lundi 9 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulouse |
| Section | Tribunal Administratif de Toulouse |
| N° Dossier | TA31-2405666 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | Président, magistrat désigné R.778-3 |
Vu la procédure suivante :
Par un jugement n° 2306706 du 22 janvier 2024, le tribunal a enjoint au préfet de la Haute-Garonne d'accueillir Mme B A épouse C dans un logement adapté à ses besoins et capacités de type T4-T5 adapté dans un délai d'un mois à compter de la notification de ce jugement, sous astreinte de 30 euros par jour de retard.
Ce jugement a été notifié le 22 janvier 2024.
Le 12 mars 2024, Mme A épouse C a fait savoir que le jugement n'avait pas été exécuté et demandé au tribunal d'en assurer l'exécution.
Par lettres des 13 mars et 16 mai 2024, le tribunal a demandé au préfet de la Haute-Garonne de communiquer tous éléments utiles d'information permettant de constater l'exécution de l'injonction prononcée.
Par une ordonnance n° 2405666 du 16 septembre 2024, la présidente du tribunal a ouvert une procédure juridictionnelle d'exécution.
Par une lettre du 17 septembre 2024, le tribunal a demandé au préfet de la Haute-Garonne, dans le cadre de cette procédure, de faire parvenir ses observations dans un délai d'un mois.
Le préfet de la Haute-Garonne n'a pas produit de mémoire en défense.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la construction et de l'habitation ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme Carthé Mazères, présidente du tribunal, a été entendu au cours de l'audience publique du 2 décembre 2024.
La clôture de l'instruction a été prononcée après l'appel de l'affaire en application des dispositions de l'article R. 778-5 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
Sur l'exécution du jugement du 22 janvier 2024 :
1. Aux termes des dispositions de l'article L. 441-2-3-1 du code de la construction et de l'habitation : " I.- Le demandeur qui a été reconnu par la commission de médiation comme prioritaire et comme devant être logé d'urgence et qui n'a pas reçu, dans un délai fixé par décret, une offre de logement tenant compte de ses besoins et de ses capacités peut introduire un recours devant la juridiction administrative tendant à ce que soit ordonné son logement ou son relogement. / Le demandeur peut être assisté par les services sociaux, par un organisme bénéficiant de l'agrément relatif à l'ingénierie sociale, financière et technique prévu à l'article L. 365-3 ou par une association agréée de défense des personnes en situation d'exclusion. / Ce recours est ouvert à compter du 1er décembre 2008 aux personnes mentionnées au deuxième alinéa du II de l'article L. 441-2-3 et, à compter du 1er janvier 2012, aux demandeurs mentionnés au premier alinéa du même II. / En l'absence de commission de médiation dans le département, le demandeur peut exercer le recours mentionné à l'alinéa précédent si, après avoir saisi le représentant de l'Etat dans le département, il n'a pas reçu une offre tenant compte de ses besoins et de ses capacités dans un délai fixé par voie réglementaire. / Le président du tribunal administratif ou le magistrat qu'il désigne statue en urgence, dans un délai de deux mois à compter de sa saisine. Sauf renvoi à une formation collégiale, l'audience se déroule sans conclusions du commissaire du Gouvernement. / Le président du tribunal administratif ou le magistrat qu'il désigne, lorsqu'il constate que la demande a été reconnue comme prioritaire par la commission de médiation et doit être satisfaite d'urgence et que n'a pas été offert au demandeur un logement tenant compte de ses besoins et de ses capacités, ordonne le logement ou le relogement de celui-ci par l'Etat et peut assortir son injonction d'une astreinte. Pour les seuls jugements prononcés après le 1er janvier 2016, le jugement prononçant l'astreinte mentionne que les sommes doivent être versées jusqu'au jugement de liquidation définitive. / Lorsqu'il est manifeste, au vu de la situation du demandeur, que son logement ou relogement doit être ordonné, le président du tribunal administratif ou le magistrat désigné peut y procéder par ordonnance, après avoir mis le représentant de l'Etat en mesure de présenter ses observations en défense et clôturé l'instruction. / Le produit de l'astreinte est versé au fonds national d'accompagnement vers et dans le logement, institué