lundi 28 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulouse |
| Section | Tribunal Administratif de Toulouse |
| N° Dossier | TA31-2406514 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | DIALEKTIK AVOCATS AARPI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 24 octobre 2024 et une pièce enregistrée le 28 octobre 2024, Mme A E et M. D B, représentés par Me Bachet, demandent au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :
1) de les admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2) d'enjoindre au préfet de la Haute-Garonne de les prendre en charge avec leurs deux enfants dans le cadre de l'hébergement d'urgence, sans délai suivant l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 200 euros par jour de retard ;
3) de mettre à la charge de l'État les dépens ainsi que la somme de 2 000 euros à verser à leur conseil sur le fondement des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 alinéa 2 de la loi du 10 juillet 1991 et, dans l'hypothèse où ils ne seraient pas admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle, à leur verser la même somme sur le seul fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- ressortissants algériens, ils sont entrés en France en juin 2024, munis d'un visa C, accompagnés de leur fille âgée de 10 ans et de leur fils âgé de 8 ans, lourdement handicapé, pour qu'il soit pris en charge médicalement ; après avoir été logés un temps par des membres de leur famille, leur hébergement a pris fin ;
- la condition d'urgence est satisfaite eu égard à la grande précarité et vulnérabilité de leur situation ; ils se trouvent sans solution d'hébergement alors qu'ils sont accompagnés de deux enfants mineurs dont un enfant lourdement handicapé ; malgré des appels répétés au 115, aucune solution ne leur a été proposée ; le préfet a été saisi les 7 et 14 octobre 2024, sans réponse ;
- il est porté une atteinte grave et manifestement illégale à leur droit à la dignité humaine et au droit à l'hébergement d'urgence garanti par l'article L. 345-2-2 du code de l'action sociale et des familles ; les travailleurs sociaux qui les entourent et les intervenants de la veille sociale sont particulièrement inquiets ; le préfet méconnaît les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et celles de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant ; en effet, l'état de santé de leur fils se dégrade et est totalement incompatible avec une vie à la rue ; l'absence de diligences et les carences du préfet sont caractérisées.
Par un mémoire en défense enregistré le 28 octobre 2024, le préfet de la Haute-Garonne conclut au rejet de la requête.
Il soutient qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la convention internationale des droits de l'enfant ;
- le code de l'action sociale et des familles ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. Daguerre de Hureaux pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 28 octobre 2024 à 14 heures, tenue en présence de Mme Tur, greffière d'audience :
- le rapport de M. Daguerre de Hureaux, juge des référés, qui demande des précisions sur les conditions d'hébergement antérieures et les motifs de la fin de l'hébergement familial,
- et les observations de Me Bachet, représentant Mme E et M. B, absents, qui persiste dans ses écritures et fait valoir, en réponse à une question de M. Daguerre de Hureaux, qu'ils ont été logés un temps dans la famille mais que la promesse de leur trouver un logement n'a pas été tenue ; ils ont été contraints de saisir le 115, en l'absence de solution d'hébergement, que les requérants n'ont pas saisi le préfet sur le fondement d'un enfant malade pour la demande d'un titre de séjour, que l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile prévoit une condition liée à la résidence habituelle en France, que l'instruction ministérielle prévoit une durée minimale d'au moins un an, qu'une demande au titre de l'enfant malade aurait été rejetée, que la prise en charge n'est plus assurée en Algérie, qu'ils invoquent des circonstances exceptionnelles.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures ".
2. Aux termes des dispositions de l'article L. 345-2 du code de l'action sociale et des familles : " Dans chaque département est mis en place, sous l'autorité du représentant de l'État, un dispositif de veille sociale chargé d'accueillir les personnes sans abri ou en détresse, de procéder à une première évaluation de leur situation médicale, psychique et sociale et de les orienter vers les structures ou services qu'appelle leur état. Cette orientation est assurée par un service intégré d'accueil et d'orientation, dans les conditions définies par la convention conclue avec le représentant de l'État dans le département prévue à l'article L. 345-2-4. / Ce dispositif fonctionne sans interruption et peut être saisi par toute personne, organisme ou collectivité ". En vertu des dispositions de l'article L. 345-2-2 du même code : " Toute personne sans abri en situation de détresse médicale, psychique ou sociale a accès, à tout moment, à un dispositif d'hébergement d'urgence () ".
