lundi 23 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulouse |
| Section | Tribunal Administratif de Toulouse |
| N° Dossier | TA31-2405556 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | BENHAMIDA |
Vu les procédures suivantes :
I- Par une requête enregistrée le 10 septembre 2024 sous le n°2405556 et des pièces complémentaires enregistrées le 19 septembre 2024, M. B C, représenté par Me Benhamida, demande au juge des référés sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) de suspendre l'exécution de la décision du 26 juillet 2024 du préfet de la Haute-Garonne portant refus de délivrance d'un titre de séjour ;
3°) d'enjoindre au préfet de la Haute-Garonne de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour d'une durée supérieure à trois mois l'autorisant à travailler, dans un délai de trois jours à compter de la notification de l'ordonnance à venir, sous astreinte de 200 euros par jours de retard ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 à verser à son conseil en application de l'article L.761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 alinéa 2 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique, sous réserve que celui-ci renonce à percevoir la rétribution de l'Etat prévue en la matière.
Il soutient que :
en ce qui concerne la condition tenant à l'urgence :
- l'urgence est présumée en cas de refus de renouvellement d'un titre de séjour ;
en ce qui concerne la condition tenant à l'existence d'un doute sérieux quant à la légalité de la décision contestée :
- son signataire n'était pas compétent pour signer la décision contestée ;
- elle a été prise en méconnaissance des dispositions de l'article 6 (7°) de l'accord franco algérien, plusieurs des traitements dont il a besoin n'étant pas disponibles et les caractéristiques de l'offre de soins propre au système de santé en Algérie ne permettant pas d'assurer l'accès rapide à un plateau technique cardio vasculaire performant, ainsi qu'il le justifie par les certificats médicaux qu'il produit; l'avis de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) est trop ancien alors que son état de santé nécessite une réévaluation régulière ;
- elle méconnait les dispositions de l'article 7 bis h) de l'accord franco algérien, il justifie en effet de 5 années de présence régulière ininterrompue ;
- elle porte une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale au sens de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire en défense enregistré le 18 septembre 2024, le préfet de la Haute-Garonne, conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que :
- la requête au fond est tardive, le requérant ne justifiant pas avoir demandé le bénéfice de l'aide juridictionnelle dans le délai d'un mois à compter de la notification, le 1er aout 2024, de la décision contestée ;
en ce qui concerne l'urgence :
- l'état de santé du requérant n'imposant plus la poursuite des soins en France, et la décision contestée n'ayant aucune incidence sur la poursuite de ses soins, sa situation ne présente pas de caractère urgent ;
en ce qui concerne la condition tenant à l'existence d'un doute sérieux quant à la légalité de la décision contestée :
- la signataire de la décision justifie d'une délégation de compétence ;
- elle ne méconnait pas les dispositions de l'article 6 (7°) de l'accord franco algérien, dès lors que le collège des médecins de l'OFII a émis un avis au terme duquel l'état de santé de l'intéressé nécessite une prise en charge dont le défaut peut entrainer des conséquences d'une exceptionnelle gravité mais qu'eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques propres du système de santé en Algérie, il peut y bénéficier effectivement d'un traitement approprié ;
- alors que l'intéressé ne produit pas l'entier dossier du rapport ayant servi de base aux collèges des médecins de l'OFII, les certificats médicaux qu'il produit ne contredisent pas sérieusement cet avis, soit qu'ils sont anciens, soit qu'ils sont rédigés de manière stéréotypée, soit sont d'une authenticité douteuse, et s'ils font état d'un manque de moyen en Algérie ne permettent pas d'établir que le requérant ne pourrait pas personnellement recevoir les soins appropriés ;
- il ne justifie d'aucun obstacle à s'affilier à l'assurance médicale algérienne où existe par ailleurs un système de couverture médicale pour les personnes dont les ressources sont insuffisantes ;
- elle ne méconnait pas les dispositions de l'article 7 bis h) de l'accord franco algérien ;
- elle ne porte pas une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale ni n'est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
II- Par une requête enregistrée le 10 septembre 2024 sous le n°2405557, Mme E A épouse C, représentée par Me Benhamida, demande au juge des référés sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) de suspendre l'exécution de la décision du 26 juillet 2024 du préfet de la Haute-Garonne portant refus de délivrance d'un titre de séjour ;
3°) d'enjoindre au préfet de la Haute-Garonne de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour d'une durée supérieure à trois mois l'autorisant à travailler, dans un délai de trois jours à compter de la notification de l'ordonnance à venir, sous astreinte de 200 euros par jours de retard ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 à verser à son conseil en application de l'article L.761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 alinéa 2 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique, sous réserve que celui-ci renonce à percevoir la rétribution de l'Etat prévue en la matière.
