vendredi 18 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulouse |
| Section | Tribunal Administratif de Toulouse |
| N° Dossier | TA31-2406035 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Reconduite à la frontière |
| Avocat requérant | TOUBOUL |
Vu les procédures suivantes :
I. Par une requête, enregistrée le 3 octobre 2024, sous le n°2406035, M. B C, représenté par Me Touboul, demande au tribunal :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'annuler l'arrêté du 17 septembre 2024 par lequel le préfet de l'Aveyron a renouvelé son assignation à résidence pour une durée de quarante-cinq jours ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat le versement d'une somme de 2 000 euros à son conseil en application des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridictionnelle et, dans l'hypothèse où il ne serait pas admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle, le versement de cette même somme sur le seul fondement de l'article L. 761-1 précité.
Il soutient que :
- l'arrêté attaqué du 17 septembre 2024 est privé de base légale dans la mesure où la décision portant obligation de quitter le territoire français du 6 août 2024 sur laquelle il est fondé est elle-même illégale ; cette décision est privée de base légale du fait de l'illégalité de la décision portant refus de séjour, qui est entachée d'une erreur de droit et d'un défaut d'examen, dès lors que le préfet de l'Aveyron n'a pas examiné sa demande d'admission exceptionnelle au séjour, et qui est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ; la décision portant obligation de quitter le territoire français méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- il est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire en défense enregistré le 11 octobre 2024, le préfet de l'Aveyron conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
II. Par une requête, enregistrée le 3 octobre 2024, sous le n°2406048, Mme A E, représentée par Me Touboul, demande au tribunal :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'annuler l'arrêté du 17 septembre 2024 par lequel le préfet de l'Aveyron a renouvelé son assignation à résidence pour une durée de quarante-cinq jours ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat le versement d'une somme de 2 000 euros à son conseil en application des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridictionnelle et, dans l'hypothèse où elle ne serait pas admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle, le versement de cette même somme sur le seul fondement de l'article L. 761-1 précité.
Elle soutient que :
- l'arrêté attaqué du 17 septembre 2024 est privé de base légale dans la mesure où la décision portant obligation de quitter le territoire français du 6 août 2024 sur laquelle il est fondé est elle-même illégale ; cette décision est privée de base légale du fait de l'illégalité de la décision portant refus de séjour, qui est entachée d'une erreur de droit et d'un défaut d'examen, dès lors que le préfet de l'Aveyron n'a pas examiné sa demande d'admission exceptionnelle au séjour, et qui est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ; la décision portant obligation de quitter le territoire français méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- il est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire en défense enregistré le 11 octobre 2024, le préfet de l'Aveyron conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces des dossiers.
Vu :
- la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 ;
- la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. Le Fiblec, premier conseiller, pour statuer sur les demandes présentées au titre des articles L. 921-1, L. 921-2, L. 921-3, L. 921-4, L. 922-1 et L. 922-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Le Fiblec,
- les observations Me Touboul, représentant Mme E et M. C, absents, qui conclut aux mêmes fins par les mêmes moyens. Me Touboul soulève un nouveau moyen à l'encontre des décisions portant assignation à résidence tiré de l'erreur manifeste d'appréciation quant aux modalités de l'assignation à résidence,
- le préfet de l'Aveyron n'étant ni présent ni représenté.
