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AccueilJurisprudence administrativeN° TA31-2406989

Tribunal Administratif de Toulouse — Décision N° TA31-2406989

lundi 18 novembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Toulouse
SectionTribunal Administratif de Toulouse
N° DossierTA31-2406989
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Toulouse, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, a rejeté la requête de M. et Mme A qui demandaient le rétablissement d'un accompagnant (AESH-I) pour leur enfant handicapé. Les requérants invoquaient la loi du 11 février 2005 et le droit à l'inclusion scolaire, mais n'ont pas justifié d'une situation d'urgence extrême nécessitant une mesure dans les 48 heures. Le juge a estimé que la seule privation d'AESH depuis le 4 novembre 2024 ne caractérisait pas l'urgence requise par l'article L. 521-2. La demande a donc été rejetée comme manifestement mal fondée en application de l'article L. 522-3 du même code.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 18 novembre 2024, M. et Mme C A demandent au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, d'enjoindre au directeur académique des services de l'éducation nationale de rétablir la mise à disposition d'un accompagnant des élèves en situation de handicap individuel (AESH-I) pour leur enfant, B, telle qu'elle leur a été attribuée par la décision de la maison départementale des personnes handicapées du 2 novembre 2022.

Ils soutiennent que :

- leur enfant ne bénéficie plus, sur le temps scolaire et périscolaire, de l'AESH-i depuis le 4 novembre 2024 ;

- le droit à un AESH est garanti par la loi dans le cadre de l'inclusion scolaire des enfants en situation de handicap et tout manquement à ce droit constitue une violation de la législation en vigueur, notamment la loi du 11 février 2005 pour l'égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'éducation ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné Mme Carotenuto, vice-présidente, pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures. ". L'article L. 522-3 du même code dispose : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1. ".

2. L'égal accès à l'instruction présente le caractère d'une liberté fondamentale au sens de l'article L. 521-2 du code de justice administrative. Toute personne justifiant au regard de sa situation personnelle, qu'il y est porté une atteinte grave et manifestement illégale du fait de la carence de l'autorité publique, peut saisir le juge des référés sur le fondement de cet article. Il lui appartient alors de faire état de circonstances particulières caractérisant la nécessité pour elle de bénéficier, dans le très bref délai prévu par ces dispositions, d'une mesure de la nature de celles qui peuvent être ordonnées sur le fondement de cet article. Dans tous les cas, l'intervention du juge des référés dans les conditions d'urgence particulière prévues par l'article L. 521-2 précité est subordonnée au constat que la situation litigieuse permette de prendre utilement et à très bref délai les mesures de sauvegarde nécessaires. Compte tenu du cadre temporel dans lequel se prononce le juge des référés saisi sur le fondement de l'article L. 521-2, les mesures qu'il peut ordonner doivent s'apprécier en tenant compte des moyens dont dispose l'autorité administrative compétente et des mesures qu'elle a déjà prises.

3. M. et Mme A demandent au juge des référés de mettre en demeure le directeur académique des services de l'éducation nationale de rétablir la mise à disposition d'un accompagnant des élèves en situation de handicap individuel (AESH-I) pour leur enfant, B né le 29 avril 2013, telle qu'elle leur a été attribuée par la décision de la maison départementale des personnes handicapées du 2 novembre 2022. Ils font valoir que leur fils est privé de tout accompagnement depuis le 4 novembre 2024. Toutefois, alors qu'il appartient aux requérants de justifier de l'existence d'une situation d'urgence extrême, ils n'apportent aucun élément concret permettant de justifier cette urgence. Le seul fait que l'enfant est privé d'AESH-i depuis le 4 novembre 2024 ne suffit pas à caractériser la situation d'urgence exigée par les dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, impliquant qu'une mesure de sauvegarde soit prise dans les quarante-huit heures. Par suite, il y a lieu de faire application des dispositions précitées de l'article L. 522-3 du code de justice administrative et de rejeter la requête de M. et Mme A.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. et Mme A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. et Mme C A.

Une copie en sera adressée au recteur de l'académie de Toulouse.

Fait à Toulouse, le 18 novembre 2024.

La juge des référés,

S. CAROTENUTO

La République mande et ordonne à la ministre de l'éducation nationale en ce qui la concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.

Pour expédition conforme,

la greffière en chef,

ou par délégation la greffière,

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