mardi 29 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulouse |
| Section | Tribunal Administratif de Toulouse |
| N° Dossier | TA31-2406240 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Reconduite à la frontière |
| Avocat requérant | MUNOZ ANNE-CECILE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 12 octobre 2024 et un mémoire enregistré le 17 octobre 2024, M. B A, représenté par Me Munoz, doit être regardé comme demandant au tribunal :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'annuler l'arrêté du 9 octobre 2024 par lequel le préfet de Meurthe-et-Moselle a décidé de son éloignement d'office et a fixé le pays de renvoi ;
3°) d'enjoindre au préfet de Meurthe-et-Moselle de procéder au réexamen immédiat de sa situation à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard, en application des dispositions de l'article L. 911-1 du code de justice administrative ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat le paiement des entiers dépens du procès et le versement d'une somme de 1 500 euros à son conseil en application des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridictionnelle et, dans l'hypothèse où il ne serait pas admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale, le versement de cette même somme sur le seul fondement de l'article L. 761-1 précité.
Il soutient que :
En ce qui concerne l'ensemble des décisions attaquées :
- elles ont été signées par une autorité incompétente ;
- elles méconnaissent son droit d'être entendu ;
En ce qui concerne la décision portant mise en œuvre d'une décision d'éloignement :
- elle est entachée d'un défaut de motivation ;
- elle est entachée d'un défaut d'examen réel et sérieux de sa situation ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation ;
En ce qui concerne la décision portant refus d'octroi de délai de départ volontaire :
- elle est privée de base légale dans la mesure où la décision du même jour portant mise en œuvre d'une décision d'éloignement est elle-même illégale ;
- elle est entachée d'un défaut de motivation ;
En ce qui concerne la décision fixant le pays de renvoi :
- elle est privée de base légale dans la mesure où la décision du même jour portant mise en œuvre d'une décision d'éloignement est elle-même illégale ;
- elle est entachée d'un défaut de motivation.
Par deux mémoires en défense et une pièce complémentaire enregistrés les 17, 25 et 29 octobre 2024, le préfet de Meurthe-et-Moselle conclut au rejet de la requête.
Il soutient, à titre principal, que la requête est irrecevable pour forclusion, et à titre subsidiaire, que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la directive 2008/115/CE du 16 décembre 2008,
- la loi du 11 juillet 1979,
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile,
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique,
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme Gigault, première conseillère, pour statuer sur les demandes présentées au titre des articles L. 921-1, L. 921-2, L. 921-3, L. 921-4, L. 922-1 et
L. 922-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Gigault,
- les observations de Me Saihi, substituant Me Munoz, représentant M. A, absent, qui conclut aux mêmes fins par les mêmes moyens. Me Saihi précise que les moyens dirigés contre les décisions portant obligation de quitter le territoire français et portant refus de départ volontaire doivent être regardés comme étant dirigés contre la décision portant mise en œuvre de la décision d'éloignement,
- le préfet de Meurthe et Moselle n'étant ni présent ni représenté.
La clôture d'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ressortissant marocain né le 8 avril 1990 à Casablanca (Maroc), déclare être entré sur le territoire français en 2021. Par un arrêté du 9 octobre 2024, le préfet de Meurthe-et-Moselle a, sur le fondement de l'article L. 615-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, décidé de mettre en œuvre son éloignement d'office vers le pays dont il a la nationalité. Par sa requête, M. A demande au tribunal d'annuler cet arrêté.
Sur l'admission au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire :
2. L'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique dispose que : " Dans les cas d'urgence, sous réserve de l'application des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente () ". Il y a lieu, eu égard à l'urgence qui s'attache à ce qu'il soit statué sur la requête de l'intéressé, de prononcer son admission provisoire à l'aide juridictionnelle.
Sur la fin de non-recevoir opposée en défense :
3. Aux termes de l'article R. 421-5 du code de justice administrative : " Les délais de recours contre une décision administrative ne sont opposables qu'à la condition d'avoir été mentionnés, ainsi que les voies de recours, dans la notification de la décision ".
4. En outre, d'une part, aux termes de l'article L. 615-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut décider de mettre en œuvre une décision obligeant un étranger à quitter le territoire d'un autre État dans les cas suivants : 1° L'étranger a fait l'objet d'un signalement aux fins de non-admission en vertu d'une décision de refus d'entrée ou d'éloignement exécutoire prise par l'un des autres États parties à la convention signée à Schengen le 19 juin 1990 et se trouve irrégulièrement sur le territoire métropolitain ; (). ". D'autre part, aux termes de l'article L. 615-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " () Lorsque l'étranger est placé en rétention administrative, cette décision peut être contestée selon la procédure prévue à l'article L. 921-2. ".
5. Enfin, aux termes de l'article L. 921-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'une disposition du présent code prévoit qu'une décision peut être contestée selon la procédure prévue au présent article, le tribunal administratif peut être saisi dans le délai de quarante-huit heures à compter de la notification de la décision. Sous réserve de l'article L. 921-3, il statue dans un délai de quatre-vingt-seize heures à compter de l'expiration du délai de recours. ".
6. Il ressort des pièces du dossier que l'arrêté du préfet de Meurthe-et-Moselle du
9 octobre 2024 portant application d'office d'une mesure d'éloignement belge et fixant le pays de renvoi a été notifié au requérant, qui a du reste refusé de le signer, par voie administrative le10 octobre 2024 à neuf heures et vingt-quatre minutes. Il ressort également des pièces du dossier que l'arrêté attaqué fait mention des voies et délais de recours informant M. A sans ambiguïté de la possibilité de déposer sa requête aux fins de contestation des décisions en litige dans le délai de recours contentieux de quarante-huit heures auprès de l'administration chargée de la rétention. La requête de M. A a été enregistrée au greffe du tribunal administratif de Toulouse le 12 octobre 2024 à douze heures et dix-neuf minutes, soit après l'expiration du délai de quarante-huit heures qui lui était imparti à cette fin. M. A soutient ne pas avoir pu former son recours alors qu'il avait été placé dans un local de rétention administrative à Saint Dizier et l'avoir fait dès son arrivée au centre de rétention administrative de Cornebarrieu grâce aux associations présentes sur place. Toutefois, il n'allègue pas avoir demandé à exercer son droit de recourir à un conseil alors qu'il avait été placé dans le local de rétention administrative de Saint Dizier, que ce droit lui avait été notifié au moment de son placement en rétention et qu'il avait déjà reçu notification des voies et délais de recours de l'arrêté litigieux. Il ne justifie pas non plus avoir été empêché d'exercer ce droit dès le début de son placement en rétention administrative. Dès lors, les conclusions de sa requête tendant à l'annulation des décisions portant mise en œuvre d'office d'une mesure d'éloignement belge et fixant le pays de renvoi sont tardives. Par suite, la fin de non-recevoir opposée par le préfet de Meurthe-et-Moselle doit être accueillie.
Sur les frais liés au litige :
7. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que l'Etat, qui n'a pas la qualité de partie perdante, verse à Me Munoz la somme réclamée en application des dispositions combinées du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
8. La présente instance n'ayant donné lieu à aucun dépens, les conclusions présentées par M. A sur le fondement des dispositions de l'article R. 761-1 du code de justice administrative doivent être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : M. A est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B A, à Me Munoz et au préfet de Meurthe-et-Moselle.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 29 octobre 2024.
La magistrate désignée,
S. GIGAULT La greffière,
M. C
La République mande et ordonne au préfet de Meurthe-et-Moselle, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme :
La greffière en chef,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026