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AccueilJurisprudence administrativeN° TA31-2405972

Tribunal Administratif de Toulouse — Décision N° TA31-2405972

mercredi 2 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Toulouse
SectionTribunal Administratif de Toulouse
N° DossierTA31-2405972
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Toulouse, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de la décision implicite du préfet de la Haute-Garonne refusant le regroupement familial de l'épouse de M. D. Le juge a estimé que la condition d'urgence n'était pas remplie, car le requérant avait saisi le tribunal neuf mois après le rejet de son recours gracieux, et que la décision contestée ne faisait pas obstacle à une nouvelle demande d'admission au séjour. En conséquence, la requête a été rejetée sans examen du doute sérieux sur la légalité de la décision.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 1er octobre 2024, M. A D, représenté par Me Broca, demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

1°) de suspendre l'exécution de la décision implicite par laquelle le préfet de la Haute-Garonne a rejeté son recours gracieux formé contre la décision du 29 septembre 2023 rejetant sa demande de regroupement familial au bénéfice de son épouse, Mme C B ;

2°) d'enjoindre au préfet de la Haute-Garonne d'admettre en France son épouse, Mme C B, au titre du regroupement familial ou de réexaminer sa situation, dans un délai d'un mois à compter de l'ordonnance à intervenir sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat le versement à son conseil de la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Il soutient que :

s'agissant de la condition tenant à l'urgence :

-les conséquences d'un refus de regroupement familial sur leur vie personnelle et familiale sont suffisamment graves et immédiates pour caractériser une urgence puisque son épouse ne peut pas circuler librement, ne peut pas travailler, ne peut pas participer au paiement des charges de la famille ;

s'agissant de la condition tenant à l'existence d'un doute sérieux quant à la légalité de la décision contestée :

- la décision attaquée est entachée d'un défaut de motivation en droit et en fait ;

- à la date de la demande de regroupement familial sur place le 26 novembre 2022, son épouse résidait régulièrement en France avec un titre de séjour mention " étudiant " donc l'administration a commis une erreur de fait entraînant une erreur de droit en retenant ce motif unique et illégal ;

- la décision attaquée méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation personnelle.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

- la requête enregistrée le 17 mai 2024 sous le n° 2402957 tendant à l'annulation de la décision contestée.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné Mme E pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision ". Aux termes de l'article L. 522-3 du même code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1. "

2. L'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte de manière suffisamment grave et immédiate à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi d'une demande tendant à la suspension d'une telle décision, d'apprécier concrètement, compte-tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de celle-ci sur la situation de ce dernier ou le cas échéant, des personnes concernées, sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue.

3. Pour justifier l'urgence d'une suspension de l'exécution de la décision implicite de rejet du recours gracieux formé contre la décision du 29 septembre 2023 du préfet de la Haute-Garonne rejetant sa demande de regroupement familial au bénéfice de son épouse, Mme C B, M. D fait valoir que la décision contestée place son épouse dans une précarité sociale et personnelle puisqu'elle ne peut pas circuler librement, ne peut pas travailler et ne peut pas participer au paiement des charges de la famille. Il résulte de l'instruction que l'intéressé a reçu notification le 3 octobre 2023 de la décision de refus de regroupement familial prise le 29 septembre 2023 par le préfet de la Haute-Garonne et a formé le 20 novembre 2023 un recours gracieux contre cette décision lequel a été implicitement rejeté. Il n'a toutefois saisi le juge des référés du présent recours que le 1er octobre 2024, soit neuf mois plus tard. Si la décision contestée n'accorde pas à son épouse le droit de se maintenir sur le territoire français, d'une part, il ne résulte pas de l'instruction qu'elle bénéficiait d'un droit de se maintenir sur le territoire préalablement à cette décision dans la mesure où son titre de séjour mention " étudiant " était expiré depuis le 13 décembre 2022, d'autre part, la décision contestée ne fait pas obstacle à ce qu'elle présente une demande d'admission au séjour, ce qui était d'ailleurs préconisé par le préfet dans sa décision du 29 septembre 2023. Les circonstances ainsi invoquées par le requérant ne sont pas de nature à justifier de l'urgence qui s'attacherait à la suspension des effets de la décision du préfet de la Haute-Garonne. Par suite, la condition d'urgence prévue par les dispositions précitées de l'article L. 521-1 du code de justice administrative ne peut être regardée comme remplie.

4. Il y a lieu, dès lors, de rejeter les conclusions à fin de suspension de la décision contestée selon la procédure prévue à l'article L. 522-3 précité du code de justice administrative et, par voie de conséquence, les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte ainsi que celles présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. D est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A D.

Une copie en sera adressée au préfet de la Haute-Garonne.

Fait à Toulouse, le 2 octobre 2024.

La juge des référés,

L. E

La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Garonne, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.

Pour expédition conforme,

la greffière en chef,

ou par délégation, la greffière,

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