mardi 29 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulouse |
| Section | Tribunal Administratif de Toulouse |
| N° Dossier | TA31-2406607 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | DIALEKTIK AVOCATS AARPI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 28 octobre 2024, M. B C A, représenté par Me Soulas, doit être regardé comme demandant au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1) de suspendre l'exécution de la décision du préfet de la Haute-Garonne du 5 mars 2024 en tant qu'elle lui refuse un titre de séjour ;
2) d'enjoindre au préfet de la Haute-Garonne de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour avec autorisation de travail dans le délai de cinq jours à compter de la notification de la décision à intervenir sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3) de mettre à la charge de l'État les dépens et la somme de 2000 euros hors taxe à verser à Me Soulas, sur le fondement des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
s'agissant de l'urgence :
- l'urgence est constituée dès lors que la décision de refus de titre de séjour le bloque dans son parcours professionnel au sein de l'entreprise de sous-traitance aéronautique où il travaille depuis le 18 septembre 2023 et en contrat à durée indéterminée depuis le 5 février 2024 ; l'entreprise souhaite la poursuite du contrat de travail ;
- le refus de titre contesté le place dans une situation irrégulière et a entraîné son licenciement ;
s'agissant du doute sérieux :
- la décision portant refus de titre de séjour est insuffisamment motivée et procède d'un défaut d'examen réel et sérieux de sa situation ;
- la décision portant refus de titre est entachée d'une erreur de droit au regard des articles L. 423-23 et L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et d'une erreur manifeste d'appréciation au regard des conséquences qu'elle emporte sur sa situation dès lors qu'il a été placé en foyer au titre de l'aide sociale à l'enfance après son arrivée en France à l'âge de 15 ans, qu'il a bénéficié d'un contrat jeune majeur et a signé un contrat d'apprentissage d'août 2020 à décembre 2021, qu'il n'a plus aucun lien avec son pays d'origine, qu'il est bien intégré et a obtenu un contrat à durée indéterminée chez un sous-traitant aéronautique après un baccalauréat professionnel technicien d'usinage obtenu en juillet 2021 ;
- pour les mêmes raisons, elle méconnait également l'article 8 de la convention européenne des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- l'obligation de quitter le territoire est privée de base légale, elle méconnaît l'article 8 de la convention précitée et est entachée d'erreur manifeste d'appréciation ;
- la décision fixant le pays de renvoi est privée de base légale.
Vu :
- la requête en annulation enregistrée le 12 juillet 2024 sous le n° 2404226 ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridictionnelle ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. Alain Daguerre de Hureaux pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, né le 7 février 2002 en Guinée, a été confié au département de la Haute-Garonne par ordonnance du procureur de la République du 2 janvier 2018 puis confié à l'aide sociale à l'enfance par jugement en assistance éducative du 12 juin 2018. Un contrat jeune majeur a été signé avec le département de la Haute-Garonne du 7 février 2020 au 6 août 2020 puis M. A a bénéficié d'une aide éducative à domicile du 7 août 2020 au 6 février 2021. Il a obtenu un baccalauréat professionnel le 5 juillet 2021 et a été placé en apprentissage du 1er août 2021 au 31 juillet 2023. Il a sollicité son admission exceptionnelle au séjour rejetée implicitement par le préfet de la Moselle le 4 octobre 2020. Le 19 avril 2022, il a sollicité en Haute-Garonne un titre " vie privée et familiale " ou une admission au titre de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, refusé par la décision contestée du 5 mars 2024. Compte tenu de ce refus, M. A a été licencié le 13 mars 2024.
2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision ". L'article L. 522-3 du même code dispose : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1. ".
3. L'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi d'une demande de suspension d'une décision refusant la délivrance d'un titre de séjour, d'apprécier et de motiver l'urgence compte tenu de l'incidence immédiate du refus de titre de séjour sur la situation concrète de l'intéressé. Cette condition d'urgence doit en principe être constatée dans le cas d'un refus de renouvellement du titre de séjour, comme d'ailleurs d'un retrait de celui-ci. Dans les autres cas, il appartient au requérant de justifier de circonstances particulières caractérisant la nécessité pour lui de bénéficier à très bref délai d'une mesure provisoire dans l'attente d'une décision juridictionnelle statuant sur la légalité de la décision en litige.
4. Pour caractériser la nécessité à très bref délai d'une mesure provisoire dans l'attente de la décision juridictionnelle statuant sur la légalité de la décision de refus de titre de séjour contesté, M. A soutient que cette décision le bloque dans son parcours professionnel alors qu'il bénéficiait d'un contrat à durée indéterminée et le place dans une situation irrégulière. Toutefois, la décision contestée date du 5 mars 2024 et le licenciement de M. A du 13 mars 2024, soit il y a plus de sept mois. M. A ne caractérise en aucune manière la nécessité de suspendre à très bref délai cette décision qui s'applique depuis plus de sept mois sans qu'il ait jugé utile d'en demander la suspension préalablement et n'invoque aucune circonstance particulière de nature à établir que cet arrêté préjudicie désormais de manière suffisamment grave et immédiate à sa situation. Dans ces conditions, la situation de M. A ne saurait caractériser une situation d'urgence au sens des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative.
5. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la condition tenant à l'existence d'un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée, que, sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative, la requête de M. A doit être rejetée en toutes ses conclusions, y compris celles présentées sur le fondement de l'article L. 911-1 du code de justice administrative et celles tendant au bénéfice de frais d'instance sur le fondement des dispositions combinées des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B C A et à Me Soulas.
Fait à Toulouse, le 29 octobre 2024.
Le juge des référés,
Alain Daguerre de Hureaux
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme,
la greffière en chef,
ou par délégation, la greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026