La clôture d'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Mme E et M. C, tous deux ressortissants algériens nés respectivement le 5 mai 1970 à Mazouna (Algérie) et le 22 décembre 1967 à Relizane (Algérie), déclarent être entrés sur le territoire français le 25 juillet 2015. Ils ont sollicité leur admission au bénéfice de l'asile le 16 novembre 2015. Par deux décisions du 9 février 2017, notifiées le 16 février 2017, l'Office français de protection des réfugiés et apatrides a rejeté leur demande d'asile. Ces rejets ont été confirmés par deux ordonnances de la Cour nationale du droit d'asile en date du 19 juin 2017. Le 30 juin 2017, M. C a sollicité son admission au séjour en qualité d'étranger malade. Par un arrêté du 21 janvier 2019, notifié le 22 janvier 2019, le préfet de l'Aveyron a refusé de l'admettre au séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de renvoi. La légalité de cet arrêté a été confirmée par un jugement du tribunal administratif de Toulouse du 18 juin 2019, puis par un arrêt de la cour administrative d'appel de Bordeaux du 12 mars 2020. Le 4 mars 2024, les requérants ont sollicité leur admission au séjour. Par des arrêtés du 6 août 2024, dont la légalité a été confirmée par un jugement du tribunal administratif de Toulouse du 23 août 2024, le préfet de l'Aveyron a refusé de les admettre au séjour, les a obligés à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination de ces mesures d'éloignement, les a interdits de retour sur le territoire français pour une durée de six mois et les a assignés à résidence pour une durée de quarante-cinq jours. Par des arrêtés du 17 septembre 2024, la même autorité préfectorale a renouvelé leur assignation à résidence pour une même durée. Par les présentes requêtes, Mme E et M. C demandent au tribunal d'annuler ces derniers arrêtés.
2. Les requêtes susvisées, nos 2406035 et 2406048, concernent les deux membres d'un même couple, présentent à juger des questions semblables et ont fait l'objet d'une instruction commune. Dès lors, il y a eu lieu de les joindre pour statuer par un seul jugement.
Sur l'admission au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire :
3. L'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 dispose que : " Dans les cas d'urgence, sous réserve de l'application des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente () ". Il y a lieu, eu égard à l'urgence qui s'attache à ce qu'il soit statué sur les requêtes des intéressés, de prononcer leur admission provisoire à l'aide juridictionnelle.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne l'exception d'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français :
S'agissant de l'exception d'illégalité de la décision portant refus d'admission au séjour :
4. Aux termes de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention "salarié", "travailleur temporaire" ou "vie privée et familiale", sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. / Lorsqu'elle envisage de refuser la demande d'admission exceptionnelle au séjour formée par un étranger qui justifie par tout moyen résider habituellement en France depuis plus de dix ans, l'autorité administrative est tenue de soumettre cette demande pour avis à la commission du titre de séjour prévue à l'article L. 432-14. ". L'article 6 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 relatif à la circulation, à l'emploi et au séjour en France des ressortissants algériens et de leurs familles stipule que : " Les dispositions du présent article ainsi que celles des deux articles suivants, fixent les conditions de délivrance et de renouvellement du certificat de résidence aux ressortissants algériens établis en France ainsi qu'à ceux qui s'y établissent, sous réserve que leur situation matrimoniale soit conforme à la législation française. () / au ressortissant algérien, qui n'entre pas dans les catégories précédentes ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, dont les liens personnels et familiaux en France sont tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus ".
5. Les stipulations de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 régissent d'une manière complète les conditions dans lesquelles les ressortissants algériens peuvent être admis à séjourner en France et y exercer une activité professionnelle, les règles concernant la nature des titres de séjour qui peuvent leur être délivrés, ainsi que les conditions dans lesquelles leurs conjoins et leurs enfants mineurs peuvent s'installer en France. Portant sur la délivrance des catégories de cartes de séjour temporaire prévues par les dispositions auxquelles il renvoie, l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile est relatif aux conditions dans lesquelles les étrangers peuvent être admis à séjourner en France soit au titre d'une activité salariée, soit au titre de la vie familiale. Dès lors que ces conditions sont régies de manière exclusive par l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968, un ressortissant algérien ne peut utilement invoquer les dispositions de cet article à l'appui d'une demande d'admission au séjour sur le territoire national. Toutefois, si l'accord franco-algérien ne prévoit pas, pour sa part, de semblables modalités d'admission exceptionnelle au séjour, ses stipulations n'interdissent pas au préfet de délivrer un certificat de résidence à un ressortissant algérien qui ne remplit pas l'ensemble des conditions auxquelles est subordonnée sa délivrance de plein droit. Il appartient au préfet, dans l'exercice du pouvoir discrétionnaire dont il dispose sur ce point, d'apprécier, compte tenu de l'ensemble des éléments de la situation personnelle de l'intéressé, l'opportunité d'une mesure de régularisation.
