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AccueilJurisprudence administrativeN° TA31-2407739

Tribunal Administratif de Toulouse — Décision N° TA31-2407739

lundi 16 décembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Toulouse
SectionTribunal Administratif de Toulouse
N° DossierTA31-2407739
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Toulouse, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme B et M. C qui demandaient la désignation d'un auxiliaire de vie scolaire pour leur fils. Les requérants invoquaient une atteinte grave à la liberté fondamentale d'accès à l'éducation en raison de problèmes de santé nécessitant une assistance sur le temps de repas. Le juge a estimé que la condition d'urgence n'était pas remplie, les éléments fournis ne justifiant pas la nécessité d'une mesure dans un délai de quarante-huit heures. La requête a été rejetée sans qu'il soit besoin d'examiner le fond, conformément à l'article L. 522-3 du même code.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 13 décembre 2024, Mme D B et M. A C, représentés par Me Nakache, demandent au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :

1°) d'enjoindre au recteur de l'académie de Toulouse de désigner un auxiliaire de vie scolaire à l'effet d'apporter l'aide humaine individuelle attribuée à leur fils par la décision de la maison départementale des personnes handicapées notifiée le 23 juin 2021 sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 400 euros à leur verser sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Ils soutiennent que :

- la condition d'urgence est satisfaite, la situation revêt un caractère de particulière gravité pour la santé de leur fils, dont la stagnation pondérale a conduit les praticiens à évoquer la possibilité d'une gastrotomie et nécessite qu'il soit accompagné sur le temps de repas du midi ;

- l'atteinte grave et manifestement illégale est caractérisée au regard du droit des enfants à un égal accès à l'éducation.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'action sociale et des familles ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné Mme Arquié, vice-présidente, pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures. ". L'article L. 522-3 du même code dispose : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1. ". Aux termes du premier alinéa de l'article R. 522-1 de ce code : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit () justifier de l'urgence de l'affaire ". Lorsqu'un requérant fonde son action non sur la procédure de suspension régie par l'article L. 521-1 du code précité mais sur la procédure de protection particulière instituée par l'article L. 521-2 de ce code, il lui appartient de justifier de circonstances caractérisant une situation d'urgence qui implique, sous réserve que les autres conditions posées par l'article L. 521-2 soient remplies, qu'une mesure visant à sauvegarder une liberté fondamentale doive être prise dans les quarante-huit heures.

2. Si, à l'appui de leur demande, les requérants font valoir que la situation de leur fils nécessite une assistance humaine adaptée sur le temps du déjeuner avec un suivi précis de sa prise de nourriture et l'utilisation de produits de supplémentation en raison de sa stagnation pondérale qui a conduit à évoquer la possibilité d'une gastrotomie, ils ne justifient pas d'une situation d'urgence impliquant qu'une mesure visant à sauvegarder une liberté fondamentale doive être prise dans un délai de quarante-huit heures.

3. Il résulte de ce qui précède que la requête de Mme B et de M. C doit être rejetée en toutes ses conclusions, selon la procédure prévue par l'article L. 522-3 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de Mme B et de M. C est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme D B et à M. A C.

Une copie en sera adressée au recteur de l'académie de Toulouse.

Fait à Toulouse, le 16 décembre 2024.

La juge des référés,

C. ARQUIÉ

La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Garonne en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.

Pour expédition conforme,

la greffière en chef,

ou par délégation, la greffière,

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