mardi 15 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulouse |
| Section | Tribunal Administratif de Toulouse |
| N° Dossier | TA31-2406184 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 10 octobre 2024 et un mémoire complémentaire enregistré le 14 octobre 2024, M. A demande au juge des référés de suspendre l'exécution de l'arrêté n°167/2024 du 9 août 2024 par lequel le maire de la commune d'Espalion l'a mis en demeure de procéder aux opérations nécessaires à la mise en conformité des travaux qu'il a réalisés sur les parcelles H n°14 et H n°16 situées sur la commune d'Espalion.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme Arquié, vice-présidente, pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes du premier alinéa de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision ". Aux termes du second alinéa de l'article R. 522-1 de ce code : " A peine d'irrecevabilité, les conclusions tendant à la suspension d'une décision administrative ou de certains de ses effets doivent être présentées par requête distincte de la requête à fin d'annulation ou de réformation et accompagnées d'une copie de cette dernière ". En vertu de l'article L. 522-3 du même code, le juge des référés peut, lorsqu'il apparaît manifeste qu'une requête est irrecevable, la rejeter par une ordonnance motivée sans instruction ni audience. Enfin, selon l'article R. 522-2 du même code, les dispositions de l'article R. 612-1 de ce code qui imposent au juge d'inviter l'auteur de conclusions entachées d'une irrecevabilité susceptible d'être couverte après l'expiration du délai de recours à les régulariser, ne sont pas applicables au juge des référés statuant en urgence.
2. L'urgence justifie la suspension de l'exécution d'un acte administratif lorsque celle-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de l'acte contesté sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue. L'urgence doit être appréciée objectivement et compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'affaire.
3. M. A demande au juge des référés du tribunal, statuant sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, d'ordonner la suspension de l'exécution de l'arrêté n°167/2024 du 9 août 2024 par lequel le maire de la commune d'Espalion l'a mis en demeure de procéder aux opérations nécessaires à la mise en conformité des travaux qu'il a réalisés sur les parcelles H n°14 et H n°16 situées sur la commune d'Espalion. Par une ordonnance n° 2405835 du 30 septembre 2024, la juge des référés du tribunal administratif de Toulouse a rejeté une précédente requête tendant à la suspension de l'exécution de la même décision au motif que le requérant n'avait pas joint à sa requête en référé la copie d'un recours au fond tendant à l'annulation de la décision contestée.
4. Outre le fait que, sans le justifier, il n'a toujours pas joint à sa requête en référé, en méconnaissance des prescriptions de l'article R. 522-1 du code de justice administrative cité au point 1, la copie du recours tendant à l'annulation de la décision qu'il conteste, M. A se borne, pour justifier de l'urgence que présenterait la suspension de l'exécution de la décision en litige, à indiquer que la mise en demeure dont il fait l'objet est assortie d'une astreinte d'un montant de cinquante euros par jour de retard à compter du 13 octobre 2024. Toutefois, alors qu'il résulte de l'instruction que la décision contestée lui a été notifiée le 12 août 2024, M. A ne donne aucune indication sur les raisons pour lesquelles, au regard de l'urgence qu'il allègue, il a attendu le 23 septembre 2024 avant d'introduire sa première demande, cependant qu'il était informé depuis le 12 août 2024 qu'une astreinte de 50 euros par jour de retard serait appliquée à compter du 13 octobre 2024. Dans ces conditions, son manque de diligence révèle le défaut d'urgence de sa demande. Au regard de ce qui vient d'être dit, il y a lieu, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur le doute sérieux quant à la légalité de ladite décision, de rejeter la présente requête selon la procédure prévue à l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A.
Fait à Toulouse, le 15 octobre 2024.
La juge des référés,
Céline ARQUIÉ
La République mande et ordonne au préfet de l'Aveyron en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme,
la greffière en chef,
ou par délégation, la greffière,
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