Elle soutient que :
en ce qui concerne la condition tenant à l'urgence :
- l'urgence est présumée en cas de refus de renouvellement d'un titre de séjour ;
en ce qui concerne la condition tenant à l'existence d'un doute sérieux quant à la légalité de la décision contestée :
- son signataire n'était pas compétent pour signer la décision contestée ;
- elle a été prise en méconnaissance des dispositions de l'article 6 (5°) de l'accord franco algérien, son époux présente un état de santé grave et ne pourra effectivement bénéficier d'une prise en charge dans son pays d'origine, plusieurs des traitements dont il a besoin n'étant pas disponibles et le plateau technique est insuffisant ainsi que cela est établi par les certificats produits ;
- elle méconnait les dispositions de l'article 7 b de l'accord franco algérien ;
- elle méconnait les dispositions de l'article et 7 bis h) de l'accord franco algérien ;
- elle porte une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale au sens de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire en défense enregistré le 18 septembre 2024, le préfet de la Haute-Garonne, conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que :
- la requête au fond est tardive, la requérante ne justifiant pas avoir demandé le bénéfice de l'aide juridictionnelle dans le délai d'un mois à compter de la notification, le 1er aout 2024, de la décision contestée ;
en ce qui concerne l'urgence :
- la présomption d'urgence s'attachant aux décisions portant refus de renouvellement de titre de séjour ne peut jouer qu'en ce qui concerne le refus fondé sur l'article 6 (5°) de l'accord franco algérien, elle ne s'applique pas à la demande de délivrance d'un premier titre de séjour présentée sur le fondement de l'article 7b) de cet accord ;
- l'état de santé de l'époux de la requérante n'imposant plus la poursuite des soins en France et la décision contestée n'ayant aucune incidence sur la poursuite des soins de celui-ci, sa situation ne présente pas de caractère urgent ;
en ce qui concerne la condition tenant à l'existence d'un doute sérieux quant à la légalité de la décision contestée :
- la signataire de la décision justifie d'une délégation de compétence ;
- elle ne méconnait pas les dispositions de l'article 6 (7°) de l'accord franco algérien, dès lors que le collège des médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) a émis un avis au terme duquel l'état de santé de l'intéressé nécessite une prise en charge dont le défaut peut entrainer des conséquences d'une exceptionnelle gravité mais qu'eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques propres du système de santé en Algérie, il peut y bénéficier effectivement d'un traitement approprié ;
- alors que l'intéressée ne produit pas l'entier dossier du rapport ayant servi de base aux collèges des médecins de l'OFII, les certificats médicaux qu'elle produit ne contredisent pas sérieusement cet avis ;
- en particulier, les certificats médicaux sont pour l'un ancien et pour les deux autres sont flous et s'ils font état d'un manque de moyen en Algérie en permettent pas d'établir qu'il ne pourrait pas personnellement recevoir les soins appropriés ; l'authenticité du rapport pharmaceutique du 14 avril 2024 est douteuse, et il ne ressort pas des ordonnances produites que mes médicaments prescrits en France ne sont pas substituables et qu'aucun autre traitement poursuivant le même objet ne pourrait lui être administré ;
- son époux ne justifie d'aucun obstacle à s'affilier à l'assurance médicale algérienne et il existe en Algérie un système de couverture médicale pour les personnes dont les ressources sont insuffisantes ;
- elle ne méconnait pas les stipulations de l'article 7b de l'accord franco algérien ;
- elle ne méconnait pas les stipulations de l'article 7 bis h) de l'accord franco algérien, fondement sur lequel l'intéressée n'a pas sollicité la délivrance d'un titre de séjour ;
- elle ne porte pas une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale ni n'est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
Vu :
- les autres pièces des dossiers ;
- les requêtes n° 2405538 et n° 2405558 enregistrées respectivement le 9 et 10 septembre 2024 tendant à l'annulation des décisions contestées.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 modifié ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme Arquié, vice-présidente, pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique du 19 septembre 2024 à 14 heures en présence de Mme Tur, greffière d'audience, Mme Arquié a lu son rapport et a entendu :
