vendredi 22 novembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulouse |
| Section | Tribunal Administratif de Toulouse |
| N° Dossier | TA31-2406743 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | SELARL LEXCASE SOCIETE D'AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 6 novembre 2024, la société SNCF Réseau, représentée par Me Büsch, demande au juge des référés sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :
1°) d'ordonner l'expulsion totale et sans délai de tous les occupants installés sans droit ni titre sur le terrain appartenant au domaine public ferroviaire de SNCF Réseau situé 81 chemin de l'Eglise à Lalande, cadastré 830 section AW n° 166 à Toulouse (31 200) ;
2°) d'autoriser SNCF Réseau à procéder, à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, et au besoin avec le concours de la force publique, à la libération du domaine public et à l'expulsion des personnes l'occupant sans droit ni titre ;
3°) d'autoriser SNCF Réseau à évacuer et à mettre au rebus l'ensemble des matériels, objets et détritus laissés à l'abandon sur le site par les occupants.
Elle soutient que :
- l'emprise du terrain concerné est affectée par anticipation au service public ferroviaire et relève ainsi du domaine public de SNCF Réseau ;
- l'urgence à ordonner l'expulsion des occupants installés sans droit ni titre sur les lieux du bien immobilier appartenant au domaine public de SNCF Réseau est pleinement justifiée compte tenu de la réalisation de travaux dans le cadre des AFNT ; les travaux menés par SNCF Réseau ont été planifiés et une fermeture complète de la circulation ferroviaire pour les réaliser est prévue les 23 et 24 novembre 2024 ; ces interruptions de trafic sont prévues 2 à 3 ans à l'avance et ne peuvent être modifiées en dernière minute ;
- aucune décision administrative à l'exécution de laquelle la mesure d'expulsion sollicitée pourrait faire obstacle n'existe ;
- la requête ne se heurte à aucune contestation sérieuse dès lors que les occupants ne bénéficient d'aucun droit ni titre à l'effet d'occuper cette parcelle du domaine public ;
La requête a été communiquée le 12 novembre 2024 aux occupants de la parcelle en litige, qui n'ont pas produit de mémoire en défense.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général de la propriété des personnes publiques ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme Arquié, vice-présidente, pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique du 21 novembre 2024 à 10 heures en présence de Mme Tur, greffière d'audience, Mme Arquié a lu son rapport et a entendu les observations de Me Antoniolli représentant la société SNCF Réseau, qui reprend en les précisant ses conclusions et moyens.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Dans le cadre du " Grand projet ferroviaire du Sud-Ouest ", la société SNCF Réseau est notamment chargée de procéder à l'aménagement du réseau ferroviaire existant au nord de Toulouse, dite opération " AFNT ", déclarée d'utilité publique par arrêté du préfet de la Haute-Garonne du 4 janvier 2016. Au titre de cette opération, la société SNCF Réseau doit réaliser des travaux sur un terrain, situé 81 chemin de l'Eglise à Lalande, cadastré 830 section AW n° 166 à Toulouse (31200), entre le 23 et le 24 novembre 2024. Par la présente requête, la société SNCF Réseau demande au juge des référés, saisi sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'ordonner l'expulsion immédiate de tous ses occupants au motif qu'ils s'y trouvent sans droit ni titre.
Sur les conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :
2. Aux termes de l'article L. 511-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés statue par des mesures qui présentent un caractère provisoire. Il n'est pas saisi du principal et se prononce dans les meilleurs délais. ". Aux termes de l'article L. 521-3 du même code : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative. ". Lorsque le juge des référés est saisi, sur le fondement des dispositions précitées de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'une demande d'expulsion d'occupants du domaine public, il lui appartient de rechercher si, au jour où il statue, cette demande présente un caractère d'urgence et d'utilité et ne se heurte à aucune contestation sérieuse.
