vendredi 13 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulouse |
| Section | Tribunal Administratif de Toulouse |
| N° Dossier | TA31-2407124 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | AARPI CESAM AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 22 novembre 2024, M. B A, représenté par Me Clovis, demande au juge des référés sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) de suspendre l'exécution de l'arrêté du préfet de la Haute-Garonne du 30 octobre 2024 en tant qu'il refuse de renouveler son titre de séjour et de lui délivrer un certificat de résident de dix ans et en tant qu'il l'oblige à quitter le territoire français ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Haute-Garonne, ou au préfet territorialement compétent, de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler dans le délai de trois jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 800 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
sur la condition d'urgence :
- l'urgence, qui est présumée en cas de refus de renouvellement de titre de séjour, est constituée en l'espèce ; la décision en litige met en péril l'emploi de poseur et opérateur de traitement qu'il occupe, en contrat à durée indéterminée, depuis juillet 2017 ;
sur le doute sérieux quant à la légalité de la décision contestée :
- elle est entachée d'incompétence de son auteur ;
- elle méconnaît les stipulations des articles 6 et 7 bis de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968, car seul le premier renouvellement du certificat de résidence délivré à un conjoint de français est subordonné à une communauté de vie effective entre les deux époux ; il est titulaire de certificats de résidence en sa qualité de conjoint de français depuis le 26 juin 2019 ; sa demande de renouvellement déposée le 20 juillet 2023 est sa troisième demande de renouvellement de ce certificat ;
- elle est entachée d'une erreur d'appréciation au regard de sa prétendue fraude ; s'il exerce son activité professionnelle à Paris et s'il a été temporairement séparé géographiquement de son épouse, leur communauté de vie s'est poursuivie après le 1er août 2020 malgré " la persistance excessive des autorités " générant un stress et des tensions au sein du couple qui ont abouti à des périodes de séparation affective ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 5 décembre 2024, le préfet de la Haute-Garonne conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que :
- le requérant ne peut se prévaloir de la présomption d'urgence attachée aux décisions de renouvellement de titre de séjour, car il n'a été autorisé à séjourner en France que dans le seul but de mener une vie commune avec son épouse française et le couple n'entretient plus de communauté de vie ; par ailleurs, l'intéressé a tenté de frauder l'administration en produisant de faux documents faisant croire à une communauté de vie ;
- il n'existe pas de doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête n° 2407129 enregistrée le 22 novembre 2024 tendant à l'annulation de la décision contestée.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 modifié ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. C pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 6 décembre 2024, en présence de Mme Guérin, greffière d'audience :
- le rapport de M. C qui a également informé les parties, en application des articles R. 522-9 et R. 611-7 du code de justice administrative, que l'ordonnance à intervenir était susceptible d'être fondée sur le moyen relevé d'office tiré de l'irrecevabilité des conclusions tendant à la suspension de l'exécution de la décision portant obligation de quitter le territoire français,
- et les observations de Me Walton subtstituant Me Clovis, représentant M. A, qui a repris ses écritures et a notamment indiqué que l'enquête de police menée sur la réalité de la communauté de vie de l'intéressé avec son épouse française ne conclut pas à un doute sérieux sur la réalité de cette communauté de vie, n'a donné lieu à aucun signalement au procureur de la République et ne démontre pas la production de faux documents. Me Walton fait également valoir que le préfet ne démontre pas la réalité du caractère frauduleux des documents qu'il présente comme de fausses attestations au regard des seuls échanges de courriels produits avec les organismes qui ont délivré ces attestations,
- le préfet de la Haute-Garonne n'étant ni présent, ni représenté.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ressortissant algérien né le 5 septembre 1979 à Bouzeguene (Algérie) est entré sur le territoire français, pour la première fois, le 11 avril 2015, sous couvert d'un passeport algérien revêtu d'un visa de court séjour, valable du 4 décembre 2014 au 1er juin 2015. Il a sollicité le 7 avril 2019 son admission au séjour en qualité de conjoint d'une ressortissante française. Il a bénéficié, pour ce motif, d'un certificat de résidence algérien d'un an valable du 26 juin 2019 au 25 juin 2020, régulièrement renouvelé jusqu'au 5 juillet 2023. Le 20 juillet 2023, il a sollicité le renouvellement de son titre de séjour en qualité de conjoint d'une ressortissante française et la délivrance d'un certificat de résidence algérien d'une durée de dix ans sur le fondement des stipulations des articles 6 - 2° et dernier alinéa et 7 bis a) de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968. Par un arrêté du 30 octobre 2024, le préfet de la Haute-Garonne a refusé de faire droit à sa demande, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de renvoi. M. A demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre l'exécution de l'arrêté du préfet de la Haute-Garonne du 30 octobre 2024 en tant qu'il lui refuse le renouvellement de son titre de séjour et la délivrance d'un certificat de résident de dix ans et en tant qu'il l'oblige à quitter le territoire français.
Sur l'étendue du litige :
2. Aux termes de l'article L. 614-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " La décision portant obligation de quitter le territoire français ainsi que la décision relative au séjour, la décision relative au délai de départ volontaire et l'interdiction de retour sur le territoire français qui l'accompagnent, le cas échéant, peuvent être contestées devant le tribunal administratif selon la procédure prévue à l'article L. 911-1. " Selon l'article L. 722-7 du même code : " L'éloignement effectif de l'étranger faisant l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français ne peut intervenir avant l'expiration du délai ouvert pour contester, devant le tribunal administratif, cette décision et la décision fixant le pays de renvoi qui l'accompagne, ni avant que ce même tribunal n'ait statué sur ces décisions s'il a été saisi. () ". Il résulte de ces dispositions que le législateur a entendu, par celles-ci, déterminer l'ensemble des règles de la procédure contentieuse régissant la contestation de la légalité d'une décision portant obligation de quitter le territoire français. Cette procédure se caractérise notamment par le fait que ladite décision ne peut pas être mise à exécution pendant le délai du recours contentieux ouvert à son encontre et qu'une demande de son annulation présentée devant le président du tribunal administratif a un effet suspensif jusqu'à ce qu'il ait été statué sur celle-ci.
3. La requête en annulation formée le 22 novembre 2024 et enregistrée sous le n° 2407129 a eu pour effet de suspendre l'exécution de la décision portant obligation de quitter le territoire français. Dans ces conditions, les conclusions à fin de suspension de cette décision sont irrecevables.
Sur les conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
4. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. ".
5. Aucun des moyens invoqués par M. A à l'encontre des décisions contestées, tels qu'ils ont été visés ci-dessus et analysés, n'est de nature, au vu de la demande et en l'état de l'instruction, à créer un doute sérieux sur la légalité de ces décisions. Il y a lieu, par suite, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la condition relative à l'urgence, de rejeter les conclusions de M. A tendant à la suspension de l'exécution de ces décisions et, par voie de conséquence, ses conclusions aux fins d'injonction ainsi que celles présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
O R D O N N E :
Article 1er : M. A est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A, à Me Clovis et au ministre de l'intérieur.
Fait à Toulouse, le 13 décembre 2024.
Le juge des référés,
B.CC
La greffière,
S. GUÉRIN
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme,
la greffière en chef,
ou par délégation, la greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026