3. Lorsqu'un requérant fonde son action sur la procédure de protection particulière instituée par l'article L. 521-2 précité du code de justice administrative, il lui appartient de justifier de circonstances caractérisant une situation d'urgence qui implique, sous réserve que les autres conditions posées par l'article L. 521-2 soient remplies, qu'une mesure visant à sauvegarder une liberté fondamentale doive être prise dans les quarante-huit heures. La condition d'urgence posée par l'article L. 521-2 du code de justice administrative s'apprécie objectivement et compte tenu de l'ensemble des circonstances de chaque espèce.
4. Pour justifier de l'urgence dont ils se prévalent, Mme E et M. B, ressortissants algériens arrivés en France en juin 2024, avec leurs deux enfants âgés de 8 et 10 ans sous couvert d'un visa C, soutiennent être aujourd'hui dépourvus de domicile et indiquent vivre à la rue depuis septembre 2024, après avoir été hébergés " un temps " par des membres de leur famille, en dépit de nombreux appels au 115 les 20, 21, 22, 25, 27, 29, 30 septembre et des jours indéterminés. Ils produisent également un relevé des appels au 115 faisant état de 7 demandes d'hébergement non pourvues les 22, 25 septembre et 1er, 5, 12, 15 et 21 octobre 2024 et justifient avoir saisi les services de la préfecture les 7 et 14 octobre 2024. Toutefois, Mme E et M. B sont arrivés récemment en France, le 1er juin 2024, sous couvert d'un visa de 90 jours expirant le 28 août 2024 et n'apportent aucune précision sur les conditions de leur hébergement par des membres de leur famille ni sur les raisons qui auraient conduit leur famille à mettre fin à cet hébergement à une date non précisée. Ils se maintiennent irrégulièrement en France après l'expiration de leur visa de court séjour et ne justifient pas avoir mis à profit les trois mois de séjour régulier en France pour régulariser leur situation. S'ils produisent un certificat d'un interne de la Case Santé, indiquant que l'état de santé du jeune garçon est incompatible avec la vie à la rue, et justifient d'une consultation au centre Paul Dottin, centre de soins médicaux et de réadaptation pédiatriques spécialisés, le 19 décembre 2024 et d'un courrier du médecin de l'éducation nationale du 20 juin 2024 à l'attention du médecin du centre Paul Dottin, faisant état des diverses pathologies qui affectent leur fils âgé de huit ans, ils se bornent à soutenir, sans l'établir, que leur fils ne peut être soigné en Algérie où il a pourtant été opéré à deux reprises. Ils n'établissent pas davantage l'impossibilité pour les membres de leur famille de continuer à les héberger et n'apportent aucune précision sur les conditions de cet hébergement ni les raisons qui ont conduit à y mettre fin. Dans ces conditions, les requérants ne justifient pas, à la date de la présente ordonnance, d'une situation de précarité et de vulnérabilité telle qu'il y aurait urgence à ordonner dans un délai de 48 heures, une mesure visant à sauvegarder une liberté fondamentale. Par suite, la condition d'urgence prévue par l'article L. 521-2 du code de justice administrative ne peut être regardée comme remplie.
5. Il résulte de ce qui précède que la requête de Mme E et de M. B doit être rejetée en toutes ses conclusions, en ce compris celles présentées au titre de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et celles tendant à la condamnation de l'État au paiement des dépens, au demeurant inexistants, sans qu'il y ait lieu d'admettre les requérants au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
O R D O N N E :
Article 1er : Mme E et M. C ne sont pas admis, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de Mme E et de M. B est rejetée.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A E, à M. D B, à Me Bachet et au ministre en charge des solidarités.
Une copie en sera adressée au préfet de la Haute-Garonne.
Fait à Toulouse, le 28 octobre 2024.
Le juge des référés,
Alain DAGUERRE DE HUREAUX
La greffière,
Pauline TUR
La République mande et ordonne au ministre des solidarités, de l'autonomie et de l'égalité entre les femmes et les hommes en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme,
la greffière en chef,
ou par délégation la greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026