jeudi 5 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulouse |
| Section | Tribunal Administratif de Toulouse |
| N° Dossier | TA31-2406474 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 23 octobre 2024, M. A C et la SARL Equipement industriel et maintenance (EIM), représentés par Me Laffourcade-Mokkadem, demandent au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) de suspendre l'exécution de l'arrêté du 10 septembre 2024 par lequel le maire de la commune de Laroque d'Olmes a opposé un sursis à statuer à sa demande de déclaration préalable n° 009 157 24 A 0025 ;
2°) d'enjoindre à la commune de Laroque d'Olmes de lui délivrer, ainsi qu'à la SARL EIM, une décision de non opposition à la demande de déclaration préalable n° 009 157 24 A 0025 à titre provisoire, dans un délai de 8 jours courant à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir et, passé ce délai, sous astreinte de 200 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Laroque d'Olmes la somme de 3 000 euros à leur verser en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- sa requête est recevable ;
en ce qui concerne la condition tenant à l'urgence :
- elle est remplie dès lors que l'arrêté attaqué ne lui permet pas d'assurer à son locataire, la SARL EIM, la jouissance paisible de la chose louée en méconnaissance de l'article 1719 du code civil ; les travaux sont réalisés pour les besoins de l'activité de son locataire et ont pour objet de sécuriser les locaux loués afin de pouvoir stocker des distributeurs à pétrole d'un volume de 5m3; la SARL EIM, qui ne dispose pas d'autres solutions de stockage, se trouve contrainte de retarder la livraison des marchandises qu'elle a commandées ;
- il pourrait porter atteinte à la continuité du bail commercial, d'où résulterait pour lui-même un grave préjudice ;
en ce qui concerne la condition tenant à l'existence d'un doute sérieux quant à la légalité de la décision contestée :
-le sursis à statuer est tardif dès lors que l'autorisation d'urbanisme a été obtenue à l'issue du délai d'instruction d'un mois ;
-l'arrêté méconnaît les dispositions de l'article L. 424-1 du code de l'urbanisme ;
-il est entaché d'un détournement de pouvoir.
Vu :
-les autres pièces du dossier ;
-la requête n° 2406166 enregistrée le 9 octobre 2024 tendant à l'annulation de l'arrêté contestée.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme Arquié, vice-présidente, pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
1. M. C a déposé, le 21 juin 2024, une déclaration préalable auprès de la commune de Laroque d'Olmes afin de procéder à un ravalement de façades et à une modification de menuiseries d'un bâtiment adressé au 1 rue de l'Hôtel de ville à Laroque d'Olmes (09600) et cadastré aux parcelles B 2758, B 2759, B 2760 et B 3290. M. B et la SARL EIM demandent au juge des référés de suspendre, sur le fondement de l'article L.521-1 du code de justice administrative, l'arrêté du 10 septembre 2024 par lequel le maire de la commune de Laroque d'Olmes a sursis à statuer sur cette déclaration préalable.
2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. ". Aux termes de l'article L. 522-1 du même code : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique (). ". L'article L. 522-3 de ce même code dispose : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ". Enfin, le premier alinéa de l'article R. 522-1 de ce code prévoit que : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit () justifier de l'urgence de l'affaire. ".
3. L'article L. 424-1 du code de l'urbanisme dispose que : " L'autorité compétente se prononce par arrêté sur la demande de permis (). Il peut être sursis à statuer sur toute demande d'autorisation concernant des travaux, constructions ou installations dans les cas prévus () aux articles L. 153-11 () du présent code. () Le sursis à statuer doit être motivé et ne peut excéder deux ans () ". Aux termes du troisième alinéa de l'article L. 153-11 du même code, l'autorité compétente chargée de la procédure d'élaboration du plan local d'urbanisme " () peut décider de surseoir à statuer, dans les conditions et délai prévus à l'article L. 424-1, sur les demandes d'autorisation concernant des constructions, installations ou opérations qui seraient de nature à compromettre ou à rendre plus onéreuse l'exécution du futur plan dès lors qu'a eu lieu le débat sur les orientations générales du projet d'aménagement et de développement durable ".
4. L'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi de conclusions tendant à la suspension d'un acte administratif, d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de l'acte litigieux sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue. L'urgence doit être appréciée objectivement compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'affaire.
5. Il résulte des termes mêmes de l'arrêté attaqué que le sursis d'une durée d'un an qu'il prononce est motivé par la nécessité de ne pas compromettre l'exécution de l'opération d'aménagement prévue dans le cadre de la ZAD et dans l'attente du jugement par le tribunal de la requête déposée par M. C sollicitant l'annulation de la décision du 1er avril 2022 portant préemption des parcelles cadastrée 2758, 2759, 2760 et 3290 lui appartenant. Pour caractériser l'existence d'une situation d'urgence, M. C, se prévaut de la finalité de son projet de travaux qui a pour but de sécuriser le bâtiment qu'il a donné à bail à la SARL EIM afin de permettre à cette dernière d'y stocker du matériel et des marchandises pour les besoins de son activité de maintenance industrielle et invoque l'éventualité d'une rupture du bail commercial dans l'hypothèse où les travaux ne seraient pas réalisés. Toutefois, il ne justifie ni de l'intention ou des démarches engagées en ce sens par son locataire, ni ne remet en cause l'intérêt public invoqué par la commune. L'existence d'une situation d'urgence au sens des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative n'est ainsi pas caractérisée et alors, au demeurant, que l'examen au fond de la requête portant sur la légalité de la décision du 1er avril 2022 est inscrit à l'audience du tribunal du 17 décembre 2024.
6. Dans ces conditions, et sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la condition tenant à l'existence d'un doute sérieux quant à la légalité de l'arrêté attaqué, il y a lieu de faire application de l'article L. 522-3 du code de justice administrative et de rejeter les conclusions à fin de suspension présentées par les requérants ainsi que, par voie de conséquence, celles à fin d'injonction et celles tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. C et de la SARL EIM est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A C et à la SARL Equipement industriel et maintenance.
Une copie en sera adressée à la commune de Laroque d'Olmes.
Fait à Toulouse, le 5 décembre 2024.
La juge des référés,
C. ARQUIÉ
La République mande et ordonne au préfet de l'Ariège en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme,
la greffière en chef,
ou par délégation, la greffière,
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