernier lieu, il résulte des motifs explicités au point précédent que
M. B, qui ne justifie par ailleurs d'aucune circonstance particulière, n'est pas fondé à soutenir que l'autorité administrative aurait porté une atteinte excessive à sa liberté d'aller et venir en lui interdisant de se déplacer sans autorisation, en dehors du département de l'Ariège, et en l'obligeant à se présenter tous les mercredis et vendredis, entre 14 heures et 16 heures, sauf les jours fériés, auprès l'unité de gendarmerie de Saverdun. Le moyen soulevé à cet égard doit ainsi être écarté.
7. Il résulte de ce qui précède que M. B n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 28 août 2024 par lequel le préfet de l'Ariège a prononcé son assignation à résidence pour une durée de quarante-cinq jours.
Sur les conclusions à fin d'injonction et d'astreinte :
8. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'injonction et d'astreinte doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
9. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que l'Etat, qui n'a pas la qualité de partie perdante, verse à Me Gontier la somme réclamée en application des dispositions combinées de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article
L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : M. B est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A B, à Me Gontier et au préfet de l'Ariège.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 23 septembre 2024.
Le magistrat désigné,
B. LE FIBLEC Le greffier,
A. ROUZET
La République mande et ordonne au préfet de l'Ariège, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme :
La greffière en chef,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026