6. D'une part, il ressort des termes de la décision attaquée que le préfet de l'Aveyron a refusé de délivrer un certificat de résidence à Mme E et à M. C au motif qu'ils ne satisfaisaient pas aux conditions prévues par les stipulations du 5° de l'article 6 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 permettant la délivrance d'un certificat de résidence. Il ressort en outre tant des visas, mentionnant " vu la demande d'admission exceptionnelle au séjour déposée (), le 4 mars 2024 auprès de la Préfecture de l'Aveyron ", que des motifs mêmes des décisions attaquées, que le préfet de l'Aveyron a également nécessairement examiné la demande d'admission au séjour des intéressés dans le cadre du pouvoir discrétionnaire de régularisation dont il dispose, en relevant, notamment qu'ils ne sont pas dépourvus d'attaches en Algérie et qu'ils ne justifient pas d'une insertion particulière sur le territoire français, notamment sur le plan professionnel. Par suite, il ne ressort ni des termes des arrêtés attaqués, ni des pièces des dossiers que le préfet de l'Aveyron n'aurait pas procédé, comme il y est tenu, à un examen réel et sérieux de la situation des requérants. Les moyens d'erreur de droit soulevés sur ce point doivent être écartés.
7. D'autre part, Mme E et M. C, entrés sur le territoire français le
25 juillet 2015, se prévalent de la présence de leurs quatre enfants en France, dont deux sont majeurs et titulaires d'un certificat de résidence d'un an en cours de validité. Toutefois, il ne ressort pas des pièces du dossier que la cellule familiale, composée de Mme E, de M. C et de leurs enfants mineurs, ne pourrait pas se reconstituer en Algérie. A cet égard, si les requérants se prévalent de la scolarisation de leurs deux enfants mineurs pour l'année scolaire 2023-2024, il ne ressort pas des pièces des dossiers que ces derniers ne pourraient pas poursuivre leur scolarité en dehors du territoire national, et en particulier en Algérie, dans des conditions équivalentes à celles qu'ils connaissent en France. En outre, et en dépit de leur inscription à un atelier de français pour l'année 2022-2023, de leurs activités de bénévolat auprès du Secours populaire et de la participation de M. C à un atelier informatique, les intéressés ne justifient pas d'une insertion sociale et professionnelle d'une particulière intensité sur le territoire français. Dans ces conditions, et alors qu'il n'est pas établi ni même allégué que Mme E et M. C seraient dépourvus d'attaches familiales dans leur pays d'origine, les moyens tirés de l'erreur manifeste d'appréciation de la situation personnelle des requérants doivent être écartés.
8. Il résulte de tout ce qui précède que les décisions portant refus de séjour ne sont pas illégales. Par voie de conséquence, les requérants ne sont pas fondés à soutenir que les obligations de quitter le territoire français seraient privées de base légale.
S'agissant des autres moyens dirigés contre les décisions portant obligation de quitter le territoire français :
9. En premier lieu, aux termes des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ". Aux termes de l'article 3-1 de la convention de New York relative aux droits de l'enfant : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait des institutions publiques ou privées, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale ". Il résulte de ces stipulations que, dans l'exercice de son pouvoir d'appréciation, l'autorité administrative doit accorder une attention primordiale à l'intérêt supérieur des enfants dans toutes les décisions les concernant. Ces stipulations sont applicables non seulement aux décisions qui ont pour objet de régler la situation personnelle d'enfants mineurs mais aussi à celles qui ont pour effet d'affecter, de manière suffisamment directe et certaine, leur situation.
