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AccueilJurisprudence administrativeN° TA31-2405493

Tribunal Administratif de Toulouse — Décision N° TA31-2405493

mardi 10 septembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Toulouse
SectionTribunal Administratif de Toulouse
N° DossierTA31-2405493
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Toulouse, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, a rejeté la requête de M. C. Ce dernier demandait d'enjoindre à l'université Toulouse III d'informer diverses autorités de ses manquements présumés, invoquant des atteintes à plusieurs libertés fondamentales (traitements inhumains, droit à la santé, travail forcé). Le juge a estimé que les arguments du requérant ne permettaient pas de caractériser une situation d'urgence particulière justifiant une intervention dans le délai de 48 heures, condition nécessaire pour l'application de cette procédure d'urgence. La requête a donc été rejetée sans examen du bien-fondé de l'atteinte aux libertés.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 7 septembre 2024, M. A C demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, d'enjoindre à l'université Toulouse III d'informer immédiatement, d'une part l'université Clermont Auvergne, d'autre part les autorités hiérarchiques de leurs tutelles nationales (EPST pour le laboratoire et MESRI), de ses manquements graves et préjudiciables afin de faciliter le déblocage de moyens de soutien et protection effectifs et significatifs qui mettraient un terme immédiat à son état de séquestration avec torture et actes de barbarie, dont l'université Toulouse III est co-responsable.

Il expose que :

-il subit divers actes de harcèlement moral et autres violences professionnelles, complicité de réduction à l'état de servitude, vol de droits d'inventeur, destruction de propriété intellectuelle et de propriété industrielle ;

-aucune réponse n'a été apportée à ses courriels et courriers de réclamation et demande d'action pour ces faits ;

-l'absence de prise en compte de ses prétentions dans la gestion de ses différents dossiers a entraîné de nombreux frais qui le placent aujourd'hui dans un état d'urgence alimentaire et dans un état de misère énergétique à l'approche de l'hiver ;

-il est victime de violences économiques perpétrées par l'université Clermont-Auvergne, son employeur ;

-par ses obstructions à des projets d'innovations scientifiques et technologiques, la région Auvergne-Rhône-Alpes porte atteinte à la liberté fondamentale d'entreprendre ;

-l'INRIA s'est abstenu d'apporter des réponses à ses demandes, réclamations et courriers d'information relatifs à ces contentieux ;

-l'université Toulouse III n'a pas répondu aux demandes qu'il lui a adressées ;

-les diverses violations de ses droits ont conduit à une situation de surendettement ;

-l'ensemble de ces faits créée une situation d'urgence en relation avec les libertés fondamentales reconnues telles que le droit de ne pas subir de traitements inhumains ou dégradants, le droit au respect de la vie et de la santé, la liberté du salarié de ne pas être astreint à accomplir un travail forcé, ou encore le droit à exercer un recours effectif face à un juge et le droit à être convenablement représenté devant un juge.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la Constitution, notamment son Préambule ;

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et ses protocoles additionnels ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné Mme B pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 521-2 de ce code : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures ". L'article L. 522-3 du même code dispose : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ". Enfin aux termes du premier alinéa de l'article R. 522-1 de ce code : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit () justifier de l'urgence de l'affaire ".

2. L'usage par le juge des référés des pouvoirs qu'il tient des dispositions de l'article L. 521-2 précité est subordonné à la condition qu'une urgence particulière rende nécessaire l'intervention dans les quarante-huit heures d'une mesure de sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle il est porté atteinte. La seule circonstance qu'une atteinte à une liberté fondamentale serait avérée n'est pas de nature à caractériser l'existence d'une situation d'urgence particulière justifiant l'intervention du juge des référés dans le très bref délai prévu par les dispositions de l'article L. 521-2. Il appartient au requérant de justifier dans tous les cas de l'urgence des mesures sollicitées, laquelle ne saurait être regardée comme remplie en l'absence d'éléments concrets permettant de l'établir au regard de sa situation particulière.

3. Les arguments invoqués par M. C, tels que visés ci-dessus, au soutien de sa demande tendant à ce qu'il soit enjoint à l'université Toulouse III d'informer immédiatement l'université Clermont-Auvergne et ses autorités de tutelle nationales de manquements graves et préjudiciables qu'il lui attribue ne permettent pas de caractériser l'existence d'une situation d'urgence particulière rendant nécessaire l'intervention d'une décision du juge des référés dans un délai de quarante-huit heures. Par suite, et sans qu'il y ait lieu de rechercher si la condition tenant à l'existence d'une atteinte grave et manifestement illégale à une liberté fondamentale est remplie, il y a lieu de rejeter la requête de l'intéressé selon la procédure prévue à l'article L. 522-3 précité du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. C est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A C.

Une copie en sera adressée à l'université Toulouse III Paul-Sabatier.

Fait à Toulouse, le 10 septembre 2024.

La juge des référés,

S. B

La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Garonne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.

Pour expédition conforme,

la greffière en chef,

ou par délégation, la greffière,

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