mardi 17 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulouse |
| Section | Tribunal Administratif de Toulouse |
| N° Dossier | TA31-2405669 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | DE BOYER MONTÉGUT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 16 septembre 2024, M. B A, représenté par Me De Boyer Montegut, demande à la juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) de suspendre les effets de l'arrêté du 25 juillet 2024 du préfet de l'Ariège l'obligeant à quitter le territoire français sans délai et fixant le pays de destination ;
3°) d'ordonner la mainlevée de l'arrêté du 16 septembre 2024 du préfet de l'Ariège portant placement en rétention administrative ;
4°) d'enjoindre au préfet de l'Ariège de procéder au réexamen de sa situation, dans les plus brefs délais ;
5°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros à verser à son conseil, sur le fondement des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 alinéa 2 de la loi du 10 juillet 1991 et, en cas de rejet de la demande d'aide juridictionnelle, sur le seul fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- sa requête est recevable dès lors que des changements sont intervenus depuis l'arrêté du 25 juillet 2024 ; il a conclu un pacte civil de solidarités, le 3 août 2022, soit depuis plus de deux ans ; la plainte pour viol à son encontre a fait l'objet d'un classement sans suite ; il produit à l'instance une promesse d'embauche établie le 14 septembre 2024 par la société Mendhomerent ;
- la condition d'urgence est satisfaite dès lors qu'il est placé en rétention administrative, que l'exécution d'office de la mesure d'éloignement vers l'Albanie est prévue le 17 septembre 2024 et que cette mesure portera atteinte à son droit de mener une vie privée et familiale garanti par l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, alors qu'il a conclu un pacte civil de solidarité avec une ressortissante française avec laquelle il cohabite depuis plusieurs années et qu'il est présent sur le territoire français depuis plus de neuf années ; l'urgence est d'autant plus caractérisée dès lors que son placement en centre de rétention, après avoir été assigné à résidence, porte atteinte à sa liberté d'aller et venir ;
- l'exécution de l'arrêté du 25 juillet 2024 porte une atteinte grave et manifestement illégale à son droit de mener une vie privée et familiale et à la liberté d'aller et venir, compte tenu de l'ancienneté de son séjour en France et de sa relation avec sa compagne, de nationalité française ; il entretient une relation particulièrement sérieuse, stable et ancienne avec une ressortissante française depuis le mois d'avril 2018 et peut, d'ailleurs, prétendre à la délivrance de plein droit d'un titre de séjour.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme Carotenuto, vice-présidente, pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
1. Par un arrêté du 25 juillet 2024, le préfet de l'Ariège a fait obligation à M. A, ressortissant albanais né le 21 août 1994, de quitter le territoire français sans délai et a fixé le pays de destination. M. A, qui n'a pas contesté la mesure d'éloignement dont il a fait l'objet, a été placé en rétention administrative par un arrêté du préfet de l'Ariège du 16 septembre 2024. Par la présente requête, M. A demande à la juge des référés, statuant sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, de suspendre l'exécution de l'arrêté du 25 juillet 2024 et d'ordonner la mainlevée de son placement en rétention administrative.
2. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures. ". L'article L. 522-3 du même code dispose : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1. ".
3. D'une part, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".
4. M. A se prévaut de sa résidence habituelle en France depuis 2015 et de sa relation avec une ressortissante française depuis avril 2018. Toutefois, il ne justifie pas de son entrée sur le territoire français ni de l'ancienneté de son séjour en France. Il résulte de l'instruction que le requérant a sollicité, le 24 juin 2020, son admission exceptionnelle au séjour qui a été rejetée par un arrêté du préfet de l'Ariège du 21 septembre 2020, portant refus de séjour et obligation de quitter le territoire français qu'il n'a pas exécuté et dont la légalité a été confirmée par un jugement du tribunal de céans du 18 juin 2021. M. A s'est ainsi maintenu en situation irrégulière en France. Par ailleurs, si le requérant a conclu avec sa compagne un pacte civil de solidarité, le 3 août 2022, la conclusion de ce pacte civil de solidarité ne suffit pas, en l'absence de démonstration d'une communauté de vie effective, à établir l'intensité de ses attaches sur le territoire français. A cet égard, la production de deux attestations de sa compagne, de factures et courriers au seul nom de cette dernière ainsi que des déclarations de situation déposées auprès de la caisse d'allocations familiales et attestations de paiement en résultant n'est pas de nature à établir l'ancienneté et l'intensité de sa relation avec elle. Ainsi, M. A ne démontre pas avoir placé le centre de ses attaches personnelles et familiales en France, alors au demeurant qu'il résulte de l'arrêté du 25 juillet 2024 que sa mère et son frère vivent en Albanie. Par suite, M. A n'est pas fondé à soutenir que l'exécution de l'arrêté du préfet de l'Ariège du 25 juillet 2024 porterait une atteinte grave et manifestement illégale à une des libertés fondamentales qu'il invoque.
5. D'autre part, aux termes de l'article L. 741-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui fait l'objet d'une décision de placement en rétention peut la contester devant le juge des libertés et de la détention, dans un délai de quarante-huit heures à compter de sa notification. / () ". Il résulte de ces dispositions que le juge des libertés et de la détention est seul compétent pour connaître des décisions de placement en rétention. Par suite, les conclusions de M. A tendant à ce qu'il soit enjoint au préfet de l'Ariège de lever la mesure de placement en rétention prononcée à son encontre doivent être rejetées comme portées devant un ordre de juridiction incompétent pour en connaître.
6. Il résulte de ce qui précède, et sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la condition d'urgence, que la requête de M. A doit être rejetée en toutes ses conclusions en application de l'article L. 522-3 du code de justice administrative, en ce y compris celles présentées au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991, sans qu'il y ait lieu d'admettre le requérant au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
O R D O N N E :
Article 1er : M. A n'est pas admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
Article 2 : Le surplus de la requête de M. A est rejeté.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A et à Me De Boyer Montegut.
Une copie en sera adressée pour information au préfet de l'Ariège.
Fait à Toulouse, le 17 septembre 2024.
La juge des référés,
S. CAROTENUTO
La République mande et ordonne au préfet de l'Ariège en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme,
la greffière en chef,
ou par délégation la greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026