10. Il résulte de ce qui a été énoncé au point 7 du présent jugement que, compte tenu de la situation de Mme E, de M. C et de leurs enfants, les moyens tirés de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et des stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant doivent être écartés.
11. Il résulte de ce qui précède que les décisions portant obligation de quitter le territoire français ne sont pas illégales. Par voie de conséquence, Mme E et M. C ne sont pas fondés à soutenir que les décisions portant assignation à résidence seraient privées de base légale.
En ce qui concerne les autres moyens soulevés à l'encontre des arrêtés portant renouvellement de l'assignation à résidence :
12. Aux termes de l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut assigner à résidence l'étranger qui ne peut quitter immédiatement le territoire français mais dont l'éloignement demeure une perspective raisonnable, dans les cas suivants : / 1° L'étranger fait l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français, prise moins de trois ans auparavant, pour laquelle le délai de départ volontaire est expiré ou n'a pas été accordé ; () ". Et aux termes de l'article L. 732-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'assignation à résidence prévue à l'article L. 731-1 ne peut excéder une durée de quarante-cinq jours. Elle est renouvelable deux fois dans la même limite de durée ".
13. Il est constant que Mme E et M. C ont fait l'objet de deux arrêtés portant obligation de quitter le territoire français sans délai édictés par le préfet de l'Aveyron le 6 août 2024. En outre, il ne ressort pas des pièces des dossiers qu'il n'existait pas, à la date des arrêtés attaqués, une réelle perspective que les obligations de quitter le territoire français prononcées à l'encontre des requérants ne puissent être exécutées dans le délai d'assignation prévu par ces arrêtés. Dans ces conditions, les intéressés ne sont pas fondés à soutenir que le préfet de l'Aveyron aurait commis une erreur manifeste d'appréciation. Par suite, les moyens soulevés à cet égard doivent être écartés.
14. En second lieu, aux termes de l'article L. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger assigné à résidence en application du présent titre se présente périodiquement aux services de police ou aux unités de gendarmerie. () ". Aux termes de l'article R. 733-1 du même code : " L'autorité administrative qui a ordonné l'assignation à résidence de l'étranger en application des articles L. 731-1, L. 731-3, L. 731-4 ou L. 731-5 définit les modalités d'application de la mesure : / 1° Elle détermine le périmètre dans lequel il est autorisé à circuler muni des documents justifiant de son identité et de sa situation administrative et au sein duquel est fixée sa résidence ; / 2° Elle lui désigne le service auquel il doit se présenter, selon une fréquence qu'elle fixe dans la limite d'une présentation par jour, en précisant si l'obligation de présentation s'applique les dimanches et les jours fériés ou chômés ; () ".
15. En l'espèce, les arrêtés attaqués imposent à Mme E et M. C de se présenter au commissariat de police de Rodez les mardis et jeudis entre 10 heures et 12 heures et à demeurer dans les locaux où ils sont assignés tous les jours de 14 heures à 16 heures. Si les requérants estiment que ces modalités présentent un caractère disproportionné, ils ne font état d'aucune contrainte particulière les empêchant de respecter ces obligations. L'autorité administrative n'a donc pas entaché ses décisions d'une erreur d'appréciation. Par suite, les moyens invoqués à cet égard doivent être écartés.
16. Il résulte de tout ce qui précède que Mme E et M. C ne sont pas fondés à demander l'annulation des arrêtés du préfet de l'Aveyron en date du 17 septembre 2024.
Sur les frais liés au litige :
17. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que l'Etat, qui n'a pas la qualité de partie perdante dans la présente instance, verse à Me Touboul la somme demandée en application des dispositions combinées du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : Mme E et M. C sont admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
Article 2 : Le surplus des conclusions des requêtes est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme A E, à M. B C, à Me Touboul et au préfet de l'Aveyron.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 octobre 2024.
Le magistrat désigné,
B. LE FIBLEC La greffière,
M. D
La République mande et ordonne au préfet de l'Aveyron, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme :
La greffière en chef,
Nos 2406035, 2406048
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026