vendredi 8 novembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulouse |
| Section | Tribunal Administratif de Toulouse |
| N° Dossier | TA31-2406329 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 17 octobre 2024, Mme C A, représentée par Me Naciri, demande au juge des référés sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) de suspendre l'exécution de la décision implicite du 8 septembre 2024 par laquelle le directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) a rejeté son recours administratif dirigé contre la décision du 26 juin 2024 de la directrice territoriale lui refusant le bénéfice des conditions matérielles d'accueil ;
3°) d'enjoindre à l'OFII de lui rétablir son droit au bénéfice total des conditions matérielles d'accueil à compter du 26 juin 2024, incluant le versement rétroactif de l'allocation pour demandeur d'asile non perçue à compter de cette date, ainsi qu'un hébergement pour demandeur d'asile avec Monsieur B et leur fille, dans le délai de cinq jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir et sous astreinte de 100 euros par jour de retard en application des dispositions de l'article L. 911-1 et suivants du code de justice administrative.
4°) de mettre à la charge de l'OFII la somme de 1 500 euros à verser à son conseil sur le fondement des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 et, dans l'hypothèse où elle ne serait pas admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale, sur le seul fondement de l'article L. 761-1.
Elle soutient que :
en ce qui concerne la condition tenant à l'urgence :
-est satisfaite dès lors qu'elle se trouve dans une situation de dénuement total sans aucune ressource pour subvenir à ses besoins les plus élémentaires ; elle vit actuellement dans la rue sans solution d'hébergement ;
- elle n'est pas en mesure de se rendre au rendez-vous que lui a fixé l'Office français de protection des réfugiés et apatrides le 6 novembre 2024 pour être entendue sur son récit d'asile ;
-la décision a pour effet de séparer la cellule familiale et l'empêche d'avoir des relations normales avec sa fille âgée de quatre ans, ce qui est contraire à l'intérêt supérieur de l'enfant ;
en ce qui concerne la condition tenant à l'existence d'un doute sérieux quant à la légalité de la décision contestée :
- la décision est entachée d'une erreur de droit quant à l'application de l'article L. 551-15 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle est entachée d'une erreur de qualification juridique des faits en ce que l'OFII a considéré que sa demande d'asile est une demande de réexamen ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation.
Par un mémoire en défense enregistré le 31 octobre 2024, l'OFII conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- à titre principal, la requête est irrecevable pour défaut d'urgence, dès lors que le juge de l'excès de pouvoir doit statuer dans le délai de quinze jours prévu à l'article L. 921-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ; en outre, un recours au fond à l'encontre de la même décision que dans la présente instance et dont l'audience a eu lieu le 4 novembre 2024 a été introduit devant la même juridiction ;
- la condition tenant à l'urgence n'est pas caractérisée ;
- aucun des moyens soulevés par la requérante n'est propre à créer en l'état de l'instruction un doute sérieux sur la légalité de la décision dont il est demandé la suspension.
Le 29 octobre 2024, les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que l'ordonnance était susceptible d'être fondée sur un moyen relevé d'office tiré de ce que la décision litigieuse devait être contestée par la procédure spéciale instituée par les articles L. 551-1, L. 921-2 et L. 922-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, par laquelle le juge administratif doit statuer dans un délai de 15 jours.
Par un mémoire enregistré le 1er novembre 2024, Mme A a déclaré se désister de ses conclusions à fin de suspension et d'injonction et maintenir le surplus de ses conclusions.
Vu :
- la requête enregistrée le 2 octobre 2024 sous le numéro 2406019 par laquelle Mme A demande l'annulation de la décision en litige ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme Arquié, vice-présidente, pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique tenue le 5 novembre 2024 en présence de Mme Guérin, greffière d'audience, Mme Arquié a lu son rapport et entendu :
- les observations de Me Naciri, avocate de Mme A, absente à l'audience, qui a confirmé vouloir se désister de ses conclusions à fin de suspension et d'injonction tout en maintenant sa demande d'admission au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire,
- l'Office français de l'immigration et de l'intégration n'étant ni présent, ni représenté.
La clôture de l'instruction est intervenue à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A, ressortissante nigériane née le 26 juillet 1997 à Lagos (Nigéria), demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative de suspendre l'exécution de la décision implicite du 8 septembre 2024 par laquelle le directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) a rejeté son recours administratif préalable dirigé contre la décision du 26 juin 2024 de la directrice territoriale lui refusant le bénéfice des conditions matérielles d'accueil.
2. Par un mémoire du 1er novembre 2024, Mme A a déclaré se désister de ses conclusions à fin de suspension et d'injonction. Ce désistement est pur et simple. Rien ne s'oppose à ce qu'il en soit donné acte.
3. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de d'admettre la requérante, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle, ni de faire droit à ses conclusions présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
O R D O N N E :
Article 1er : Il est donné acte du désistement des conclusions à fin de suspension et d'injonction présentées par Mme A.
Article 2 : le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme C A, à l'Office français de l'immigration et de l'intégration et à Me Naciri.
Fait à Toulouse, le 8 novembre 2024.
La juge des référés,
Céline ARQUIÉ
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme,
la greffière en chef,
ou par délégation, la greffière,
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