mercredi 23 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulouse |
| Section | Tribunal Administratif de Toulouse |
| N° Dossier | TA31-2406412 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés le 19 et le 21 octobre 2024, M. B A demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative d'enjoindre au bureau d'aide juridictionnelle établi près le tribunal judiciaire de Toulouse d'enregistrer sa demande d'aide juridictionnelle adressée le 17 octobre 2024 par courriel.
Il expose que :
- en refusant d'enregistrer sa demande adressée par courriel le bureau d'aide juridictionnel s'est fondé sur des conditions autres que les conditions de ressources qui doivent seules doivent être prises en compte pour accorder le bénéfice de l'aide juridictionnelle, ce qui constitue un excès de pouvoir ;
- il y a lieu de saisir le Conseil d'Etat d'une question prioritaire de constitutionnalité portant sur les articles 7 et 23 de la loi du 10 juillet 1991 au regard du droit à un recours effectif ;
- la juge des référés qui a statué sur sa requête enregistrée sous le n° 2406138 doit être récusée.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme Viseur-Ferré, vice-présidente, pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 511-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés statue par des mesures qui présentent un caractère provisoire. Il n'est pas saisi du principal et se prononce dans les meilleurs délais ". Et l'article L. 521-1 du même code prévoit que : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative. ". Toutefois, l'article L. 522-3 du code de justice administrative précise que " [] lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande qu'elle est mal fondée, [] le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée []. "
2. M. A demande au juge des référés d'enjoindre au bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Toulouse d'enregistrer sa demande d'aide juridictionnelle, adressée par courriel, en vue de la désignation d'un avocat pour le représenter dans le cadre du recours en révision et en rectification d'erreur matérielle qu'il souhaite former devant le tribunal administratif contre l'ordonnance 2406138, rendue par le juge des référés le 15 octobre 2024. Cette ordonnance a rejeté sa requête formée le 9 octobre précédent contre l'ordonnance 24TL02400 du 8 octobre du président de la cour administrative d'appel de Toulouse qui a confirmé la décision de refus n° 2024/003237 du 30 août 2024 rendue par la présidente du bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Toulouse. Cette décision portait refus de sa demande d'aide juridictionnelle pour que soit désigné un avocat, dont la constitution est obligatoire aux fins d'annulation en appel, de l'ordonnance rendue le 17 juin 2024 par le juge des référés du tribunal administratif de Toulouse rejetant sa requête tendant à enjoindre au bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Toulouse d'enregistrer et de faire droit à sa demande d'aide juridictionnelle pour la désignation d'un commissaire de justice en vue d'une procédure qu'il souhaite engager devant le tribunal de commerce.
3. Saisi, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative précité, d'une demande qui n'est pas manifestement insusceptible de se rattacher à un litige relevant de la compétence du juge administratif, le juge des référés peut prescrire, à des fins conservatoires ou à titre provisoire, toutes mesures que l'urgence justifie, notamment sous forme d'injonctions adressées à l'administration, à la condition que ces mesures soient utiles et ne se heurtent à aucune contestation sérieuse. En outre le juge ne saurait faire obstacle à l'exécution d'une décision administrative, même celle refusant la mesure demandée, à moins qu'il ne s'agisse de prévenir un péril grave.
4. M. A a présenté une demande d'aide juridictionnelle qu'il a adressée au bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire. Il résulte de l'instruction que le bureau d'aide juridictionnelle a refusé d'enregistrer cette demande au motif qu'elle devait être déposée au format papier directement auprès du tribunal judiciaire ou adressée par voie postale ou encore en ligne sous forme d'une demande numérique d'aide juridictionnelle. Dans l'hypothèse où le juge des référés ferait droit aux conclusions présentées par le requérant tendant à ce qu'il enjoigne au bureau d'aide juridictionnelle d'enregistrer sa demande d'aide juridictionnelle, il ferait alors nécessairement obstacle à l'exécution de cette décision de refus d'enregistrement, or il n'apparaît pas en l'espèce que son intervention permettrait de prévenir un péril grave. Dès lors, la requête de M. A ne peut qu'être rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative précité.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A.
Fait à Toulouse, le 23 octobre 2024.
La juge des référés,
Cécile VISEUR-FERRÉ
La République mande et ordonne au préfet de Haute-Garonne, en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme,
la greffière en chef,
ou par délégation, la greffière,
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