en application de l'article L. 300-2. / Pour les seules astreintes prononcées après le 1er janvier 2016, tant que l'astreinte n'est pas liquidée définitivement par le juge, le versement de l'astreinte au fonds est effectué deux fois par an, le premier versement devant intervenir à la fin du sixième mois qui suit le mois à compter duquel l'astreinte est due en application du jugement qui l'a prononcée. Toute astreinte versée en application du jugement la prononçant reste acquise au fonds. Lorsque l'astreinte a été liquidée définitivement, le versement du solde restant dû, le cas échéant, est effectué dans le mois qui suit la notification de la décision de liquidation définitive. " Par ailleurs, aux termes des dispositions de l'article R. 778-8 du code de justice administrative : " Lorsque le président du tribunal administratif ou le magistrat désigné à cet effet constate, d'office ou sur la saisine du requérant, que l'injonction prononcée n'a pas été exécutée, il procède à la liquidation de l'astreinte en faveur du fonds prévu à l'article L. 300-2 du code de la construction et de l'habitation. / Le président du tribunal administratif ou le magistrat désigné à cet effet peut statuer par ordonnance, dans les conditions prévues par le chapitre II du titre IV du livre VII du présent code, après avoir invité les parties à présenter leurs observations sur l'exécution de l'injonction prononcée. / Il liquide l'astreinte en tenant compte de la période pendant laquelle, postérieurement à l'expiration du délai imparti par le jugement, l'injonction est demeurée inexécutée par le fait de l'administration. Il peut, eu égard aux circonstances de l'espèce, modérer le montant dû par l'Etat voire, à titre exceptionnel, déclarer qu'il n'y a pas lieu de liquider l'astreinte ".
2. Il résulte de l'instruction qu'à la date du présent jugement, aucune offre de logement tenant compte de ses besoins et capacités de type T4-T5 adapté n'a été faite à la requérante. L'injonction initialement prononcée par le jugement du 22 janvier 2024 n'a ainsi pas été exécutée. Il y a donc lieu, en application des dispositions de l'article R. 778-8 du code de justice administrative, de procéder à la liquidation provisoire de l'astreinte en faveur du fonds prévu à l'article L. 300-2 du code de la construction et de l'habitation.
3. L'astreinte prononcée par le jugement du 22 janvier 2024, notifié le même jour, ayant commencé à courir à compter du 23 février 2024, le nombre de jours sur lesquels doit s'appliquer l'astreinte de 30 euros par jour de retard initialement décidée est de deux cent quatre-vingt-onze jours à la date du présent jugement, de telle sorte que l'astreinte totale à liquider provisoirement s'élève à la somme de 8 730 euros. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu, par application des dispositions précitées, de condamner l'Etat à verser la somme de 8 730 euros au fonds national d'accompagnement vers et dans le logement au titre de l'astreinte, sans qu'il y ait lieu, en l'absence de réponse de l'Etat aux demandes d'information effectuées par le tribunal comme en l'absence de mémoire en défense faisant état de circonstances particulières, de modérer le montant dû.
4. Il appartient au préfet de la Haute-Garonne de justifier auprès du tribunal de l'exécution totale de l'injonction prononcée dans le jugement n° 2306706 du 22 janvier 2024 ou d'une cause d'inexécution. Il appartient à la requérante de faire connaître toute évolution de sa situation.
D E C I D E :
Article 1er : L'Etat est condamné à verser la somme de 8 730 (huit mille sept-cent-trente) euros au Fonds national d'accompagnement vers et dans le logement (FNAVDL).
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A épouse C et au ministre du logement et de la rénovation urbaine.
Copie en sera adressée au préfet de la Haute-Garonne.
Fait à Toulouse le 9 décembre 2024.
La présidente du tribunal,
I. CARTHE MAZERESLa greffière,
M. D
La République mande et ordonne au ministre du logement et de la rénovation urbaine en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme :
La greffière en chef,
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2608798
03/08/2026
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2606201
03/08/2026
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2600562
03/08/2026
Tribunal Administratif de MELUN — N° TA77-2611484
03/08/2026