lundi 21 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulouse |
| Section | Tribunal Administratif de Toulouse |
| N° Dossier | TA31-2406305 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 16 octobre 2024, M. E A, représenté par Me Aurel, demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) d'ordonner la suspension de l'exécution de l'arrêté du 21 septembre 2023 par lequel le maire de Lagrave a accordé à M. C D et à Mme B D un permis de construire en vue de l'édification d'une maison d'habitation sur un terrain sis 24 chemin de la Sourde et de l'exécution de l'arrêté du 12 juillet 2024 par lequel la même autorité leur a accordé un permis de construire modificatif en vue de modifier l'implantation de la maison d'habitation.
2°) de mettre à la charge de la commune de Lagrave la somme de 2 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
en ce qui concerne la condition tenant à l'urgence :
- les travaux de construction ont commencé le 23 septembre 2024 ;
en ce qui concerne la condition tenant à l'existence d'un doute sérieux quant à la légalité de la décision contestée :
- le permis de construire initial méconnaît les dispositions des articles R. 151-27 et 151-28 du code de l'urbanisme, car le maire de la commune a décidé unilatéralement de modifier la destination de la future construction ; le permis a en effet été sollicité pour une maison d'habitation mais a été accordé pour une activité professionnelle de services ; le maire aurait dû exiger le dépôt d'une demande en adéquation avec l'objet réel du permis dont il avait connaissance ;
- le permis de construire initial a été accordé pour une activité de garde d'enfants dans une construction d'une superficie de 61, 85 m², actuellement exercée dans l'habitation existante d'une superficie de 126,21 m², ce qui risque de générer une charge de pollution supplémentaire ;
- les permis de construire initial et modificatif ont été accordés pour une extension de la maison existante alors qu'il s'agit d'une nouvelle construction indépendante, dont il n'est pas démontré qu'elle respecte les règles d'urbanisme, et notamment les conditions d'accès, de traitement des pollutions et d'accueil des usagers ; l'implantation d'un système d'assainissement autonome n'a pas été prévu en méconnaissance des dispositions de l'article U3-4.4-2 du plan local d'urbanisme applicable ;
- les permis de construire initial et modificatif méconnaissent l'article U3-7 du plan local d'urbanisme applicable, car la nouvelle construction n'est implantée, ni en limite de propriété, en raison de l'existence d'un mur mitoyen, ni à trois mètres de la limite séparative ;
- les permis de construire initial et modificatif méconnaissent l'article U3-6 du plan local d'urbanisme applicable, car le côté sud-est à nord-est de la nouvelle construction n'est implanté ni à l'alignement, ni à une distance de l'alignement des autres voies et emprises publiques existantes ou à créer au moins égale à trois mètres ; le plan prévoit la mise en place d'une pergola sur cette partie qui ne peut être prise en compte.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- l'ordonnance n° 2402873 du 30 août 2024 du président de la 3ème chambre du tribunal administratif de Toulouse rejetant la requête par laquelle M. A demande l'annulation de l'arrêté du 23 septembre 2023 du maire de Lagrave accordant à M. et Mme D un permis de construire ;
- la requête n° 2405735 enregistrée le 18 septembre 2024, par laquelle M. A demande l'annulation de l'arrêté du 12 juillet 2024 du maire de Lagrave accordant à M. et Mme D un permis de construire modificatif ;
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. Le Fiblec, premier conseiller, pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
1. Par la présente requête, M. E A demande au juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, d'ordonner la suspension de l'exécution de l'arrêté du 21 septembre 2023 par lequel le maire de Lagrave a accordé à M. et Mme D un permis de construire en vue de l'édification d'une maison d'habitation sur un terrain sis 24 chemin de la Sourde et la suspension de l'exécution de l'arrêté du 12 juillet 2024 par lequel la même autorité leur a accordé un permis de construire modificatif en vue de modifier l'implantation de la maison d'habitation.
2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. () ". Aux termes de l'article L. 522-1 du même code : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique (). ". L'article L. 522-3 de ce même code dispose : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ".
3. Aux termes de l'article R. 600-1 du code de l'urbanisme : " En cas de déféré du préfet ou de recours contentieux à l'encontre d'un certificat d'urbanisme, ou d'une décision relative à l'occupation ou l'utilisation du sol régie par le présent code, le préfet ou l'auteur du recours est tenu, à peine d'irrecevabilité, de notifier son recours à l'auteur de la décision et au titulaire de l'autorisation. Cette notification doit également être effectuée dans les mêmes conditions en cas de demande tendant à l'annulation ou à la réformation d'une décision juridictionnelle concernant un certificat d'urbanisme, ou une décision relative à l'occupation ou l'utilisation du sol régie par le présent code. L'auteur d'un recours administratif est également tenu de le notifier à peine d'irrecevabilité du recours contentieux qu'il pourrait intenter ultérieurement en cas de rejet du recours administratif. La notification prévue au précédent alinéa doit intervenir par lettre recommandée avec accusé de réception, dans un délai de quinze jours francs à compter du dépôt du déféré ou du recours. La notification du recours à l'auteur de la décision et, s'il y a lieu, au titulaire de l'autorisation est réputée accomplie à la date d'envoi de la lettre recommandée avec accusé de réception. Cette date est établie par le certificat de dépôt de la lettre recommandée auprès des services postaux. () ". En application des dispositions précitées, l'obligation de notification, qui est prescrite à peine d'irrecevabilité de la requête, doit être réalisée dans les quinze jours à compter du dépôt de la requête, tant à l'auteur du permis de construire attaqué qu'au bénéficiaire de cette autorisation.
4. Par une requête enregistrée le 14 mai 2024, M. A a sollicité l'annulation de l'arrêté du 23 septembre 2023 par lequel le maire de Lagrave a accordé à M. et Mme D un permis de construire. Par une seconde requête enregistrée le 18 septembre 2024, M. A a sollicité l'annulation de l'arrêté du 12 juillet 2024 par lequel la même autorité leur a accordé un permis de construire modificatif. M. A demande la suspension de l'exécution de ces deux arrêtés dans le cadre de la présente instance. Cependant, par l'ordonnance susvisée n° 2402873 du 30 août 2024, le président de la 3ème chambre du tribunal administratif de Toulouse a rejeté la requête de M. A sollicitant l'annulation de l'arrêté du 23 septembre 2023, en raison de son irrecevabilité, au motif que sa demande ne satisfaisait pas aux exigences de l'article R. 600-1 du code de l'urbanisme. Dans le cadre de sa seconde requête sollicitant l'annulation de l'arrêté du 12 juillet 2024, le requérant ne justifie pas plus avoir accompli, dans les délais impartis, les formalités prescrites par l'article R. 600-1 du code de l'urbanisme et avoir notifié son recours en annulation au maire de Lagrave, auteur du permis de construire modificatif, ainsi qu'aux époux D, bénéficiaires de ce permis de construire modificatif. Par suite, la requête de M. A présentée sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, est manifestement mal fondée et doit, dès lors, être rejetée en toutes ses conclusions selon la procédure prévue par l'article L. 522-3 du même code, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la condition relative à l'urgence et les moyens de la requête.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. E A.
Une copie en sera adressée au maire de Lagrave, à M. C D et à Mme B D.
Fait à Toulouse, le 21 octobre 2024.
Le juge des référés,
B. Le Fiblec
La République mande et ordonne au préfet du Tarn en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme,
la greffière en chef,
ou par délégation la greffière,
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