lundi 2 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulouse |
| Section | Tribunal Administratif de Toulouse |
| N° Dossier | TA31-2406910 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | SCP BOUYSSOU ET ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 14 novembre 2024, M. H I, représenté par Me Ludot, demande au juge des référés sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) de suspendre l'exécution de la décision du 7 novembre 2024 de l'établissement public foncier local (EPFL) du grand Toulouse décidant d'exercer son droit de préemption pour acquérir une emprise de 1 954 m² à détacher de la parcelle non bâtie située sur la commune de Cugnaux, rue de la Cressonnière, cadastrée section BC n°111 d'une contenance de 6 049 m² pour le prix de 8 075, 70 euros.
2°) de mettre à la charge de l'établissement public foncier local (EPFL) du grand Toulouse une somme de 1 500 euros en application des dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
en ce qui concerne la condition relative à l'urgence :
- il exerce la profession de pépiniériste et a été livré de végétaux qui sont aujourd'hui entreposés sur cette parcelle - et en attend d'autres - et son activité se trouve paralysée par la notification de ce droit de préemption ;
en ce qui concerne les moyens propres à créer un doute sérieux :
- l'exercice du droit de préemption urbain est irrecevable en raison de sa tardiveté ; la visite aurait dû lui être présentée en sa qualité d'acquéreur en application de l'article L. 514-20 du code de l'environnement ; les dispositions des articles L. 212-2 du code de l'urbanisme et L. 514-20 du code de l'environnement n'ont pas été respectées dès lors qu'il n'a jamais été destinataire de la demande d'informations et de visite ;
- à titre subsidiaire, les dispositions des articles L. 213-2-1 et suivants du code de l'urbanisme ont été méconnues :
- l'exercice du droit de préemption n'est pas motivé ;
- l'exercice du droit de préemption est nul du fait d'une préemption partielle en application de l'article L. 213-2-1 du code de l'urbanisme.
Par deux mémoires en défense enregistrés le 27 et le 28 novembre 2024, l'établissement public foncier local du grand Toulouse représenté par Me Malbert, conclut au rejet de la requête et demande qu'une somme de 2 000 euros soit mise à la charge de M. I en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il fait valoir que :
en ce qui concerne la condition tenant à l'urgence :
- elle n'est pas établie compte tenu des délais mis en œuvre par les parties à la promesse de vente ;
- M. I exerce plusieurs activités de couverture, toiture, peinture, isolation, entretien intérieur et extérieur, parcs et jardins, nettoyage haute pression, vente de marchandises diverses non règlementées et possède plusieurs établissements à Cugnaux, Castanet-Tolosan et Toulouse ; il est déjà propriétaire de la parcelle voisine, BC 112, sur laquelle il exerce a priori une activité professionnelle ;
- le devis produit d'achat de végétaux, qui prévoit une livraison le 15 novembre suivant, n'est ni validé ni signé et n'est corroboré par aucun élément et aucun élément ne vient démontrer une quelconque atteinte de l'activité de pépiniériste prétendument exercée et est postérieur à la signification de la décision de préemption.
en ce qui concerne les moyens propres à créer un doute sérieux :
- l'arrêté est suffisamment motivé en droit comme en fait conformément aux dispositions des articles L.210-1 et L.300-1 du code de l'urbanisme ;
- le requérant n'apporte pas d'éléments susceptibles de remettre en cause la réalité et l'antériorité du projet ;
- la préemption n'est pas tardive ;
- la préemption partielle n'est pas irrégulière.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête enregistrée le 14 novembre 2024 sous le n° 2406934 par laquelle le requérant demande l'annulation de l'arrêté contesté.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de l'environnement ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme Arquié, vice-présidente, pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique du 27 novembre 2024, en présence de Mme Tur, greffière d'audience, Mme Arquié a lu son rapport et entendu :
- les observations de Me Malbert représentant l'établissement public foncier local du grand Toulouse, qui a repris ses écritures en les précisant,
- M. I n'étant ni présent, ni représenté.
La clôture de l'instruction a été différée au 28 novembre 2024 à 12h00.
Par un mémoire en production de pièces enregistré le 28 novembre 2024 à 14h31, l'établissement public foncier local du grand Toulouse conclut aux mêmes fins que sa requête par les mêmes moyens.
