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AccueilJurisprudence administrativeN° TA31-2405512

Tribunal Administratif de Toulouse — Décision N° TA31-2405512

vendredi 20 septembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Toulouse
SectionTribunal Administratif de Toulouse
N° DossierTA31-2405512
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantBIDAULT NADEJDA

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Toulouse, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a rejeté la requête de M. A, ressortissant russe réfugié, qui demandait d'enjoindre au préfet du Tarn de lui délivrer un récépissé l'autorisant à travailler et de statuer sur le renouvellement de sa carte de résident. Le juge a estimé que la condition d'urgence n'était pas remplie, dès lors que les récépissés déjà délivrés à M. A, bien que ne mentionnant pas explicitement l'autorisation de travailler, lui conféraient de plein droit cette autorisation en raison de son statut de réfugié. La solution retenue s'appuie sur les dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile relatives aux droits des bénéficiaires d'une protection internationale.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 9 septembre 2024, M. B A, représenté par Me Bidault, demande au juge des référés sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :

1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;

2°) d'enjoindre au préfet du Tarn de lui fixer un rendez-vous dans les 48 heures à compter de la notification de l'ordonnance à venir et de lui délivrer lors de ce rendez-vous un récépissé l'autorisant à travailler, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

3°) d'enjoindre au préfet du Tarn de statuer sur sa demande de renouvellement de carte de résident dans un délai d'un mois à compter de l'ordonnance à venir sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 200 euros au titre de l'article 37 de la loi du 12 juillet 1991 relative à l'aide juridique, sous réserve de l'admission définitive du requérant à l'aide juridictionnelle et sous réserve que son avocat renonce à percevoir la part contributive de l'Etat et à défaut de son admission au bénéfice de l'aide juridictionnelle, mettre cette même somme à lui verser en application des dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- il s'est vu reconnaitre la qualité de réfugié et a bénéficié d'une carte de résident dont la validité expirait le 10 octobre 2023 ; il a déposé le 5 juillet 2023 une demande de renouvellement de cette carte et a obtenu une attestation de prolongation d'instruction valable jusqu'au 4 janvier 2024 ;

- il bénéficie depuis cette date de récépissés de demande de renouvellement de son titre de séjour d'une durée d'un mois qui ne comportent aucune mention l'autorisant à travailler de sorte qu'il ne peut retrouver un emploi, ses employeurs considérant qu'il ne dispose pas du droit de travailler à défaut que cela soit indiqué sur le récépissé ;

- le délai anormalement long de la procédure de renouvellement de sa carte de résident le maintien dans une situation précaire ;

- la demande est utile et ne se heurte à aucune contestation sérieuse.

Par un mémoire en défense enregistré le 13 septembre 2024, le préfet du Tarn, conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que :

- le demande de M. A est dépourvue d'objet et n'est pas urgente, puisqu'il a obtenu à chaque prise de rendez-vous un récépissé qui lui permet de travailler sans qu'il soit nécessaire que cette mention explicite figure sur le récépissé ;

- ce récépissé constatant la reconnaissance d'une protection internationale lui donne le droit de travailler et de s'inscrire comme demandeur d'emploi ;

- l'Office français de protection des réfugiés et apatrides a initié une procédure de cessation de protection de sorte que la durée de l'instruction de sa demande de titre est nécessaire pour l'examen de sa situation particulière.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné Mme Arquié, vice-présidente, pour statuer sur les demandes de référé.

Les parties, régulièrement averties du jour de l'audience, n'étaient ni présentes ni représentées.

Considérant ce qui suit :

1. M. B A, de nationalité russe né le 11 avril 1995 à Grozny (Russie), s'est vu reconnaitre le 14 juin 2013 la qualité de réfugié et a bénéficié d'une carte de de résident d'une durée de 10 ans valable jusqu'au 10 octobre 2023. Il a sollicité le 5 juillet 2023 le renouvellement de cette carte. Il a alors obtenu une attestation de prolongation valable jusqu'au 4 janvier 2024 puis des récépissés renouvelés chaque mois. Par la présente requête, M. A demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'enjoindre au préfet du Tarn de lui fixer un rendez-vous dans les 48 heures, et de lui délivrer lors de ce rendez-vous, un récépissé l'autorisant à travailler et de statuer sur sa demande de renouvellement de carte de résident.

2. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ". Aux termes de l'article L. 511-1 du même code : " Le juge des référés statue par des mesures qui présentent un caractère provisoire. Il n'est pas saisi du principal et se prononce dans les meilleurs délais ".

3. Si le juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, peut prescrire en cas d'urgence, à des fins conservatoires ou à titre provisoire, toutes mesures, autres que celles régies par les articles L. 521-1 et L. 521-2 du même code, notamment sous forme d'injonctions adressées tant à des personnes privées que, le cas échéant, à l'administration, c'est à la condition que ces mesures soient utiles et ne se heurtent à aucune contestation sérieuse, et sous réserve qu'elles ne fassent pas obstacle à l'exécution d'une décision administrative, même celle refusant la mesure demandée, à moins qu'il ne s'agisse de prévenir un péril grave.

4. M. A est titulaire d'une carte de résident portant la mention " toute profession en France métropolitaine " dont la validité expirait le 10 octobre 2023. Il a obtenu une prolongation de sa carte valable jusqu'au 4 janvier 2024 puis des récépissés qui prolongent ses droits au séjour en France, l'autorisent ainsi à travailler et s'inscrire sur la liste des demandeurs d'emploi. Le récépissé du 23 août 2024 valable jusqu'au 22 septembre 2024 a été prolongé par un autre édité le 11 septembre 2024, valable jusqu'au 10 décembre 2024 qui n'a pas été retiré par l'intéressé. M. A ne soutient pas, ni n'établit, qu'il aurait sollicité, en vain des rendez-vous en préfecture pour récupérer ce dernier récépissé en attente. Dans ces conditions, à la date de la présente ordonnance, sa demande tendant à ce que lui soit remis, lors d'un rendez-vous en préfecture, un récépissé l'autorisant à travailler est dépourvue d'utilité. Par ailleurs, alors qu'il est constant que l'Office français de protection des réfugiés et apatrides a initié une procédure de cessation de protection, la demande de l'intéressée sollicitant qu'il soit statué sur le renouvellement de carte de résident dans un délai d'un mois, se heurte à une contestation sérieuse.

5. Il résulte de ce qui précède qu'il y a lieu de rejeter l'ensemble des conclusions de la requête présentée par M. A sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, y compris ses conclusions à fin d'admission à l'aide juridictionnelle provisoire ainsi que celles présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A, à Me Bidault et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.

Une copie en sera adressée au préfet du Tarn

Fait à Toulouse le 20 septembre 2024.

La juge des référés,

Céline ARQUIE

La greffière,

Pauline TUR

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur des outre-mer, en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.

Pour expédition conforme :

La greffière en chef,

ou par délégation la greffière

N°2405512

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