3. D'une part, il résulte du procès- verbal de constat établi le 24 octobre 2024 par un commissaire de justice que le terrain en cause, qui relève du domaine public, et sur lequel la société SNCF Réseau doit réaliser des travaux les 23 et 24 novembre 2024, fait l'objet d'une occupation par quatre individus accompagnés d'un bébé. Les occupants sans titre ont procédé à des raccordements illicites aux réseaux publics en électricité et ont déclaré ne pas vouloir quitter les lieux. En l'absence de tout élément relatif à une occupation régulière du domaine public, le caractère irrégulier de cette occupation ne se heurte à aucune contestation sérieuse.
4. D'autre part, il résulte de l'instruction que la société SNCF Réseau doit créer dans le cadre du projet AFNT cité au point 1, une quatrième voie ferroviaire parallèlement aux voies existantes entrainant l'extension de l'emprise ferroviaire sur la parcelle cadastrée 830 section AW n°166 pour l'implantation de poteaux caténaires et la création d'une nouvelle voie d'accès nécessaire pour le fonctionnement à terme des lignes ferroviaires. Cette nouvelle voie d'accès passe en partie sur l'emprise de la maison située sur la parcelle dont s'agit, de sorte que la réalisation de ces travaux nécessite la destruction de la maison implantée sur la parcelle irrégulièrement occupée. Cette procédure de démolition nécessite au préalable la réalisation de sondages et de diagnostics. Dans le cadre de la programmation de l'opération visée au point 1 et afin de réaliser ces travaux, une fermeture complète de la circulation ferroviaire est planifiée les 23 et 24 novembre 2024. Il est par ailleurs constant que ces interruptions de trafic sont prévues deux à trois ans à l'avance. L'occupation illicite de cette parcelle a ainsi pour effet de faire obstacle au bon déroulement imminent de ces travaux qui participent d'une opération d'envergure déclarée d'utilité publique et qui ne sauraient être retardés en raison, notamment, de l'interruption du service ferroviaire qu'ils impliquent pour ses usagers. Dans ces conditions, la mesure d'expulsion sollicitée, dont il ne résulte pas de l'instruction qu'elle ferait obstacle à l'exécution d'une décision administrative, présente un caractère d'urgence et d'utilité.
5. Il résulte de tout ce qui précède qu'il y a lieu, d'une part, d'enjoindre à Mme B A, M.Ca, Florin Stoica, Mihai Stoica,et tous les occupants installés sans droit ni titre sur le terrain, situé 81 chemin de l'Eglise à Lalande, cadastré 830 section AW n° 166 à Toulouse, d'évacuer sans délai ce terrain et, d'autre part, d'autoriser la société SNCF Réseau à procéder, en cas d'inexécution de la présente ordonnance, et au besoin avec le concours de la force publique, à la libération du domaine public et à l'expulsion des personnes l'occupant ainsi qu'à l'évacuation des biens mobiliers qu'elles ont laissés à l'abandon sur le site.
O R D O N N E :
Article 1er : Il est enjoint à Mme B A, M.Ca, Florin Stoica, Mihai Stoica, et tous les occupants de la parcelle cadastrée 830 section AW n° 166 à Toulouse d'évacuer ce terrain dès notification de la présente ordonnance.
Article 2 : En cas d'inexécution de l'injonction prévue à l'article 1er de la présente ordonnance, la société SNCF Réseau est autorisée à procéder, au besoin avec le concours de la force publique, à la libération du domaine public, à l'expulsion des personnes l'occupant ainsi qu'à l'évacuation des biens mobiliers qu'elles ont laissés à l'abandon sur le site.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à la société SNCF Réseau, à Mme B A, M.Ca, Florin Stoica, Mihai Stoica et à toute personne occupant sans droit ni titre le terrain, situé 81 chemin de l'Eglise à Lalande, cadastré 830 section AW n° 166 à Toulouse (31 200).
Fait à Toulouse, le 22 novembre 2024.
La juge des référés,
Céline ARQUIÉ
La greffière,
Pauline TUR
La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Garonne, en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme :
La greffière en chef,
ou par délégation la greffière
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026