lundi 14 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulouse |
| Section | Tribunal Administratif de Toulouse |
| N° Dossier | TA31-2406213 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Avocat requérant | LASPALLES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 11 octobre 2024, Mme B A et M. D C, représentés par Me Laspalles, demandent au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :
1°) d'admettre Mme A au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Haute-Garonne de les prendre en charge dans le cadre de l'hébergement d'urgence, dans un lieu adapté à leur situation, dans un délai de 24 heures suivant l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 200 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros à verser à leur conseil sur le fondement des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 alinéa 2 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve que celui-ci renonce à percevoir la part contributive de l'État et, dans l'hypothèse où Mme A ne serait pas admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle, sur le seul fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- la condition d'urgence est satisfaite eu égard à la grande précarité et vulnérabilité de leur situation ; Mme A est enceinte de 35 semaines aménorrhées + 5 jours et sa grossesse est à risque ; ils vivent en France depuis plusieurs mois et s'ils ne bénéficient pas de titre de séjour, ils ne font pas l'objet d'une mesure d'éloignement ; ils sont isolés, sans ressource et dépourvus de solution d'hébergement adaptée et stable ; ils sont à la rue depuis le 26 septembre 2024 ; Mme A a besoin d'une mise à l'abri adaptée dans les meilleurs délais ;
- il est porté une atteinte grave et manifestement illégale à leur droit à la dignité humaine et au droit à l'hébergement d'urgence garanti par l'article L. 345-2-2 du code de l'action sociale et des familles ;
- cette situation est constitutive d'une atteinte grave et manifestement illégale à la liberté de solliciter l'asile en France.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'action sociale et des familles ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme Carotenuto, vice-présidente, pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures. ". L'article L. 522-3 du même code dispose : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1. ".
2. Lorsqu'un requérant fonde son action sur la procédure de protection particulière instituée par l'article L. 521-2 précité du code de justice administrative, il lui appartient de justifier de circonstances caractérisant une situation d'urgence qui implique, sous réserve que les autres conditions posées par l'article L. 521-2 soient remplies, qu'une mesure visant à sauvegarder une liberté fondamentale doive être prise dans les quarante-huit heures. La condition d'urgence posée par l'article L. 521-2 du code de justice administrative s'apprécie objectivement et compte tenu de l'ensemble des circonstances de chaque espèce.
3. Pour justifier de l'urgence dont ils se prévalent, Mme A et M. C, ressortissants algériens nés le 4 novembre 1993 et le 7 octobre 1995, font valoir qu'ils sont en France depuis plusieurs mois, qu'ils vivent dans la rue depuis le 26 septembre 2024, qu'ils sont dépourvus de solution d'hébergement en dépit de leurs appels réguliers au 115 et que de telles conditions de vie sont incompatibles avec l'état de grossesse pathologique de Mme A, enceinte de huit mois. Toutefois, les requérants, qui n'apportent aucune précision sur les conditions de leur départ de leur pays et de leur arrivée en France, récente au regard des pièces produites, ont bénéficié d'une prise en charge au sein d'un centre d'hébergement d'urgence, la structure HECATE, du 11 au 12 août 2024, du 7 au 8 septembre 2024 et du 10 septembre 2024 au 26 septembre 2024. S'ils soutiennent avoir adressé des courriels au préfet de la Haute-Garonne les 8, 9 et 10 octobre 2024 et vainement sollicité le numéro d'appel d'urgence 115 à plusieurs reprises en vue de leur prise en charge, la liste des appels produite ne fait mention d'aucun appel entre le 26 septembre et le 7 octobre 2024. Par ailleurs, il ne résulte pas de l'instruction que la grossesse de Mme A présenterait un risque. Si les requérants produisent un " protocole opératoire " établi par un médecin d'un établissement hospitalier en Algérie, en date du 23 juillet 2024, selon lequel Mme A a subi une intervention chirurgicale obstétrique le 7 mai 2024, les certificats médicaux produits du 30 septembre 2024 mentionnant une " situation dangereuse sur le plan materno-fœtal pouvant amener à des complications sévères " et des 23 septembre et 9 octobre 2024 indiquant qu'" un hébergement prioritaire est nécessaire devant [les] antécédents médicaux et devant les complications de [la] grossesse " de la requérante sont, à cet égard, insuffisamment circonstanciés. En outre, le compte rendu médical du 4 octobre 2024 rappelle que Mme A a été hospitalisée du 30 septembre au 4 octobre 2024 pour " contexte social difficile et évaluation neurologique et nutritionnelle ", que si sur le plan neurologique, un avis est pris " pour suspicion d'épilepsie avec crises en cours de grossesse () la patiente a refusé l'instauration du traitement " recommandé et le compte rendu précise que, sur le plan fœtal, " l'enregistrement du rythme cardiaque fœtal est resté satisfaisant. () Une échographie de croissance est réalisée dans le service le 03/10/2024, dans le contexte d'une courbe de croissance entre l'échographie du 2ème et du 3ème trimestre. Cette échographie objective () le liquide amniotique est en quantité normale, le placenta est postérieur non bas inséré, les doppler fœtaux sont normaux, la vitalité fœtale est bonne avec mouvements actifs fœtaux bien perçus. () Devant la stabilité de la situation clinique et biologique, la patiente a pu sortir d'hospitalisation ". Dans ces conditions, les requérants ne justifient pas de l'existence, à la date de la présente ordonnance, d'une situation de précarité et de vulnérabilité telle qu'il y aurait urgence à ordonner, dans un délai de quarante-huit heures, une mesure visant à sauvegarder une liberté fondamentale. Par suite, la condition d'urgence prévue par l'article L. 521-2 du code de justice administrative ne peut être regardée comme remplie.
4. Il résulte de ce qui précède, que la requête de Mme A et de M. C doit être rejetée en toutes ses conclusions, en ce compris celles présentées au titre de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, selon la procédure prévue par l'article L. 522-3 du code de justice administrative, sans qu'il y ait lieu d'admettre Mme A au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
O R D O N N E :
Article 1er : Mme A n'est pas admise, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Article 2 : La requête de Mme A et de M. C est rejetée.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B A, à M. D C et à Me Laspalles.
Une copie en sera adressée au préfet de la Haute-Garonne.
Fait à Toulouse, le 14 octobre 2024.
La juge des référés,
S. CAROTENUTO
La République mande et ordonne à la ministre de la transition écologique, de l'énergie, du climat et de la prévention des risques en ce qui la concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme,
la greffière en chef,
ou par délégation la greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026