lundi 9 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Toulouse |
| Section | Tribunal Administratif de Toulouse |
| N° Dossier | TA31-2407468 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 6 décembre 2024, M. A, représenté par Me Bulajic, demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :
1°) d'enjoindre au préfet du Lot de lui délivrer une attestation de prolongation d'instruction dans un délai de 48 heures et de statuer sur sa demande de renouvellement de titre de séjour dans un délai de quinze jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 € au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
en ce qui concerne l'urgence :
- elle procède de ce que, alors qu'il bénéficie de la protection subsidiaire, l'absence d'attestation de prolongation d'instruction l'empêche de justifier de la régularité de son séjour et l'expose, en cas de contrôle, à une mesure d'éloignement alors qu'il pourrait subir des persécutions dans son pays d'origine ; en outre, en raison de l'absence d'une telle attestation, il est exposé à un risque imminent de perte de ses revenus ;
en ce qui concerne l'atteinte grave et manifestement illégale à une liberté fondamentale :
- cette situation porte atteinte à sa liberté d'aller et de venir ainsi qu'à sa liberté de travailler ;
- cette atteinte est grave et manifestement illégale dès lors qu'aucune attestation ne lui a été délivrée depuis le 1er avril 2024 ; en outre, aucune réponse n'a été apportée à sa demande de titre de séjour déposée il y a plus d'un an et demi alors que, compte tenu de la protection subsidiaire qui lui a été accordée, il doit se voir délivrer une carte de résident.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme C Meunier-Garner pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures. ". L'article L. 522-3 du même code dispose : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ".
2. A la différence d'une demande de suspension présentée sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, à laquelle il peut être satisfait s'il est justifié d'une situation d'urgence et de l'existence d'un doute sérieux quant à la légalité de la décision contestée, ou encore d'une demande fondée sur l'article L. 521-3 du même code qui peut être satisfaite s'il est justifié, notamment, de l'urgence et de l'utilité de la mesure demandée, une demande présentée, comme en l'espèce, au titre de la procédure de l'article L. 521-2 de ce code implique, pour qu'il y soit fait droit, qu'il soit justifié d'une situation d'urgence particulière rendant nécessaire l'intervention d'une mesure de sauvegarde dans les quarante-huit heures.
3. Pour justifier d'une telle urgence à enjoindre au préfet du Lot de lui délivrer une attestation de prolongation d'instruction et de statuer sur sa demande de renouvellement de titre de séjour, M. A fait valoir que, alors qu'il bénéficie de la protection subsidiaire, l'absence d'attestation de prolongation d'instruction l'empêche de justifier de la régularité de son séjour et l'expose, en cas de contrôle, à une mesure d'éloignement alors qu'il pourrait subir des persécutions dans son pays d'origine. Il soutient, en outre, qu'il est exposé à un risque imminent de perte de ses revenus professionnels.
4. Toutefois, la circonstance que l'absence d'attestation de prolongation d'instruction l'empêche de justifier de la régularité de son séjour, aussi regrettable soit-elle, ne saurait, à elle seule, justifier la nécessité de l'intervention d'une mesure de sauvegarde à très bref délai alors, au demeurant, que M. A se trouve dans cette situation depuis le 1er avril 2024. En outre, à supposer que le requérant fasse l'objet d'une obligation de quitter le territoire français, il disposerait de la faculté d'intenter un recours à l'encontre de cette mesure d'éloignement, qui est, ainsi que le prévoient les dispositions de l'article L. 722-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, suspensif et, dans le cadre duquel, il pourrait faire valoir les risques de persécutions qu'il encourrait en cas de retour dans son pays d'origine. Par ailleurs, la privation imminente de ses revenus professionnels n'est pas établie par la seule production d'un contrat de prestation de services qui n'est pas signé ainsi que par le courriel qu'il verse à l'instance qui émanerait du client désigné par ce contrat de prestation, lequel se borne à solliciter la transmission d'un titre de séjour en cours de validité pour permettre de procéder au paiement de la rémunération dans les délais prévus. Dans ces conditions, M. A ne démontre pas l'existence d'une situation d'urgence particulière rendant nécessaire l'intervention du juge des référés dans les quarante-huit heures.
5. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. A doit être rejetée en toutes ses conclusions, par application des dispositions de l'article L. 522-3 du code de justice administrative, sans qu'il y ait lieu d'examiner si le préfet du Lot, dans l'exercice de l'un de ses pouvoirs, a effectivement porté une atteinte grave et manifestement illégale à l'une des libertés fondamentales de l'intéressé.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A.
Fait à Toulouse, le 9 décembre 2024.
La juge des référés,
M.O. MEUNIER-GARNER
La République mande et ordonne au préfet du Lot en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme,
la greffière en chef,
ou par délégation, la greffière,
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