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AccueilJurisprudence administrativeN° TA31-2406419

Tribunal Administratif de Toulouse — Décision N° TA31-2406419

mercredi 23 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Toulouse
SectionTribunal Administratif de Toulouse
N° DossierTA31-2406419
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Toulouse, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté préfectoral du 25 septembre 2024 suspendant le permis de conduire de M. B pour six mois à la suite d’un grand excès de vitesse. Le juge a estimé que les moyens invoqués, tirés notamment du défaut de procédure contradictoire et du caractère disproportionné de la sanction, n’étaient pas de nature à créer un doute sérieux sur la légalité de la décision. L’ordonnance est fondée sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative et l’article L. 224-2 du code de la route.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 21 octobre 2024, M. A B, représenté par Me Hudrisier, demande au juge des référés :

1°) de suspendre, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, l'exécution de l'arrêté n° 2024/V333 du 25 septembre 2024, par lequel le préfet de l'Aveyron a suspendu, pour une durée de six mois, la validité de son permis de conduire, délivré le 28 juin 2001 sous le numéro 990831300379 ;

2°) d'enjoindre à l'autorité préfectorale de lui restituer son titre de conduite, dans un délai de six jours à compter de la date de notification de l'ordonnance à intervenir, et sous une astreinte de 100 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat le paiement d'une somme de 2500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

s'agissant de la condition tenant à l'urgence :

-Il réside à Albi mais exerce la profession de sapeur-pompier à Colomiers : sa situation, notamment les horaires de travail, rend, dès lors, nécessaire l'utilisation quotidienne de son véhicule pour effectuer ses déplacements professionnels ;

-les transports en commun comme le covoiturage ne lui offrent aucune solution fiable de substitution, compte tenu de ses horaires de travail flexibles et des gardes qu'il doit accomplir ;

-la suspension de son permis de conduire a un impact négatif sur les missions de service public auxquelles il contribue, et ce d'autant plus qu'il est titulaire d'un permis poids lourds, dont il a besoin dans le cadre des fonctions opérationnelles qu'il occupe, au sein du service départemental d'incendie et de secours ;

-eu égard à l'état de santé de son fils, atteint d'une maladie cutanée rare, il doit pouvoir disposer d'un véhicule pour se rendre aux consultations médicales spécialisées au centre hospitalier de Toulouse ;

-dans un contexte familial difficile, marqué par le décès de parents proches, il doit pouvoir disposer de son permis de conduire sans s'en remettre systématiquement à son épouse.

s'agissant de la condition tenant à l'existence d'un doute sérieux sur la légalité de la décision contestée :

-L'édiction de l'arrêté préfectoral en litige n'a pas été précédée d'une procédure contradictoire, en méconnaissance des dispositions de l'article L. 121-1 du code des relations entre le public et l'administration ; il a, dès lors, été privé d'une garantie ; et le préfet n'a pu prendre en compte l'ensemble des circonstances de sa vie professionnelle et personnelle ; il en résulte un grief qui affecte la légalité interne de l'arrêté attaqué ;

-la décision préfectorale est entachée d'une erreur d'appréciation, en ce que la durée de suspension, fixée à six mois, est totalement disproportionnée, au regard des circonstances de l'espèce comme de ses états de service ou de son comportement habituel, tel que décrit par son entourage professionnel et familial.

Vu :

- la requête en annulation n° 2406424, enregistrée le 21 octobre 2024 ;

- les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de la route ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Ensuite d'un contrôle routier sur le territoire de la commune de Laissac-Sévérac l'Église, le 24 septembre 2024, ayant révélé la commission d'un grand excès de vitesse (vitesse autorisée : 80 km/h - vitesse retenue : 137 km/h), le préfet de l'Aveyron a procédé, par arrêté du 25 septembre 2024 fondé notamment sur les dispositions de l'article L. 224-2 du code de la route, à la suspension du permis de conduire de M. B pour une durée de six mois. Par la présente requête, M. B demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre l'exécution de cet arrêté. Il a, parallèlement, introduit une requête tendant à son annulation, enregistrée le 21 octobre 2024.

2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ". Aux termes de l'article L. 522-1 du même code : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique () ". L'article L. 522-3 de ce même code dispose : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ".

3. Les moyens invoqués par M. B à l'encontre de l'arrêté contesté, tels qu'ils ont été visés ci-dessus et analysés, ne sont manifestement pas de nature, au vu de la demande et en l'état de l'instruction, à créer un doute sérieux quant à la légalité de cet arrêté. Il y a lieu, par suite, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la condition relative à l'urgence, de rejeter la présente requête selon la procédure prévue à l'article L. 522-3, précité, du code de justice administrative.

ORDONNE :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B.

Fait à Toulouse, le 23 octobre 2024.

La présidente, juge des référés,

Isabelle Carthé Mazères

La République mande et ordonne au préfet de l'Aveyron en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.

Pour expédition conforme,

la greffière en chef,

ou par délégation, la greffière,

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