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AccueilJurisprudence administrativeN° TA31-2406362

Tribunal Administratif de Toulouse — Décision N° TA31-2406362

jeudi 24 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Toulouse
SectionTribunal Administratif de Toulouse
N° DossierTA31-2406362
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Toulouse, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, rejette la demande de suspension de l'arrêté du 9 septembre 2024 du Garde des sceaux classant M. B à l'échelon 8 lors de la cessation de ses fonctions. Le juge estime que la condition d'urgence n'est pas établie, faute pour le requérant de fournir des précisions suffisantes sur ses charges et le montant du préjudice financier allégué. En conséquence, la requête est rejetée sans examen du doute sérieux sur la légalité de la décision.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 17 octobre 2024, M. A B demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

1°) de suspendre l'exécution de l'arrêté du 9 septembre 2024 du Garde des sceaux, ministre de la justice, en tant qu'il le classe, au titre de la cessation de ses fonctions au ministère de la justice, à l'échelon 8, indice brut 668, indice majoré 562 ;

2°) d'enjoindre au Garde des sceaux, ministre de la justice, de régulariser sa situation.

Il soutient que :

s'agissant de la condition tenant à l'urgence :

-la condition d'urgence est remplie au regard de la situation financière dans laquelle le place l'arrêté contesté ; il a deux enfants à charge, sa conjointe est au chômage et ils doivent faire face à d'importantes dépenses imprévues ;

-la décision ne permet pas à son administration actuelle de régulariser sa situation statutaire et salariale ;

s'agissant de la condition tenant à l'existence d'un doute sérieux quant à la légalité de la décision contestée :

- l'échelon 8 retenu par l'arrêté est manifestement erroné, le tribunal administratif a d'ailleurs annulé l'arrêté d'intégration du 18 mars 2021 qui le classait à un échelon incorrect ;

-l'administration aurait dû procéder à la reconstitution de sa carrière.

Vu :

-les autres pièces du dossier ;

-la requête n° 2406345 enregistrée le 17 octobre 2024 tendant à l'annulation de la décision contestée.

Vu le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné Mme Arquié, vice-présidente, pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. ". Aux termes de l'article L. 522-1 du même code : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique (). ". L'article L. 522-3 de ce même code dispose toutefois : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ". Enfin, aux termes du premier alinéa de l'article R. 522-1 du même code : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit () justifier de l'urgence de l'affaire. ".

2. Il résulte des dispositions citées au point précédent que la condition d'urgence à laquelle est subordonné le prononcé d'une mesure de suspension doit être regardée comme remplie lorsque la décision administrative contestée préjudicie de manière suffisamment grave et immédiate à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il en va ainsi, alors même que cette décision n'aurait un objet ou des répercussions que purement financiers et que, en cas d'annulation, ses effets pourraient être effacés par une réparation pécuniaire. Il appartient au juge des référés, saisi d'une demande tendant à la suspension d'une telle décision, d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de celle-ci sur la situation de ce dernier ou, le cas échéant, des personnes concernées, sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue.

3. Pour caractériser l'urgence que présenterait la suspension de l'exécution de l'arrêté du 9 septembre 2024 en tant qu'il le classe à l'échelon 8 au titre de sa cessation de fonction, M. B soutient qu'il a pour conséquence de générer un manque à gagner ce qui le place dans une position particulièrement difficile dès lors que sa conjointe est au chômage, qu'il a deux enfants à charge et que la famille doit faire face à d'importantes dépenses imprévues. Toutefois l'intéressé ne donne aucune indication ou précision sur les dépenses imprévues qu'il invoque, ni les charges supportées par la famille, ni n'a, au demeurant, procédé à une évaluation de la somme dont il s'estime irrégulièrement privé, permettant au juge des référés d'apprécier les effets de l'arrêté sur sa situation financière.

4. Dans ces conditions, il ne peut être regardé comme justifiant que la décision qu'il conteste porte une atteinte suffisamment grave et immédiate à sa situation caractérisant une situation d'urgence au sens des dispositions citées au point 1.

5. Par suite, et sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la condition tenant à l'existence d'un doute sérieux quant à la légalité de cette décision, il y a lieu, par application des dispositions précitées de l'article L. 522-3 du code de justice administrative, de rejeter ses conclusions tendant à la suspension et, par voie de conséquence, ses conclusions aux fins d'injonction.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B.

Une copie en sera adressée au Garde des sceaux, ministre de la justice.

Fait à Toulouse, le 24 octobre 2024.

La juge des référés,

Céline ARQUIÉ

La République mande et ordonne au Garde des sceaux, ministre de la justice, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.

Pour expédition conforme,

la greffière en chef,

ou par délégation, la greffière,

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