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AccueilJurisprudence administrativeN° TA31-2407381

Tribunal Administratif de Toulouse — Décision N° TA31-2407381

mercredi 11 décembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Toulouse
SectionTribunal Administratif de Toulouse
N° DossierTA31-2407381
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Toulouse a rejeté la requête en référé suspension de M. A, qui contestait l’arrêté préfectoral suspendant son permis de conduire pour six mois à la suite d’un excès de vitesse. Le juge a estimé que les moyens soulevés, notamment le défaut de motivation, l’absence de présentation du procès-verbal d’homologation du cinémomètre, et la contestation de la matérialité des faits, n’étaient manifestement pas de nature à créer un doute sérieux sur la légalité de la décision. La condition d’urgence n’a pas été examinée. La requête a été rejetée sur le fondement de l’article L. 522-3 du code de justice administrative.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 4 décembre 2024, M. B A, représenté par Me Mascaras, demande au juge des référés :

1°) de suspendre, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, l'exécution de l'arrêté n° 2024-10-16 du 9 octobre 2024, par lequel le préfet de Tarn-et-Garonne a suspendu, pour une durée de six mois, la validité de son permis de conduire n° 010532100119, délivré le 3 août 2001 par le préfet de la Haute-Garonne ;

2°) d'enjoindre à l'autorité préfectorale de lui restituer son permis de conduire ainsi que son véhicule Yamaha R1, immatriculé CA-303-KH ;

3°) de mettre à la charge du préfet de Tarn-et-Garonne les frais de fourrière qu'il doit supporter au titre de la conservation de son véhicule ;

4°) de mettre à la charge du préfet de Tarn-et-Garonne une somme de 1000 euros, en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

s'agissant de la condition tenant à l'urgence :

- son métier de tatoueur à domicile, qui est son unique source de revenus et lui permet de contribuer aux dépenses de son foyer, rend nécessaire l'utilisation d'un véhicule, en raison du grand nombre de déplacements qu'il effectue, sur le territoire régional et au-delà, avec l'ensemble de son matériel ;

- il a signé le 9 novembre 2024 une promesse de vente du véhicule avec lequel il a commis l'infraction ;

- il doit réaliser " au plus vite " certains projets de tatouages, ainsi qu'en attestent des déclarations écrites de quelques-unes de ses clientes, et s'est engagé à prendre part à un salon du mariage.

s'agissant de la condition tenant à l'existence d'un doute sérieux sur la légalité de la décision contestée :

- la décision de suspension prise à son encontre n'est motivée ni en droit, ni en fait, en méconnaissance des articles L. 211-2 et L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration ;

- il a refusé de signer l'avis de rétention de son permis de conduire ;

- le procès-verbal attestant de l'homologation du cinémomètre, employé pour le contrôle de la vitesse de son véhicule, ne lui a pas été présenté ;

- la faculté qu'il avait d'exercer ses droits de la défense a été méconnue, dès lors qu'il n'a jamais été convoqué pour être entendu ;

- il n'a été informé ni de l'endroit où était posté le cinémomètre, qui a permis d'établir la vitesse à laquelle il circulait, ni de l'endroit précis de la voie publique où il a commis l'excès de vitesse reproché ;

- il conteste la matérialité même des faits et soutient qu'il ne roulait pas à la vitesse relevée lors de sa verbalisation, alors que le trafic dense et la présence de nombreux ronds-points ne le permettaient d'ailleurs pas ;

- la durée de la suspension de son permis de conduire, prononcée par l'arrêté établi à son encontre, est, en tout état de cause, excessive et disproportionnée.

Vu :

- la requête en annulation n° 2407387, enregistrée le 4 décembre 2024 ;

- les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de la route ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. M. A a fait l'objet, le 8 octobre 2024 à 16H20, alors qu'il circulait à moto sur le territoire de la commune de Grisolles, d'une mesure de rétention de son permis de conduire par le peloton motorisé de Montauban, en raison d'un excès de vitesse de plus de 40 kilomètres par heure par rapport à la vitesse maximale autorisée. Par un arrêté n° 2024-10-16 du 9 octobre 2024, le préfet de Tarn-et-Garonne a suspendu, pour une durée de six mois, la validité de son permis de conduire n° 010532100119, délivré le 3 août 2001 par le préfet de la Haute-Garonne. Par la présente requête, M. A demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre l'exécution de cet arrêté. Il a, parallèlement, introduit une requête tendant à son annulation, enregistrée le 4 décembre 2024.

2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ". Aux termes de l'article L. 522-1 du même code : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique () ". L'article L. 522-3 de ce même code dispose : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ".

3. Les moyens invoqués par M. A à l'encontre de l'arrêté contesté, tels qu'ils ont été visés ci-dessus et analysés, ne sont manifestement pas de nature, au vu de la demande et en l'état de l'instruction, à créer un doute sérieux quant à la légalité de cet arrêté. Il y a lieu, par suite, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la condition relative à l'urgence, de rejeter la présente requête selon la procédure prévue à l'article L. 522-3, précité, du code de justice administrative.

ORDONNE :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A.

Fait à Toulouse, le 11 décembre 2024.

La présidente, juge des référés,

Isabelle Carthé Mazères

La République mande et ordonne au préfet de Tarn-et-Garonne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.

Pour expédition conforme,

la greffière en chef,

ou par délégation, la greffière,

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