- les observations de Me Benhamida, représentant M. C et Mme A qui a repris les moyens développés dans ses écritures et produit les demandes d'aide juridictionnelle déposées le 27 août 2024 ; elle insiste sur le fait que le rapport médical a été demandé à l'OFII, sans retour à la date de l'audience; elle ajoute que les certificats médicaux produits, de médecins algériens qui connaissent le système de santé et les pathologies du requérant, sont suffisamment précis et démontrent que les caractéristiques du système de santé en Algérie n'est pas approprié à sa situation, ce qu'atteste aussi un des praticiens français; la situation de M. C est la même que celle qui a justifiée l'annulation par le tribunal administratif de la décision du 17 novembre 2020; les époux justifient de plus de 5 années de résidence régulière ininterrompue sur le territoire et peuvent prétendre à un titre de séjour de plein droit mais ils ne remplissait pas encore la durée de 5 ans de séjour en situation régulière lorsqu'ils ont déposé leur demande de renouvellement de titre ;
- et les observations de M. D, représentant le préfet de la Haute-Garonne, qui abandonne le moyen tiré de la tardiveté de la requête au fond et insiste sur le fait qu'aucun des certificats médicaux de médecins français ne se prononce sur la poursuite des soins en Algérie, qu'il existe un doute sur l'authenticité de certains des certificats médicaux au regard de problèmes de forme ou de l'absence de référencement officiel du praticien signataire, ou encore sont rédigés de manière stéréotypée et imprécise ; il précise que si la date de l'avis du collège des médecins de l'OFII est ancienne, la décision a été prise en fonction d'une nouvelle situation actualisée ; les requérants n'ont pas fait de demande de titre sur le fondement de l'article 7 bis h de l'accord franco algérien.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. C, ressortissant algérien né le 11 août 1971, est entré sur le territoire français le 17 décembre 2017 muni d'un visa de 90 jours valable jusqu'au 29 juin 2018. Son épouse, Mme A, ressortissante algérienne née le 7 mai 1971, l'a rejoint le 3 mai 2018 munie d'un visa de court séjour. M. C a bénéficié à compter du 7 novembre 2018 d'une autorisation provisoire de séjour en qualité d'étranger malade régulièrement renouvelée jusqu'au 4 mai 2020 et son épouse d'un certificat de résidence portant la mention " vie privée et familiale " valable jusqu'au 11 décembre 2020. La décision du 2 octobre 2020 du préfet de la Haute-Garonne refusant de délivrer à M. C un certificat de résidence en qualité d'étranger malade a été annulée par un jugement du 24 janvier 2023 du tribunal administratif de Toulouse. La décision du 12 février 2021 du préfet de la Haute-Garonne refusant de renouveler le titre de séjour de Mme A a été annulée par un jugement du 24 janvier 2023 du tribunal administratif de Toulouse. M. C a ensuite sollicité le renouvellement de son certificat de résidence en qualité d'étranger malade valable jusqu'au 14 juillet 2022 et son épouse le renouvellement de son certificat de résidence mention vie privée et familiale valable jusqu'au 14 juillet 2022. Par un premier arrêté du 26 juillet 2024, le préfet de la Haute Garonne a refusé d'admettre M. C au séjour en l'obligeant à quitter le territoire dans un délai de 30 jours et en fixant le pays de destination. Par un second arrêté du même jour, le préfet de la Haute Garonne a refusé d'admettre Mme A au séjour en l'obligeant à quitter le territoire dans un délai de 30 jours et en fixant le pays de destination. M. C et Mme A demandent au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre l'exécution des décisions du 26 juillet 2024 du préfet de la Haute-Garonne en tant qu'elles leur refusent chacun le renouvellement de leur titre de séjour.
Sur la jonction :
2. Les requêtes n°2405556 et 2405557 visées ci-dessus présentées pour M. C et Mme A concernent les deux membres d'un même couple, présentant à juger les mêmes questions et ont fait l'objet d'une instruction commune. Par suite, il y a lieu de les joindre et de statuer par une seule ordonnance.
Sur la demande d'aide juridictionnelle :
3. Aux termes de l'article 20 de la loi susvisée du 10 juillet 1991 : " Dans les cas d'urgence sous réserve de l'appréciation des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président ". Il y a lieu, eu égard à l'urgence qui s'attache à ce qu'il soit statué sur les requêtes, de prononcer l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle de M. C et de Mme A.
Sur les conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
4. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. ".