M. I a produit un mémoire enregistré le 28 novembre 2024 à 17h59, non communiqué.
Considérant ce qui suit :
1. Par acte sous-seing privé signé le 21 mai 2024, Mme J K, Mme F K, M. E K, Mme L K, Mme M K, M. G B, M. D B, M. E B, Mme C B et M. A B, propriétaires indivis, ont signé une promesse de vente avec M. I pour l'acquisition d'une parcelle non bâtie située sur la commune de Cugnaux, rue de la Cressonnière, cadastrée section BC n° 111 d'une contenance de 6 049 m². La déclaration d'intention d'aliéner correspondante a été reçue par la commune de Cugnaux le 12 août 2024. La commune de Cugnaux a demandé le 4 octobre 2024 à l'établissement public foncier local (EPFL) du grand Toulouse d'exercer, sur délégation de Toulouse Métropole, le droit de préemption. Par une décision du 7 novembre 2024 le directeur de l'EPFL du grand Toulouse, agissant sur délégation, a exercé le droit de préemption urbain sur ce bien. M. I demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de cette décision.
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
2. D'une part aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ".
3. D'autre part aux termes de l'article L. 210-1 du code de l'urbanisme : " Les droits de préemption institués par le présent titre sont exercés en vue de la réalisation, dans l'intérêt général, des actions ou opérations répondant aux objets définis à l'article L. 300-1, à l'exception de ceux visant à sauvegarder ou à mettre en valeur les espaces naturels, à préserver la qualité de la ressource en eau et à permettre l'adaptation des territoires au recul du trait de côte, ou pour constituer des réserves foncières en vue de permettre la réalisation desdites actions ou opérations d'aménagement. () Toute décision de préemption doit mentionner l'objet pour lequel ce droit est exercé. Toutefois, lorsque le droit de préemption est exercé à des fins de réserves foncières dans le cadre d'une zone d'aménagement différé, la décision peut se référer aux motivations générales mentionnées dans l'acte créant la zone. (). ". Suivant l'article L. 300-1 de ce même code : "Les actions ou opérations d'aménagement ont pour objets de mettre en œuvre un projet urbain, une politique locale de l'habitat, d'organiser la mutation, le maintien, l'extension ou l'accueil des activités économiques, de favoriser le développement des loisirs et du tourisme, de réaliser des équipements collectifs ou des locaux de recherche ou d'enseignement supérieur, de lutter contre l'insalubrité et l'habitat indigne ou dangereux, de permettre le recyclage foncier ou le renouvellement urbain, de sauvegarder, de restaurer ou de mettre en valeur le patrimoine bâti ou non bâti et les espaces naturels, de renaturer ou de désartificialiser des sols, notamment en recherchant l'optimisation de l'utilisation des espaces urbanisés et à urbaniser. /L'aménagement, au sens du présent livre, désigne l'ensemble des actes des collectivités locales ou des établissements publics de coopération intercommunale qui visent, dans le cadre de leurs compétences, d'une part, à conduire ou à autoriser des actions ou des opérations définies dans l'alinéa précédent et, d'autre part, à assurer l'harmonisation de ces actions ou de ces opérations. ".
4. En l'état de l'instruction, et compte tenu de l'ensemble des écritures et pièces produites, aucun des moyens invoqués par M. I, tels qu'analysés ci-dessus dans les visas, n'est de nature à faire naître un doute sérieux sur la légalité de la décision contestée.
5. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la condition tenant à l'urgence, que les conclusions de M. I aux fins de suspension de l'exécution de la décision du 7 novembre 2024 de l'établissement public foncier local du grand Toulouse décidant d'exercer son droit de préemption pour acquérir une emprise de 1 954 m² à détacher de la parcelle non bâtie située sur la commune de Cugnaux, rue de la Cressonnière, cadastrée section BC n° 111, doivent être rejetées.
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
6. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'établissement public foncier local du grand Toulouse, qui n'est pas dans la présente instance la partie perdante, la somme demandée par M. I au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens. Il y a lieu, en revanche, de faire application de ces dispositions et de mettre à la charge de M. I une somme de 1 000 euros au titre des frais exposés par l'établissement public foncier local du grand Toulouse et non compris dans les dépens.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. I est rejetée.
Article 2 : M. I versera à l'établissement public foncier local du grand Toulouse une somme de 1 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. H I, à l'établissement public foncier local du grand Toulouse, à Mme J K, à Mme F K, à M. E K, à Mme L K, à Mme M K, à M G B, à M. D B, à M. E B, à Mme C B et à M. A B.
Fait à Toulouse le 2 décembre 2024.
La juge des référés,
Céline ARQUIÉ
La greffière,
Pauline TUR
La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Garonne, en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme,
la greffière en chef,
ou par délégation, la greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026