5. L'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi d'une demande de suspension d'une décision refusant la délivrance d'un titre de séjour, d'apprécier et de motiver l'urgence compte tenu de l'incidence immédiate du refus de titre de séjour sur la situation concrète de l'intéressé. Cette condition d'urgence est en principe présumée dans le cas d'un refus de renouvellement du titre de séjour, comme d'ailleurs d'un retrait de celui-ci. Dans les autres cas, il appartient au requérant de justifier de circonstances particulières caractérisant la nécessité pour lui de bénéficier à très bref délai d'une mesure provisoire dans l'attente d'une décision juridictionnelle statuant sur la légalité de la décision litigieuse.
6. En l'espèce, les décisions dont la suspension est demandée refusent le renouvellement des titres de séjours dont bénéficiaient M. C et Mme A. Si le préfet de la Haute-Garonne fait valoir que l'état de santé de M. C n'imposerait plus la poursuite des soins en France et qu'il ne remplirait plus les conditions de fond pour bénéficier des dispositions de l'article 6 (7°) de l'accord franco algérien, ces circonstances, à les supposées établies, ne sont pas par elles-mêmes de nature faire échec à cette présomption d'urgence. Par suite, la décision en litige préjudicie de manière suffisamment grave et immédiate à la situation personnelle des intéressés pour que la condition d'urgence soit regardée comme remplie.
7. En l'état de l'instruction, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation de la décision refusant de délivrer à M. C un titre de séjour au regard de l'article 6 (7°) de l'accord franco-algérien en ce qui concerne les possibilités de bénéficier effectivement d'un traitement approprié dans son pays d'origine et celui tiré de la méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales par la décision refusant de renouveler le titre de séjour de Mme A, sont de nature à créer un doute sérieux quant à la légalité des décisions en litige.
8. Les deux conditions prévues à l'article L. 521-1 étant remplies, il y a lieu d'ordonner la suspension de l'exécution de la décision du 26 juillet 2024 refusant de renouveler le titre de séjour à M. C et de la décision du même jour refusant de renouveler celui de Mme A, jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur leur légalité.
Sur les conclusions à fin d'injonction et d'astreinte :
9. Il y a lieu, en l'espèce, d'enjoindre au préfet de la Haute-Garonne de délivrer à M. C et à Mme A, dans un délai de huit jours à compter de la notification de la présente ordonnance, une autorisation provisoire de séjour renouvelable jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur leur demande et de procéder au réexamen de leur demande dans un délai d'un mois à compter de la notification de la présente ordonnance. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, d'assortir cette injonction d'une astreinte.
Sur les frais du litige :
10. M. C et Mme A ayant été admis provisoirement à l'aide juridictionnelle, leur avocat peut se prévaloir des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, sous réserve que Me Benhamida, avocat des requérants, renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat et sous réserve de l'admission définitive de ses clients à l'aide juridictionnelle, de mettre à la charge de l'Etat le versement à Me Benhamida de la somme 800 euros. Dans le cas où l'aide juridictionnelle ne serait pas accordée à M. C et Mme A par le bureau d'aide juridictionnelle, la somme de 800 euros sera versée à Me Benhamida.
O R D O N N E :
Article 1er : M. C et Mme A sont admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
Article 2 : L'exécution des décisions du 26 juillet 2024 refusant le renouvellement des titres de séjour de M. C et de Mme A est suspendue.
Article 3 : Il est enjoint au préfet de la Haute-Garonne de délivrer à M. C et Mme A, dans un délai de huit jours à compter de la notification de la présente ordonnance, une autorisation provisoire de séjour renouvelable jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur leur demande et de procéder au réexamen de leur demande dans un délai d'un mois.
Article 4 : Sous réserve de l'admission définitive de M. C et Mme A à l'aide juridictionnelle et sous réserve que Me Benhamida renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat, ce dernier versera à Me Benhamida, avocat de M. C et de Mme A, une somme de 800 euros en application des dispositions du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991. Dans le cas où l'aide juridictionnelle ne serait pas accordée à M. C et Mme A par le bureau d'aide juridictionnelle, la somme de 800 euros sera versée à Me Benhamida.
Article 5 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B C, à Mme E A, épouse C, à Me Benhamida et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Une copie en sera adressée au préfet de la Haute-Garonne
Fait à Toulouse le 23 septembre 2024.
La juge des référés,
Céline ARQUIE
La greffière,
Pauline TUR
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur des outre-mer, en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme :
La greffière en chef,
ou par délégation la greffière
N°s 2405556 ; 2405557
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026